22:25:45 Vendredi, 31 Juillet 2015

Le marché automobile européen, bien que sorti de crise, est loin d’être complètement tiré d’affaire, avec 18 millions de véhicules vendus l’an dernier, soit 19% de moins que les ventes réalisées en 2007, indique le cabinet spécialisé Alix Partners dans une étude parue récemment.

A l’inverse, sur la même période, les immatriculations dans le monde entier ont crû de 20% à 83,2 millions, selon l’étude. Le nombre de véhicules légers vendus sur la planète pourrait grimper à 109 millions en 2023, sans que cette tendance ne profite vraiment à l’Europe. Les ventes devraient en effet y rester stables « du fait des problèmes économiques de la zone euro: stagnation des salaires, fort taux de chômage, et des tendances lourdes sur le long terme telles que les nouvelles habitudes de déplacement en milieu urbain », selon la même source. De plus, le nombre d’usines sur le continent et donc la capacité de production des constructeurs automobiles restent trop importants au regard de leurs ventes actuelles et à venir, estime le cabinet de conseil. Quand dix usines ont été fermées en Amérique du Nord entre 2007 et 2013, sept l’ont été en Europe de l’Ouest, mais huit ont été ouvertes à l’Est. Pour Laurent Petizon, directeur général d’Alix Partners, « il y a un déficit d’une dizaine d’usines non fermées » dans cette zone. Faute de quoi, le taux d’utilisation des usines européennes devrait rester bas, ce qui signifie que les constructeurs y produisent à perte. En France, le taux moyen d’utilisation est passé de 77% en 2007 à 70% cette année. En Italie, il a dégringolé de 78% à 46%, tandis qu’il n’a reculé que de 89% à 82% en Allemagne. La croissance de l’automobile dans le monde continuera à être tirée par le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie et les Etats-Unis, prédit Alix Partners. Ces cinq marchés devraient représenter à eux seuls 71% de l’augmentation des ventes, dont 44% juste pour la Chine.