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Reporters - Filtrer les éléments par date : lundi, 07 avril 2014
Il remplace Oumar Tatam Ly après que ce dernier eut présenté sa lettre de démission. A la surprise générale, le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, vient de renoncer à diriger le gouvernement actuel et jette l’éponge ! Il a présenté la démission de son gouvernement dans la nuit de samedi, qui a été retenue par le président malien, Ibrahim Boubakar Keita. Le palais de Koulouba a rendu public un communiqué officiel lu à la télévision nationale. « Le président de la République (…) a mis fin aux fonctions d’Oumar Tatam Ly, Premier ministre, sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement de la République. » Le même communiqué a révélé l’identité de son successeur, désigné par le Président lui-même. « Moussa Mara (actuel ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville) est nommé Premier ministre par le président le République (…) et l’a chargé de former un nouveau gouvernement. » Agé de 50 ans, agrégé d’histoire et diplômé en économie, Oumar Tatam Ly est le fils d’Ibrahima Ly, homme de lettres aujourd’hui décédé, militant de gauche engagé, et de Madina Tall Ly, diplomate et ancien ambassadeur. Avant d’exercer à la chefferie malienne, M. Ly a été conseillé spécial du gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Son départ intervient sept mois après sa nomination, survenue avec l’élection d’Ibrahim Boubakar Keita à la tête du pays en septembre dernier. M. Ly, qui est le premier chef du gouvernement du Mali post-crise, s’est investi dans « le redressement et la réconciliation du Mali, déchiré par 18 mois de crise politico-militaire ». Il a également été l’architecte du programme économique d’IBK. Son successeur, Moussa Mara, 39 ans et de formation comptable, est le fils de l’ancien ministre de la Justice, Joseph Mara - qui avait été embastillé pendant cinq ans sous le régime de Moussa Traoré. Il est à la tête du parti Yelema (« changement » en bambara), fondé en 2010, de même qu’il a été ancien maire d’une commune de Bamako et candidat malheureux à la présidentielle de l’été 2013. Si sa nouvelle désignation, pas plus que le départ de M. Ly, n’ont pas été expliqués officiellement, les observateurs maliens l’imputent à deux faits essentiels. Le premier est en rapport avec la nomenclature du gouvernement de coalition malien, formé par la mouvance présidentielle – majoritaire – et de l’opposition. Avec la désignation de M. Mara à la tête de la chefferie, IBK tente de donner plus de représentativité à l’opposition et ainsi l’impliquer dans la vie politique nationale. La seconde analyse est liée à l’assassinat de 21 bérets rouges, perpétré par la bande du général Amadou Aya Sanogo. Ce dernier purge aujourd’hui une peine de prison pour complicité dans ce carnage, alors que d’autres personnes, dont des ministres de l’équipe de M. Ly – protégés par l’immunité de leur fonction – et de hauts officiers réputés loyaux à M. Sanogo seraient eux aussi impliqués dans cette affaire. La justice devrait reprendre son cours et s’intéresser de plus près à cet épisode, qui remet au goût du jour la longue période de crise qu’a traversée ce pays suite au putsch contre Amadou Toumani Touré en mars 2012. <
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Le Premier ministre tunisien, Mehdi Jomâa, est rentré hier de Washington, où il a été reçu par le président américain, Barack Obama. Un entretien durant lequel les deux hommes ont passé en revue les relations bilatérales et la coopération entre les deux pays. Le président américain a ainsi salué la transition politique en Tunisie et a assuré le gouvernement tunisien d’un prêt de 500 millions de dollars. Les Etats-Unis poursuivent leur opération séduction au Maghreb. Pendant que le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, était en visite en Algérie et au Maroc, le président américain Barack Obama recevait, quant à lui, le Premier ministre tunisien, Mehdi Jomâa, à la Maison-Blanche, à Washington. Les deux hommes politiques ont eu ainsi l’occasion de faire le point sur les relations bilatérales entre les deux pays, en particulier depuis la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali et sur la manière dont la coopération entre Tunis et Washington pourrait être approfondie. Par ailleurs, le président Barack Obama a tenu à féliciter la Tunisie pour le processus révolutionnaire qu’elle a su mener en dépit des nombreuses difficultés qui ont émaillé celui-ci. « La bonne nouvelle est qu’en Tunisie, où ces révoltes populaires ont commencé, nous avons assisté aux progrès que nous espérions, même s’il y a eu des difficultés », a ainsi déclaré Obama, avant d’ajouter que « les Etats-Unis ont un grand intérêt à ce que l’expérience tunisienne soit couronnée de succès ». Pourtant, tout n’a pas été simple en Tunisie, et même aujourd’hui après la promulgation de la Constitution qui aura pris près de trois ans, le consensus reste fragile au sein de la société tunisienne. Une longue période d’instabilité politique, entre la chute de Ben Ali et la Constitution, a empêché l’Etat d’assumer pleinement ses fonctions, résultant ainsi une envolée inquiétante de l’insécurité et l’installation de groupes terroristes dans les régions montagneuses du mont Chaâmbi en particulier, non loin de la frontière avec l’Algérie. Coopération Or, depuis que les Etats-Unis ont décidé de faire de la guerre contre le terrorisme leur impératif géopolitique majeur, la Tunisie est devenue un Etat dont l’aide pourrait s’avérer utile pour ce faire. La Tunisie n’a pas encore beaucoup d’expérience dans ce type de lutte comme pourrait l’avoir l’Algérie, mais se trouve confrontée à des groupes terroristes sur son territoire, et de ce point de vue, Washington y voit un allié stratégique qui, maintenant, a retrouvé une relative stabilité et peut lutter contre la menace terroriste à son échelle s’il est aidé. C’est ainsi que Barack Obama et Mehdi Jomâa ont assez largement évoqué la coopération militaire lors de leur entretien. Le Premier ministre tunisien a ainsi affirmé : « Nous avons convenu d’une coopération accrue sur le plan sécuritaire pour contrer les dangers du terrorisme », avant de préciser que la coopération consisterait en l’acquisition d’équipements sécuritaires et d’assistance en matière de formation. Par ailleurs, les deux hommes ont également évoqué la crise économique dans laquelle la Tunisie est actuellement plongée. « Nous sommes aujourd’hui à la fin de cette transition politique qui se passe plutôt bien en Tunisie, après quelques difficultés, et nous abordons la transition économique », a déclaré le Premier ministre tunisien. Et de poursuivre : « Nous comptons sur nous-mêmes, mais nous comptons aussi sur la bonne coopération avec nos pays amis, plus particulièrement les Etats-Unis, pour essayer de donner aux jeunes ce qu’ils attendaient : des perspectives en termes d’emploi, des perspectives de prospérité, après cette liberté. » Force est de constater que les Etats-Unis ont été réceptifs aux doléances du chef du gouvernement tunisien puisqu’un prêt de 500 millions de dollars a été octroyé par l’Etat américain à la Tunisie, afin de pallier une crise économique qui n’a eu de cesse de s’aggraver depuis les trois dernières années. <
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L’ex-entraîneur national, Rabah Saâdane, est pressenti pour succéder à Haddouche à la tête de la direction technique nationale, pour tenter de relancer la formation, en berne, surtout que les jeunes sélections multiplient les échecs. Tout porte à croire que l’ancien coach des Verts, Rabah Saâdane, fera son retour pour aider le football national à sortir de l’ornière. Des sources proches de la FAF affirment que ce dernier devrait être désigné comme le DTN qui devrait succéder à Saïd Haddouche et dont la démission a été confirmée en fin de semaine dernière. Saâdane était déjà pressenti pour ce poste, surtout après avoir enterré la hache de guerre avec le patron de la FAF, Mohamed Raouraoua, qui compte sur lui pour donner un second souffle à la balle ronde nationale en établissant un projet sur le long terme. C’est la question de la formation qui inquiète le plus le président de la FAF, qui pense que les équipes nationales de jeunes devraient être encadrées comme il se doit, tâche qui incombe au DTS qui mettra en place une nouvelle politique pour tenter de s’en sortir et se relancer. Saâdane avait déjà avoué que ce qui l’intéresserait maintenant, c’est de travailler sur un projet qui lui tiendrait à cœur, à savoir aider et relancer la formation des jeunes qui connaît de grandes difficultés ces dernières années, surtout que les clubs n’aident pas à l’éclosion de jeunes talents, d’autant qu’ils préfèrent opter pour des joueurs chevronnés. Saâdane s’appuiera certainement sur ces clubs pour trouver une solution à ce problème crucial et qui fait que le football national ne produit pas la même qualité de joueurs des années quatre-vingt surtout. La FAF avait tenté d’imposer certaines orientations en demandant par exemple à aligner des joueurs de moins de 21 ans dans la liste des onze rentrants pour les clubs professionnels, mais cela n’a pas été appliqué par les clubs qui s’entêtent à ne compter que sur les joueurs qu’ils payent à coups de dizaines de millions. Rappelons que Mohamed Raouraoua avait auparavant proposé à l’artisan de la qualification des Verts au Mondial 2010 de diriger la sélection olympique et de la qualifier aux Jeux Olympiques 2016, mais sa proposition a été déclinée par Saâdane, car ne souhaitant plus travailler sur le terrain. «Le terrain, c’est fini», avait-il déclaré.n
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Le championnat d’Algérie de l’aviron, qui s’est déroulé les 4 et 5 avril au barrage Taksebt, à Tizi-Ouzou, a été dominé par les clubs oranais dont les rameurs se sont adjugés le trophée de la course au moyen de bateaux courts de 2 000 mètres, dans les catégories juniors, cadette et U23, ainsi qu’en individuels juniors et U23. Les deux distinctions ont été obtenues dans les catégories juniors et cadets respectivement par les équipes du CSU Oran et de l’Aviron d’Oran. La remise des trophées s’est déroulée en présence du président de la Fédération algérienne des sociétés d’aviron et de canoë-kayak (FASACK), Bachir Djellouat, et des responsables de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Dans la catégorie des U23, la coupe est revenue au club algérois du Sport nautique d’Alger (SNA), un habitué de la course. « Les mauvaises conditions climatiques n’ont pas permis le déroulement de la course par équipes, dans la catégorie seniors », a indiqué à l’APS le président du Rowing Club de Kabylie (RCK), Aït Tayeb Rabei. En individuel, les premières loges sont également revenues au CSUO, qui a été médaillé d’or dans la catégorie juniors grâce à Leïla Moussatti chez les dames et Amine Mechay, Billal Belhadj et Abdessamed Benattia chez les messieurs. Dans la catégorie U23, la médaille d’or chez les filles est revenue également à une athlète du CSUO, Imen Gellil, et Nadia Aboura de l’Aviron d’Oran. Dans la même catégorie hommes, Brixi Mehdi de l’Aviron d’Oran s’est adjugé la médaille d’or. La même distinction a été arrachée par Othmane Taleb du CSU Oran. Bref, la suprématie des athlètes oranais n’a été contestée que par les rameurs du Sport nautique d’Alger (SNA), qui ont obtenu 4 médailles d’or dans la catégorie U23.n

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Le Serbe Krstin Pedja a battu le Français Ubiergo Jordan, classé 1039e, en deux sets (7/6, 6/1), au terme de près de deux heures d’une partie qui a tenu toutes ses promesses. Le Serbe Krstin Pedja a remporté, samedi soir, le trophée du circuit international de tennis « Future 1 », qui s’est déroulé sur les courts du complexe sportif de haï Es Salem, à Oran. En finale du tableau simple messieurs, Krstin Padja, 326e mondial, a battu le Français Ubiergo Jordan, classé 1039e en deux sets (7/6, 6/1), au terme de près de deux heures de jeu. En finale double jouée vendredi, le duo italien composé de Giagaloneo Omar et Marrai Metteo s’est imposé devant son homologue belge composé de Gigounou Germain et Reuter Yourak 2 sets à 1 (7/5, 4/6 et 10/5). Les demi-finales du double ont été jouées jeudi au même titre que les quarts de finale. Les Algériens, qui n’ont pas beaucoup de matches dans les jambes par rapport aux étrangers souvent présents sur le circuit international, ont été éliminés au premier tour, a rappelé le directeur du tournoi, Abed Belabbes, qui estime nécessaire la mise en place d’un nouveau système de compétition devant prendre en charge les joueurs dès leur jeune âge dans les circuits, outre leur parrainage. Le président de la Fédération algérienne de tennis (FAT), Mohamed Bouabdellah, a qualifié de « réussi » ce premier circuit international de tennis « Future 1 », dont l’organisation a été confiée à la Ligue de tennis d’Oran. Un autre tournoi international de tennis garçons et filles, prévu en 2015, sera domicilié à Oran, a annoncé M. Bouabdellah, estimant nécessaire de mettre sur pied une nouvelle structure de tennis avec un circuit central et toutes les dépendances, « car l’actuel court ne répond plus aux normes ». Le président de la FAT a remercié au passage le wali d’Oran pour s’être engagé à développer le tennis en particulier et le sport en général. 32 tennismen se disputent le tableau final à Ben Aknoun Par ailleurs, trente-deux tennismen sont entrés en compétition samedi au tennis club Les Palmiers, à Ben Aknoun (Alger), pour essayer de décrocher une qualification au tableau final du tournoi international « Future » Slim Zanat, prévu du 7 au 12 avril au même lieu, a révélé l’organisateur, Hamza Khelassi. « Les qualifications se déroulent sur une période de deux jours, samedi et dimanche, de 10h à 18h. A la fin, il ne restera que huit tennismen sur les 32 qui sont actuellement en compétition. Ce sont eux qui iront au tableau final, à partir de lundi », a-t-il expliqué. La dotation du tournoi international « Slim Zanat » s’élève, selon la même source, à 15 000 dollars, qui seront répartis entre les animateurs du tableau final, suivant un barème bien défini. Le premier tour du tableau final de ce tournoi international est programmé du 7 au 10 avril, de 10h à 18h. La demi-finale « simple » est prévue le 11 avril à partir de 10h, tandis que la finale « double » aura lieu un peu plus tard dans la journée, à partir de 15h. Le 12 avril se déroulera la finale « simple » à partir de 10h et elle signera la clôture du tournoi qui enregistre la participation de 18 nations, sous la direction du juge arbitre international tunisien, Kamel Belhadj Alaya. Ce circuit international professionnel a été ramené à deux tournois, au lieu de trois prévus au départ. Le premier tournoi s’était déroulé à Oran au niveau du tennis club de la wilaya et avait connu la participation de quelque 70 athlètes issus de 18 pays. Quant au troisième tournoi, prévu au Tennis club de Sidi Fredj, à Alger (12-19 avril), il « a été annulé en raison de l’élection présidentielle du 17 avril 2014 », selon les organisateurs.n
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Une partie de la réponse est donnée par Baird lui-même dans une récente entrevue dans laquelle il explique la stratégie de son gouvernement : « Je pense que trop souvent, certaines personnes ont une vue que le Canada est en quelque sorte un arbitre dans le monde […]. Non, nous avons des intérêts. Nous faisons la promotion des valeurs canadiennes et ça, c’est extrêmement important » [1]. Les lignes générales énoncées dans cette déclaration traduisent clairement la volonté du gouvernement canadien de rompre avec une certaine image d’un Canada « neutre » et « promouvant la paix dans le monde ». À la place, deux idées majeures sont mises en avant : tout d’abord, les intérêts du Canada et ensuite la promotion de ses valeurs. Cette déclaration à au moins le mérite d’être claire et non ambiguë, en parfaite adéquation avec les actions menées sur le terrain diplomatique qui montrent un trait de caractère particulier de la « diplomatie » canadienne. Baird au Maïdan À l’occasion des dramatiques événements ukrainiens, de nombreuses personnalités politiques occidentales sont venues effectuer leur « pèlerinage » et offrir, à qui mieux mieux, leur soutien aux contestataires de la place Maïdan. John Baird fut l’un d’eux. Mais contrairement aux autres, il y est allé à deux reprises. Tout d’abord, le 5 décembre 2013 pour leur dire, en ukrainien, qu’il était « fier » d’eux [2] et, ensuite, le 28 février 2014, pour y rencontrer les nouveaux dirigeants de l’Ukraine « désignés » par le « peuple » du Maïdan, dont certains sont des membres notoirement connus de partis d’extrême-droite, ouvertement xénophobes [3]. Entre les deux évènements, un coup d’Etat avait emporté le gouvernement démocratiquement élu de Viktor Ianoukovitch [4]. Dans le numéro de janvier-février 2014 du Policy Magazine (dont la Une affiche le portrait souriant de Baird), l’éditorialiste L. Ian MacDonald commente ainsi le premier voyage du chef de la diplomatie canadienne à Kiev: « Alors que d’autres pays tels que les États-Unis, la France et l’Allemagne sont restés à l’écart, Baird est allé à la place Maïdan à Kiev et a publiquement pris parti pour les manifestants. » [5] Et Baird d’en rajouter : « C’était presque comme être dans une révolution. » [6] Abondant dans le même sujet, Yaroslav Baran, un ancien conseiller en communications du Premier ministre canadien actuel Stephen Harper, écrit: « John Baird a pris la décision audacieuse d’aller lui-même à Kiev. Parce que le Canada peut faire pour l’Ukraine ce qu’aucun autre pays ne peut faire. Et le Canada a toujours eu un intérêt [pour l’Ukraine] qu’aucun autre pays n’a eu. » [7] C’est comme si le Canada, en quête de leadership international dans certains dossiers (et, bien sûr, en conformité avec ses intérêts et la promotion de ses valeurs), voulait toujours être le premier à oser ou à s’imposer comme celui qui en fait le plus. Le cas de l’Ukraine en est un exemple d’école. L’indépendance de l’Ukraine Il faut dire que l’intérêt que porte le Canada à l’Ukraine ne date pas de ces derniers mois, bien au contraire. Déjà, à l’époque de la dissolution de l’URSS, cette volonté d’être le « premier » pour l’Ukraine n’était pas qu’un concours de circonstances. Nous allons le voir dans ce qui suit. Le 25 août 1991, Yuri Shymko et Wasyl Veryha, respectivement président et secrétaire général du « Congrès mondial des Ukrainiens libres », envoyèrent une lettre au président américain Bush père lui demandant « de reconnaître l’indépendance de l’Ukraine proclamée par son gouvernement légitime le 24 Août 1991 ». Le lendemain, soit le 26 août 1991, ils expédièrent une lettre analogue à Brian Mulroney, Premier ministre canadien de l’époque, en lui suggérant que le temps et le lieu appropriés pour cette annonce seraient « à Edmonton, ce week-end, lors de l’ouverture des festivités marquant le centenaire de l’établissement des Ukrainiens au Canada qui sont amenées à devenir une célébration exubérante de l’indépendance tant attendue de l’Ukraine ». Et d’ajouter : « Comme chef de file respecté dans la communauté internationale, vous ne devez pas hésiter à saisir ce moment historique. Il n’arrive qu’une seule fois. » [8] Ce même jour, Bush recevait Mulroney à Kennebunkport, dans le Maine. Lors d’une longue conférence de presse conjointe, ils furent tous deux questionnés sur la reconnaissance de l’indépendance de l’Ukraine. Le président des États-Unis répondit par un vague : « Nous devons attendre et voir », alors que le Premier ministre canadien fit savoir que « nous allons respecter la volonté librement exprimée du peuple de l’Ukraine » [9]. On raconte que Bush, manifestant son inquiétude, avait essayé de convaincre Mulroney de ne pas reconnaître aussi rapidement l’Ukraine, car, d’après lui, cela serait « trop perturbant ». Ce à quoi le Premier ministre canadien lui répondit « Sorry, George, but I’m going to do it » (Désolé, George, mais je vais le faire) [10]. Chose promise, chose due. Le 2 décembre 1991, le Canada devenait le premier pays occidental à reconnaître l’Ukraine [11]. Les États-Unis ne reconnurent l’indépendance de ce pays (ainsi que l’ensemble des autres républiques soviétiques séparatistes) que le 25 décembre 1991, le jour même de la démission de Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’URSS [12]. Pour ce « haut fait d’armes », Mulroney reçu, en 2007, l’Ordre du roi Iaroslav le Sage, la plus haute distinction du gouvernement ukrainien. Présent à cette cérémonie, Harper prononça un discours dans lequel il félicita le lauréat tout en mentionnant qu’« aucun autre pays occidental n’a de liens aussi étroits avec l’Ukraine que le Canada ». Il conclut son intervention en précisant que son « nouveau gouvernement continuera de soutenir le droit de l’Ukraine de déterminer sa propre destinée, sans l’ingérence de la part d’intérêts extérieurs, car les Ukrainiens, comme tous les peuples, ont droit à la liberté, à la démocratie, aux droits de la personne et à la primauté du droit » [13]. À ce stade, il est important de noter qu’entre la reconnaissance de l’Ukraine en 1991 et la remise de la distinction à Mulroney en 2007, un évènement majeur s’est produit en Ukraine : la « révolution » orange. C’est ce qui explique probablement pourquoi la décoration de Mulroney lui fut octroyée (16 ans plus tard) par le président Viktor Iouchtchenko, « héros » de cette « révolution », et non par ses prédécesseurs. Mais contrairement à la fallacieuse déclaration de Harper concernant « l’ingérence étrangère », le Canada a eu un rôle décisif dans tous les « soubresauts » politiques de l’Ukraine post-soviétique. La face canadienne de la « révolution » orange Comme expliqué dans un article précédent [14], la « révolution » orange est une révolte populaire qui a touché la rue ukrainienne en 2004. Menée par un mouvement nommé « Pora » (« C’est l’heure », en ukrainien), elle fait partie d’un ensemble de révoltes baptisées « révolutions colorées », qui se sont déroulées dans les pays de l’Est et les ex-Républiques soviétiques durant les années 2000. La contestation populaire menée par les jeunes activistes ukrainiens de la vague orange a réussi à annuler le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2004. Le scrutin, qui opposait le candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch au candidat pro-occidental Viktor Iouchtchenko, avait été remporté par le premier. Un troisième tour, imposé par les manifestations, vit la victoire de Iouchtchenko, au grand bonheur du camp pro-occidental. Malgré leurs apparences spontanées, il est de notoriété publique que toutes ces « révolutions », et en particulier celle de couleur orange, ont été planifiées et financées par des organismes gouvernementaux américains d’« exportation » de la démocratie comme l’United States Agency for International Development (USAID), la National Endowment for Democracy (NED), l’International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), la Freedom House (FH), ainsi que l’Open Society Institute (OSI) de George Soros, l’illustre milliardaire et spéculateur financier américain [15]. Mais contrairement à l’implication des États-Unis dans la « révolution » orange qui est bien documentée, celle du Canada reste assez méconnue. Dans une remarquable investigation publiée en 2007 sous le titre explicite « Agent orange: notre rôle secret en Ukraine », le journaliste canadien Mark MacKinnon explique, avec moult détails, le rôle du Canada dans cette « révolution » [16]. Tout d’abord, il y a Andrew Robinson, l’ex-ambassadeur canadien en Ukraine, en poste à l’époque des évènements. À partir de janvier 2004, soit quelques mois à peine après le succès de la « révolution » des Roses en Géorgie (une autre « révolution » colorée), Robinson reconnaît avoir mensuellement organisé et présidé des réunions secrètes regroupant les ambassadeurs de 28 pays occidentaux qui désiraient l’arrivée au pouvoir de Iouchtchenko. Dès le printemps 2004, il se mit en contact avec les activistes du mouvement Pora et leur offrit 30 000$ à travers un fonds spécial de l’ambassade canadienne. Confirmant cette aide, Vladislav Kaskiv, un dirigeant de Pora, déclara : « Il [i.e. Robinson] était là ... juste quand le mouvement a commencé. » Le diplomate canadien a admis que son ambassade avait dépensé, en tout, 500 000$ pour « promouvoir des élections équitables » en Ukraine et a reconnu son indéniable contribution à la victoire de Iouchtchenko sur Ianoukovitch. Ce qui fit dire à Kaskiv : «  Andrew Robinson est un héros de la révolution. » Un autre personnage canadien d’importance dans le dossier de la révolution « orange » est Boris Wrzesnewskyj, député canadien d’origine ukrainienne. Wrzesnewskyj est membre du parti libéral, tout comme le Premier ministre de l’époque, Paul Martin, dont il est considéré comme proche. « Le Canada a eu beaucoup d’influence par des moyens «soft» qui sont difficiles à quantifier », a-t-il avoué. « Dans les coulisses, nous avons joué un rôle très important. » Et ce n’est pas peu dire car, en effet, Wrzesnewskyj a joué sur plusieurs tableaux. De part ses origines et sa relation privilégiées avec le Premier ministre canadien, il a été un intermédiaire important entre Martin et Iouchtchenko. Comme observateur (envoyé par le Canada) lors du second tour des élections présidentielles ukrainiennes de 2004, il a fait les manchettes en dénonçant et condamnant les irrégularités du vote. L’article de MacKinnon relate aussi la relation « douteuse » entre Wrzesnewskyj et Yaroslav Davydovych, le chef de la Commission centrale des élections de l’Ukraine. C’est Davydovych qui refusa d’approuver l’élection de Ianoukovitch au second tour du scrutin. Histoire d’assurer ses arrières, Wrzesnewskyj lui avait promis (ainsi qu’à sa famille) un sauf-conduit pour le Canada en cas de « complications post-électorales », et ce, en accord avec Karl Littler, l’adjoint au chef de cabinet de Paul Martin. Wrzesnewskyj s’est aussi investi pécuniairement dans la réussite de la « révolution » orange. Il a financé des missions d’observations électorales à hauteur de 250 000$ de sa fortune et a mis à disposition des activistes de Pora son propre appartement dans le centre de Kiev. Pour surveiller le bon déroulement du 3e tour des élections présidentielles ukrainiennes, 12 000 observateurs internationaux ont été déployés à travers l’Ukraine, provenant, entre autres, du Canada, des États-Unis, d’Israël, d’Allemagne et de Pologne. Sous l’impulsion de Wrzesnewskyj, le gouvernement canadien envoya la plus importante des délégations, composée de 500 observateurs et présidée par l’ancien Premier ministre John N. Turner. En plus de cette importante contribution, le Congrès des Ukrainiens-Canadiens (UCC) a pris en charge l’envoi de 300 observateurs auxquels s’ajoutent près de 200 observateurs canadiens expatriés en Ukraine. En tout, le Canada a fourni près de mille observateurs dans cette mission de surveillance [17]. À propos du rôle des observateurs canadiens, MacKinnon donne une information très importante : « Même avant qu’ils ne débarquent, ils ont clairement indiqué que leur objectif n’était pas seulement de surveiller une élection, mais d’empêcher Ianoukovitch d’atteindre la présidence. » De retour au Canada après la victoire du camp orange en Ukraine, un rapport détaillé de la mission fut élaboré [18]. Dans la lettre de présentation rédigée par John N. Turner et adressée à Paul Martin, on peut lire : « Ce fut un effort d’équipe et la délégation canadienne a effectué son travail selon les normes professionnelles les plus élevées. Notre mission était d’observer l’élection afin de s’assurer qu’elle respecte les principes de la démocratie — rien de plus. » Le « rien de plus » sciemment ajouté après le tiret cadratin est étonnant. Pourquoi Turner a-t-il jugé nécessaire d’ajouter cette expression ? À quoi le « plus » correspond-il ? Ou a-t-il été ajouté pour dénier tout autre rôle susceptible de jeter du discrédit sur la mission ? Le rapport mentionne aussi l’étroite collaboration de la mission canadienne avec les organismes américains d’exportation de la démocratie comme l’IRI et le NDI, ceux-là même qui ont lourdement appuyé la « révolution » orange. Rappelons que ces deux organisations sont respectivement associées aux partis républicain et démocrate américains. D’autre part, l’IRI est dirigé par le célèbre sénateur John McCain, alors que le NDI est présidé par Madeleine K. Albright, l’ancienne secrétaire d’État américaine. Cette collaboration entre le gouvernement canadien et ces organismes américains n’est ni fortuite ni occasionnelle. Bien au contraire, leur coopération est bien rodée comme on peut le constater dans l’exemple suivant. Du 10 au 16 décembre 2013, une délégation composée de représentants de plusieurs partis politiques algériens ont participé à une mission au Canada. Les participants ont été accueillis aux sièges de la Chambre des communes, de la bibliothèque parlementaire, du Sénat et de plusieurs formations politiques. Durant leur séjour, ils ont eu des rencontres avec les dirigeants des principaux partis canadiens. Le hic? L’organisation, le transport, l’hébergement, la nourriture et même l’argent de poche ont été fournis par le NDI [19]. Une dernière petite précision : Ruslana, la sœur de Boris Wrzesnewskyj, est très proche de Katerina Chumachenko, l’épouse du « héros » de la révolution orange et vainqueur du 3e tour des élections présidentielles, Viktor Iouchtchenko [20]. Née aux États-Unis, Katerina est citoyenne américaine. Elle occupa différents postes dans le gouvernement américain, en particulier celui de directrice adjointe du Bureau de liaison avec le public à la Maison Blanche, sous l’administration Reagan [21]. Elle n’obtint sa citoyenneté ukrainienne qu’en 2005, lorsqu’elle devint Première dame d’Ukraine [22]. C’est Adrienne Clarkson, l’ex Gouverneure générale du Canada qui représenta le Canada à l’investiture du président Iouchtchenko en 2005. Arborant un foulard orange lors de la cérémonie, elle était assise côté de la Première dame, Katerina Iouchtchenko. Pendant le repas d’honneur, le président fraîchement élu lui dit : « Vous sous-estimez probablement à quel point il est important que le Canada soit représenté ici. » Elle reconnut avoir été très émue par ces paroles [23]. Épilogue : Vladislav Kaskiv, l’activiste de Pora, a été nommé conseiller spécial du président Iouchtchenko. Yaroslav Davydovych a été accueilli en 2009 comme un héros de la « révolution » orange par les parlementaires du parti libéral canadien. Boris Wrzesnewskyj, quant à lui, est devenu conseiller spécial du chef libéral chargé des « démocraties émergentes » [24]. Tout ça pour ça. La présidence de Viktor Iouchtchenko a été marquée par une division du mouvement orange et un gouvernement « tout aussi incompétent et truffé de copinage comme ses prédécesseurs corrompus et vénaux, si ce n’est plus » [25]. Le président « orange » s’est même illustré pour avoir décoré à titre posthume Stepan Bandera, le nationaliste ukrainien et collaborateur des nazis si vénéré par les militants de l’extrême-droite radicale et fasciste de l’Euromaïdan [26]. Iouchtchenko n’a même pas été épargné par la presse canadienne. En effet, dans un article datant de 2010 (quelques mois après l’élection présidentielle), Doug Saunders du quotidien torontois The Globe and Mail écrit : « Le Canada, dans un geste inhabituel, a financé les organisations de jeunesse qui ont soutenu Iouchtchenko et a fourni une assistance diplomatique au mouvement. Cela aussi a été anéanti lorsque le régime de M. Iouchtchenko est devenu corrompu, antiréformiste et plein de divisions dans l’année même de sa victoire. En plus, les investissements canadiens ont disparu, y compris des dizaines de millions versés dans un projet visant à contenir les tas de ruines du réacteur nucléaire de Tchernobyl, un projet paralysé par la corruption et le sectarisme. » [27] Viktor Iouchtchenko obtint un maigre et décevant 5,45 % au premier tour des élections présidentielles de 2010, loin derrière Viktor Ianoukovitch qui fut démocratiquement élu au second tour. En un seul mandat, la vague orange a été balayée. L’Euromaïdan et la communauté canado-ukrainienne L’intérêt démesuré du Canada pour l’Ukraine, un pays situé à des milliers de kilomètres de ses frontières et avec lequel il ne partage ni la langue, ni l’histoire, ni la culture ne peut se comprendre qu’en tenant compte de l’importance de la communauté canado-ukrainienne. Selon le recensement de 2011, cette communauté compte plus de 1,2 million de personnes, soit pas loin de 4% de la population canadienne [28]. Cette diaspora représente la plus grande population d’origine ukrainienne au monde, derrière celle de l’Ukraine et de la Russie. Les immigrants ukrainiens sont arrivés au Canada par vagues successives dont la première remonte à aussi loin que 1891. Selon Nina Bachkatov, journaliste et spécialiste de la Russie, les premières vagues d’immigration furent suivies par « tous ceux qui ont fui la soviétisation après 1917, mais aussi des collaborateurs national-socialistes partis après la Seconde Guerre mondiale », ce qui explique, d’après elle, le caractère majoritairement conservateur et anticommuniste de la diaspora ukrainienne en Amérique du Nord [29]. Le sentiment historiquement et généralement antisoviétique de cette communauté s’est transformé en une position clairement antirusse à la lumière des récents évènements en Ukraine. La diaspora canado-ukrainienne possède de nombreuses célébrités dans des domaines aussi variés que les arts, le sport ou la science [30]. (Suite de la page 13) En politique, les membres de cette communauté sont présents dans les institutions provinciales et fédérales : Gouverneurs général du Canada, Lieutenant-gouverneurs de la Saskatchewan, Premier ministre de la Saskatchewan, sénateurs, députés, etc. [31]. En 2006, 52 % des Canadiens d’origine ukrainienne vivaient dans les provinces des Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba), contre 28 % en Ontario et 16 % en Colombie-Britannique [32]. Dans certaines villes des provinces de l’Ouest canadien, la proportion de Canadiens d’origine ukrainienne est beaucoup plus élevée que la moyenne nationale : 16 % à Winnipeg (Manitoba), 14% à Edmonton (Alberta) et 7% à Calgary (Alberta) [33]. Le poids démographique de cette communauté et sa présence dans les différentes sphères de la société canadienne fait de cette diaspora une des plus influentes dans la politique canadienne, beaucoup plus que tout autre groupe d’Europe de l’Est. Elle représente donc un potentiel électoral non négligeable dans les élections canadiennes. Dans cet ordre d’idée, Michael Byers, titulaire de la Chaire de recherche canadienne en politique et en droit international à l’Université de la Colombie-Britannique, reconnaît que « toute grande communauté de la diaspora a une influence sur la politique canadienne, et certainement que 1,2 million de personnes est un facteur qui pèse sur l’esprit de tout leader politique », tout en signalant que la politique étrangère canadienne ne dépendait pas uniquement de la politique intérieure [34]. Très critique envers la politique étrangère du couple conservateur Harper-Baird, Christopher Westdal, l’ex-ambassadeur canadien en Ukraine (1996-1998) et en Russie (2003-2006) explique que la position aveuglément pro-ukrainienne et très antirusse du gouvernement canadien actuel ne peut être expliquée que par la politique intérieure : « Le Canada est le foyer de près de 1,3 million de Canadiens d’origine ukrainienne et une élection fédérale est prévue en 2015 ». Et d’ajouter : « Nous avons une politique étrangère axée sur la diaspora. Cela peut fonctionner pour des élections, mais cela ne fait pas grand-chose de bien dans le monde. » [35] La communauté canadienne d’origine ukrainienne est regroupée dans une multitude d’institutions [36] dont certaines sont très actives dans le champ sociopolitique canado-ukrainien. Le Congrès des Ukrainiens-Canadiens (UCC) est l’une des plus importantes d’entre elles. Créé en 1940, il regroupe actuellement une trentaine d’organisations nationales, provinciales ou locales. Selon leur site, l’UCC « représente la communauté ukrainienne du Canada devant le peuple et le gouvernement du Canada, fait la promotion des liens avec l’Ukraine et identifie et répond aux besoins de la communauté ukrainienne du Canada pour assurer son existence et son développement continus pour l’amélioration du tissu socioculturel du Canada » [37]. Pour rappel, c’est l’UCC qui avait organisé l’envoi de quelques centaines d’« observateurs » en Ukraine pour superviser le troisième tour des élections présidentielles de 2004. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Adrienne Clarkson décerna officiellement à ce Congrès un « Certificat de mention élogieuse » (un honneur très rarement octroyé, paraît-il). « Vos observateurs ont contribué à l’effort international visant à assurer un environnement neutre et non partisan pour que les électeurs ukrainiens bénéficient du confort et de la sécurité nécessaires pour voter librement et ouvertement. Par leur dévouement, leur acharnement au travail et leurs sacrifices, les participants à la mission seront une inspiration pour tous ceux et celles qui luttent pour acquérir leur droit démocratique à des élections libres et justes », a-t-elle solennellement déclaré [38]. Aurait-elle eu tant de lyrisme sur la « noble » mission des « observateurs » si elle avait su que, malgré leur neutralité proclamée, beaucoup d’entre eux étaient arrivés à l’aéroport Boryspil de Kiev parés d’orange, la couleur des pro-Iouchtchenko [39] ? Depuis 2007, l’UCC est présidé par le canado-ukrainien Paul Grod. Ce dernier a eu un rôle important dans la « révolution » orange dans la mesure où c’est lui qui a dirigé la mission d’observation envoyée en 2004 par l’UCC et subséquemment honorée par Mme Clarkson. Dans le dossier « Ukraine » de la diplomatie canadienne, Grod est un joueur majeur. En 2012 et 2013, le magazine Embassy, hebdomadaire de politique étrangère du Canada, l’a classé parmi les 80 personnes les plus influentes de la politique étrangère canadienne [40]. Paul Grod a accompagné Stephen Harper dans son voyage à Kiev le 22 mars dernier. Avant cela, il l’avait rencontré le 11 mars 2014, le 30 janvier 2014 et le 9 novembre 2013. Le président de l’UCC a aussi accompagné John Baird dans ses deux voyages à Kiev dont il a été question précédemment (5 décembre 2013 et 28 février 2014). En plus, il a eu des rencontres avec lui le 31 janvier 2014 et le 27 novembre 2013. Toutes ces rencontres au plus haut niveau sont la preuve d’une concertation régulière entre le gouvernement canadien et les membres influents de la communauté canado-ukrainiennes, en particulier le président de l’UCC, Paul Grod. Les voyages, quant à eux, montrent une claire convergence de leurs visions dans le dossier ukrainien. C’est probablement pour cette raison que le nom de Paul Grod figure dans la liste des personnalités canadiennes sanctionnées par le gouvernement russe [41]. La consultation du site de l’UCC montre qu’une rubrique supplémentaire, baptisée « Euromaïdan », a été ajoutée au menu principal. On y trouve des notes d’information quotidiennes qui ne diffèrent guère des communiqués de presse du ministère des Affaires étrangères du Canada, ainsi qu’une page fournissant des renseignements bancaires pour « Soutenir financièrement Euromaïdan » [42]. Cette volonté de lever des fonds pour l’Euromaïdan est aussi visible sur le site des Services sociaux ukrainiens canadiens (UCSS), une autre organisation canado-ukrainienne. « Merci pour votre don pour l’Euromaïdan, manifestations pacifiques et démocratiques qui ont lieu à Kiev et dans d’autres centres en Ukraine. Tous les fonds recueillis pour ce projet seront utilisés pour fournir de la nourriture, des médicaments et des vêtements chauds pour les manifestants dans le besoin » dit un message signé par Bozhena Iwanusiw, la présidente de l’UCSS [43]. Évidemment, aucune information n’est donnée sur les manifestants de l’extrême-droite fasciste et néo-nazie, ni des armes utilisées par les violents militants du « Pravy Sektor » [44], ni même de la compromettante discussion entre la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le ministre des Affaires étrangères estonien Urmas Paet à propos de l’identité des snipers du Maïdan [45]. De son côté, l’Union des étudiants ukrainiens canadiens (SUSK) affiche clairement ses couleurs. Sur son site, on peut lire de nombreux communiqués pro-Euromaïdan. La présidente du SUSK, Christine Czoli, a séjourné à Kiev entre le 16 et le 19 décembre 2013 pour « apporter son soutien à Euromaïdan ». « Ces gens sont de véritables héros et leurs sacrifices et efforts quotidiens sont ce qui maintient Euromaïdan » a-t-elle déclaré [46]. Son passage a été immortalisé dans une vidéo où on la voit prendre publiquement la parole sur la scène de la place Maïdan et dont la description mentionne « L’Union des étudiants canadiens ukrainiens (SUSK) soutient activement l’Euromaïdan et l’intégration de l’Ukraine à l’Europe » [47]. Au Canada, l’aide publique au développement à l’étranger est gérée par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Parmi les 20 pays visés par cette aide, un seul est situé en Europe : l’Ukraine. Les nombreux programmes dont bénéficie ce pays sont presque tous reliés à la gouvernance et au renforcement de la démocratie [48]. Cette « exportation » de la démocratie se fait aussi par l’intermédiaire d’autres moyens ne dépendant pas de l’ACDI. C’est le cas du Programme Parlementaire Canada-Ukraine (CUPP). Créé en 1991 pour souligner le centenaire du début de l’immigration ukrainienne au Canada, le CUPP est un projet dont la finalité est de promouvoir et d’assister le processus de démocratisation en Ukraine. Financé par la communauté ukrainienne et soutenu par Groupe d’amitié parlementaire Canada-Ukraine, le CUPP consiste en un stage sur la démocratie parlementaire et la politique comparée à la Chambre des communes destinés à des jeunes étudiants ukrainiens. Ce stage a lieu chaque année au Parlement du Canada à Ottawa. Un des buts recherché par ce programme est de contribuer à la formation des futurs leaders de l’Ukraine. Effectivement, de nombreux étudiants qui ont suivi cette formation ont obtenu des postes importants : diplomates, professeurs d’université, conseillers de ministres, adjoints de députés du parlement ukrainien, etc. [49]. Le groupe d’amitié Canada-Ukraine, qui est actuellement présidé par le député conservateur Robert Sopuck, compte 13 membres dont les vice-présidents Peter Goldring et la sénatrice Raynell Andreychuk ainsi que les députés James Bezan et Ted Opitz [50]. Pour la petite histoire, c’est Ted Opitz qui a battu Boris Wrzesnewskyj, député libéral sortant − et artisan de la « révolution » orange −, aux élections fédérales de 2011 par seulement 26 voix [51]. À signaler qu’aussi bien Opitz que Wrzesnewskyj sont des fervents partisans du CUPP, le second ayant contribué à son financement pendant plusieurs années [52]. L’édition 2013 du CUPP a regroupé 34 étudiants qui ont été pris en charge par 34 membres du Parlement canadien dont plusieurs ministres et anciens ministres. Parmi les députés participants, citons Ted Opitz, James Bezan et Peter Goldring [53]. Le 4 novembre 2009, Peter Goldring fit la déclaration suivante à la Chambre des communes du Canada : « Monsieur le Président, je tiens à reconnaître 25 jeunes délégués provenant de l’Ukraine qui nous ont visité au cours des huit dernières semaines. Ils sont là, dans les bureaux des députés, pour gagner de précieuses perspectives sur la plus importante institution démocratique du Canada : le Parlement du Canada. Ces jeunes personnes, qui représentent le programme parlementaire Canada-Ukraine, incarnent les idéaux les plus élevés de la réussite et du service à la communauté. Ces jeunes, comme Roman Bits de mon bureau, sont les futurs dirigeants de l’Ukraine. Le Canada et l’Ukraine sont intimement liés pour toujours par l’immigration. Plus d’un Canadien sur trente est d’origine ukrainienne, comme le sont ma femme, mes filles et mes petites-filles » [54]. Le 12 décembre 2013, soit une semaine après John Baird, Peter Goldring s’est rendu à Kiev. Dès son arrivée, il se rendit à la place Maïdan, mais pas tout seul. Il était accompagné par Andrii Sorokhan, son ancien stagiaire du programme CUPP demeurant à Kiev [55]. Il faut dire que Goldring n’avait pas nécessairement besoin d’un guide, car il s’agit d’une place qu’il connaît bien pour avoir foulé son sol lors d’évènements historiques. En effet, Goldring était venu donner « un coup de main » à la révolution orange, neuf ans plus tôt, lors de l’annulation du second tour des élections présidentielles de 2004. Il avait même pris la parole devant une énorme foule, encourageant les activistes à se battre pour leurs droits démocratiques. Arrivé à la place, il a rencontré d’autres anciens stagiaires du programme CUPP qui étaient impliqués dans l’Euromaïdan. S’agirait-il des collègues d’Ustyna Mykytyuk, stagiaire de la promotion CUPP 2011 [56] qui se présente comme volontaire « prenant une part active dans le service d’aide médicale de l’Euromaïdan […], responsable de la coordination des bénévoles et des services de comptabilité » [57]? Toujours est-il que Goldring prit la parole sur la scène de la place Maïdan le 13 décembre 2013 et, devant des milliers de personnes, déclara : « Peuple d’Ukraine, vous êtes citoyens d’un grand pays indépendant avec un avenir fantastique! Un avenir qui sera réalisé s’il n’est pas contrôlé par des influences extérieures. Vous avez beaucoup d’amis à travers le monde qui se tiennent avec vous. À Ottawa. À Edmonton […]. Nous sommes avec vous pour ce qui est juste, et face à ce qui est mal […] ». Les manifestants du Maïdan répondirent par un « Thank You Canada », répété à l’unisson à plusieurs reprises [58]. Imitant Harper en 2007, Goldring n’a pas oublié de mentionner « l’influence extérieure » dans son discours. Mais alors comment peut être interprétée la présence d’un député canadien à cet endroit et en ce moment précis ? « Amitié » ou « influence extérieure » ? Les deux, peut-être ? Le pèlerinage ukrainien Être le premier dans tout ce qui concerne l’Ukraine a toujours été le souci majeur de la diplomatie canadienne. Comme ce fut le cas en 1991, il ne fallait pas rater l’occasion de la reconnaissance du gouvernement canadien post-Euromaïdan. Le 22 mars 2014, Stephen Harper effectua une visite en Ukraine et devint, ainsi, le premier dirigeant d’un pays du G7 à s’y rendre. Cet évènement a été rapporté comme tel dans les médias canadiens qui en ont fait leurs gros titres, le qualifiant d’« historique ». Lors de sa déclaration publique aux côtés du nouveau Premier ministre Ukrainien Arseni Iatseniouk, il n’oublia pas de mentionner l’énorme diaspora ukrainienne du Canada : « Je vous transmets les salutations de tous les Canadiens, y compris, mais certainement pas limité à plus d’un million de Canadiens d’origine ukrainienne. La troisième plus grande population ukrainienne dans le monde entier ». Et, à propos des récentes manifestations de la place Maïdan: « Vous avez offert de l’inspiration et un nouveau chapitre dans l’histoire continue de l’humanité de la lutte pour la liberté, la démocratie et la justice » [59]. Inspirante, l’œuvre du « Pravy Sektor » ? Démocratique, un coup d’État contre un président élu ? Mais bien que cette visite soit teintée par un souci de primauté, elle n’est que la plus récente d’une longue série de visites officielles de personnalités canadiennes de haut rang à ce pays. La première personnalité canadienne à se rendre en Ukraine après l’indépendance de ce pays est feu le Gouverneur général du Canada, Ramon Hnatyshyn. Cette visite, qui date de 1992, fut très spéciale dans la mesure où le Gouverneur était d’origine ukrainienne. Il y eut ensuite le Premier ministre Jean Chrétien (1999), la Gouverneure générale Adrienne Clarkson (2005), la Gouverneure générale Michaëlle Jean (2009) et le Premier ministre Stephen Harper (2010). Du côté ukrainien, deux présidents vinrent au Canada : Leonid Koutchma (1994) et Viktor Iouchtchenko (2008). En ce qui concerne Koutchma, il avait choisi le Canada comme destination de son premier voyage à l’étranger au lieu de la Russie [60]. Ces nombreuses et fréquentes visites montrent que le Canada maintient des liens étroits avec l’Ukraine. C’est ce qui fait dire au journaliste Doug Saunders : « Ces liens et les votes qu’ils assurent feront en sorte que les dirigeants canadiens continueront à aller à Kiev » [61]. À propos des sanctions Le mercredi 26 février 2014, le nouveau gouvernement ukrainien post-Euromaïdan a été présenté à la foule massée sur la place de l’Indépendance, à Kiev. Plusieurs portefeuilles et postes clés ont été attribués aux militants de « Svoboda », un parti d’extrême-droite ultranationaliste collaborant avec des groupuscules paramilitaires ouvertement fascistes et pro-nazis [62]. Sur demande du président Vladimir Poutine, le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) a autorisé, le 1er mars 2014, l’envoi de troupes en Ukraine pour y protéger les citoyens russes. Suite à cela, le Canada a rappelé son ambassadeur à Moscou [63]. Le président russe se ravisa trois jour plus tard : « En ce qui concerne l’envoi de troupes, ce n’est pas nécessaire pour le moment. Mais cette possibilité existe. » [64] Le 3 mars 2014, la Chambre des communes canadienne a adopté à l’unanimité une motion qui condamne « fermement » une intervention « provocatrice » de la Russie. Le lendemain, un drapeau ukrainien a été hissé sur la colline parlementaire à Ottawa [65] et les activités militaires avec la Russie ont été suspendues [66]. Dans le but de condamner l’« invasion militaire de l’Ukraine », Stephen Harper a annoncé, le 7 mars 2014, des sanctions à l’encontre d’« un certain nombre de personnes responsables de la menace envers l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine ». De son côté, John Baird a confirmé l’expulsion de neuf soldats russes en entraînement au Canada, « pour leur faire savoir qu’ils ne sont plus les bienvenus » [67]. Le 16 mars 2014, la Crimée plébiscite son rattachement à la Russie. Les sanctions canadiennes contre la Russie ne se font pas attendre. Le 17 mars 2014, le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Russie est entré en vigueur afin de répondre « à la gravité de la violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine par la Russie ». Les 18 et 21 mars 2014 ces Règlements ont été modifiés afin d’inclure des noms additionnels. La liste des personnes sanctionnées est passée de 10 à 32 noms [68]. La liste initiale mentionne sept Russes et trois Ukrainiens. Citons, à titre d’exemple, Sergei Yuryevich Glazyev, le conseiller du Président russe Vladimir Poutine, Dmitry Olegovich Rogozin, vice-premier-ministre de la Fédération de Russie ou Serhiy Valeriyovich Aksyonov, Premier ministre de la république autonome de Crimée [69]. Le 22 mars, Harper s’envole vers Kiev et y fait des déclarations antirusses tonitruantes, ne cachant pas son désir d’expulser Poutine du G8 et de revenir au G7 : « Quant à la question de la présence de la Russie au sein du G8, c’est une discussion que nous allons avoir avec nos collègues [du G7]. Je ne pense pas qu’il faut beaucoup d’imagination pour comprendre ce qu’est mon avis, mais je vais certainement écouter ce que nos partenaires du G7 ont à dire avant de parvenir à des décisions définitives » [70]. En guise de représailles, la Russie a émis des sanctions contre le Canada le 24 mars 2014. Sur la liste des 13 personnes touchées par ces mesures, on trouve des noms reliés à la communauté canado-ukrainienne dont il a été question précédemment : la sénatrice Raynell Andreychuk, les députés Ted Opitz et James Bezan ainsi que le président de l’UCC, Paul Grod. Ce dernier ironisa sur cette décision sur son compte Twitter : « Fièrement sanctionné par Poutine. Je ne pourrai pas visiter le nouveau palais de Ianoukovitch en Russie » [71]. Et Harper de prendre sa défense et d’enfoncer le clou avec la Russie: « Ils ont sanctionné un homme pour la seule raison qu’il est ukrainien. Maintenant, qu’est-ce que cela vous dit sur la mentalité de ce gouvernement [russe]? » [72] Mais Paul Grod n’est-il pas aussi Canadien? Considérations économiques Il serait naïf de croire que les considérations de politique intérieure expliquent à elles seules la diplomatie canadienne. Certes, la diaspora canado-ukrainienne est sans aucun doute une des plus influentes et son vote est une denrée très recherchée, mais rien ne vaut une politique qui fait converger les exigences domestiques avec les intérêts économiques. Tout comme énoncé par John Baird, le Canada n’est plus un arbitre, mais « a des intérêts ». En septembre 2009, le gouvernement canadien a annoncé l’ouverture de discussions sur un accord de libre-échange avec l’Ukraine. Selon le ministre du Commerce international canadien, « cet accord avec l’Ukraine pourrait favoriser l’ouverture des marchés pour les exportations canadiennes […]. Ils contribuent également à renforcer l’économie canadienne, à créer de nouveaux emplois et faire baisser les prix pour les consommateurs canadiens ». En 2008, les exportations de marchandises canadiennes vers l’Ukraine ont totalisé 229,7 millions de dollars, une augmentation de 80% par rapport à l’année précédente et 400% comparativement à 2004 [73]. Notons que ces dates correspondent à la période post-« révolution » orange. Après plusieurs rondes de négociations, l’accord de libre-échange n’a pas encore abouti. C’est pour cette raison que lors de sa récente visite à Kiev (22 mars 2014), Harper n’a pas oublié, entre deux flèches contre la Russie, d’annoncer la reprise des discussions sur cet accord [74]. Mais au-delà des relations bilatérales qui enchantent la diaspora ukrainienne au Canada, l’enjeu énergétique est beaucoup plus lucratif. En effet, l’Union européenne (UE) et ses États membres importent 30% du gaz qu’ils consomment de la Russie [75]. La dépendance au gaz russe varie de 15% pour la France, 60% pour l’Ukraine et 100% pour les pays baltes [76]. L’Ukraine est d’une grande importance géostratégique dans la mesure où 60 % du gaz russe destiné à l’Europe transite par ce pays [77]. La confrontation Occident-Russie à l’aune du conflit ukrainien peut donc priver l’Europe d’une grande partie du gaz qu’elle consomme si la Russie venait à fermer les vannes alimentant l’Ukraine en cas de pourrissement de la situation. D’ailleurs, et pour d’autres raisons, c’est ce qui s’est passé en 2006 et 2009, lorsque la compagnie étatique russe Gazprom a arrêté toutes ses exportations via ce pays. Notons, encore une fois, que ces dates correspondent aussi à la période post-« révolution » orange. Le président Obama, voyant dans le conflit ukrainien une occasion inespérée d’écouler ses stocks de gaz de schiste et, du même coup, de réduire les exportations russes de gaz vers l’UE, n’a pas hésité à offrir ses services. À l’issue d’un sommet avec les responsables de l’UE en date du 26 mars 2014, il expliqua que : « La question de l’énergie est centrale. (Suite de la page 15) L’Europe doit trouver comment diversifier ses approvisionnements. Les États-Unis, eux, ont la chance d’être richement dotés. Accélérer le mouvement serait bon pour l’UE et bon pour l’Amérique. Cela ne se fera pas du jour au lendemain. Mais c’est maintenant qu’il faut agir, dans l’urgence. » [78] Mais comme le Canada est le troisième plus grand producteur de gaz naturel au monde après la Russie et les États-Unis [79], il a, lui aussi, son mot à dire sur l’approvisionnement des Européens en hydrocarbures. C’est l’avis de Stephen Harper qui estime que le Canada pourrait profiter de la situation ukrainienne pour vendre aux Européens un accès au pétrole et au gaz naturel de l’Ouest canadien [80]. John Baird, quant à lui, a estimé « que la crise en Ukraine avait accentué l’importance d’acheminer le pétrole et le gaz naturel canadiens sur les marchés internationaux ». Il a ajouté que « la récente annexion de la Crimée par Moscou mettait de la pression sur le Canada pour accélérer la construction d’infrastructures qui lui permettraient d’augmenter ses exportations ». Il a ensuite énoncé sa stratégie de « marketing » en rappelant que « la crise en Europe orientale, qui jette une ombre sur toute l’Europe, nous rappelle que le Canada est l’un des seuls pays disposant d’importantes réserves de pétrole qui soit à la fois une économie ouverte basée sur la primauté du droit et une démocratie stable et libérale » [81]. Il est amusant de remarquer que moins de 24 heures séparent les déclarations d’Obama, de Harper et de Baird. Dans un article publié trois semaines avant ces propos, le journaliste québécois Pierre Dubuc expliquait que « les intérêts pétroliers de l’Alberta, frénétiquement à la recherche de nouveaux marchés, et le gouvernement Harper font le même calcul [que les États-Unis]. Approvisionner l’Europe en pétrole, et la rendre dépendante de l’Amérique du Nord pour son énergie, lui permettrait de prendre des positions plus agressives, voire bellicistes, à l’égard de la Russie. […] Pour rejoindre les marchés européens, le pétrole de l’ouest canadien devra nécessairement transiter par le Québec. Le projet d’oléoduc de Trans-Canada Pipelines qui doit rejoindre le port de St-John au Nouveau-Brunswick est taillé sur mesure pour remplir ce rôle » [82]. Et Dubuc d’en conclure : « La politique ukrainienne du gouvernement Harper n’est pas une politique d’appui au peuple ukrainien, mais une politique d’appui à des groupes néo-fascistes, une politique dictée par les intérêts pétroliers de l’ouest canadien ». Ainsi, aussi bien les États-Unis que le Canada ont tout intérêt à provoquer la Russie afin que la situation en Ukraine s’aggrave pour i) rejeter l’odieux sur les Russes, ii) convaincre les Européens de s’affranchir du gaz russe et iii) créer une zone transatlantique d’exportation de l’énergie vers l’UE. Cependant, la Russie ayant certainement compris le danger de faire passer autant de gaz à travers un pays aussi instable et aussi « noyauté » que l’Ukraine, a entrepris des travaux colossaux de contournement de ce pays. Comme l’explique si bien Pierre Terzian, la quantité de gaz transitant par l’Ukraine pourrait passer de 60 à 26% grâce a des gazoducs comme le « South Stream » qui sera pleinement opérationnel en 2019, ce qui amputera Kiev d’énormes revenus et de rabais juteux sur le prix du gaz consentis par Gazprom pour ce pays [83]. Ainsi, si l’importance de l’Ukraine dans le dossier énergétique diminue, il faut trouver d’autres moyens pour réduire la dépendance de l’UE au gaz russe. Et pour cela, rien ne vaut le « Russia-Bashing » : la Russie poutinienne est autocratique, corrompue, homophobe, irrespectueuse des droits et libertés, un nouveau IIIe Reich, quoi. Sans oublier l’asile octroyé à « l’espion » Edward Snowden, le traitement « inhumain » infligé aux « gentilles » Pussy Riot, la répression brutale à l’encontre des militants de Greenpeace, etc. Bref, tout le menu que nous serve les médias occidentaux « mainstream », et cela bien avant la crise ukrainienne. La campagne anti-poutine et antirusse qui a accompagné les Jeux olympiques de Sotchi en est une preuve évidente [84]. Dans cette optique, le récent rattachement de la Crimée à la Russie représente une source idéale de dénigrement. Elle permet d’ajouter d’autres qualificatifs à la Russie poutinienne comme expansionniste, annexionniste, néo-impérialiste, qualificatifs qui ont pour effet d’attiser la peur des pays ou des régions limitrophes de la Russie. Car, qu’on se le dise, il n’est pas question pour l’Occident de ramener la Crimée sous le giron de l’Ukraine. Chacun sait que cette région est russe et va le rester pendant très longtemps. Non, l’idée c’est de faire de la Russie un adversaire, un rival, voire un opposant. D’ailleurs, du point de vue occidental, ne l’est-elle pas déjà dans le conflit syrien ? La tâche du Canada et des États-Unis est de convaincre l’UE que sa sécurité énergétique ne peut être assurée que par ses alliés Nord-américains et non par les Russes. On comprend alors pourquoi Harper a fait de l’exclusion de la Russie du G8 son cheval de bataille. « Je pense que nous devrions pas nous duper. C’est le G7 plus un », a-t-il déjà déclaré [85]. C’est probablement aussi ce qui explique le langage « musclé » et irrévérencieux des Nord-Américains contre la Russie, comparativement à celui, plus réservé, des Européens. En conclusion, force est d’admettre que le Canada est un acteur majeur dans le conflit ukrainien, au même titre que la Russie, l’UE ou les États-Unis, bien que son rôle ne soit pas mis en avant dans les médias. D’autre part, le Canada possède des relations privilégiées avec l’Ukraine. Ces relations trouvent leur terreau dans une diaspora canado-ukrainienne très influente, forte de plus de 1,2 million de personnes et installées depuis plus d’un siècle au Canada. Depuis l’indépendance de l’Ukraine, ces liens se sont considérablement raffermis comme en témoignent les nombreuses visites officielles entre les deux pays. De son côté, le Canada a participé activement à la « révolution » orange et à l’Euromaïdan dans le but d’influencer la politique ukrainienne. À l’instar de certains organismes américains (comme l’USAID, la NED, etc.), le Canada promeut et finance des programmes d’« exportation » de la démocratie spécialement destinés à l’Ukraine dans le but de former des leaders ukrainiens ayant une vision pro-occidentale, voire pro-canadienne. Pour le Canada, l’Ukraine est intéressante à plusieurs titres. Primo, sa diaspora représente un électorat non négligeable qui, dans sa majorité, épouse la politique canadienne à l’égard de l’Ukraine. Secundo, ce pays représente un marché de 45 millions de personnes pour les exportations canadiennes. Tertio, dans le conflit qui l’oppose à la Russie, ce pays peut servir d’épouvantail susceptible d’ouvrir de nouveaux marchés de l’énergie permettant au Canada d’exporter son pétrole et son gaz vers l’UE en remplacement des approvisionnements russes. Mais que pensent de tout cela les Ukrainiens qui ont décidé de vivre paisiblement dans leur pays, en bon voisinage avec les peuples limitrophes et loin des extrémismes politiques et des intérêts géostratégiques étrangers ? Malheureusement, personne ne leur a demandé leur avis.
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Beijing et Séoul ont signé jeudi un accord de coopération pour conjuguer leurs efforts dans la lutte contre la pollution de l’air. Cet accord a été signé à l’issue d’une rencontre entre le maire de Beijing, Wang Anshun, et son homologue de Séoul, Park Won-soon. « Séoul espère coopérer avec la Chine à long terme et de manière pragmatique alors que les citadins sont de plus en plus soucieux », a déclaré M. Park à Xinhua. Une équipe devrait être établie au sein d’un comité conjoint chargé des échanges économiques et culturels entre Beijing et Séoul, a-t-il révélé. Le gouvernement de Séoul lutte contre la pollution de l’air en maintenant une surveillance renforcée et en adoptant des règlements stricts. « Nous espérons travailler avec Beijing dans le cadre de la coopération régionale et traiter le problème environnemental commun en Asie du Nord-Est », a déclaré M. Park. Un épais smog a fréquemment enveloppé la capitale chinoise en février. Parmi les dix villes fortement polluées, sept se situent dans la province du Hebei et entourent Beijing. Le maire de Beijing a révélé que la ville avait investi huit milliards de yuans dans l’amélioration de la qualité de l’air depuis l’année dernière. (Source : Xinhua)
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Les temps restent durs pour les producteurs d’électricité japonais trois ans après l’accident de Fukushima : une ville du nord vient de porter plainte contre la construction d’une centrale nucléaire et deux compagnies pourraient demander l’aide financière de l’Etat. La cité de Hakodate (préfecture de Hokkaido, nord) a annoncé jeudi avoir déposé un recours judiciaire contre J-Power, un opérateur de centrales nucléaires qui construit un nouveau réacteur à 23 kilomètres de là. « Si un accident grave se produisait à la centrale en construction d’Oma, les fonctions locales de la ville de Hakodate seraient anéanties et la cité ruinée », expliquent les autorités locales. La construction avait débuté il y six ans avec l’ambition d’une mise en exploitation cette année, mais la catastrophe de Fukushima a retardé les plans. Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a défendu la cause du producteur d’électricité J-Power, en promettant « d’expliquer que le site est sûr, afin de gagner la compréhension de la population ». Par ailleurs, deux compagnies régionales d’électricité, Kyushu Electric Power (sud-ouest) et Hokkaido Electric Power (nord), seraient de leur côté sur le point de demander à l’Etat de les renflouer via le rachat indirect d’une partie de leur capital, afin de soulager leurs finances éprouvées par l’arrêt de leurs réacteurs, a affirmé cette semaine la presse nippone. L’accident de mars 2011 à la centrale Fukushima Daiichi (nord-est) a non seulement augmenté l’inquiétude et la méfiance de la population, mais aussi entraîné l’arrêt des installations. Les 48 réacteurs restants du pays sont arrêtés par mesure de sûreté, ce qui pèse fortement sur les finances d’une dizaine de compagnies régionales obligées d’importer nettement plus d’hydrocarbures pour faire tourner davantage leurs centrales thermiques. La compagnie qui gère la centrale accidentée de Fukushima, Tepco Electric Power (Tepco), a été nationalisée de facto depuis le désastre. Kyushu Electric, Hokkaido Electric et Tepco, comme six de leurs homologues des autres régions du Japon, font tout pour obtenir le droit de relancer le plus vite possible leurs réacteurs, stoppés soit à la suite d’un séisme soit par mesure de précaution après l’accident de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Le Premier ministre de droite, Shinzo Abe, a promis que certaines tranches seraient autorisées à redémarrer, mais ce feu vert est soumis préalablement au certificat de sûreté de l’Autorité de régulation nucléaire, laquelle a durci les normes et ordonné de nouvelles études sur les dangers sismiques auxquels sont exposées les centrales. (Source : AFP)
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Les négociations entre les Etats-Unis et l’Union européenne sur « l’Accord de libre-échange transatlantique » (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, Trans-Atlantic Free Trade Agreement, Tafta) suscitent chez les écologistes les plus grandes craintes. Ils sont convaincus que cet accord transatlantique en négociation actuellement, dans le plus grand secret, amènera des conséquences catastrophiques semblables à celles décrites dans le film Les Déportés du libre-échange de Marie-Monique Robin. La cinéaste y dénonce les effets de l’Alena, accord de libre-échange entre le Canada, les USA et le Mexique, entré en vigueur le 1er janvier 1994, en montrant un de ses effets dévastateurs sur l’agriculture mexicaine qui a contraint trois millions de petits paysans à rejoindre les bidonvilles ou à devenir clandestins aux Etats-Unis. Les écologistes européens sont convaincus qu’en obligeant les Etats à démanteler leurs lois et règlements au profit des multinationales, c’est un véritable hold-up sur la démocratie qui se prépare. L’«Accord de libre-échange», dont l’idée a été lancée début 2013 au Sommet du G8 à Co Fermanagh (Ulster, Irlande du Nord), vise, non pas la réduction des tarifs douaniers, mais l’instauration d’une « convergence réglementaire » entre les deux blocs. Ce qui inquiète les écologistes est la suppression des restrictions nationales qui est le véritable objectif des grandes entreprises, qui placent leurs profits avant la protection de l’environnement. Les barrières commerciales et les normes érigées par les législations européennes pour des raisons de protection de l’environnement seront détruites par le Tafta. Les écologistes citent l’exemple des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui sont tout à fait acceptés aux Etats-Unis, mais dont l’UE limite l’utilisation. En mettant en œuvre Tafta, Monsanto pourra supprimer toutes les restrictions qui empêchent l’entrée des denrées alimentaires et des semences OGM, ce qui affectera également l’alimentation des animaux, dans l’UE. Autre exemple qui concerne les sociétés pharmaceutiques, si le traité est signé, ce sera la privatisation des connaissances à travers la « propriété intellectuelle » et l’imposition de brevets, de marques commerciales et de droits d’auteur. Mais surtout, estiment les écologistes, ce sera la voie libre aux compagnies pétrolières et gazières pour l’exploitation du gaz de schiste puisque rien ne pourra interdire ou tout simplement limiter la fracturation hydraulique. Avec Tafta, ces entreprises auront les moyens de contourner la loi et les tribunaux. S’il y a un conflit entre l’Etat et la société, font-ils remarquer, celui-ci ne sera pas traité dans le cadre de la compétence des tribunaux nationaux, mais de la compétence internationale des tribunaux sur les litiges commerciaux, en fonction du choix que fera l’entreprise. Ils insistent sur le fait que, dans le règlement des différends commerciaux, les jugements ne seront prononcés que sur la base du « libre-échange » sans tenir compte, par exemple, des facteurs sociaux ou environnementaux, par conséquent, en faveur des entreprises. Les entreprises appellent cela le « Règlement des différends entre un investisseur et l’Etat ». Les écologistes décrivent cette situation comme « la privatisation du système de justice en faveur des entreprises mondiales ». Le traité qui sera proposé à ratification au Parlement européen en 2015 est l’un des principaux enjeux des prochaines élections européennes de mai 2014.n
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L’EMS Champion Post Algeria, filiale d’Algérie Pposte, spécialisée depuis sa création en 2011 dans le courrier express, prévoit un chiffre d’affaires de 214,1 millions de dinars pour l’année 2014, contre 150,7 millions de dinars en 2013. Cette information, pour le moins encourageante, contraste avec le climat social que cette entreprise de 170 salariés a connu durant l’été dernier. En juillet 2013, en effet, l’EMS a été confrontée à une série de grèves liées à des questions salariales. Le personnel souhaitait être aligné sur les mêmes rémunérations que celles pratiquées à la maison mère. Fini l’orage ? D’après son responsable, M. Boufennara, l’EMS a investi dans la distribution du courrier express institutionnel, professionnel et administratif à raison de 400 000 envois par an. Elle assure son service dans l’heure dans vingt wilayas. Son atout : la compétitivité de ses coûts par rapport à ses concurrents internationaux comme DHL, leader du marché à l’international, et UPS. Mais, également, sa relation d’entreprise avec Algérie Poste qui dispose du plus grand réseau professionnel dans le pays. Dans sa première démarche pour le développement de cette entreprise, M. Boufennara estime nécessaire de mettre la main sur le marché domestique avec une meilleure couverture du marché national, notamment avec la naissance du e-commerce qui réserve une bonne part aux distributeurs de produits. «Nous comptons nous redéployer en 2014 sur le segment domestique avec une révision de nos tarifs et en nous adaptant au marché naissant du commerce électronique», affirme le premier responsable de l’entreprise. M. Boufennara assure toutefois qu’au terme de l’exercice 2013, son entreprise a mis en place la logistique nécessaire qui lui permettra d’offrir ses services au grand public et de mettre toutes les chances de réussite de son côté en misant sur un meilleur ratio qualité-prix du marché. «Conséquemment à son ouverture sur le grand public, l’EMS compte également revoir sa grille des tarifs qui sera en équilibre entre la demande du client et la prestation fournie, sans pour autant l’aligner sur celle de la concurrence.» Avec plus de 80% des parts du marché, dont 60% de l’activité sont concentrés à Alger, cette filiale d’Algérie Poste est considérée comme leader dans le domaine en Algérie : « Lorsqu’on a été installé en mai 2011, notre priorité était de récupérer le maximum de parts de marché du courrier domestique. Au bout de deux exercices, on est devenu leader. On avait la plus grosse part du marché domestique, dépassant les 80%», souligne M. Boufennara. Le e-commerce pour plus de parts de marché Pour le premier responsable de l’EMS, le segment du commerce électronique regorge de potentialités importantes qui vont permettre à l’entreprise de gagner des parts importantes du marché, d’où la nécessité d’investir davantage dans le domaine : «Cette activité ne figure pas dans notre registre du commerce. J’ai fait tout le nécessaire et j’espère qu’on va nous l’attribuer. De cette manière, peut-être, nous allons participer au développement du e-commerce en Algérie. Le développement du e-commerce va nous permettre d’avoir des parts de marché considérables», indique-t-il. Pour M. Boufennara, les moyens techniques et les ressources humaines qualifiées pour le développement de ce segment d’activité sont disponibles, mais l’épanouissement de ce marché est tributaire de « la volonté politique». Pour étayer ses dires, ce dernier affirme que «les start-ups qui poussent comme des champignons et qui conçoivent des sites de vente n’ont rien à envier à ceux des pays développés». EMS face à l’informel «La concurrence déloyale à tous les niveaux du marché de la distribution de courrier (collecte, acheminement, distribution) pénalise fortement les opérateurs du secteur en les privant d’une bonne partie de la clientèle », explique M. Boufennara en estimant «énorme» la part de marché occupée par les activités informelles de distribution de courrier et de colis devant lesquels qui «les opérateurs officiellement agréés ne représentent que le minimum du minimum». «Quand je dis que l’EMS détient 80% des parts de marché du courrier express domestique, c’est par rapport aux concurrents officiels. On s’est rendu compte d’un phénomène qui est en train de gangrener non seulement l’activité du courrier express, mais toute l’économie algérienne : c’est l’informel.» La distribution illégale du courrier express est exercée au niveau des gares routières par les chauffeurs de taxi et de bus de transport de voyageurs sur les lignes de l’interwilayas comme service d’accompagnement qu’ils rendent aux voyageurs en «temps réel» avec des tarifs variés selon les transporteurs. Ainsi, envoyer un courrier d’Alger à Biskra coûte 200 DA à verser d’avance, contre 500 DA pour Sétif, alors que pour Béchar, le service pourrait être facturé jusqu’à 1000 DA. Pour résoudre cette problématique « du transport illégal du courrier et des colis postaux», le P-DG de l’EMS a salué le travail de l’Agence de régulation de la poste et des télécommunications (ARTP) qui a fait de grands efforts pour la lutte contre l’informel. «L’ARPT a fait l’effort de nous réunir tous et parler de ce problème. Nous avons dit ce qu’il fallait dire et je pense que très bientôt, l’ARPT, grâce à la police de la poste, va prendre les mesures nécessaires pour endiguer un peu ce phénomène qui gangrène l’évolution de notre métier», affirme M. Boufennara. Ce dernier espère la mise en place d’une application «stricte» de la réglementation en vigueur et suggère la présence d’une force sécuritaire de «persuasion» au niveau des gares routières. n
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