01:53:16 Lundi, 6 Juillet 2015

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé, hier matin, qu’il avait donné l’ordre aux autorités britanniques de mener une enquête sur la confrérie des Frères musulmans non seulement sur le territoire du Royaume-Uni, mais aussi dans son organisation dans l’ensemble du Monde arabe. David Cameron s’inquiète du danger que constitue la confrérie pour la Grande-Bretagne, alors que plusieurs de ses grands responsables trouvent refuge à Londres. L’Egypte n’est plus le seul pays à mener une fronde contre les Frères musulmans classés «organisation terroriste». En effet, le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé hier qu’il avait donné l’ordre aux services de sécurité britanniques de mener une enquête sur le réseau des Frères musulmans en Grande-Bretagne et ses liens avec les différentes représentations de ce mouvement islamiste dans le Monde arabe.

Le résidant du 10, Downing Street témoigne de l’inquiétude de la prolifération de plusieurs membres de cette confrérie à Londres ainsi que sur l’ensemble du territoire du Royaume-Uni : «Le Premier ministre a ordonné une évaluation, menée en interne par le gouvernement, sur la philosophie et les activités des Frères musulmans, et sur la politique du gouvernement vis-à-vis de l’organisation», a ainsi déclaré un porte-parole du Premier ministre. Et de poursuivre : «Etant donné les inquiétudes exprimées sur le groupe et ses liens présumés avec l’extrémisme et la violence, il est légitime et avisé de tenter de mieux comprendre ce que les Frères musulmans représentent, comment ils comptent réaliser leurs buts et ce que cela implique pour la Grande-Bretagne.» Le pays a longtemps représenté un havre de paix pour les mouvements extrémistes islamistes de par sa politique multiculturelle très conciliante avec les différentes communautés installées en Grande-Bretagne qui jouissent d’une indépendance forte et du droit d’exprimer leur particularisme culturel. Sécurité et culture D’ailleurs, au début des années 2000, le modèle britannique était fortement prisé et encensé par les Nations unies comme un «modèle efficace et égalitaire d’intégration des communautés étrangères» au sein de la nation. Chaque groupe représente ainsi une part différenciée de la nation, par opposition au modèle d’intégration français par exemple, où la personne qui décide de faire partie de la nation française doit épouser son socle culturel également, parfois aux dépens de sa culture d’origine. Seulement, l’exemple britannique, parfois décrié pour l’effet de ghettoïsation qu’il engendre, semble également représenter une porte ouverte pour l’organisation de mouvements extrémistes sur son territoire. Par exemple, Rached Ghannouchi, chef des Frères musulmans tunisiens et de sa branche politique, le parti Ennahada, a trouvé refuge à Londres pendant des années avant de revenir en Tunisie et prendre le pouvoir entre 2011 et 2013. Entre-temps, il a eu le temps nécessaire pour organiser son retour. Face à la manière dont la confrérie menace actuellement l’ensemble du Monde arabe, le gouvernement britannique craint les conséquences sécuritaires sur son territoire et souhaite comprendre l’ensemble des liens entre les Frères musulmans et les communautés musulmanes installées au Royaume-Uni. John Jenkins, ambassadeur britannique en Arabie saoudite, désigné à la tête de cette large enquête sur les Frères musulmans, a une connaissance de la région pour avoir eu plusieurs postes similaires au Moyen-Orient. Ainsi, cette enquête pourrait représenter non seulement une manière d’assurer la sécurité de la Grande-Bretagne, mais aussi une manière de se repositionner diplomatiquement dans la région après une décennie de suivisme de l’allié américain et de sa politique dans la région. Les informations que les Britanniques pourraient tirer de cette enquête pourraient en effet constituer une base intéressante pour un redéploiement géopolitique dans la région.n