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jeudi, 14 septembre 2017 06:00

Dans un rapport établi par les Vingt-Sept : La coopération algéro-européenne passée au crible

Écrit par Farid Messaoud
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Dans un rapport riche en contenu et tourné vers l’avenir, l’Union européenne, un partenaire-clé de l’Algérie, dresse une évaluation réaliste de la situation économique du pays.


Le document contient une compilation de données statistiques sur les différents programmes de coopération bilatérale. De même, il fournit des chiffres synthétiques sur l’évolution de l’économie nationale au plan macroéconomique et microéconomique. Ainsi, y est-il souligné, la situation macroéconomique de l’Algérie est «relativement stable» avec une dette extérieure qui reste toujours «très faible» et un taux de chômage d’environ «10%», même si le chômage des jeunes et des femmes est «plus élevé» (25% environ pour les jeunes de moins de 25 ans et 16,5% pour les femmes). Les tensions inflationnistes observées au cours des années 2011 et 2012 (respectivement 4,5% et 8,9%), l’UE en parle. Elle relève, cependant, qu’elles se sont résorbées en 2013 avec un taux de 3,3%, puis en 2014 avec un taux d’inflation de 2,9% et 4,8% en 2015. La croissance du pays (3,8% en 2014 et 2015) est tirée notamment par les dépenses publiques «massives» dans le secteur du BTPH, principalement pour la réalisation de grands projets d’infrastructures soutenus par l’investissement public (extension du réseau autoroutier et routier, extension du réseau ferroviaire, travaux de tramways lancés dans les principales grandes villes, construction de logements, etc.). Le rapport en question explique, par ailleurs, que malgré le cadre macroéconomique stable, la structure de l’économie algérienne demeure «fragile», car marquée par une extrême dépendance à la production des hydrocarbures et donc aux facteurs exogènes. Le plus important de ces facteurs étant le prix du baril de pétrole dont la chute a provoqué, y est-il rappelé, une baisse «drastique» des recettes en devises au cours du deuxième semestre 2014. Il y a lieu de constater une baisse significative de la valeur des exportations d’hydrocarbures qui ont diminué, en 2015, de 43% par rapport à 2014 et la balance commerciale a enregistré un déficit de 18%.


Entreprises : le cycle de vie raccourci
La conjoncture défavorable du cours international du baril de pétrole, conjuguée à la baisse des exportations pétrolières, en raison de la contraction de la demande et l’augmentation des importations, ne fait que mettre en exergue l’urgence du déploiement effectif de mesures de politique économique favorisant la diversification de l’économie et une plus grande attractivité de l’investissement productif national et étranger. Une analyse de la structure de l’économie algérienne fait, en effet, ressortir un important déséquilibre entre le secteur des hydrocarbures et les autres secteurs productifs de l’économie.
Ainsi, l’UE note dans ce document le poids prépondérant du secteur des hydrocarbures dans la création de richesse nationale (35,5% du PIB) et le poids, à l’inverse, très faible des secteurs agricole (9,7% du PIB) et industriel (seulement 5% du PIB). La typologie des entreprises algériennes fait également ressortir une «nette insuffisance» en entreprises de taille moyenne et un nombre extrêmement faible de grandes entreprises. A la fin du premier semestre 2013, le paysage économique national comptait 747 934 PME dont plus de 90 % étaient de Très Petites Entreprises (TPE : moins de 10 personnes). Le nombre d’emplois générés par ces entreprises est estimé à un peu moins de 2 millions.
Il est écrit dans le rapport de l’UE que, malgré des avancées notables dans la démographie de la population des PME - dont le rythme de croissance «s’est intensifié» au cours des dernières années - le cycle de vie des entreprises algériennes est «fortement raccourci» par des «lourdeurs» et des «entraves» pénalisant leurs performances et empêchant l’émergence d’un tissu industriel dense et compétitif. En effet, y est-il ajouté, en dépit de l’existence d’infrastructures de base de bonne qualité (ports, aéroports, routes et autoroutes) qui devraient contribuer à créer des conditions favorables au développement de l’activité privée, les entrepreneurs semblent être «bridés» par des contraintes récurrentes, telles des difficultés d’accès au foncier industriel et au financement et à la complexité de certaines règlementations et procédures.


Coût de l’insécurité routière : plus de 1 milliard de dollars
Au chapitre de la construction routière, l’Union européenne relève, dans son rapport, que ce type d’infrastructures constitue aujourd’hui une des priorités de la politique d’un développement équitable de l’ensemble du territoire de l’Algérie, visant à répondre à la demande croissante de la mobilité des personnes, du transport et fourniture de quantités importantes de marchandises à travers l’ensemble du pays. Evidemment, l’impact généré par la réalisation des infrastructures routières sur le développement des transports engendre de nouveaux besoins au regard des moyens budgétaires disponibles. Le document souligne que le gouvernement algérien considère qu’en plus du développement des réseaux routiers structurants, et pour faire face entre autres à un trafic de plus en plus dense et à son agressivité en constante augmentation (nombre d’accidents routiers en constante augmentation), il doit axer ses actions sur la mise en place de politiques «d’entretien préventif». Le coût total de l’insécurité routière est estimé à «plus de 1 milliard de dollars par an», y est-il noté. Et d’ajouter que ce simple constat place l’Algérie parmi les pays où le risque d’accidents de la route est «le plus élevé au monde». Une planification stratégique à l’horizon 2025, sur la base des recommandations des schémas directeurs sectoriels, a également été élaborée comportant entre autres le renforcement de l’entretien routier. A ce titre, les investissements consentis pour le développement du réseau autoroutier et routier s’élèvent à 2 700 milliard de dinars. Par ailleurs, et grâce au programme dit de P3A, l’Algérie bénéficie depuis 2012 de l’expertise Sigma (Appui à l’amélioration de la gouvernance et de la gestion), initiative conjointe de l’UE et de l’OCDE depuis plus de vingt ans, qui renforce le système de gouvernance publique et les capacités de l’administration. Depuis l’introduction de cet instrument, deux projets ont été réalisés en Algérie, au bénéficie de la Direction générale de la Fonction publique, de la Cour des comptes et de l’Inspection générale des finances. 

Dernière modification le jeudi, 14 septembre 2017 01:40

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