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lundi, 16 avril 2018 06:00

En sommet à Dhahrane dans un contexte tendu : La Ligue arabe préfère fustiger l’Iran

Écrit par Adlène Badis
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Réunis dans un contexte régional particulièrement tendu après l’agression de la Syrie par trois puissances occidentales au prétexte invérifié du chimique, les dirigeants de la Ligue arabe ont plutôt parlé de l’Iran que certains pays du Golfe veulent absolument ériger comme l’ennemi numéro un du Monde arabe.

L’Algérie, représentée par le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, accompagné de Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, a réitéré sa position condamnant les interventions étrangères et appelant à l’unité et à la réconciliation entre « frères arabes ». La question palestinienne a été aussi au centre de cette rencontre, la première depuis l’annonce de Donald Trump de transférer l’ambassade de son pays vers Al Qods et de reconnaître la ville sainte capitale d’Israël. Et surtout après les manifestations de la colère des Palestiniens à l’occasion de la Journée de la Terre et réprimées dans le sang par les forces d’occupation israéliennes. En annonçant sa participation à ce Sommet, le Qatar a créé la surprise malgré l’embargo et le boycott dont il fait l’objet depuis juin dernier par plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite. La crise qui prévaut en Syrie a été évitée malgré sa gravité. L’agression menée par les Etats-Unis d’Amérique et ses alliés occidentaux ont malgré tout pesé durant le Sommet d’autant plus que les positions divergent sur cette agression. L’Algérie avait déploré l’escalade militaire que venait de connaître la situation en Syrie, soutenant que « toute escalade militaire, de quelle que nature qu’elle soit, ne fait que compliquer et retarder les chances de parvenir à une solution politique et pacifique au drame que connaît ce pays frère ». Les pays du Golfe de leur côté ne cachent plus leur accord avec cette méthode d’un autre temps. L’Arabie saoudite et le Qatar, qu’oppose pourtant une crise aigüe, ont tous deux apporté leur soutien à l’action d’agression occidentale. L’Arabie saoudite a apporté son « plein soutien » à l’attaque qui constitue selon elle « une riposte aux crimes » de Damas. Le Qatar a abondé dans le sens saoudien en justifiant une action occidentale «contre des cibles militaires spécifiques utilisées par le régime syrien dans ses attaques chimiques ». La situation en Irak et le dossier du Yémen ont été également au centre des débats.

La Ligue des pays du Golfe
L’Algérie est parmi les premiers pays à demander une réforme du travail et des structures de la Ligue arabe afin de lui donner un nouveau souffle et les outils nécessaires pour faire face aux tentatives d’intervention étrangère et aux multiples défis auxquels fait face la région arabe. Une posture qui a du mal s’imposer dans une Ligue arabe qui a changé de centre de gravité. « Depuis le glissement du pouvoir des mains de l’Egypte, de l’Irak et de l’Algérie vers ceux des pays du Golfe, cette instance s’est considérablement affaiblie devenant un outil pour mettre de la pression sur l’Iran », estime un observateur de la question.  L’Arabie saoudite, qui a succédé à la Jordanie à la présidence tournante de cette organisation de 22 membres, voit en Téhéran l’ennemi à abattre et voudrait engager les autres Etat membres dans cette posture pour le moins inconfortable. Présidé par le roi Salmane d’Arabie saoudite, ce sommet, qui a vu la participation de l’Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi, l’Irakien Fouad Massoum, Abd Rabbo Mansour Hadi  président d’un Yémen déchiré, le Tunisien Béji Caïd Essebsi, le Libanais Michel Aoun, le Soudanais Omar el-Béchir et le Palestinien Mahmoud Abbas, aura été comme ses précédents : un rendez-vous pour fustiger l’Iran. Quitte à mettre dans la gêne des Etats qui ont des relations stables avec Téhéran, à l’image de l’Irak, du Liban et de l’Algérie. Evitant de parler de la situation en Syrie et le différend avec le Qatar, le Roi Selman s’en est pris à l’Iran. «Nous renouvelons notre ferme condamnation des actes terroristes commis par l’Iran dans la région arabe et rejetons ses ingérences flagrantes dans les affaires des pays arabes », a déclaré le roi Salmane dans son discours. Sur le Yémen, Riyad accuse nommément l’Iran d’être derrière le soutien aux Houthis. Riyad, qui intervient militairement au Yémen depuis 2015, cherche à mobiliser ses partenaires contre ce qu’elle qualifie d’«agression directe » de l’Iran.

L’Algérie pour la réforme
Dans un entretien au journal saoudien Al-Riyadh considéré comme proche des centres de décision, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, s’est félicité de la relation « privilégiée » entre l’Algérie et l’Arabie saoudite. Une relation qui sera hissée selon lui à un « plus haut niveau » à la faveur de la réunion de la commission mixte algéro-saoudienne, prévue mardi prochain à Riyadh. M. Messahel a appelé les Etats de la Ligue arabe à conjuguer leurs efforts pour dépasser les différends en plaçant les intérêts arabes au-dessus de toute autre considération. «Notre nation arabe n’a jamais été confrontée à des défis aussi grands et aussi graves qu’aujourd’hui. Les crises et les conflits qui secouent les pays arabes se sont aggravés en raison de l’ingérence étrangère dans nos affaires intérieures», a-t-il déploré.
L’Algérie appelle à une réforme profonde de l’organisation panarabe « afin de lui permettre de s’adapter à la situation actuelle aux plans régional et international et de trouver des solutions arabes aux différends et aux crises qui secouent la nation afin qu’aucune solution ne soit imposée de l’extérieur », a affirmé le chef de la diplomatie algérienne qui estime que la Ligue des Etats doit revoir sa méthode de travail, précisant que « cela ne peut se réaliser qu’à travers une réforme de fond de tous les mécanismes de son fonctionnement et de sa gestion ». Messahel a rappelé que l’Algérie avait déjà apporté sa contribution pour la réforme à travers des idées et des propositions pour davantage d’efficacité et d’efficience.

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