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Reporters - Filtrer les éléments par date : lundi, 21 avril 2014
L’équipe nationale algérienne de goal-ball disputera deux tournois internationaux, en l’espace de dix jours, en préparation du championnat du monde-2014, prévu à Espoo, en Finlande, du 26 juin au 7 juillet, a-t-on appris auprès de la Fédération algérienne handisport (FAH). Les protégés de l’entraîneur de l’équipe nationale, Mohamed Bettahrat, et son adjoint Saâd Boutiba, s’envoleront dimanche pour la Lituanie, pour prendre part au tournoi international de la ville de Vilnius, programmé du 25 au 27 avril, avec la participation de sept pays. Outre l’Algérie, le tournoi regroupera les sélections de Lituanie (A et B), de Finlande, des Etats-Unis, d’Espagne et d’Ukraine. Le tournoi sera disputé sous forme de mi-championnat. Les quatre premiers joueront les demi-finales, et les autres équipes disputeront les matches de classement. Après le tournoi de Vilnius, la sélection algérienne se déplacera par route à Blankenberge, en Belgique, pour participer au tournoi international de la ville belge, prévu du 1er au 4 mai prochain. La compétition enregistrera la présence de la Lituanie, de la Finlande, des USA, de la Russie, de l’Iran et de la Belgique. La même formule (championnat en poule unique) sera reconduite, selon le règlement de la Fédération internationale des sports pour visuels (IBSA). Les quatre premiers animeront les demi-finales, alors que les éliminés joueront les matches de classement. « Pour ces tournois, on se déplacera avec cinq joueurs seulement, au lieu de six (absence de Bentria Firas et Samir Belhouchet). En Lituanie, on effectuera un stage de trois jours, conjointement avec l’équipe hôte, avant l’entame de la compétition. Les deux compétitions nous offriront l’opportunité de revoir notre effectif après les compétitions nationales et évaluer nos joueurs sur les plans individuel et collectif, tout en améliorant l’aspect technique », a déclaré Mohamed Bettahrat. L’équipe algérienne aura la chance de jouer un minimum de 14 matches au cours des deux tournois, et plus, si elle passe au second tour. Ce nombre de matches soulage énormément l’entraîneur national, expliquant qu’« à cette période, les joueurs ont besoin de matches pour corriger les fautes et se défaire des déchets techniques. Ils testeront également leur forme physique », sachant que chaque match dure 24 minutes avec 10 minutes de repos. En plus, lors des deux tournois, les protégés de Mohamed Bettahrat auront l’occasion d’affronter des équipes qu’ils retrouveront lors du Mondial d’Espoo, à savoir la Finlande, la Lituanie, les USA, l’Iran, l’Ukraine et l’Espagne.n
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Les deux clubs Necira Nounou et Sûreté nationale ont, certes, dominé la compétition, mais n’ont néanmoins pas pu décrocher les minima pour la Coupe du monde de cette discipline. Les clubs de Necira Nounou (Alger) et de l’AS Sûreté nationale ont dominé les épreuves seniors de la Coupe d’Algérie de marche sur route, disputées samedi chez toutes les catégories au complexe olympique Mohamed-Boudiaf (Alger), mais sans pour autant réussir les minima pour la Coupe du monde de la discipline, prévue au mois de mai en Chine. Ferhat Belaïd, le vainqueur chez les seniors, avait, en effet, bouclé le circuit (20 km) en 1h 26min 28sec et 02/100, soit une minute et demie de retard sur les minima exigés et qui sont de 1h 25min. Mohamed Meddour, du CA Baraki, qui faisait partie des candidats à une éventuelle participation à la prochaine Coupe du monde, a, lui aussi, échoué dans cette quête, en terminant 3e en 1h 32min 24sec 9/100. Pour sa part, Mohamed Ameur, considéré comme l’actuel meilleur athlète de cette discipline, a été le grand absent de cette finale de la Coupe d’Algérie, puisqu’il a déclaré forfait la veille, en raison de soucis physiques. « Il a ressenti des douleurs à un genou, sans parler du fait qu’il était un peu grippé. Donc, après mûre réflexion, il a préféré ne pas concourir en étant amoindri », a expliqué Kheireddine Salem, le directeur technique et sportif (DTS) de l’AS Sûreté nationale. Chez les dames, qui avaient concouru également sur une distance de 20 km, c’est Bariza Ghezlani, de l’AS Sûreté nationale, qui a terminé à la 1re place, en 1h 50min 41sec 27/100. Elle a devancé Asma Ouklif du club Necira Nounou (2e) en 1h 56min 32sec 71/100 et Lahna Khesrani, de l’AM Béjaïa (3e) en 1h 58min 8sec 83/100. Au total, 132 athlètes, toutes catégories confondues messieurs et dames (seniors, juniors et cadets), dont 57 filles, ont participé à cette Coupe d’Algérie de marche sur route. Ils représentaient 20 clubs, venus de sept wilayas du pays. « Nous sommes très déçus par ces résultats, surtout par rapport à la Coupe du monde en Chine, pour laquelle aucun athlète n’a réussi les minima », a avoué Abdelkrim Sadou, le responsable des équipes nationales d’athlétisme. « Notre déception provient essentiellement du fait que la fédération algérienne (FAA) avait mis tous les moyens nécessaires entre les mains des athlètes, pour qu’ils réussissent de meilleurs résultats, notamment, à travers l’organisation de trois stages de préparation de qualité. Finalement, les choses ne se sont pas passées exactement comme nous l’avions espéré », a-t-il regretté. Cependant, notre interlocuteur a avoué que le sort a joué un mauvais tour à l’équipe nationale dans sa quête du Mondial. « Mohamed Ameur s’est blessé et Hicham Medjber a été disqualifié pour une faute technique. Ces deux athlètes représentaient nos meilleures chances de participation à la Coupe du monde et leur absence a fini par tout remettre en cause », a tenté de convaincre Abdelkrim Sadou. Interrogé sur les points positifs qui lui ont donné satisfaction lors de cette Coupe d’Algérie de marche sur route, le même responsable a révélé qu’ils proviennent essentiellement des jeunes. « Ferhat Belaïd, qui appartient encore à la catégorie espoirs, a réussi les minima pour les prochains championnats d’Afrique, et, pour nous, c’est une grande satisfaction », s’est-il félicité.n
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Le coach national, Vahid Halilhodzic, prend son temps pour déterminer la liste finale des joueurs qui composeront l’équipe devant évoluer au Mondial brésilien. Une décision qui sera prise, selon certains échos, qu’après le match amical avec l’Arménie. Le coach national, Vahid Halilhodzic, temporise encore pour ce qui est de la liste des joueurs auxquels il fera appel pour le Mondial brésilien. Ainsi, il aurait convenu avec les membres de son staff et les responsables de la FAF de faire appel à 25 joueurs pour le prochain stage qui aura lieu en Suisse, où, en plus de ce regroupement, il devrait y avoir un match amical face à l’Arménie. Le patron des Verts pense qu’il devrait mieux faire la décantation le plus tôt possible pour pouvoir travailler uniquement avec les éléments qui devraient être choisis pour le tournoi mondial. Il devrait aussi prendre la décision d’écarter deux joueurs juste après le match amical et donc garder 23 joueurs qui seront assurés de disputer le Mondial qui s’annonce déterminant pour le Onze national, que le tirage au sort a mis dans un groupe plus ou moins à sa portée. Pour ce qui est du stage qui se déroulera prochainement au centre des équipes nationales de Sidi Moussa, Halilhodzic n’a pas encore tranché et se doit de bien réfléchir avant de prendre une décision définitive pour ce qui est des joueurs qui devraient être retenus. Il craint qu’il y ait des grincements de dents si jamais il annonce dès maintenant le groupe sur lequel il comptera au Mondial. C’est pour cela qu’il préfère attendre avant de trancher. Le coach sait que la situation sera difficile, surtout que bon nombre de joueurs souhaitent figurer dans les 23 qu’il choisira pour le Mondial. Toutefois, des sources proches de ce dernier affirment qu’il n’y aura pas beaucoup de surprises dans la liste, surtout qu’il avait déjà laissé entendre qu’il comptera sur les éléments évoluant à l’étranger, puisqu’ils sont plus aptes à jouer, alors que les locaux sont loin du niveau qu’il attend d’eux. Tout se décidera donc dans les prochains jours et la décantation sera faite en sélection pour ne choisir que les éléments susceptibles vraiment de donner ce plus attendu d’eux.n
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Le fait mérite d’être signalé. Officiellement, la Tunisie n’a jamais reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD), à l’instar de notre pays, mais, cette fois-ci, à l’occasion d’un évènement d’importance régionale, Tunis a accueilli une délégation sahraouie conduite par le secrétaire général de l’Union des étudiants sahraouis (UESAROI), Ahmed Lahbib Abdi, ainsi que des élus et des représentants de la société civile pour les travaux de la troisième édition du Forum social des migrations qui se déroule actuellement dans la ville de Monastir, dans le Sahel tunisien, a rapporté l’agence sahraouie, SPS. Le thème de ce forum est axé sur les politiques de migration entreprises par les pays des deux rives de la Méditerranée et son impact sur les conditions de vie et de la sécurité des migrants. Durant les débats, la question sahraouie a été longuement évoquée, notamment à travers la libre circulation des personnes dans ce qui s’appelle encore officiellement l’Union du Maghreb arabe (UMA), ce qui a, d’ailleurs, permis à la délégation sahraouie de parler de ce qu’elle considère comme étant le « mur de la honte », érigé par le Maroc et avec la complicité des services secrets israéliens, qui divise de facto l’ex-Sahara espagnol en deux parties depuis plus de 38 ans. Le public tunisien, venu en masse, a pu écouter les témoignages des femmes sahraouies qui ont relaté leurs souffrances dans les camps de réfugiés, mais aussi et surtout dans la zone administrée par le royaume chérifien. Ce forum à caractère international a été l’occasion pour le Polisario de lancer un appel « au respect des conventions internationales des réfugiés, notamment la sensibilisation autour de la situation de réfugiés auprès des gouvernements, et à faire reconnaitre leurs souffrances, en particulier les réfugiés du Sahara occidental, Palestine et de la Syrie ». Rabat appréciera certainement. n
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«Le carburant reste le produit privilégié des contrebandiers», a indiqué hier le ministère de la Défense nationale dans un communiqué, précisant que « plus de 192 20alitres de carburant ont été saisis par les éléments de l’Armée nationale populaire durant les trois premiers mois de l’année en cours». «Les saisies de carburant ont été effectuées principalement à Tamanrasset, Béchar, Bordj Badji Mokhtar et Adrar », a-t-on noté. Dans ce même cadre, « 271 tonnes de farine, 71,6 tonnes de tamiseuse, 31 tonnes de semoule, 19 tonnes de pâtes alimentaires et 12 tonnes de riz ont également été saisies » par les éléments de l’ANP, qui « ont réussi durant cette même période à intercepter une quantité s’élevant à 23,75 tonnes de ciment et 16 tonnes de cuivre destinés au commerce illicite », a-t-on encore affirmé. « Différents produits ont été saisis en grandes quantités durant cette même période, à l’image du lait en poudre, des téléphones portables et autres effets », a indiqué le ministère, soulignant que « plusieurs contrebandiers de nationalités algérienne et subsaharienne ont été arrêtés et plusieurs véhicules (camions semi-remorques, véhicules tout-terrains…) ont été saisis au cours de ces opérations ». Les éléments de l’ANP, ajoute le communiqué, ont mené « plusieurs opérations sur tous les fronts afin de mettre fin aux différentes activités criminelles et sécuriser chaque parcelle de notre territoire national, à l’instar de la lutte contre le trafic d’armes, le pillage de corail, l’émigration clandestine aux côtés des opérations de déminage, de sauvetage et autres missions à caractère humanitaire », a-t-on fait savoir. « Bien que ces résultats ne recensent pas l’intégralité des opérations exécutées par les différentes composantes de l’Armée nationale populaire, eu égard au nombre élevé des missions effectuées quotidiennement par les unités opérationnelles à travers tout le territoire national, ils demeurent, néanmoins, positifs et largement satisfaisants et témoignent de l’entière mobilisation des éléments de l’ANP et la détermination du haut commandement à lutter sans relâche contre toute menace, intérieure ou extérieure, susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale, à la quiétude des citoyens ou de nuire à l’économie du pays », a-t-on expliqué. Revenant sur ce bilan, le ministère a relevé que l’ANP « a enregistré durant le premier trimestre 2014 des résultats satisfaisants dans le domaine de la lutte antiterroriste, le crime organisé et les phénomènes connexes ». n
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J’ai rencontré Gabriel Garcia Marquez en 1982, sur le quai d’une gare parisienne. Il était là, devant moi, bien en vue. Son teint basané, ses épais sourcils et sa moustache fournie lui donnaient plus l’air d’un Arabe que d’un Latino. Cependant, il était difficile de se tromper sur ses origines à la vue du « liqui-liqui » qu’il arborait fièrement. C’était le même costume immaculé qu’il portait quelques jours auparavant, lorsqu’on lui décernât le prix Nobel de littérature. Je fis quelques pas vers le quai, mais ses yeux me suivirent et son sourire persistant semblait me toiser. Je décidai alors de m’approcher du romancier colombien. Son poster plus grand que nature occupait une grande partie de la devanture du kiosque à journaux. Je le regardai dans les yeux et son sourire me parût plus convivial. Sous l’affiche, une pile de livres identiques : Cent ans de solitude était imprimé en lettres blanches sur la couverture, juste au-dessus d’une maison rurale, quelques palmiers et d’autres arbres, dont j’ignorais le nom. Cent ans de solitude ? Comment cela est-ce possible ? Je pris la décision d’acheter le livre sous le sourire bienveillant émanant de l’effigie du célèbre moustachu qui ne cessait de me dévisager. Enfoncé dans le siège du train qui m’emmenait vers Marseille, je mis les écouteurs de mon walkman sur mes oreilles, j’y plaçai une cassette de l’album Oxygène de Jean-Michel Jarre. J’appuyai sur « play », augmentai le volume et ouvris le livre : « Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. » Des heures durant, je m’engouffrai dans le roman comme on s’enfonce dans une forêt vierge luxuriante et tellement dense qu’il eût été impossible de retrouver le chemin du retour. Tel un scientifique ébahi devant une flore et une faune non recensées dans les livres savants, je découvris, page après page, le grimoire de ce moustachu à la plume féconde et féérique : la saga des Buendia, le village fantastique de Macondo, Melquíades le prophète gitan aux mains de moineaux et à la barbe broussailleuse, le patriarche José Arcadio Buendía, mort fou, attaché à un arbre, le colonel Aureliano Buendía qui participa à 32 guerres en défiant la mort, Remedios-la-belle qui monta au ciel avec des draps, la mystérieuse malédiction des enfants à queues de cochon, etc. Arrivé à destination, je ne savais plus si j’étais à Marseille ou à Macondo. Même sans mes écouteurs, j’entendais la musique électronique de Jean-Michel Jarre bourdonner autour de moi. Même sans le livre, je n’arrivais plus à m’extirper de cette histoire hors du temps où, par le miracle des mots, réalité et magie étaient en parfaite symbiose. La mort, la vie, l’amour, la haine, la guerre, la paix, la raison et la folie défiaient la ligne inexorable du temps qui n’avait aucune emprise sur les évènements. J’avais l’étrange impression de m’être aventuré dans un monde parallèle, un monde affranchi de la gravité et de l’inertie terrestres, un monde mystérieux et sacré duquel il était impossible de sortir indemne… Après ce choc littéraire qui n’a pas cessé de me hanter jusqu’aujourd’hui, j’ai appris à connaître Gabriel Garcia Marquez, Gabo pour les intimes. Quelle ne fût ma surprise de savoir, plus tard, qu’il avait sympathisé avec la révolution algérienne, dès 1956, alors qu’il vivotait à Paris et qu’il passait par des moments difficiles. Tout a commencé lorsqu’il fût malencontreusement embarqué par la police avec des militants algériens : son faciès d’Arabe ne l’avait pas aidé. «Un soir, en sortant d’un cinéma, je fus arrêté dans la rue par des policiers qui me crachèrent au visage et me firent monter sous les coups dans un fourgon blindé. Il était rempli d’Algériens taciturnes, qui, eux aussi, avaient été cueillis avec coups et crachats dans les bistrots du quartier. Comme les agents qui nous avaient arrêtés, ils croyaient eux aussi que j’étais Algérien. De sorte que nous passâmes la nuit ensemble, serrés comme des sardines dans une cellule du commissariat le plus proche, tandis que les policiers, en manches de chemise, parlaient de leurs enfants et mangeaient des tranches de pain trempées dans du vin. Les Algériens et moi, pour gâcher leur plaisir, nous veillâmes toute la nuit en chantant les chansons de Brassens contre les excès et l’imbécillité de la force publique », a-t-il raconté (1). Les quarante-huit heures d’incarcération lui ont permis de faire la connaissance d’un compagnon d’infortune, un médecin algérien nommé Ahmed Tebbal. Une fois, relâchés, ils devinrent de grands amis et l’Algérien initia le Colombien à son combat et l’a « même impliqué dans quelques activités subversives au nom de la cause algérienne » (2). Gabo fût invité à quelques reprises en Algérie pour participer aux festivités de commémorations du 1er novembre 1954, date du déclenchement de la révolution algérienne. Ce fut le cas en 1979, pour le 25e anniversaire de ce mémorable évènement. Lors de son séjour dans la capitale algérienne, il déclara à un journaliste abasourdi : «La révolution algérienne est le seul combat pour lequel j’ai été emprisonné.» (3) D’ailleurs, c’est à l’occasion de ce voyage qu’il conçût la forme finale de son célèbre roman Chronique d’une mort annoncée. Cette œuvre est inspirée d’un fait divers concernant l’horrible meurtre d’un de ses amis de jeunesse, Cayetano Gentile Chimento par les frères Chica Salas pour une histoire d’honneur concernant leur sœur. Il confia à son biographe qu’à l’aéroport d’Alger, la vue d’un prince arabe portant un faucon avait soudain ouvert ses yeux sur une nouvelle façon de présenter le conflit entre Cayetano Gentile Chimento et les frères Chica Salas. Cayetano Gentile, un immigrant italien, est alors devenu Santiago Nasar, un Arabe, amateur de fauconnerie et personnage principal du roman (4). Gabriel Garcia Marquez a rejoint Remedios-la-belle. Il est mort le 17 avril 2014, à la date du 53e anniversaire du débarquement de la baie des Cochons. Probablement un clin d’œil à son ami de toujours Fidel Castro, qui sait ? «On ne meurt pas quand on veut, mais seulement quand on peut», avait-il fait dire au colonel Aureliano Buendía. Mais les romanciers de cette trempe meurent-ils vraiment ?n Références 1. Gerald Martin, «Gabriel Garcia Marquez: A Life», Penguin Canada, 2008. 2. Gabriel Garcia Marquez, « Desde Paris, con amor », El Pais, 29 décembre 1982, http://elpais.com/diario/1982/12/29/opinion/409964412_850215.html 3. Ibid. 4. Voir référence 1
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Ah la comédie oranaise ! Samir Benalla, 27 ans et devant lui un avenir prometteur qui se profile sur les tréteaux du rire. Cet humoriste casse déjà la baraque à l’ouest du pays.

A Oran, tout le monde le connaît et rit à chaque phrase qu’il balance. Des phrases dans un texte qu’il prend soin de bien réfléchir. Pour lui, il n’est pas question d’amateurisme, mais d’un professionnalisme acquis durant les neuf années qu’il a passées auprès de la troupe Le bel air. Et de l’air, il en a pris, histoire de prendre son envol, dans les one-man-shows qu’il enchaîne. Le public est ravi et le Théâtre régional d’Oran Abdelkader-Alloula ne désemplit pas ! Du coup, Samir Benalla s’impose une rigueur qui trouve écho dans un parcours, selon lui, qui est loin de l’improvisation non contrôlée. Pour Samir Benalla, tout commence alors qu’il est à peine au lycée. Deux rôles offerts au gré du hasard dans deux pièces théâtrales le projettent dans l’univers de la comédie. Mais ce qui parvient à le convaincre d’embrasser une carrière dans le monde du rire reste définitivement le rôle qu’il interprète dans la pièce Al Alag de Toufik Ajwad. C’est à partir de là, il l’avoue, que la folie des planches a pris possession de son âme, de son être et de son destin. Sa conviction le pousse alors à s’inscrire sur une base solide. Il décide de prendre le temps d’une formation pour mettre toutes les chances de son côté. La providence interviendra une seconde fois en mettant rapidement Kaddour Benkhamassa sur la route de l’artiste en herbe. Le comédien, auteur et metteur en scène, Kaddour Benkhamssa, accepte de lui donner sa chance. Il le prend en main pendant une dizaine d’années. Il l’encadre, le forme et lui délivre le secret de l’acte théâtral. Samir Benalla n’en demandait pas autant pour vivre à fond sa passion et en faire un chemin de vie. Pour parfaire cette expérience, Samir Benalla décide de s’aventurer sur le petit et le grand écran. Du théâtre au cinéma, il ne loupe aucun casting. Il parvient même à décrocher quelques rôles de figuration, histoire d’amorcer une immersion toute en délicatesse dans le cinéma. Tout est bon à prendre, quand le rêve est palpable. Samir Benalla le sait et ne rechigne pas à faire quelques pas, même s’ils ne sont pas remarquables, dans quelques séries télévisées, à l’image du feuilleton Dahaâ et qadhi. C’était en 2005, Samir est pris dans le casting avec un peu moins d’une centaine de jeune comédiens, tous issus de l’Oranie. Récemment, il est choisi par le réalisateur Noureddine Benamar pour jouer dans Al Waqa’ïe (les faits) et Qissate houlom où il obtient même le premier rôle. Cependant, cette victoire ne lui permet toujours pas de vivre pleinement sa passion. Il est obligé de trouver un emploi pour financer ses déplacements et autres pour maintenir cette flamme ardente pour le 5e art. On l’aura compris, Samir Benalla veut sculpter son nom sur le tableau des stars de la pantomime. De la pantomime pour se raconter et raconter le quotidien des Algériens. A son niveau, c’est la jeunesse qui en prend une sacrée « barre » de rire. A petites doses, Samir Benalla parvient à se créer une bulle à partir de son imaginaire. A chacune de ses tentatives théâtrales, il laisse le public pénétrer peu à peu son univers. Le one-man-show devient son alibi théâtral pour enchaîner tout de go sur une actualité socioculturelle. En 2012, c’est portes ouvertes pour ce jeune artiste. Il se lance avec le monodrame très actuel intitulé Rana aïchine fi ghaba (Nous vivons dans une forêt). Ça marche ! Le public fait de plus en plus connaissance avec le comédien déguisé en chasseur de seconde zone qui tire sans pitié sur les mentalités. En 2013, il achève d’asseoir sa notoriété avec le one-man-show Li fi galbi âla l’sani (Je dis ce que je pense), puis un tout dernier spectacle intitulé Ana n’temtem oua n’ta f’hem (Moi, je murmure et toi comprends). Un spectacle qu’il a présenté il y a quelques jours au TRO grâce au concours de la coopérative De la comédie naissante. Pour Samir Benalla, tout cela est le fruit d’un long labeur. Il tente de s’adapter à la société dans laquelle il vit. Pas facile ! Mais qu’importe, il veut transmettre dans le rire et la musique ce qui touche le plus le public. En clair : la réalité ! Et nous, tout ce qu’on peut lui souhaiter est de sortir d’Oran pour s’épanouir à Alger et dans tout le reste du pays. Samir Benalla, un nom à retenir !

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L’est de l’Ukraine est toujours le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre ukrainiennes et les rebelles séparatistes. Une fusillade a fait au moins quatre morts dans la ville de Slaviansk, largement contrôlée par les pro-russes. L’attaque a eu lieu hier à 1 heure du matin, heure locale, et visait un barrage érigé par les milices pro-russes. Moscou a fermement condamné cette escalade dans les violences. Depuis vendredi, chaque jour qui passe semble mettre en péril les très fragiles accords de Genève qui ont été signés par le gouvernement de Kiev avec des représentants des pro-russes de l’est de l’Ukraine sous l’égide de leurs soutiens diplomatiques respectifs, l’Union européenne et les Etats-Unis, d’une part, et la Russie, d’autre part. En effet, après avoir affirmé ne pas reconnaître ces accords, les groupes pro-russes sur le terrain ont continué leur occupation de plusieurs postes de police et mairies de l’est du pays, prenant le contrôle de plusieurs grandes villes face à une armée ukrainienne désemparée. Hier, la violence a connu une nouvelle escalade inquiétante. En effet, un barrage érigé par des activistes pro-russes a été la cible d’une fusillade à 1 heure du matin, heure locale. L’attaque a fait quatre morts parmi les rangs des pro-russes et ne va pas dans le sens de l’apaisement que semblent prôner les puissances occidentales et la Russie. Cette dernière s’est d’ailleurs dite « indignée » par « la tragédie ». Serguei Lavrov, chef de la diplomatie russe, a ainsi immédiatement réagi à la nouvelle : « La Russie est indignée par cette provocation qui témoigne du manque de bonne volonté de la part des autorités de Kiev pour désarmer les nationalistes et les extrémistes. » Et de poursuivre : « On est étonnés par le fait que cette tragédie soit survenue après la signature le 17 avril de l’accord de Genève. La Russie insiste pour que la partie ukrainienne respecte ses engagements en vue d’une désescalade dans le sud-est de l’Ukraine. » Extrême droite L’offensive a pris les séparatistes, qui montaient la garde à ce moment, par surprise. Les autorités de la ville de Slaviansk, où s’est déroulée la fusillade, ont ainsi insisté sur la violence de l’opération. « Quatre voitures sont arrivées près du barrage vers 1 heure du matin. Les gardes de nuit ont voulu les contrôler, ils ont alors ouvert le feu sur nous à l’arme automatique », a ainsi déclaré à la presse le responsable local, Viatcheslav Ponomarev. Par ailleurs, un activiste pro-russe, qui affirme avoir été présent lors de l’attaque, révèle, pour sa part : « Les attaquants étaient une vingtaine. Rapidement, des renforts sont arrivés sur notre barrage et les attaquants sont partis. Je ne sais pas s’ils ont eu des morts. Si c’est le cas, ils les ont emportés avec eux. » Les puissances occidentales n’ont toujours pas réagi à cette attaque en règle, alors que les accords de Genève prévoyaient la fin immédiate de toutes les violences, et ce, de la part de toutes les parties. En outre, personne n’a pour l’instant revendiqué l’attaque, mais les pro-russes de l’est de l’Ukraine et Moscou semblent accuser Pravy Sektor, une milice ukrainienne ultranationaliste d’extrême droite. La télévision russe a accusé le groupe d’extrême droite directement, tout comme Moscou. La diplomatie russe a ainsi déclaré : « Des civils innocents ont été tués dans l’attaque de combattants armés de Pravy Sektor. » Avant d’ajouter que des habitants locaux avaient « saisi des voitures des attaquants dans lesquelles ils ont découvert des armes, des plans de la localité et des symboles de Pravy Sektor ». Pour autant, les séparatistes de l’Est ukrainien se montrent plus prudents. Un de leurs chefs, Anatoli Khmelevoï, a ainsi tempéré ses propos : « On suppose que ce sont des gens de Pravy Sektor. » Ces derniers ont d’ailleurs tenu à fermement démentir les accusations qui pèsent sur eux, par la voix de leur porte-parole, Artem Skoropadski : « C’est une provocation blasphématoire de la Russie, blasphématoire parce qu’elle a eu lieu pendant une nuit sacrée pour les chrétiens, la nuit de Pâques. Elle a été manifestement perpétrée par les forces spéciales russes. » Quoi qu’il en soit, l’Ukraine semble sombrer chaque jour un peu plus dans une spirale de violence qui pourrait bien la mener vers la guerre civile que l’ensemble des acteurs politiques et diplomatiques nationaux et internationaux s’emploient à éviter à tout prix. A. M. M.
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Alors que le leader de la gauche égyptienne, connu pour son hostilité à l’institution militaire au pouvoir en Egypte, Hamdeen Sabbahi, a officiellement déposé sa candidature pour briguer la présidence du pays du Nil dans une lutte face à Abdel Fatah Al Sissi, ce dernier a effectué sa première sortie médiatique en rendant visite au pape copte du Caire, à la veille de la Pâque orthodoxe fêtée par les Coptes d’Egypte. Le premier adversaire du désormais ex-maréchal Abdel Fatah Al Sissi est désormais connu. Il s’agit de Hamdeen Sabbahi, leader de longue date de la gauche égyptienne et féroce opposant au régime de Hosni Moubarak et de la junte militaire égyptienne. Il avait également été candidat lors de la précédente élection présidentielle de 2012 qui avait vu Mohamed Morsi issu des rangs des Frères musulmans l’emporter. La donne politique a cependant complètement changé depuis la destitution de Morsi par Al Sissi, le 3 juillet dernier, avant de prendre de facto le pouvoir. Une semaine après l’annonce de la candidature d’Al Sissi, c’est donc au tour de cette grande figure de la gauche égyptienne de présenter son dossier auprès de la Haute commission électorale du pays du Nil. La tâche n’a pas été simple pour Sabbahi qui, jusqu’au dernier moment, a suscité le doute parmi les Egyptiens quant à sa capacité à réunir les 25 000 parrainages nécessaires à la constitution du dossier à la candidature à la magistrature suprême, comme le stipule la loi électorale égyptienne. Sabbahi, pour sa part, a réussi à réunir 31 000 signatures de citoyens, soit 7 fois moins que son rival Al Sissi. Cependant, le leader de gauche a multiplié les sorties médiatiques dans lesquelles il affirmait que ces parrainages ne «représentent en rien la popularité d’un candidat». Une manière de montrer qu’il mènera la bataille jusqu’au dernier moment et au scrutin qui devrait se dérouler les 26 et 27 mai prochain. Outsider Pour autant, Sabbahi a conscience qu’il est l’outsider de cette élection présidentielle où Abdel Fatah Al Sissi est donné grandissime favori pour l’aura qu’il a auprès des Egyptiens, pour lesquels il incarne l’image de stabilité et de sécurité. En effet, depuis la chute de Morsi et des Frères musulmans, la violence dans les rues égyptiennes est devenue quotidienne et la population pense que seule l’armée, puissant acteur du jeu politique national, est la seule à pouvoir ramener le calme dans le pays du Nil, un calme dont il a besoin pour développer son économie qui s’articule principalement autour du tourisme, un secteur en crise depuis que l’Egypte est devenue la cible d’attaques terroristes à répétition. Précisément, Al Sissi représente le candidat de cette armée dont il est lui-même issu et dont il a démissionné au dernier moment pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle. Hamdeen Sabbahi, pour sa part, s’il ne part pas favori, a l’expérience politique de son côté, mais également l’avantage de représenter une troisième voie pour l’Egypte. En effet, longtemps coincé entre l’institution militaire et la menace islamiste, le pays du Nil pourrait bien être séduit par une alternative nouvelle, celle d’un candidat qui s’est à chaque fois opposé aux militaires et aux Frères musulmans, avec la même intensité. Il représente un personnage plus consensuel et moins clivant qu’Al Sissi. D’ailleurs, ce dernier a voulu faire montre de sa volonté de réunir l’ensemble du peuple d’Egypte autour de lui hier. Il a, en effet, réalisé sa première sortie en tant que candidat en rendant visite au pape copte égyptien à la veille de la Pâque orthodoxe pour lui présenter ses vœux, mais aussi l’assurer de la volonté de l’ex-maréchal de protéger la communauté copte chrétienne qui compose 10% de la population égyptienne. Les chrétiens d’Egypte sont, en effet, la cible de violences depuis l’accession de Morsi au pouvoir, des offensives qui se poursuivent aujourd’hui encore, dix mois après sa chute. n
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L’Algérie d’aujourd’hui est extrêmement dépendante de ses exportations d’hydrocarbures. Les autres branches de l’économie, telles que l’agroalimentaire, occupent une place marginale. Ainsi, l’Algérie importe, par exemple, plus de 70% de ses céréales en moyenne annuelle. C’est là le résultat d’une profonde transformation du pays en deux siècles. Aujourd’hui se pose avec acuité la question de l’après-pétrole en Algérie et du danger de maintenir une économie non diversifiée. Il se pose également le problème de la réduction de la dépendance alimentaire. A l’époque ottomane, nulle manne pétrolière, bien sûr, seulement l’effort quotidien et constant des hommes pour assurer leur subsistance et dégager des surplus injectés dans le circuit marchand. Nous allons évoquer une Algérie profondément terrienne, relativement pauvre, mais dans laquelle l’écrasante majorité de la population était totalement investie dans son économie. par Ismet Touati Au XVIIIe siècle, 90% de la population mondiale était paysanne ; l’Algérie n’échappait pas à la règle. Mais alors que de nombreux pays avaient une production agricole insuffisante, l’Algérie faisait partie des pays autosuffisants sur le plan alimentaire. Il y a à cela deux raisons principales : des terres très fertiles, dans l’ensemble, et une population peu nombreuse. Au 1er janvier 2014, l’Algérie comptait 38,7 millions d’habitants. Dans l’Algérie du XVIIIe siècle, la population était beaucoup moins nombreuse ; on peut l’évaluer à 5 millions d’habitants, à défaut de statistiques. Le pays étant peu peuplé, il y avait peu de pression sur la terre. La culture du blé étant extensive et demandant de grandes surfaces, les rendements étaient en général d’autant moins élevés que les mêmes terres ne pouvaient pas être ensemencées tous les ans. Or, l’Algérie ne connaissait pas ce problème. Une lente rotation des cultures permise par une grande disponibilité des terres évitait d’épuiser ces dernières. De surcroît, l’érosion des sols nord-africains est une calamité récente, contemporaine de l’emploi d’un matériel plus lourd et de méthodes culturales qui épuisent la terre, ainsi que de l’accroissement du nombre des hommes. Inexistence d’une pression sur les terres Le botaniste et voyageur Desfontaines note vers la fin du XVIIIe siècle : « Le sol est si fertile sur les côtes d’Afrique que, sans y mettre jamais d’engrais, il produit de très belles moissons. A la vérité, le nombre des habitants étant peu considérable relativement à l’étendue du pays, on est dans l’usage de laisser reposer les terres pendant plusieurs années. » Le sol était effectivement très fertile avec des rendements de 8 à 12 grains pour un seul grain semé, alors que dans l’Europe de la même époque, ils se situaient entre 6 et 7. L’inexistence d’une pression sur les terres a fait que ne s’est pas fait sentir le besoin de l’innovation technique, nécessaire ailleurs pour améliorer la productivité. La définition de la technique par Marcel Mauss s’applique parfaitement au cas algérien. « J’appelle technique un acte traditionnel efficace », écrivait-il. Farid Khiari a signalé que nulle innovation ne s’est faite, hormis sur les terres cultivées par les Andalous chassés d’Espagne, dont l’avancée est connue dans ce domaine. L’absence d’évolution technique n’a pas empêché quelques améliorations telles que l’apparition du soc d’araire en fer (autrefois en bois durci au feu) ou, ailleurs, d’une chaîne en fer servant de courroie entre l’instrument et les bêtes de trait. Sinon, on laboure, on sème et on récolte comme on l’a toujours fait. Les transformations qui ont affecté l’agriculture ouest-européenne, d’ordre instrumental ou cultural, n’ont pas vu le jour en Algérie. Le besoin social commande, en dernier ressort, le passage d’un état de la technique à un autre. En effet, le champ de cette dernière n’est pas indépendant de l’environnement social au sein duquel il évolue et dont il dépend. La dynamique interne de la sphère technique, s’il en est, serait un phénomène récent. Il est alors légitime de se demander si l’on ne doit parler d’évolution technologique que s’il y a amélioration de l’outil de production, ou bien si l’on doit, avec Braudel et d’autres avant lui, la considérer non seulement comme un effort violent, mais aussi comme « l’effort patient et monotone des hommes sur le monde extérieur ». Savoir agronomique entre oralité et écrits Voyons de plus près les méthodes employées et renouvelées à chaque année agricole. Il est tout d’abord intéressant de noter que l’oralité n’a pas constitué le seul vecteur du savoir agronomique. Ibn Khaldoun écrit au XIVe siècle déjà : « Quant aux modernes, ils ont composé beaucoup d’ouvrages sur l’agriculture, qui ne traitent que de la mise en terre et des soins à donner aux plantes, de la manière de les protéger de tout ce qui peut leur nuire ou affecter leur croissance, etc. On trouve ces livres aisément. » Il est très probable que ces ouvrages, dont nous n’avons pas connaissance, n’aient été que des variantes de traités datés de l’Antiquité, revus et peut-être augmentés par les savants de la civilisation islamique. En effet, Léon l’Africain nous permet de le supposer en notant : « Il existe un grand traité divisé en trois livres qu’on appelle en arabe Le trésor de l’agriculture. Il a été traduit du latin en arabe à Cordoue, du temps de Mansor, seigneur de Grenade. Ce livre traite de toutes les notions nécessaires à l’agriculture, telles que les époques et les façons de semer, de planter, de greffer les arbres et de modifier par la culture tout fruit, ou grain ou légume… Je m’étonne beaucoup qu’il y ait chez les Africains tant de livres traduits de la langue latine qu’on ne trouve plus maintenant chez les Latins. » C’est une réflexion tout à fait intéressante à l’aube de l’humanisme européen. Le lexique agricole maghrébin conserve d’ailleurs des traces de l’héritage latin : le champ de céréales, l’ager, devient iguer en tamazight. Marmol n’a peut-être fait qu’utiliser Léon l’Africain en notant : « Il y a quantité de ces peuples, tant Africains qu’Arabes, qui sans savoir ni lire, ni écrire, rendent des raisons suffisantes touchant le labourage, par les règles de l’astronomie : mais ils tirent ces règles du Trésor de l’agriculture, qui fut traduit du latin en arabe en la ville de Cordoue, du temps de Jacob Almançor, roi et pontife de Maroc. Dans ce livre sont contenus les douze mois de l’année en latin, et ils les suivent pour ce qui concerne le labourage. » Cependant, par la contradiction que renferme ce passage, celle de paysans ne sachant ni lire, ni écrire et utilisant des traités d’agronomie, Marmol pose la question de la diffusion de cette branche du savoir dans le Maghreb moderne. Léon l’Africain y répond partiellement lorsqu’il évoque, lui aussi, les connaissances des Maghrébins en astronomie, importantes pour leur application dans l’agriculture : « Ils font apprendre aux enfants, dans les écoles, beaucoup de choses très utiles relatives à ces questions. Il existe beaucoup de paysans, arabes et autres, complètement illettrés, qui savent parler d’astronomie avec prolixité et qui tirent de ce qu’ils disent des conclusions d’une certitude absolue. Les règles qu’ils suivent pour cela et qui leur sont nécessaires proviennent du latin et ont été traduites en arabe. » L’école aurait donc été un relais d’un certain savoir agronomique. La tradition, la vieille tradition latine, aurait donc continué de jouer un rôle important. Nous n’avons pas trouvé d’autres références à ces ouvrages au-delà du XVIIe siècle. Nous doutons cependant qu’il y ait eu une rupture dans la tradition, une perte de savoir malgré cette affirmation de l’Anglais Shaw qui écrit dans le premier tiers du XVIIIe siècle : « Le peu de gens qui ont le loisir de se livrer à l’étude ne lisent guère que le Coran, et quelques commentaires assez inintelligibles que l’on en a faits. Tout le savoir de ces peuples se réduit aujourd’hui à un peu de géographie et à quelques traités incohérents et fort insipides sur l’histoire moderne ; car tout ce que leurs auteurs disent des temps qui ont précédé la venue de Mahomet n’est qu’un tissu de contes romanesques. » Il est à regretter, dans ce cas-ci comme dans d’autres, l’absence de témoignages autochtones de la veine d’un Ibn Khaldoun ou d’un Léon l’Africain pour la période ottomane. Une pratique agricole traditionnelle Passons à la pratique agricole, des labours aux moissons. Khiari note la faiblesse du nombre répété de labours, qui ont l’avantage de nettoyer les sols des mauvaises herbes et de détruire certains parasites ; de plus, ni le binage, ni le sarclage n’étaient, selon cet historien, intégrés dans le cycle des travaux. Le botaniste Desfontaines nous donne quelques précisions sur cette phase des travaux agricoles : on fait ordinairement deux labours avant de semer le blé ; la terre est ensuite retournée après avoir été suffisamment humectée par les pluies. Après l’avoir laissé reposer pendant quinze jours, on y jette le grain et on le recouvre avec la charrue. On sème l’orge douze à quinze jours après le blé et on ne fait qu’un seul labour pour cette céréale. Desfontaines ajoute : « Les cultivateurs ne sont pas dans l’usage, comme en France, de briser les mottes avec la pioche et la herse ; ces soins paraissent inutiles ; il faut avouer aussi que la terre, qui est légèrement sablonneuse, se divise plus facilement par l’action du soc de la charrue. » La terre ne demande certes pas d’entretien particulier, mais, pour étendre les surfaces cultivables, on brûle les broussailles et les chaumes et on utilise les cendres comme engrais pour nourrir et refaire la terre après les moissons. Et même, s’il faut croire Desfontaines, « dans le royaume d’Alger, on incendie les forêts pour découvrir le terrain et le cultiver, et pour avoir le gros bois qui ne se consume pas par les flammes. » Il est en effet possible que dans certaines zones plus peuplées, l’on ait eu recours à ce type de déforestation, à une époque de grande extension de la forêt. On ne fumait pas la terre. L’usage de la fumure animale, répandu en Tunisie, s’il faut en croire Lucette Valensi, semble l’avoir beaucoup moins été en Algérie. La densité de population dans certains terroirs tunisiens, la surface totale plus limitée de ces derniers et, enfin, une exploitation continue et pluriséculaire en ont peut-être été la cause. En ce qui concerne l’utilisation des terres, la règle générale est l’assolement biennal avec jachère en herbe. Il convient bien à une économie extensive et agropastorale. Une autre règle est l’absence de périodicité fixe en raison de l’abondance des terres. Le blé est cultivé sur les meilleures terres, l’orge sur les sols légers ou dans les régions faiblement pluvieuses. Les semences étaient méticuleusement sélectionnées. On choisit le plus beau grain de l’année comme semence, et à défaut, celui de la dernière ou de l’avant-dernière récolte. En cela, les agronomes de l’époque coloniale n’ont rien apporté de nouveau. Les labours se faisaient au moyen de l’araire en bois, le plus savant des instruments de production agricole au Maghreb. Là encore, la tradition antique se fait nettement sentir : il s’agit de l’araire de l’Afrique romaine, telle qu’on la voit déjà, tirée par des taureaux, sur une mosaïque romaine conservée au musée de Cherchell. La photographie d’un cultivateur du pays de Tlemcen, publiée dans un guide du Touring Club de France, daté de 1902, nous montre la même scène par-delà les siècles. Les araires de l’époque ottomane se placent dans cette continuité. Ainsi, cet instrument témoigne de la faiblesse du niveau technique dans l’agriculture maghrébine. Il égratigne le sol et son rendement est faible. Au XVIIIe siècle, les observateurs européens rappelaient l’infériorité de l’araire par rapport à la charrue capable de labourer en profondeur. La charrue à roues et avant-train mobile a été en effet un gros instrument de progrès, lorsqu’elle est apparue dans l’Europe du XVIe siècle et que son utilisation s’est étendue au cours des deux siècles suivants. Mais au Maghreb, la tradition est, là encore, efficace. L’araire ménage le sol, en ralentit l’érosion et le protège d’une évaporation trop rapide de l’humidité qu’il contient. L’innovation n’a cependant pas été complètement absente Exigeant les attelages légers que fournit le cheptel maghrébin, facile à construire et à remplacer, peu coûteux, il est bien l’instrument qui convient à la petite culture précapitaliste, comme le note très justement Lucette Valensi. L’innovation dans ce domaine n’a cependant pas été complètement absente. Çà et là, les socs en fer remplacent les socs en bois durcis au feu, rappelons-le. Ce sont vraisemblablement les Kabyles et, pour être plus précis, les Bougiotes, qui assuraient la fabrication de ces socs. La proximité de mines de fer et la difficulté des labours en Kabylie ont dû appeler cette innovation qui, par le biais des Bougiotes, s’est répandue en Algérie. Le taureau, la vache, mais surtout le bœuf, sont les animaux de trait les plus utilisés. Le nom de la principale mesure de superficie des terres à blé montre bien que le bœuf était l’animal le plus utilisé. Cette mesure est la zwîjah (ou paire de bœufs. Le mot est de la même racine que zawj, signifiant « deux » pour le duel, le « couple », et qui vient du grec zygos, « joug »). Selon le sol et les régions, elle mesurait entre 8 et 10 hectares ; c’est la superficie que peut labourer une paire de bœufs en un jour. La demi-zwîjah s’appelle fard (bœuf). Pour les jardins, on utilise le feddan, corde valant tant de coudées. Néanmoins, nous constatons parfois l’utilisation des ânes et des mules, plus rapides que les bœufs. Desfontaines affirme même qu’on se sert du dromadaire. En outre, l’utilisation du cheval, marginale, n’est cependant pas inexistante. Le prestige procuré par la possession du cheval, son coût relativement élevé, le sens social de sa propriété ont dû limiter son utilisation pour les travaux agricoles. Comme l’avoine n’était pas cultivée en Algérie, sauf rares exceptions, on nourrissait le bétail avec de l’orge, mais encore plus avec une espèce de millet blanc qu’on appelle dra. Les moissons se font à la faucille. La faux est absente. Desfontaines décrit cet instrument : « La faucille dont on se sert pour couper le blé est différente de la nôtre ; elle est plus petite, coudée dans sa partie moyenne, et ne tranche que depuis sa courbure jusqu’à la pointe. On ne coupe que le tiers supérieur de la paille. » L’inconvénient de cet instrument apparemment archaïque réside dans la lenteur qu’il occasionne par rapport à la faux et dans la grande fatigue qu’il entraîne, les moissonneurs travaillant courbés. L’avantage réside dans le fait que couper la paille au tiers supérieur limite une trop grande perte de grains, ce que ne permet pas la faux, dont l’usage généralisé en Europe ne se fait d’ailleurs pas avant le début du XIXe siècle. Pour passer de la faucille à la faux, nous dit justement M. Khiari, il aurait fallu un gonflement de la demande urbaine, car il faut intégrer le fait que l’économie algérienne était, dans l’ensemble, proche de l’autoconsommation. La demande urbaine augmentant, une exploitation intensive des terres aurait suivi, le temps de la jachère aurait diminué durant le cycle de rotation et les paysans auraient augmenté le nombre de récoltes tout en acceptant une perte relative des grains consécutive à l’utilisation de la faux. Dans le cas nord-africain, il est donc hors de propos de qualifier l’usage de la faucille d’archaïque, car elle permettait une nourriture d’été au bétail, aux moments difficiles. Les opérations de dépiquage et de vannage sont, là encore, bien décrites par Desfontaines. On amoncelle le blé près de l’aire à battre. On foule les blés pour les égrener. Après les avoir étendus sur l’aire, on fait passer dessus des bêtes de charge. On utilise également « une sorte de table faite de deux ou trois planches unies ensemble et dont la surface inférieure est parsemée de clous, de lames de fer et de petites pierres tranchantes » (le tribulum des Romains). On la fait traîner sur le blé par des mules, bœufs ou autres bêtes de charges. Desfontaines remarque que là aussi, il se perd moins de grains que si l’on battait le blé au fléau. Pour le vannage, on jette les blés à l’opposé du vent après en avoir retiré la paille ; le vent emporte la poussière et les corps légers. Avant de moudre le blé, les femmes retirent pierres, sable et autres corps que l’action du vent n’a pas enlevés. L’existence de nombreuses mtâmîr, ou fosses dans lesquelles était conservé le blé algérien, ajoutée aux bonnes conditions de production du blé algérien, faisait que l’Algérie était souvent excédentaire en blé et servait de grenier à l’Europe. L’expédition d’Alger et la longue nuit coloniale sont venues briser une dynamique dont on ne sait ce qu’elle aurait produit.n
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