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Reporters - Filtrer les éléments par date : jeudi, 03 avril 2014
Le règlement technique définissant les exigences réglementaires auxquelles doivent répondre les denrées alimentaires « halal » est désormais en vigueur, en vertu d’un arrêté interministériel publié au Journal officiel n°15. Ce texte, signé le mois dernier par les ministres du Commerce, du Développement industriel et de la Promotion de l’investissement, de l’Agriculture et du Développement rural, des Affaires religieuses et des Wakfs, ainsi que celui de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, entre dans le cadre du décret de novembre dernier fixant les conditions et les modalités relatives à l’information du consommateur. Il s’agit à travers cet arrêté interministériel de « permettre de pallier le vide juridique actuel en la matière et d’organiser un suivi rigoureux de tout processus de fabrication et de mise à la consommation des denrées alimentaires ‘‘halal’’ ». En se référant aux normes internationales et à la religion musulmane, le texte fixe les conditions de transformation des aliments, en passant par l’hygiène et les équipements à utiliser dans le processus de transformation. Il fixe, en outre, les exigences commerciales, comme la matière qui doit être utilisée pour l’emballage, l’obligation de mettre la mention « halal » sur l’étiquetage et les conditions d’entreposage et de transport. Le règlement technique précise également les exigences et conditions de transformation « halal », les équipements et ustensiles employés, les exigences relatives à la santé animale et végétale, les conditions d’hygiène, d’emballage et d’étiquetage. <
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Acte II. Sami Bencheikh El Hocine, directeur général de l’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins (ONDA), a annoncé hier matin, lors d’une rencontre avec la presse au centre culturel de la Radio nationale, que pas moins de 1 739 829 supports (CD, cassettes, DVD, MP3, DVX…) illicites, contenant des œuvres piratées saisies au cours d’opérations de contrôle du marché de l’édition, seront détruits aujourd’hui au palais de la culture Moufdi-Zakaria, à Kouba. Cette opération est, selon le patron de l’ONDA, une deuxième édition de la campagne lancée l’année dernière sous le slogan « Halte au piratage. L’art est en danger ». Dans son intervention, Sami Bencheikh El Hocine a tenu à rendre hommage aux services de police, de gendarmerie et des douanes qui ont contribué fortement aux opérations de contrôle lancées toute l’année par l’ONDA. En effet, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a mis à disposition des contrôleurs répartis sur les 14 agences de l’ONDA, et ce, à travers tout le territoire national, près d’une vingtaine de brigades chargées de l’accompagnement et de l’encadrement durant ces opérations. Concernant la Gendarmerie nationale, ce sont 1 541 équipes qui ont été désignées pour suivre et encadrer de très près ces campagnes de lutte contre le piratage. Par ailleurs, le directeur de l’ONDA a, une fois de plus, remis en question le peu d’efforts fournis par les producteurs de musique qui exposent pour des raisons économiques les jeunes créateurs à de graves problèmes de promotion et d’encadrement. Il les a vivement encouragés à faire confiance à ses services et ceux de la justice. Il a indiqué que « le premier problème qui se pose en Algérie est celui de la musique. Les producteurs ne font plus d’efforts parce que ce sont eux qui ont l’argent et ce sont eux qui investissent l’argent. Par la faute de ce piratage, lorsque de jeunes artistes sont porteurs de projets et qu’ils décident d’enregistrer dans un studio, ils ne trouvent ni promoteur ni producteurs ». Il a, en outre, révélé que suite au manque d’engouement des professionnels de la musique, ce sont plus de 200 000 cassettes audio qui ont été piratées en Algérie, notamment dans les régions de Constantine, Skikda (El Harrouch)… Il a également indiqué que de nouveaux éléments ont fait leur apparition, tels que le DVD, le logiciel… qui ont fait l’objet d’importantes saisies de la part des contrôleurs de l’ONDA. Selon Sami Bencheikh El Hocine, la firme multinationale Microsoft serait la plus ciblée dans ce nouveau procédé par les pirates. Cette situation précaire s’est également appliquée, selon le directeur général de l’ONDA, à la sortie de l’album « C’est la vie » de Cheb Khaled, qui s’est accompagné par une action de piratage estimée par les contrôleurs à 15 000 CD contrefaits. Un préjudice énorme pour le label qui ne devrait plus, selon l’intervenant, se reproduire si l’effort consenti par les professionnels et la société civile se conjuguait. S’agissant de l’opération de destruction qui va avoir lieu cet après-midi au Palais de la culture, l’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins a invité de nombreuses personnalités artistiques à contribuer à cette campagne. il s’agit, en l’occurrence, d’auteurs et d’artistes algériens, dont certains sont installés à l’étranger, parmi lesquels figurent Cheb Khaled, Cheb Mami, Cheb Billal, Houari Benchenet, Rabah Asma, Djamel Allam, Aït Menguellet, Farid Feragui, Allaoua… sans oublier les doyens, à l’image de Hadj Tahar Fergani, Blaoui Houari, Dib El Ayachi, Hamdi Benani, Deriassa et Cheikh El Ghaffour. En conclusion de cette rencontre avec les médias, Sami Bencheikh El Hocine a annoncé que cette opération se concrétisera, par ailleurs, par la signature d’une convention entre l’ONDA et l’opérateur historique de la téléphonie Mobilis, dans le cadre du lancement de la 3G et notamment le téléchargement mobile des œuvres musicales. En effet, Mobilis, et prochainement Djezzy et Oreedoo, a accepté de payer les droits d’auteurs. Pour le directeur de l’ONDA, il s’agit de montants très importants qui ne sauraient être absous de la législation et du revenu destiné aux artistes. <
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Le président de Naples SSC, Aurelio De Laurentiis, a été élogieux envers le défenseur international algérien, Faouzi Ghoulam, auteur d’un grand match contre la Juventus (2-0), dimanche soir lors de la 31e journée du championnat d’Italie de première division de football, Serie A. « Cette année, nous avons eu beaucoup de problèmes à cause de nombreux joueurs blessés, entre autres Zuniga et Mesto. Mais nous avons résolu d’une excellente façon nos problèmes défensifs avec l’arrivée en janvier dernier de Ghoulam et Henrique », a déclaré De Laurentiis en conférence de presse à Naples. Recruté lors du mercato d’hiver en provenance de Saint-Etienne (France), le latéral gauche algérien est devenu un pion essentiel dans le système de jeu de l’entraîneur Rafael Benitez. De retour de suspension, Ghoulam a été l’un des meilleurs Napolitains lors de la victoire contre la Juventus Turin (2-0). Arrière gauche infatigable et offensif, quelquefois même trop, au point d’être rappelé à l’ordre par Benitez, l’ex-Stéphanois a défendu la cage inviolée de Reina et aurait même pu marquer sans la classe de Buffon dans les buts. A l’issue de la 31e journée du championnat d’Italie, Naples bétonne sa troisième place au classement avec 64 points, à six longueurs de l’AS Rome (2e), qui compte un match en moins contre Parme, à disputer mercredi.n
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Le coach français du FC Lorient, Christian Gourcuff, serait prêt à travailler en Algérie et aurait même donné son accord au patron de la FAF. Cependant, il reste à définir pour quel poste. Alors que certaines sources indiquent qu’il serait à la tête de la sélection nationale en remplacement de Vahid Halilhodzic, d’autres supposent qu’il prendrait la tête de la direction technique de l’EN.. L’entraîneur du FC Lorient, Christian Gourcuff, dont le contrat arrive à terme avec le club breton en juin, aurait donné son accord à la Fédération algérienne de football (FAF) pour succéder à Vahid Halilhodzic à la tête des Verts, rapporte le journal Le Télégramme. L’actuel entraîneur du FC Lorient, qui partira en fin de saison malgré la proposition de renouvellement de contrat de deux ans faite par le président Loïc Féry, aurait accepté d’entraîner les Fennecs, précise la même source. L’ancien coach du Stade rennais devrait rejoindre l’Algérie à l’issue du championnat de Ligue 1 française pour remplacer Halilhodzic, croit savoir Le Télégramme. De son côté, la chaîne de télévision France 3 Bretagne a indiqué que « sauf surprise, l’entraîneur Gourcuff va quitter le FC Lorient pour prendre la tête de la direction technique nationale de l’Algérie ». Dimanche, Christian Gourcuff s’était rendu au centre des équipes nationales de Sidi Moussa pour une première prise de contact en compagnie de son ancien joueur, Yazid Mansouri, qui est également membre du bureau fédéral de la FAF. Agé de 58 ans, Gourcuff a fait l’essentiel de sa carrière d’entraîneur à Lorient, club qu’il a entraîné près de 25 ans en trois périodes, de 1982 à 1986, de 1991 à 2001 et depuis 2003. Il a également travaillé au Qatar comme entraîneur d’Al Gharafa lors de la saison 2002-2003. Il faut rappeler que le patron de la FAF était à la recherche d’un technicien pour remplacer le coach bosniaque depuis qu’il a su que ce dernier n’était pas chaud pour rester à la tête de la barre technique des Verts, surtout qu’il ressent une certaine pression depuis la qualification à la phase finale du Mondial.n
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La jeune athlète Nesrine Magroune a réussi un véritable exploit en arrachant le ticket de qualification pour les Jeux olympiques lors des derniers championnats d’Afrique. La gymnaste algérienne Nesrine Magroune a obtenu son billet qualificatif pour les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévus du 16 au 28 août 2014 à Nanjing, en Chine, a-t-on appris mardi auprès de la Fédération algérienne de gymnastique (FAG). Nesrine Magroune, 15 ans, a assuré sa qualification lors des 12e championnats d’Afrique des nations de gymnastique artistique (seniors, juniors garçons et filles) disputés à Pretoria (Afrique du Sud). Au concours général (4 agrès), l’Algérienne s’est classée 6e avec un total de 43 700 points. Le titre africain est revenu à l’Egyptienne Nada Ayman Ibrahim (51 750 points), suivie de la Sud-Africaine Mammule Rankoe (48 950 points) et l’autre Egyptienne Farida Nassa (48 550 points). Les 4e et 5e positions ont été remportées par deux autres Egyptiennes : Salma Hisham Mahmoud (47 200 points) et Farah Shawkat (44 100 points). « Dans le quota de quatre places attribuées à l’Afrique en gymnastique féminine aux JOJ, le règlement du Comité international olympique (CIO) et de la Fédération internationale de gymnastique (FIG) stipule qu’un pays ne peut participer qu’avec une seule athlète. De ce fait, la 6e place occupée par Magroune qualifie automatiquement l’athlète, puisque les athlètes classées 3e, 4e et 5e sont de la même nationalité (Egypte) », a expliqué à l’APS le président de l’Union africaine de gymnastique (UAG), l’Algérien Ali Zaater. Pour l’adjoint à la direction technique nationale (DTN) de la FAG, Rachid Hadbi, cette qualification « est un honneur pour l’Algérie et la gymnastique nationale. C’est une bonne chose pour notre jeune athlète, qui aura tout le temps de se préparer et de se rétablir de la blessure qu’elle a contractée lors du rendez-vous de Pretoria ». Les quatre gymnastes africaines qualifiées aux JOJ de Nanjing (Chine), réservés aux athlètes âgés de 14 à 18 ans, sont l’Egyptienne Nada Ayman Ibrahim (51 750 points), la Sud-Africaine Mammule Rankoe (48 950 points), l’Algérienne Nesrine Magroune (43 700 points) et la Tunisienne Rahna Mastouri (41 900 points).n
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Randa El-Kolli, dramaturge, enseignante au département de traduction de l’université de Sétif et présidente de la coopérative artistique et culturelle Perséphone, vient de publier Comme une carpe, une trilogie théâtrale composée de trois textes : D’où vient le cygne ?, En attendant que le chat miaule ! et Le Cri de la girafe, pièces éditées aux éditions APIC dans leur collection « Masrah », dans laquelle on a déjà lu des textes d’auteurs confirmés comme Habib Tengour. Dans Comme une carpe, un titre au sens à la fois lourd et plein d’humour sur la condition féminine, Randa El-Kolli s’intéresse aux destins de femmes algériennes aux prises avec les conventions sociales, la «bien-pensance» ou encore le qu’en-dira-t-on. Entretien.

Reporters : Votre trilogie s’intéresse à des femmes et à leur rapport à l’Autre (l’homme, la famille, l’entourage, la société de manière générale). Pourquoi a-t-il été important pour vous d’explorer ce rapport-là ? Randa El-Kolli : Je suis une femme, je relate des histoires de femmes, cela me semble être évident ! Je connais la femme, je crois connaître les femmes ! Je connais leurs envies, leurs besoins, leurs forces et leurs faiblesses ! Je sais ce qu’elles subissent, ce qu’elles endurent, ce qu’elles voudraient dire, dénoncer ou omettre. Je crois savoir ce qui peut les anéantir ou les élever. Je crois. Et j’essaie de le dire. La femme, ses rapports avec les hommes, avec les femmes ou avec elle-même ne sont que le reflet d’une société. Et c’est ce que j’essaie de dépeindre. En relatant des histoires de femmes, nous relatons des histoires de sociétés : la femme peut donc devenir « prétexte ». Et puis - entre nous - si je relatais des histoires d’hommes, cela interloquerait encore plus et je serai aussi amenée à en expliquer les raisons ! La décennie noire est présente en toile de fond dans vos trois pièces : les femmes que vous présentez sont des victimes de cette décennie (viols, meurtres, rejet de la famille et de la société). Pour quelle raison votre intérêt s’est-il porté sur les conséquences de ce contexte historique douloureux et ce passé proche ? La décennie noire a marqué mon enfance ! La télévision algérienne nous mettait face à une dure réalité et l’enfant que j’étais avait du mal à comprendre ou à admettre ce qui se passait. Je me contentais d’observer et de taire ma douleur. Dans Comme une carpe, j’ai décrit des images que j’ai vues, qui m’ont hantée, qui continuent à me hanter. Dans vos pièces, la femme est toujours une victime. N’avez-vous pas peur qu’on réduise votre travail à cet aspect-là uniquement ? Est-ce qu’il n’aurait pas été intéressant de vous rapprocher de la réalité de la femme en évoquant, par exemple ses réussites ou ses accomplissements ? Ici ou ailleurs, il n’y a pas que des femmes accomplies. Et puis, l’accomplissement ou la réussite sont des notions vagues, chaque femme les définit à sa manière. D’où vient le cygne ? relate le vécu de femmes qui souffrent d’un malaise identitaire, qui tentent amèrement de réinventer une réalité, une sorte de reconstruction des « bonnes » de Jean Genet, des femmes qui jouent, qui rêvent… et nous rêvons toutes, me semble-t-il ! En attendant que le chat miaule ! nous met face à la souffrance d’une mère et à la lucidité d’une petite fille : des femmes réalistes, réfléchies, mais qui, pour des raisons qui leur sont propres, demeurent songeuses. Le cri de la girafe relate des histoires de femmes victimes de la société, des conventions, du système, d’elles-mêmes ! Mais ces femmes sont conscientes, lucides. Elles tentent de rétorquer, de s’opposer. Et la tentative est, selon moi, une réussite en soi. Si je mets en scène une femme qui a du mal à répliquer, cela ne veut nullement dire qu’elles sont toutes dans l’incapacité de le faire. Mais il y a des femmes qui disent et d’autres qui ne disent pas, nous ne pouvons ignorer ce fait. D’autant plus que même les femmes qui cumulent les réussites peuvent se murer dans le silence. Si on ne voit dans mes écrits que la femme-victime, c’est qu’on n’a rien compris. Vos trois pièces ont toutes un lien, et on trouve des allusions et des références (notamment entre les deuxième et troisième pièces). Il y a également une évolution dans votre propos, puisque ça commence léger et ça monte en puissance, et ce n’est que dans Le Cri de la girafe qu’on perçoit clairement votre propos… Comme une carpe est une trilogie, l’existence d’un fil d’Ariane est indéniable. La trame traverse les trois pièces. Je ne dirais pas qu’il y a une évolution de propos, je dirais juste que le propos n’est perceptible que lorsqu’il est accentué, dit, redit et souligné ! Chaque pièce a sa propre thématique, ses propres personnages, son propre décor, ses implicites et ses sous-entendus. Chaque pièce peut être perçue comme une pièce à part entière, mais l’ensemble des pièces - la trilogie dans sa globalité - donne naissance à d’autres implicites et d’autres non-dits. Il est vrai que nous retrouvons un leitmotiv – voire plusieurs - dans les trois pièces, mais D’où vient le cygne ? est sémantiquement plus accessible, En attendant que le chat miaule ! est plus philosophique, moins explicite, alors que Le cri de la girafe est plus formel et permet, par conséquent, de reconstituer le puzzle Comme une carpe. Pouvez-vous nous parler du travail que vous avez effectué sur la langue et dans l’écriture, notamment dans En attendant que la chat miaule !, truffée de clins d’œil littéraires et l’utilisation de l’arabe dialectal ? L’intertextualité est la particularité de Comme une carpe. Dans En attendant que le chat miaule !, le titre même est un clin d’œil littéraire, comme vous dites : une allusion à En attendant Godot de Samuel Beckett y est clairement suggérée. Dans cette pièce, je fais appel à Paul Valéry, à Eric Emmanuel Schmitt, à Boris Vian, à Emberto Eco… afin d’élucider certaines notions qui peuvent s’avérer ambiguës pour certains, claires pour d’autres, mais qui, dans tous les cas de figure, méritent réflexion. L’équilibre est d’ailleurs une notion centrale développée tout au long de cette pièce, et ce, à travers les dires des quatre personnages, leurs constats, leurs observations et leurs actes. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à puiser dans la mémoire collective pour expliquer, analyser ou juste comprendre certains faits sociaux ou certaines idées préconçues. Et ainsi, tout au long de cette pièce, nous nous retrouvons à jongler entre dictons populaires et réflexions philosophiques approfondies : cette mise en parallèle n’est d’ailleurs pas anodine et pourrait même surprendre ! Comme le théâtre noue un rapport direct avec le réel, comme il nous met face à des éclats de vie de manière simple et vivante, le recours à l’arabe dialectal est parfois incontestable : lorsque mes personnages grognent, insultent, crient, lorsqu’ils sont surpris ou pris au dépourvu, ils font automatiquement appel à leur langue maternelle. Cela est un automatisme, un acte inconscient, voulu ou provocateur, c’est le contexte qui le dicte. Quotidiennement, je m’exprime de la sorte, les Algériens s’expriment de la sorte ! La sociolinguistique fait de ce phénomène un objet d’étude. Je n’essaie pas d’expliquer un fait linguistique, je puise juste dans ma langue maternelle tout comme je puise dans mon quotidien. Les espaces dans lesquels évoluent vos personnages sont fermés, pourquoi ? Je dirais juste que l’espace est connotatif et que l’enfermement n’est pas juste spatial. On dit de l’expression théâtrale dans notre pays qu’elle est à bout de souffle et à la recherche de nouvelles pistes d’écriture. Est-ce votre point de vue aussi ? Les nouvelles pistes existent, mais ne sont pas assez exploitées. L’écriture dramatique devrait être plus valorisée. Nos comédiens tentent d’être auteurs et metteurs en scène, certains rabâchent des contenus non actuels, alors que d’autres tentent d’explorer de nouvelles pistes, des tentatives qui restent sans écho. A bout de souffle ? Comment pourrions-nous l’être si l’Algérie est un théâtre en soi ? Comme une carpe de Randa El-Kolli. Trilogie théâtrale (D’où vient le cygne?, En attendant que le chat miaule!, Le Cri de la girafe), 136 pages. Collection Massrah, éditions Apic. 400 DA.
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Une triple explosion a eu lieu hier en début d’après-midi dans la capitale égyptienne, Le Caire. Les trois bombes ont explosé à proximité de l’Université du Caire, connue pour être l’un des derniers bastions des islamistes dans la capitale. Un général de la police a été tué et cinq personnes blessées lors de l’assaut, ont indiqué les forces de sécurité égyptiennes. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée. Trois explosions ont eu lieu hier en début d’après-midi au Caire, capitale de l’Egypte. Le bilan définitif n’a pas encore été communiqué par les autorités égyptiennes, mais les forces de l’ordre déplorent d’ores et déjà la mort d’un général de la police égyptienne qui était sur les lieux de l’explosion, Tarek el Mergawi en plus de cinq personnes blessées. La cible de celle-ci était en réalité l’Université du Caire qui représente l’un des derniers bastions de la mouvance islamiste au Caire, celle-ci étant ardemment traquée par les forces de sécurité égyptiennes depuis plusieurs mois. Plus tôt dans la semaine, les étudiants de cette Université avaient investi la rue pour protester contre la décision prise par Abdel Fatah Al Sissi de se présenter à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu les 24 et 25 mai prochain. Le scrutin s’annonce pour le moins tendu, puisque les partisans des Frères musulmans et du président déchu en juillet dernier, Mohamed Morsi, qui est issu de la confrérie, sont encore assez nombreux au sein de la population égyptienne. Hier, deux premières bombes ont commencé par exploser à proximité de l’Université du Caire, ce qui a alerté les forces de police qui se sont immédiatement rendues sur les lieux de l’explosion. C’est alors qu’une troisième explosion a eu lieu et c’est au cours de celle-ci que le général de la police du Caire est mort. La police égyptienne est le sujet de nombreuses attaques depuis que l’armée a repris le contrôle sur l’essentiel des rouages de la vie politique égyptienne aux dépens des Frères musulmans. Répression Ces derniers, depuis la chute de Morsi en juillet dernier, sont l’objet d’une répression sans cesse plus accrue. C’est d’ailleurs en raison d’une attaque contre un important poste de police dans la ville de Mansoura, en décembre dernier, que le gouvernement égyptien a décidé d’inclure les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Ainsi, la confrérie tombe sous le coup de la loi antiterroriste de 1994 promulguée par le régime militaire que menait Hosni Moubarak dans le temps. Une loi qui donne en réalité les pleins pouvoirs à l’armée et aux forces de sécurité du pays pour réprimer toute personne soupçonnée d’appartenir de près ou de loin à un groupe terroriste. C’est ainsi que deux semaines auparavant, la justice égyptienne a condamné 529 personnes soupçonnées d’appartenir aux Frères musulmans à la peine capitale. Une condamnation qui n’a pas manqué de faire parler et de provoquer des manifestations dans le pays du Nil. Malgré la violence dont le pays est le théâtre, le nouveau Premier ministre Ibrahim Mahlab a fait de la lutte contre le terrorisme sa priorité absolue. Plus encore, la candidature du désormais ex-maréchal Al-Sissi n’est pas pour changer cette tendance. En effet, dans son discours de candidature donnée la semaine dernière, il a assuré «faire du retour à la sécurité, une priorité absolue de l’Etat» s’il venait à être élu. Le pouvoir égyptien a décidé de considérer la mouvance islamiste comme un groupe terroriste plutôt qu’une force politique à part entière, une décision qui s’explique par la reprise en main du jeu politique par l’armée, laquelle a toujours traqué la confrérie des Frères musulmans depuis ses débuts en Egypte, il y a de cela bientôt un siècle. Seulement, les islamistes égyptiens et leurs sympathisants ne semblent pas encore décidés à céder le pouvoir à l’armée, du moins, pas sans avoir lutté dans une escalade de violence qui n’a pas fini de faire des victimes.
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Le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé de recourir à l’ONU et fait état de la volonté de la Palestine d’intégrer 15 agences onusiennes, ainsi que plusieurs traités internationaux en tant qu’Etat à part entière après qu’Israël ait engagé une nouvelle fois la construction de 700 nouveaux logements. Une décision qui semble mettre un terme à la tentative américaine de mener les négociations de paix entre la Palestine et l’entité sioniste. John Kerry, secrétaire d’Etat américain, qui devait se rendre à Ramallah aujourd’hui, a annulé sa visite après cette décision et exhorté les deux parties «à faire preuve de retenue ». Ainsi, les pourparlers de paix portés à bout de bras par le secrétaire d’Etat américain apparaissaient au bord de l’effondrement. Le processus de paix entre la Palestine et l’Etat hébreu est devenu, ces derniers mois, l’une des priorités de l’agenda diplomatique américain comme en témoignent les nombreuses visites américaines en Jordanie, mais aussi en territoire palestinien et en territoires occupés par l’entité sioniste. Les Etats-Unis avaient même convaincu le gouvernement palestinien de suspendre le processus d’adhésion à 63 organisations onusiennes jusqu’au 29 avril prochain afin de mener un dialogue avec Israël dans le cadre d’une médiation menée par les Etats-Unis. Des progrès avaient même été faits, puisque les deux parties avaient accepté les frontières proposées par le plan partage et la reconnaissance mutuelle des deux Etats. Seulement, les acquis arrachés lors de ces âpres négociations semblent une nouvelle fois en danger, et ce, en raison de la crispation de l’entité sioniste qui refuse de libérer le dernier groupe de prisonniers palestiniens détenus depuis près de 25 ans. De plus, Israël a engagé la construction de 700 nouveaux logements en territoire occupé, à Jérusalem-Est, alors qu’il s’agit d’une partie de la ville devant revenir aux Palestiniens. Des violations cautionnées par Washington et qui ont poussé le Président palestinien à recourir au processus onusien plus tôt que prévu. Mahmoud Abbas a ainsi déclaré : «La direction palestinienne a approuvé à l’unanimité la décision d’adhérer à 15 agences de l’ONU et traités internationaux.» Réactions Le Président palestinien a, en outre, signé la Convention de Genève relative au droit des réfugiés et des territoires colonisés à la télévision palestinienne. Un acte fort qui semble définitivement sceller cette tentative américaine infructueuse de négociations. La Palestine est par ailleurs candidate à l’adhésion de 15 organisations et traités de l’ONU, ce qui lui est désormais possible depuis qu’elle a accédé au statut d’Etat observateur en novembre 2012. Les Etats-Unis subissent un revers diplomatique qui n’est, en réalité, pas des plus surprenants. Malgré leur volonté de faire aboutir un accord de paix entre les deux parties, Washington a toujours été un fervent soutien de l’entité sioniste. Cette dernière a voulu prolonger les négociations jusqu’à la fin de l’année 2014 en échange de la libération du dernier groupe de prisonniers, ce que les négociateurs palestiniens ont fermement refusé sans que les Etats-Unis puissent convaincre leur allié hébreu de changer sa position. Pour l’entité sioniste, la volonté de la Palestine de passer par l’ONU et donc par la légitimité de l’ensemble de la communauté internationale est un coup de force qui remet en cause sa souveraineté et qui surtout remet en cause sa bonne volonté de régler cette crise qui dure depuis maintenant 65 ans. Le ministre israélien du Tourisme, Uzi Landau, a ainsi prévenu que les Palestiniens «payeront cher» leur recours à la reconnaissance onusienne via l’adhésion à des agences internationales. Il a même menacé d’annexer plusieurs territoires occupés définitivement : «L’une des mesures possibles serait pour Israël d’appliquer sa souveraineté sur des secteurs qui feront clairement partie de l’Etat d’Israël dans le cadre de toute solution future» avant d’avancer des mesures de rétorsion économiques pouvant bloquer les aides internationales en la direction de la Palestine. Une réaction qui trahit la nervosité de l’Etat sioniste. En effet, si la Palestine venait à gagner sa reconnaissance définitive par l’ONU, alors Israël pourrait tomber sous le coup de résolutions plus ou moins sévères, risquant de mettre sa légitimité en jeu et surtout de voir le soutien occidental peu à peu s’effriter face à une attitude toujours plus violente de l’entité sioniste.n
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AU-DELÀ des soubresauts qui agitent l’actualité, le centre économique du monde se déplace, depuis vingt ans au moins, non pas, comme certains le prévoyaient il y a vingt ans, vers le Pacifique, mais vers la Mer de Chine et l’Océan Indien, achevant le cycle de cinq siècles de domination quasiment sans partage de l’Occident sur le monde et l’Asie en particulier. Les Etats-Unis ont acté cette évolution et ont décidé, sous la Présidence Obama, de réorienter leurs priorités stratégiques vers l’Asie (politique dite du « pivot » vers l’Asie [2]), tout en proposant à l’Europe un renforcement de l’intégration économique transatlantique. Face à ces nouvelles données et à cette réalité incontournable, l’Europe – l’Union européenne - doit faire des choix stratégiques. Les États-Unis et l’Europe face à l’Asie[1] De multiples accords commerciaux nous lient déjà avec ce continent : depuis les accords signés avec le Mexique, le Chili et plus récemment avec le Canada, en passant par les négociations avec le Mercosur et enfin le début des négociations avec les Etats-Unis (Trans-Atlantic Trade and Investment Partnership (TTIP). L’intensité des liens économiques réciproques notamment en matière d’investissements surpasse de loin toute autre relation. Ces accords économiques se combinent avec de nombreux autres accords ou traités d’importances capitales qui nous lient aux États-Unis et au Canada, notamment sur le plan militaire(OTAN). La proximité culturelle politique et idéologique est très forte avec ce continent et le renforcement de ces liens devraient renforcer le poids de l’Europe dans le monde et non pas l’affaiblir. Un seul exemple permet d’appuyer ce point de vue c’est l’inquiétude exprimée face à ce projet par la Chine. En termes de présence stratégique l’Europe -en dehors du Proche Orient- ne compte pas en Asie et il est peu probable que cela puisse changer même à long terme. L’Europe est inaudible en Asie et est perçue, avec une certaine condescendance et un sentiment de revanche vis-à-vis des anciennes puissances coloniales, comme la « Vieille Europe » (que dire alors de la Chine dans ce cas), une puissance sur le déclin. L’Europe y est au mieux considérée comme une puissance douce ( soft power) [3]. En revanche les relations économiques sont déjà intenses et se renforcent sans cesse. Les entreprises européennes bien avant les gouvernements ont saisi l’importance vitale de leur implantation massive notamment en Chine : désormais la plupart des producteurs automobiles européens –tout comme leurs homologues Japonais ou Américains [4]- produisent et surtout vendent plus de véhicules en Chine que sur leur marché national. Cependant, ce développement des affaires ne s’est pas accompagné du côté de l’Europe d’un renforcement des liens institutionnels du type de ce que tentent de développer les États-Unis à travers le Trans-Pacific Strategic Economic Partnership (TPP). C’est pourtant dans ce domaine que les progrès sont les plus prometteurs. Il importe de combler le retard de l’Europe. Mais l’Asie est immense et extraordinairement diverse. Evolution de l’Asie sur le plan géostratégique L’Asie est la zone de plus grande fracture du monde : qu’y a-t-il de commun entre les pays les plus riches (Singapour, Japon) et les plus pauvres du monde (Bangladesh, Laos), entre les géants démographiques et les nains, entre les pays démocratiques et les dictatures communistes, entre les pays de religion islamique, bouddhiste, hindouiste, chrétienne, animiste ou chamanique ? Les conflits potentiels sont inquiétants : plusieurs puissances nucléaires (officielles ou non) s’y affrontent et la course aux armements (achat de sous-marins et de missiles balistiques en tous genres, sans compter le premier porte-avion chinois) est extraordinairement intense dans la région. Ce qui domine la région c’est l’opposition entre les Etats-Unis garants du statu quo régional et la Chine qui s’affirme de plus en plus comme l’adversaire stratégique des Etats-Unis qui du coup se rapprochent de l’Inde. Peu ou prou les pays d’Asie oscillent de l’un à l’autre selon leurs intérêts, tout en cherchant à maintenir leur indépendance. Le Japon et les trois dragons [5] (Corée du Sud, Taiwan, et Singapour) –ainsi que l’Australie et la Nouvelle Zélande - sont fermement liés à l’Occident et singulièrement aux États-Unis, première puissance militaire dans la région et longtemps premier client. La Chine à travers cinq mille ans d’histoire à toujours maintenu son intégrité culturelle même lors des invasions mongoles, qu’elle a su absorber. La Chine cherche à s’affirmer comme la super puissance du XXIème siècle et la puissance tutélaire de l’Asie de l’Est. Elle en a les moyens, sa puissance commerciale a fait d’elle le premier partenaire commercial de chaque pays de la zone. Elle tend donc à polariser toute l’attention des pays asiatiques. Sa progression militaire et surtout économique pour le contrôle et la sécurité de ses approvisionnements en matières premières la met en opposition à l’Occident que ce soit en Asie même, mais aussi en Afrique et en Amérique latine. Sur le plan stratégique la Chine multiplie les incidents (iles Senkaku/Diaoyu, iles Spratley, iles Scarborough, incursion de l’armée chinoise dans le Kashmir Indian territory, iles Natuna etc.). Mais elle montre plus une volonté de s’affirmer et de rappeler ce qu’elle considère comme ses droits de puissance souveraine que de chercher à imposer une solution et évite jusqu’à présent de recourir à la force. C’est pourquoi, sur ces différents problèmes affectant l’Asie, on reste sur le statu quo plus qu’on ne recherche réellement des solutions. Par ailleurs la Chine évite autant que faire se peut l’affrontement simultané sur de multiples fronts et préfère gérer ces conflits un par un, parvenant ainsi à dissuader ces adversaires de présenter un front commun [6]. L’Inde ne parvient pas à construire une croissance durable, de plus elle fait face à la défiance du Pakistan. Traditionnellement l’Inde reste un pays encore relativement fermé à l’international –son poids économique est dix fois moindre à l’international que celui de la Chine, que ce soit en terme de commerce ou d’investissements internationaux- ce qui limite encore son poids politique dans la région. Elle ne semble pas en mesure d’assurer un leadership régional. La frénésie du régionalisme commercial : l’ASEAN [7] comme pivot possible entre l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est La diversité des pays d’Asie, de leurs intérêts et de leur vision du monde retarde la création d’une communauté asiatique large et approfondie, s’approchant, même de très loin, du modèle Européen. Entre ceux qui veulent une union purement asiatique (la Chine notamment) et ceux qui veulent une union transpacifique incluant les Etats-Unis (le Japon par exemple) le compromis ne semble pas pour demain. Au total c’est autour de l’Asean qui n’est dominée par aucun des pays membres, et où se retrouvent un peu toutes les composantes de l’Asie, que pourrait se construire une telle communauté ouverte. L’Asean apparaît –en dépit de sa faiblesse ou peut-être à cause d’elle- comme le pôle le plus acceptable d’organisation d’une communauté économique asiatique. Plusieurs projets d’accords de libre-échange ont été élaborés. On a estimé quel serait l’impact de ces accords commerciaux selon leur degré d’engagement [8]. D’une manière générale tous les pays sont gagnants, cependant la question agricole apparait cruciale dans ces accords à la fois du fait de l’importance sociale, plus de 50% de la population vit dans les zones rurales dans les pays les plus pauvres, et économique du secteur pour certains pays, première ressource d’exportation pour le Vietnam par exemple. Du «Bol de Nouille» au «Sac de Nœud» Le paradoxe de la situation de l’Asie tient à ce que les accords multilatéraux ont été décisifs dans le développement du régionalisme asiatique. En effet, c’est depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC, c’est-à-dire depuis l’engagement pris par la Chine de respecter les codes de bonne conduite en matière de commerce international que l’on a vu fleurir les accords commerciaux régionaux. Les pays comme le Japon et les quatre dragons étaient plutôt opposés à de tels accords, soutenant la position américaine qui est restée longtemps clairement multilatéraliste. Jusqu’à ce que les Etats-Unis à leur tour s’engagent dans la voie régionaliste avec la signature de l’Accord de Libre-échange du Nord de l’Atlantique (ALENA ou NAFTA en Anglais) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique entré en vigueur en 1994, date de la signature de l’accord portant création de l’OMC : tout un symbole. Les accords commerciaux régionaux se multiplient Les accords commerciaux régionaux se multiplient depuis lors ; en juillet 2013 on recensait plus de 575 notifications faites auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, dont 379 sont entrées en vigueur, dont 61 concernent les pays d’Asie orientale et du Sud. Cette flambée d’accords résulte pour une part de l’échec –échec en dépit de l’accord de Bali qui est plus un accord pour sauver la face qu’un progrès réel du multilatéralisme- des négociations multilatérales engagées dans le cadre du cycle de Doha, négociations qui ont pourtant la faveur de la plupart des économistes parce qu’elles sont non discriminatoires. Ces négociations, qui supposent l’accord de tous les pays membres, soit de plus de 159 pays au mois de mars 2013, s’avèrent impossible à conclure du fait principalement de l’opposition entre pays développés et pays émergents. L’Inde a, semble-t-il, été le pays le plus hostile à tout accord, tandis que la Chine gardait un profil discret compte tenu des immenses bénéfices qu’elle avait su tirer des accords de l’OMC. L’autre facteur déterminant de cette frénésie régionaliste a été l’activisme de la diplomatie économique chinoise, et celle-ci correspond bien aux intérêts fondamentaux de la Chine qui est le centre mondial de transformation et d’assemblage des matières premières et des composants industriels venus du monde entier et qui de ce fait a besoin de sécuriser ses relations avec les pays fournisseurs. Parmi les accords régionaux les plus importants, on peut citer celui de l’AFTA, ASEAN Free Trade Agreement qui concerne les relations entre pays membres et avait pour objectif théorique l’abolition complète des obstacles aux échanges en 2010. On en est très loin aujourd’hui. Ce qui caractérise les accords mettant en présence des pays en développement en Asie c’est que les engagements pris sont plutôt des déclarations d’intention que des actes réels [9]. Dès lors que l’on tente d’introduire des règles contraignantes et un système de sanction comme celui de l’Organisme de Règlement des Différents de l’OMC, il y a blocage. D’où l’impression, dans l’optique des Occidentaux et singulièrement des Américains, que l’on assiste à des marchés de dupes, sauf que tout le monde sait de quoi il retourne. Autre cause de perplexité est la multitude des accords qui semblent se recouvrir les uns les autres. Dans notre exemple du Vietnam celui-ci est signataire de l’accord entre l’Union européenne et l’Asean d’une part, et d’autre part, il a signé un accord bilatéral avec cette même Union européenne. De même, comment s’y retrouver entre les accords ASEAN, les accords ASEAN plus trois (Chine, Corée, Japon), et les accords bilatéraux de la Chine avec l’Asean, du Japon avec l’Asean et bien sur de la Corée du Sud avec cette même ASEAN. Dans le même ordre d’idée on a le Comprehensive Economic Partnership for East ASIA (CEPEA) qui est une initiative japonaise pour créer une zone de Libre-échange entre les 16 pays participants au Sommet Asiatique : c’est-à-dire les 10 pays membres de l’ASEAN, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Initiative quelque bloquée depuis deux ans par les incidents provoqués par la Chine dans les eaux de la mer de Chine. N’oublions pas enfin l’APEC et le tout nouveau TransPacific Partnership dont nous avons déjà parlé dans l’introduction. On pourrait multiplier les exemples à l’infini, on a décrit cette situation par le terme de « noodle bowl », en référence au « plat de spaghetti » qui lui est censé décrire l’ensemble des accords signés par l’Union européenne. Dans le cas de l’Asie il me semble que le degré de recouvrement des accords atteint des proportions dantesques, c’est pourquoi j’ai choisi le terme un peu vulgaire de « sac de nœud » qu’on me pardonnera j’espère. Ce mille-feuille régionaliste pose problème : son inefficacité et son coût. Son inefficacité car seules les très grandes entreprises ont les moyens de s’informer des différentes réglementations mises en œuvre par ses accords, on y recoure donc peu [10]. Par ailleurs les ressources humaines en professionnels de la négociation commerciale internationale sont rares dans ces pays et sont ainsi gaspillées en vain. Des lors des voix s’élèvent pour préconiser l’élaboration d’un accord global se substituant à tous les autres. Le choix de l’Europe : compléter le triangle Deux options s’offrent à l’UE : recherche d’un accord global ou recherche d’accords bilatéraux. Pour l’instant seule cette seconde voie est en activité. Si l’on fait le bilan des efforts américains en faveur d’un accord global (le premier essai -qui a été suivi par d’autres tentatives- est la création de l’Asia Pacific Economic Caucus (APEC) remonte à 1991), il faut bien reconnaitre qu’ils ont échoué jusqu’à présent. Il semblerait que la seule voie possible soit celle du salami : aborder ce continent par pays puis par grandes zones : Moyen-Orient/Pays du Golfe, Asie du Sud/Inde, Asie du Sud Est/ASEAN, Asie orientale/Chine/Japon/Corée et enfin la Russie. Pour l’instant l’approche est plutôt du type bilatéral : avec la Corée du sud et Singapour un accord a été signé, et des négociations intenses mais difficiles sont en cours avec le Japon, la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et l’Inde. Le savoir-faire de l’UE en matière de négociations commerciales est un atout important. L’inconvénient de cette approche c’est qu’elle n’échappe pas complètement à l’image du plat de nouilles (noodle bowls). La complexité de chaque accord est telle que les partenaires eux-mêmes hésitent à s’y référer [11]. Cette approche semble avoir dépassée ces limites d’efficience. A ce stade, une approche globale pour l’UE exigerait cependant des moyens considérables qui ne sont probablement pas actuellement à sa portée [12], à moins de redéployer ses efforts sur cet objectif. Ainsi un accord Europe Asie (le Trans Europe Asia Partnership !) compléterait l’accord transatlantique et transpacifique en cours de négociation pour former un triangle structurant de l’économie mondiale et vital pour renforcer pour nos futures relations avec l’Asie. Pour en revenir aux questions stratégiques, l’Europe présente aussi un atout d’exemplarité : le modèle européen de résolution des conflits entre les pays membres est une source d’inspiration pour les pays d’Asie : ainsi l’idée même de Communauté Asiatique promue par les pays de l’ASEAN est née en référence à l’Union européenne. Cependant, dans ce domaine, l’héritage historique européen est très spécifique entre des pays qui ont reconnu leurs erreurs dramatiques et ont compris qu’en acceptant de limiter leur souveraineté ils s’offraient une garantie de paix. Au contraire les pays d’Asie qui sont la plupart du temps des victimes de l’impérialisme occidental (même le Japon, occupé un temps par les Etats-Unis qui lui ont imposé sa constitution, partage ce sentiment) ne sont pas près à renoncer à leur souveraineté. La Chine sait aussi s’employer à diviser ces pays.n *Michel FOUQUIN est conseiller scientifique au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et professeur à la Faculté des sciences sociales et économiques (FASSE).
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Est-ce leur chant mélodieux qui a donné l’alerte ? En France, la Direction générale des douanes a annoncé la découverte par les fonctionnaires de Montpellier d’un trafic de rossignols du Japon. Cent spécimens de cette espèce protégée par la Convention de Washington étaient cachés dans des boîtes, à bord d’un véhicule que les douaniers ont contrôlé sur l’A9. Les oiseaux, dont le prix à la revente est compris entre 165 euros et 200 euros, étaient répartis dans cinq caisses en bois fermées par un filet. Les hommes de 24 et 27 ans qui se trouvaient à bord de la voiture n’ont pu produire les documents les autorisant à transporter les volatiles. Les rossignols, après une inspection sanitaire, ont été confiés à un centre de sauvegarde dans les Landes et la voiture a été saisie, a précisé la direction des douanes. Une enquête a été ouverte par le service national des douanes judiciaires. La Direction générale des douanes rappelle qu’il y a quelques jours, les douaniers d’Orly avaient saisi 54 hippocampes séchés dans les bagages d’une passagère en provenance de Dakar, destinés, selon cette femme, à agrémenter des préparations culinaires à base de riz. En 2013, les services douaniers français ont saisi 1 450 animaux vivants, rappelle encore la direction des douanes, soulignant qu’une de ses missions est de protéger « la faune et la flore menacées d’extinction ». En décembre 2013, ce sont pas moins de 82 kg de défenses d’éléphants, d’une valeur estimée à 80 000 euros, qui ont été saisis dans le coffre d’une voiture sur l’A10, près de Poitiers, une des plus importantes saisies d’ivoire de ces dix dernières années, selon les douanes françaises. La saisie a été opérée sur une aire de repos au nord de Poitiers, à la faveur d’un contrôle douanier de routine. Deux défenses d’éléphant, entières et sculptées, ainsi qu’une dizaine de morceaux de défense ont été découverts dans le coffre du véhicule, a-t-on relaté de même source. La valeur de la saisie est estimée à environ 80 000 euros. Les saisies d’ivoire se sont élevées en France à 548 kg en 2011, lors de 81 contrôles, et à 556 kg en 2010 (87 contrôles). En 2012, 346 pièces d’ivoire brut ou travaillé avaient été saisies lors de cinquante-sept constatations, rappellent les douanes, selon lesquelles le commerce et le transport d’ivoire sont strictement réglementés par la Convention de Washington relative à la protection des espèces menacées.
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