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Reporters - Filtrer les éléments par date : samedi, 27 décembre 2014

Mercedes-Benz compte se désengager de sa filiale égyptienne, Egyptian German Automotive (EGA), ainsi que de sa ligne de production de bus que le géant allemand exploite dans le pays depuis 1996, au profit de l’Algérie. Le constructeur automobile, par la voix d’un haut responsable cité dans les médias égyptiens, mais dont l’identité n’a pas été révélée, a annoncé qu’il allait cesser l’assemblage d’autocars en Egypte, avec l’intention de transférer ses investissements en Algérie à partir de mars prochain, «pour profiter des privilèges et des facilités offertes par l’Algérie dans l’industrie automobile». Selon cette même source, cette décision était strictement mue par des raisons économiques et n’a aucune dimension politique. Il en veut pour preuve les investissements de Mercedes-Benz dans ce secteur, qui ont égalé 25% du capital de l’EGA, faute de disponibilité de financements extérieurs. Aussi, Mercedes-Benz projette d’ouvrir une nouvelle usine en Algérie pour se conformer aux nouvelles décisions du gouvernement à l’égard des importateurs et concessionnaires de véhicules, qui devront désormais participer à l’effort de réindustrialisation nationale, en réalisant un investissement local dans le secteur automobile dans les trois ans qui suivent leur installation. Mercedes-Benz, qui a produit jusque-là environ 4000 véhicules par an en Egypte, n’est plus aussi rentable qu’auparavant, avec une production intérieure qui a continué de baisser, jusqu’à atteindre près de 1000 unités fabriquées, affectant ses rendements. Pour ce qui est du marché algérien, Mercedes-Benz exploite déjà une usine flambant neuve inaugurée en octobre dernier à Tiaret sous le nom de Société algérienne pour la fabrication des véhicules Mercedes-Benz (SAFAV-MB). Elle produira différents types de véhicules utilitaires et de 4x4 destinés à des usages militaires. La production théorique annuelle de cette usine est de 6 000 véhicules de type Mercedes Spartner pour tous usages et de 2000 véhicules 4x4 de type G Class de la catégorie G destinés à des usages militaires et paramilitaires. D’ailleurs, le secteur de l’industrie mécanique exploitée par les usines sous tutelle du ministère de la Défense, comme c’est le cas justement de la SAFAV-MB, compte elle aussi apporter sa contribution au renouvellement économique du pays à travers une stratégie de développement bénéfique à l’emploi. Selon les estimations faites, ce seul pan de l’industrie auto-mécanique créera 20 000 postes d’emploi directs. Selon le général-major Rachid Chouaki, directeur des fabrications militaires, ces emplois créés dans les sept établissements publics à caractère industriel et commercial opérationnels en Algérie constituent un « acquis pour l’économie nationale ». De plus, la mise en place de la sous-traitance permettra de créer 25 000 postes de travail, a ajouté le même officier supérieur, soulignant que l’ANP apporte sa contribution au processus de relance de l’économie nationale à travers la mise en place d’une base industrielle solide et en créant des plateformes technologiques sur des sites industriels existants.

Publié dans Economie

Le wali d’Annaba, Mohamed Mounib Sandid, décédé mardi à Paris (France) à l’âge de 61 ans, a été enterré jeudi après-midi au cimetière central de Constantine, en présence de sa famille, ses amis, de plusieurs hauts fonctionnaires de l’Etat et de centaines d’anonymes. Dans un climat empreint d’émotion et de tristesse, une foule nombreuse a accompagné jeudi après-midi le wali d’Annaba, Mohamed Mounib Sandid, à sa dernière demeure. Dans une oraison funèbre prononcée par le gendre du défunt wali au cimetière central de Constantine avant la mise en terre de la dépouille mortelle, l’orateur, affligé par la disparition d’un être si cher, connu pour sa bonté et son amabilité, a rappelé l’engagement du défunt et son dévouement pour son pays. Décédé mardi à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, où il avait été évacué le 27 novembre dernier à la suite d’un malaise cardiaque, la dépouille mortelle de feu Mohamed Mounib Sandid est arrivée mercredi soir à Alger. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné du ministre d’Etat, directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, des membres du gouvernement, a observé à l’aéroport internationale Houari-Boumediene un instant de recueillement à la mémoire du regretté wali. Il sera transféré dans la soirée même à bord d’un avion spécial à destination de Constantine, puis de là à la maison familiale, sise rue Kadour-Boumeddous (ex-Ciloc). De nombreux cadres des wilayas d’Annaba, de Khenchela, de Béchar ou encore d’El Oued, des amis et des citoyens anonymes s’y sont rendus tout au long de la matinée de jeudi pour présenter leurs condoléances à la famille. Tayeb Belaïz, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, accompagné de Abdelkader Kadi,  Noureddine Bedoui et Mohamed El Ghazi, respectivement ministres des Travaux publics, de la Formation et de l’Enseignement professionnels et du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, ont présenté au nom de l’Etat leurs condoléances à l’épouse du défunt et ses quatre enfants. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), le regretté Mohamed Mounib Sandid a occupé les fonctions de wali de Béchar, de Khenchela et d’El Oued, avant d’être nommé à la tête de la wilaya d’Annaba en octobre 2013.

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Il y a peu nous quittait tragiquement le peintre Abdelouahab Mokrani. Comment évoquer cet artiste hors-pair, rimbaldien dans tout les sens du terme, sans se tromper de mots, de sens et de couleurs ? Le hasard qui fait bien les choses nous a fait rencontrer un autre grand plasticien, qui l’a connu. La parole à Azwaw Mammeri... Entretien réalisé par Abderrahmane Djelfaoui Quand je suis passé voir Azwaw Mammeri, je le trouvais bien réveillé, en forme. Mais il fumait et toussait, comme d’habitude. Les yeux rayonnant de malice bonté (comment le dire autrement ?...). Avec à portée de sa main une grande tasse de café bien épais préparé dans une casserole. A ses pieds, son chat ; au pied de la table de cuisine (cette table où Azwaw aime travailler), - et le chat attendant sa pâtée de thon en boîte journalière… Nous nous sommes mis immédiatement à parler d’Abdelouahab Mokrani, comme si nous nous étions spécialement téléphoné pour ça… … D’abord imagine, dit Azwaw, qu’Algérie Actualités était à l’époque le seul journal un peu libéral. Il y avait dedans Tahar Djaout, Abdelkrim Djaâd, Arezki Larbi comme caricaturiste, Fatiha Bisker, Malika Abdelaziz, Kheiredine Ameyar qui sera ensuite directeur de La Tribune, et d’autres… Il y avait Algérie Actualités et Révaf (Révolution africaine) dans les années 1980 surtout. Et c’est dans Révaf que j’ai lu un article sur Mokrani, en 1989 je crois bien, après octobre 1988, dont le titre était « L’enfant terrible d’Alger ». Je lis… C’était extra. Je ne connaissais pas Mokrani. Ça a été ma découverte… Par la suite, il y a eu une exposition à l’Epau, l’Ecole d’architecture, organisée par un collectif d’étudiants et d’enseignants. Ils avaient invité Mokrani et, en même temps sur le campus, Slimane Benaïssa jouait sa pièce Boualem zid el goudam avec Omar Guendouz ! C’était deux ou trois jours d’activités culturelles organisées par de bons amis de Mokrani : les frères Salem et Cherif Hammouche. C’était beau ! C’était extraordinaire !... C’était la gauche et ce que certains appelaient « les gauchistes », mais quand je les rencontrais, c’était un bonheur ! Cherif était professeur d’histoire de l’art, et quand tu le branchais là-dessus, il se mettait à raconter cette belle aventure sur deux ou trois siècles. C’était un régal. Et on prenait du thé ! Et lui, pourvu que tu lui offres ce thé-là !

La poésie de Mokrani, c’est la lumière ! C’est à ce moment-là que je découvre la peinture de Mokrani. Nous sommes en 1989… Ce que j’en ai vu, c’était des petits formats. Des visages, faits à l’encre de Chine ; du noir et blanc… Au premier regard, on pouvait avoir l’impression que c’étaient des masques. Des têtes portant des cagoules… Ce n’était pas ça et ce n’était pas sombre. En fait, une demi-heure après, quand tu t’habitues avec l’espace, que tu les revois avec un autre regard en prenant le temps, c’était de la lumière ! Je crois que c’est ça qui m’a influencé. Mokrani m’a influencé dans mon travail de peintre. Et ils sont rares les peintres qui m’ont influencé sur la place d’Alger. C’est normal. C’est comme un échange. C’est comme moi qui aurait pu apporter quelque part un quelque chose en allant vers d’autres peintres… Par la suite, j’ai encore vu ses travaux à la galerie Isma, de Riad El Feth, où il exposait avec les peintres contemporains. Et il y avait une rupture ! Il exposait avec les Malek Saleh, les Hellal, d’autres, toute une génération formée à l’Ecole des beaux-arts d’Alger, mais qui étaient partis à l’étranger, y avaient poursuivi leurs études, avaient affronté d’autres courants artistiques et s’en étaient nourris… Quand ils sont revenus, on sentait qu’il y avait une rupture avec tout ce qu’ils faisaient avant… Je n’aime pas parler en termes de génération, mais disons que c’était une rupture avec des peintres de la place d’Alger. A l’époque, le seul espace de peinture autorisé était le Centre culturel de la wilaya d’Alger. C’était un repère pour les nouvelles expositions… A la galerie Omar-Racim, c’était comme d’habitude, sous l’égide du FLN… C’était donc le seul bon endroit, avec la galerie Isma qui venait d’ouvrir. C’étaient les deux espaces où tu pouvais aller voir des œuvres ding ! A l’époque, moi-même je n’avais exposé qu’une fois en hommage au trentième anniversaire de Nedjma de Kateb Yacine. C’était mes enseignants qui avaient organisé ça : Kateb Yacine, Mimouni en même temps ! C’était beau ! Kateb avait l’air timide, mais, en réalité, c’était un « qarnit ! » -un poulpe - comme d’habitude ! La rencontre était animée par Maougal qui était venu avec un nœud papillon !… Je me suis dis : ça y est mon vieux, c’est une révolution dans les mentalités ; pas mal !... Revenons à Mokrani et ceux qui l’ont connu : les Hammouche, les Mouzaoui M’Barek, mari de la peintre poétesse Halima, les Sebkhi et Amel Benghezala, dont Farid Benyaâ, chez qui, avec Mokrani, nous avions fait un récital poétique fin de l’été 2006… C’était Ramadan. Avant le récital, on avait été invités au f’tour chez Mouzaoui M’Barek. Bonne chorba, des boureks et d’autres plats ; on a été vraiment gâtés. Mais à table, impossible de faire parler Abdelouahab Mokrani, qui était assis en face de moi. Il mangeait en silence. Alors, j’avais monopolisé la parole, pour créer de l’ambiance. Puis, une fois ou deux, il a reçu un coup de fil en plein repas. On a compris que c’était Leïla Oussalah qui s’inquiétait pour la prochaine expo. Et là, à l’écoute de cette communication, j’ai eu l’impression qu’il était un grand enfant qui parlait à une maman… «  Oui madame, ne vous en faites pas ; oui. Soyez en sûre. (…) Je vous en suis très reconnaissant. » Et moi de m’exclamer : mais Abdelouahab, ce n’est que Madame Oussalah !... Il était visiblement content… Après j’ai compris : s’il ne parlait pas, c’est qu’il se concentrait sur la poésie qu’il allait déclamer à la galerie Benyaa… Et quelle poésie ! Le voyage de Baudelaire, extrait du livre Les fleurs du mal… L’espace était beau. Avec le travail de préparation d’un Benyaa vraiment très méticuleux. Il y avait dans la salle le traducteur de Benhedougga, d’Ouettar et de Wassini : Marcel Bois. Le public était nombreux. Et là, comme je te parle, comme je m’en souviens, comme tout le monde l’a d’ailleurs commenté après : la lecture de Mokrani a été unique, forte et palpitante. Elle a laissé tout le monde suspendu. Mokrani lecteur de Baudelaire ! Mokrani poète. Après cette performance, je voulais le voir, le féliciter, parler avec lui. Il avait disparu. Une fois accompli ce qu’il avait à faire, il s’était retiré, éclipsé discrètement. En gentleman. Bkaou ala kheir et bonne soirée de Ramadan… La dernière fois que je l’ai vu La dernière fois, c’est quand nous avons été collectivement honorés par une reconnaissance de l’Etat, en juin 2013. On m’avait dit : vas-y, il y a un très beau chèque au bout de la cérémonie… Celui qui me l’avait dit n’avait pas tort. On nous avait un peu enrichis, mais, ce qui m’avait semblé bizarre, c’est que tous ceux qui ont été honorés étaient des peintres malades. Il y avait moi, Azwaw, qui traîne encore ma jambe avec les séquelles de l’accident… Il y avait Azoune ; tu te rappelles de Dahmane Azoune à la galerie Omar-Racim ? Très malade : hémodialysé… Un grand peintre qu’on n’a pas su mettre en valeur. Il y avait Fatiha Bisker. Et j’ai été peiné quand j’ai vu l’état de Fatiha, moi qui avais été amoureux d’une façon secrète. Pour moi, cette femme est une battante ; c’est un monument en tant que journaliste et peintre… On a aussi honoré Louisa Bacha, la céramiste, et Abdelouahab Mokrani… J’étais venu avec ma sœur, infirmière comme tu sais, et Mokrani s’est confié à elle. Mokrani a toujours eu un meilleur rapport avec les femmes. Elle m’a raconté qu’il lui avait dit qu’il se sentait très faible. Que ce n’était pas ça… Il s’est confié à ma sœur, à nous walou… Puis il y a eu l’hymne national. Un grand silence. La remise des prix par Khalida Toumi a commencé en présence de l’ancien Premier ministre, Smaïl Hamdani, humble et décontracté… Et là, tu entends un portable qui se met à sonner… Je me retourne : c’était Mokrani… « Ah je m’excuse, j’ai oublié de l’éteindre. »… En même temps que nous, beaucoup d’autres artistes défilaient. On honorait des chanteurs, des musiciens et nous les peintres malades… Puis la ministre a annoncée la parution du statut de l’artiste. Depuis ce jour-là, et ça fait plus de deux ans, je n’ai plus rencontré Mokrani.

Mokrani dandy d’Alger … Quand j’ai appris son décès, c’est par un appel de Valentina Ghanem… Le soir même, je me suis dis : « C’est une blague !... » Comment est-il possible que Valentina m’annonce une nouvelle aussi triste ?... Et d’ailleurs, ce soir-là, Alger était triste, il pleuvait, il faisait froid.  Alger avait perdu son enfant… Je ne voulais pas y croire. Je me suis dis : c’est une blague. Et, le lendemain, je me rappelle que je devais repartir vers les Issers, je t’avais appelé pour confirmer… Parce que la presse n’en avait rien dit. Sur les ondes de la Chaîne III, il n’y avait eu que l’éditeur Lazhari Labter qui était passé et en avait parlé. Puis, ensuite, un petit hommage lui a été rendu par Ameziane Ferhani sur El Watan, quoique Mokrani mérite encore mieux, beaucoup plus… Mokrani était un gentleman. C’était un dandy d’Alger. Quand tu le rencontrais, tu ne sentais pas que c’était un peintre, tant il était bien habillé, petit de taille. Il me faisait parfois penser à Toulouse-Lautrec… Et puis, en lui, la souffrance, tu ne la sentais pas au premier abord. C’est vrai, il ne parlait pas, il était poli. Tu ne sentais sa souffrance que quand il pétait les plombs. Et ça je l’ai vu en 2004, je crois, quand on a exposé à la galerie Top Action, chez Mme Oussalah. Une grande dame que moi j’appelle Leïla O. Elle invitait les peintres qui le méritaient, qui avaient fait leurs preuves : Nedjai, Arezki Larbi, Mokrani, Valentina, Hakker, Bourdine et (rires)… et Azwaw !... Sincèrement, j’ai l’impression qu’il nous a fait une farce Mokrani !... Lui qui avait magistralement fait des peintures d’accompagnement à la poésie d’Amin Khan. Un très beau livre d’art édité par la galerie Isma en 1989. Un de nos premiers vrais livres d’art…

« Mokrani, c’était le meilleur d’entre nous ! » Je peux dire qu’il m’a incité à travailler ! J’ai repris les pinceaux… Je voulais lui rendre un hommage ; mais ce n’est pas le bon mot, hommage, je n’aime pas beaucoup ! Parce que tous les artistes font partie de ma famille ! Les artistes, les poètes. Ils font partie du premier cercle, de la vie de tous les jours. C’est comme ça que Mokrani m’a incité à faire ces deux peintures… Par rapport à son exposition que j’avais vue dans le temps à l’Epau, à l’Ecole d’architecture, et si j’ai bonne mémoire, je crois c’était ce type de travail qu’il faisait ! On voyait des visages ou des masques, mais intérieurement, on voyait de la lumière qui se dégageait ! Sa lumière. C’était lui-même qui était dans la souffrance, dans la douleur ; c’était un révolté, mais intérieurement, quand on sait la poésie qui l’accompagnait et qu’il a accompagnée : Baudelaire, Amine Khan, on se dit c’était un poète ! Je ne dirais pas de lui qu’il était dans la douleur ; mais plutôt qu’il était habité par une souffrance ! Mais malgré ça, il portait la lumière ! C’était en lui ! J’ai l’impression, et c’est normal, que c’était Mokrani lui-même qui apparaissait dans ses peintures. C’était de la thérapie ! Mais de la thérapie pour tout le monde ! Finalement, l’écriture, la peinture, c’est une thérapie ! Quand on découvre en soi un don, ça nous soulage quelque part ! On s’extériorise ! Et on transmet ça… Mokrani travaillait surtout sur du papier, du Canson, rarement sur de la toile. Une fois, Mohand Abouda m’avait invité chez lui à Alger et il m’a montré une étrange peinture de Mokrani. C’était entre 1998 et 2000 ; on se rencontrait à l’époque ! La particularité de cette toile est que l’artiste l’avait peinte recto-verso ! La question était comment faire pour encadrer les deux faces en même temps ! Mohand me dit : « Débrouille-toi… » C’est comme ça que j’ai réalisé le montage d’une double vitre, avec deux Mokrani en « un seul », qu’on pouvait faire pivoter et retourner comme on voulait sur le mur… D’autres artistes ont déjà fait ce type d’expérience. Mais chez Mokrani, c’était merveilleux. C’était juste à hauteur d’homme, comme on dit. Et j’avais ce travail entre les mains. Son travail, je le touchais, je le sentais ! C’était un petit format de 30 cm sur 20 cm ! Il faisait des collages et on avait l’impression qu’il n’avait pas besoin d’un grand atelier pour travailler ; une simple table de 50 cm x 50 cm devait lui suffire ! J’imagine qu’il avait à portée de main ses encres de Chine, ses aquarelles, ses petits pinceaux et peut-être ses pastels. Un petit coin lui suffisait pour produire… Avec un rien, il faisait tout ! Alors, quand j’ai vu ces collages ! C’étaient des figures humaines, des groupes sur petit format… Je ne sais pas ce que cela aurait donné sur grand format de 80 cm x 70 cm ! Mais ses petits formats se suffisaient à eux-mêmes. Ils étaient forts. En tant que plasticien, il avait sa propre écriture. Mokrani - et je persiste et je signe -, Mokrani était le meilleur d’entre nous, parmi nous, malgré sa douleur, malgré sa souffrance et son état psychologique. Ouahab écrivait sa peinture et peignait sa poésie. Sincèrement, sa folie était belle !

Publié dans Culture

Il est des anecdotes qui sont parfois meilleures que n’importe quelle analyse politique. L’une d’elles se rapporte aux déclarations récentes du leader du MSP, Abderrazak Mokri. Il y a peu de temps ce chef de parti politique a dit : « On ne veut pas qu’on nous laisse le pouvoir après le pétrole… ». C’était il y a quelques mois lors d’une conférence de presse qui sonne aujourd’hui comme une prémonition des temps difficiles que le pays et son économie s’apprêtent à vivre si la courbe des prix pétroliers ne remonte pas rapidement. Cette petite phrase, en fait, s’avère symptômatique de l’avis qui domine le champ politique et partisan au lendemain des mesures annoncées par le conseil des ministres restreint présidé mardi dernier par le chef de l’Etat sur la base de la détérioration du prix du brut. Pour la résumer, deux termes semblent s’imposer : « inquiétude » des lendemains qui déchantent et une certaine appréhension, en tout cas pour ceux qui sont dans une logique de pouvoir, et « hésitation » à se lancer dans des pronostics qui pourraient se révéler hasardeux. A part cela, les discours restent largement tributaires des clivages qu’on connaît entre partis d’opposition, ceux qui sont au centre et les partis de la majorité. Pour l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, le conseil des ministres « est loin d’éclairer l’opinion publique nationale sur le diagnostic de cette crise et l’identification de ses effets sur notre économie, ainsi que sur les mesures prises pour y faire face ». En accusant l’Exécutif de populisme et de peur d’aborder les réalités économiques du pays, l’ancien candidat à la présidentielle utilise les termes « extrême gravité » pour qualifier la situation à propos de laquelle il s’abstient de donner des solutions. Fidèle à son discours, le coordonnateur du Pôle des forces du changement (PFC) assène : « Ce n’est pas avec un pouvoir vacant et des institutions en panne que l’on peut raisonnablement compter pour faire face à cette crise ». Pour le RCD, «il est maintenant incontestable que le pouvoir est dans une panique sur les perspectives sombres qui attendent le peuple algérien », selon Atmane Mazouz, son chargé de la communication. Pour lui, les autorités ont manqué d’anticipation sur la crise qui (…) aura de sérieuses « conséquences » sur le quotidien des Algériens. Le Rassemblement, selon lui, « n’a jamais cessé d’alerter sur la fragilité de l’économie algérienne et de sa dépendance totale des recettes d’un monoproduit ». « Les Algériens doivent maintenant se préparer à affronter une crise qui ne cessera de s’amplifier à cause d’une gestion catastrophique des tenants du pouvoir »

Hanoune au centre et Bensalah au front Alors que le porte-parole de Djil Djadid, M. Sofiane Sakhri, met en garde contre les décisions prises, notamment celles qui auront des retombées directes sur le citoyen, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, s’est réjouie des décisions prises par le conseil restreint des ministres, tout en les qualifiant d’« insuffisantes ». « Nous nous réjouissons des mesures prises par le gouvernement lors du conseil ministériel restreint, mais nous estimons qu’elles sont insuffisantes et doivent être plus audacieuses », a-t-elle déclaré, hier à Alger, lors de l’ouverture de la réunion de la coordination nationale de l’Organisation de la jeunesse pour la révolution, relevant de son parti. Pour la numéro 1 du PT, il faut « le rétablissement des barrières douanières » s’agissant des importations des produits de consommation, afin de « renflouer » les caisses de l’Etat et « protéger » la production nationale. Elle appelle à la révision ou au gel de l’accord d’association Algérie-Union européenne (UE), ainsi qu’à l’arrêt du processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC. Louisa Hanoune a souhaité que les mesures annoncées par l’Exécutif n’induisent pas une suppression de postes de travail, plaidant dans ce sens pour la mise en place d’une « stratégie » de l’emploi et des salaires qui favoriserait notamment les postes de travail permanents. Aux yeux du RND, qui s’exprimait avant-hier lors d’une rencontre avec les jeunes de son parti, M. Bensalah a affirmé que « contrairement aux allégations mensongères de certaines parties qui dressent un tableau pessimiste, la conjoncture économique du pays est stable et sous contrôle», a-t-il assuré, indiquant, en outre, qu’« en dépit des campagnes tendancieuses, l’Algérie demeure déterminée à parachever la mise en œuvre de ses programmes sectoriels et ses potentialités lui permettent de s’adapter à toute situation ». Selon lui, les engagements de l’Etat sur le volet social demeurent « inchangés ». Contrairement au RND, le président de Tadjamouaâ amel el Jazaïr (TAJ) reconnaît qu’il y a de quoi s’inquiéter, appelant, à cet effet, la classe politique à constituer un front uni face aux défis nationaux et internationaux auxquels est confronté le pays après la chute brutale du baril du pétrole. «La classe politique est appelée en cette conjoncture à faire preuve de solidarité, à adopter un discours raisonnable et à s’éloigner du discours alarmiste visant à attiser les tensions », a déclaré Amar Ghoul, lors d’une réunion du bureau politique de TAJ. Dans ce sens, M. Ghoul a appelé à s’écarter des intérêts partisans, à opter pour une action collective qui renforcerait la cohésion nationale, à s’adapter aux mesures décidées lors du conseil ministériel restreint présidé mardi par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et consacré à l’examen de l’évolution des marchés pétroliers internationaux et de leurs retombées sur la situation économique et sociale du pays.

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La guerre des terminaux pétroliers bat son plein en Libye et continue de faire de l’or noir l’enjeu majeur des affrontements entre les parties en conflit dans ce pays. Jeudi dernier, les groupes armés des milices de Fajr Libya ont lancé des attaques contre des plateformes d’hydrocarbures et une centrale électrique dans l’Est. Bilan : au moins 22 soldats tués.

Les miliciens, rapportent des témoins cités par les agences de presse, ont utilisé des vedettes. Ces embarcations militaires leur ont permis de tirer plusieurs roquettes en direction des terminaux d’al-Sedra et Ras Lanouf. L’une d’elles, rapporte l’AFP qui cite un garde de protection du site, a touché un réservoir au sud du port d’al-Sedra. D’après la même source, les soldats en faction ont répliqué à l’assaut et endommagé trois vedettes utilisées par les miliciens. Durant les affrontements quatre soldats ont été tués. Parallèlement, les miliciens de Fajr Libya ont lancé une attaque dans la région de Syrte, non loin de là, faisant 18 morts parmi les militaires. Une source médicale à l’hôpital Ibn Sina de Syrte a indiqué que les corps de 18 victimes y avaient été amenés. Le bataillon 136 qui était engagé dans l’affrontement est affilié à l’armée. Mais la plupart de ses membres sont des combattants originaires d’une tribu loyale au général à la retraite Khalifa Haftar. Ce ex-haut gradé mais qui continue néanmoins d’officier comme un chef militaire de premier plan tente aux côtés des forces du Premier ministre reconnu par la communauté internationale, Abdallah al-Theni, de reconquérir les villes libyennes échappant au contrôle de l’Etat, dont la capitale, Tripoli. Selon un responsable militaire, repris par l’AFP également, les forces de M. Haftar et des troupes pro-gouvernementales ont perdu plusieurs positions ces dernières 24 heures dans le quartier Al-Lithi, à Benghazi, plus à l’est. « Des islamistes armés ont pris de vastes pans d’Al-Lithi, et mis le feu à 45 maisons appartenant à des personnes liées à Haftar et aux forces pro-gouvernementales », a-t-il précisé sous le couvert de l’anonymat. Au moins six personnes ont été décapitées et 14 tuées ces dernières 24 heures, a-t-il ajouté. Par ailleurs, au moins trois membres de Fajr Libya sont morts à une quarantaine de km à l’ouest de Tripoli dans un raid de l’armée. C’est dans ce décor de chaos et de désolation que des puissances étrangères et les pays du voisinage tentent de trouver une solution, chacun en fonction de sa vision et de son intérêt même si, pour l’instant, la posture dominante chez eux est à la prudence.

Une situation préoccupante pour l’Algérie Pour l’Algérie, qui porte encore en elle le traumatisme de l’attaque de Tiguentourine en janvier 2013 et qui reste très préoccupée par l’évolution des évènements sur le terrain, la solution pour sortir le pays du bourbier dans lequel il se trouve est politique. Depuis plusieurs semaines, sa diplomatie s’essaye à engager un processus de sortie de crise en tentant d’opérer un rapprochement avec les parties en conflit. Hormis les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, on ignore presque des contacts entrepris par ses services en vue de faire triompher le langage de la politique. Mais, au vu de ce que le terrain libyen fait voir, il n’est pas difficile de conclure à la difficulté de l’initiative algérienne. L’obstacle est double : le premier et le plus difficile à gérer est dans la complexité du front libyen où chacun des belligérants tente de l’emporter sur l’autre par la seule voie des armes. Ce qui s’est passé ce jeudi dans la région pétrolière de Ras Lanouf montre que les parties qui se déchirent ne croient qu’aux armes et aucune d’elles ne semble pour l’instant intéressée par le dialogue. Le second est dans l’évolution inquiétante de la perception qu’a l’espace géopolitique qui nous est proche du conflit libyen, et l’appel de plus en plus pressant des pays voisins à une intervention militaire. Le dernier en date émane des pays du G5 Sahel. Parmi eux, le Tchad dont le chef de l’Etat effectue à partir d’aujourd’hui un important déplacement à Alger.

Idriss Deby à Alger, l’œil sur Tripoli Le président, Idriss Deby, restera dans notre pays pendant trois jours pour discuter du bilatéral algéro-tchadien, mais certainement pour un échange sur la question libyenne. Sur ce point, M. Deby a eu, lors du sommet du G5 Sahel qui s’est tenu récemment à Nouakchott en Mauritanie, un discours selon lequel il n’y a de solution viable au conflit libyen que dans une intervention que pourrait organiser une puissance internationale comme celle de l’OTAN. Or, il n’y a pas une parole aussi inquiétante pour la diplomatie algérienne que celle qui consiste à souhaiter un déploiement rapide de forces étrangères opérationnelles en Libye. C’est dire à quel point les discussions entre les présidents tchadien et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, sont importants. Les deux hommes auront à confronter leurs points de vue et les positions respectives à leurs pays. L’un et l’autre vont tenter de se convaincre même si le bon sens voudrait que l’on évite le plus possible une option armée qui risque d’aggraver le terrain libyen et fragiliser les pays voisins, dont l’effet rapide et important à subir serait de voir des groupes armés fuyant des frappes déborder sur leurs frontières. Cela avec toutes les conséquences sécuritaires et politiques que l’on sait. Depuis la chute du régime du colonel Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos. Le « Croissant pétrolier » – qui comprend les terminaux d’al-Sedra, de Ras Lanouf et de Brega, les plus importants de Libye – est le théâtre d’affrontements entre les forces gouvernementales et les miliciens islamistes de Fajr Libya. La production de brut dans le pays a baissé à près de 350 000 barils par jour, alors qu’elle atteignait 800 000 b/j avant le début des combats le 13 décembre.

Publié dans Monde

Le président de la Fédération algérienne de voile pense que cette compétition devrait permettre aux athlètes algériens de se forger pour mieux se préparer aux qualifications des JO-2016, en plus d’acquérir plus d’expérience dans l’organisation des grandes compétitions.

L’organisation du championnat d’Afrique de planche à voile, du 28 décembre au 4 janvier à Béjaïa, a pour objectif d’acquérir de l’expérience et préparer les qualifications aux JO-2016 de Rio de Janeiro, a indiqué jeudi le président de la Fédération algérienne de la discipline, Mohamed Atbi. « Le championnat d’Afrique, qui débute dimanche prochain à Béjaïa dans les spécialités Bic techno, RSX et Race board, nous permettra d’une part d’acquérir de l’expérience en matière d’organisation d’événements sportifs, et d’autre part, de préparer nos athlètes au tournoi de qualification aux JO-2016 de Rio, qui se déroulera fin 2015 à Alger », a déclaré Atbi lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée jeudi à l’Ecole nationale des sports nautiques et subaquatiques de Bordj El Bahri (Alger). Le président de l’instance fédérale a assuré que toutes les conditions sont réunies pour réussir une belle compétition. « Nous avons amélioré les conditions d’hébergement pour les délégations et les athlètes, cette compétition sera différente de celle qui s’est déroulée en mai dernier à Mila », a ajouté Atbi. 36 athlètes représentant six pays africains sont attendus pour prendre part à la compétition, à savoir l’Algérie (pays organisateur), l’Egypte, Madagascar, le Maroc, les Seychelles et la Tunisie. L’Algérie sera représentée par 22 athlètes répartis dans les trois spécialités : 9 en Bic techno (6 messieurs, 3 dames), 4 en RSX (3 messieurs, 1 dame) et 9 en Race board (6 messieurs, 3 dames). De son côté, le directeur technique national, Farid Ghiar, a clairement affiché les ambitions de la sélection algérienne, déclarant que l’objectif est de rafler les titres africains dans toutes les spécialités. « L’objectif est de représenter fièrement les couleurs nationales en décrochant le maximum de médailles, même si la compétition sera relevée face à des adversaires chevronnés », a-t-il dit. « Nous savons que nous aurons fort à faire face aux Egyptiens dans la spécialité RSX, alors que les Marocains sont intraitables en Race board », a ajouté le DTN. Revenant sur la préparation des athlètes algériens, Ghiar a estimé que le groupe a bénéficié d’une bonne préparation, avec des plusieurs stages en Algérie, ponctués par des compétitions en Italie et en Espagne.

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Début de panique dans le secteur de l’éducation nationale. Le malaise est de plus en plus perceptible au sein de la famille de l’éducation, après la dernière déclaration du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, annonçant le début des années de disette et appelant à « la solidarité nationale entre gouverneurs et gouvernés ».

Dans le cadre de son plan d’action anticrise, le gouvernement a décidé de geler les recrutements dans le secteur de la Fonction publique, dont le département de l’éducation est l’un des plus importants recruteurs et qui souffre actuellement d’un flagrant déficit en matière de formateurs. Cependant, une question se pose : comment combler le vide laissé par des milliers d’enseignants qui ont pris cette année leur retraite proportionnelle ? En résumé, l’année 2015 s’annonce difficile pour l’Ecole algérienne, qui se trouve déjà dans une situation peu confortable. En effet, le secteur de l’éducation sera le plus affecté par la décision du gel des recrutements dans le secteur public. Une décision motivée par la chute continue du prix du baril de pétrole. Le malaise suscité par cette décision chez les syndicats de l’éducation est déjà perceptible. Ces derniers appellent le gouvernement à détacher le secteur de l’éducation de la direction de la Fonction publique, considérant que « l’école est un secteur qui devrait bénéficier d’une gestion à part », selon le chargé de la communication au Conseil national autonome du personnel de l’enseignement du secteur ternaire de l’éducation (Cnapest), Massaoud Boudiba. Pour ce syndicat, il est « difficile » d’imaginer l’arrêt des recrutements dans le secteur. « Cette année, l’école est vidée de ses encadreurs suite à la décision de la première responsable du secteur de l’éducation, Mme Nouria Benghebrit, de mettre des milliers d’enseignants à la retraite proportionnelle afin d’en finir avec la question des postes dits en voie d’extinction », a-t-il souligné. « La question qui se pose aujourd’hui est comment peut-on combler ce vide ? », s’est-il interrogé. Pour ce syndicaliste, le secteur de l’éducation est l’un des secteurs les plus sensibles, rappelant que durant les années 1990, l’Ecole algérienne a continué à fonctionner normalement malgré la crise politico-économique dans laquelle se trouvait le pays. « Au cours de cette période, les recrutements dans le secteur de l’éducation n’ont pas été gelés », a-t-il souligné. Pour le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), « avec 50 élèves par classe, c’est l’enseignant qui payera la facture. La solution est de trouver une autre source de financement et de détacher le secteur de l’éducation pour préserver sa stabilité », déclare le porte-parole du syndicat, Meziane Meriane.  Selon lui, aujourd’hui, il est question de « réduire les salaires astronomiques des hauts cadres, au lieu de tourner le regard vers la classe moyenne », a-t-il souligné, avant d’ajouter : « Le gel des recrutements dans le secteur de l’éducation aura des conséquences néfastes sur l’école, qui souffre déjà d’un manque flagrant en matière de formateurs. Cette décision aura aussi un impact sur la qualité de la formation dans l’école algérienne. »

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Au moment où l’hiver commence à s’installer un peu partout, avec une baisse des températures et des journées entières d’averses, l’appréhension se lit sur les visages de nombreux SDF, qu’ils soient Algériens ou bien même Subsahariens. A Annaba, nous avons pu le constater dans divers points de la ville. Vivant de mendicité et de dons, les SDF redoutent l’arrivée du grand froid. Beaucoup restent fatalistes, mais comptent malgré tout sur ce qu’ils appellent « la solidarité citoyenne », à l’instar d’Amar, qui dit avoir quarante-cinq ans, mais en paraît quinze ans de plus. Assis à proximité du rond-point d’El Hattab, toujours vêtu d’une kachabyia marron complètement usée, le visage figé, il assure tout de même ne pas désespérer de sa situation. « Je vis au jour le jour, explique-t-il. Il m’arrive parfois de gagner jusqu’à 1500 DA. Au moins, je peux manger à ma faim. Mais avec l’hiver qui est là, les gens sont moins généreux et paraissent avoir d’autres préoccupations. Certains, cependant, restent solidaires.» Le constat est le même chez de nombreux autres sans-logis qui passent leurs nuits sous les arcades du cours de la Révolution. Mais, au fait, à Annaba, n’existe-t-il pas d’association digne ce nom qui puisse œuvrer dans le sens d’une véritable solidarité ? C’est ce que nous avons pu voir avec notamment l’association Djazaïr El Kheïr, qui compte bien aider tous ces malheureux laissés au ban de la société. Bien connue dans la Coquette pour ses actions durant le Ramadan, au cours duquel elle a assuré la distribution de 150 repas par l’intermédiaire du restaurant Errahma, mais aussi pour ses actions en matière de défense de l’environnement, jusqu’aux nombreuses campagnes de sensibilisation contre les dangers des MTS, comme le sida, elle n’en reste pas moins active durant la saison hivernale. C’est ainsi que, depuis le 20 décembre dernier et jusqu’au 31 mars 2015, elle s’est lancée dans une nouvelle campagne hivernale en faveur des SDF de la ville. Par cette dernière, elle procède à la distribution de repas chauds tous les soirs, permettant à ces sans-logis, dont de nombreuses femmes avec enfants, de pouvoir manger à leur faim et, par là même, de moins subir les affres de la saison froide. « Chaque soir, nous faisons notre tournée à travers tous les points de la ville pour venir en aide aux nécessiteux, a rappelé un bénévole de l’association Djazaïr El Kheir. A travers cette distribution quotidienne de repas chauds, nous leur apportons nous-mêmes un peu de chaleur. Ce que nous faisons est d’ailleurs conforme à notre religion. » Pour un autre bénévole, « si Djazaïr El Kheir n’existait pas, nombreux seraient les SDF à mourir de faim et de froid ». « Ce n’est pas évident pour eux, a-t-il ajouté. Les citoyens sont moins généreux en cette période de l’année. Nous essayons de leur rendre la vie moins dure qu’elle ne l’est. Tout simplement. Et ils nous sont reconnaissants. » Les tournées s’effectuent chaque jour à la tombée de la nuit, et c’est toute la ville qui est quadrillée. L’association Djazaïr El Kheir est composée d’enseignants, d’universitaires, de médecins, mais aussi de simples citoyens bénévoles pour qui solidarité rime avec acte de civisme. A Annaba, les autorités semblent prendre ce problème des SDF au sérieux puisque, même au niveau de l’APC comme de la wilaya, on pense à lancer des actions d’envergure pour pouvoir un jour éradiquer ce phénomène qui ne devrait plus exister.

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Le pétrole fait énormément parler de lui en ce moment à cause des craintes que fait peser la chute de son prix sur les économies de certains pays exportateurs. Mais, il arrive qu’il soit également évoqué pour les dégâts qu’il provoque sur l’environnement par les déversements en mer à la suite d’accidents de pétroliers, la fameuse marée noire. Tous les pays confrontés à ce risque ont mis en place un dispositif pour y faire face. L’Algérie est directement concernée par la problématique posée par le transport d’hydrocarbures qui part de ses ports ou qui longe ses côtes.  Il faut savoir que près de 80 millions de tonnes d’hydrocarbures transitent par les terminaux pétroliers algériens, où des pétroliers de gros tonnage de 300 000 tonnes sont approvisionnés. D’autre part, 30 % du trafic maritime mondial passe par la Méditerranée et plus de 300 navires marchands longent nos côtes, soit un trafic pétrolier de 400 millions de tonnes/an. Ce qui fait dire aux experts algériens que la côte algérienne est très exposée aux risques de marées noires et aux autres déversements de substances nocives ou potentiellement dangereuses. Ils citent à l’appui au moins 15 cas de pollutions accidentelles en mer, survenues au cours des 10 dernières années, le long des côtes algériennes, y compris, précisent-ils, des pollutions opérationnelles dans les ports ou à proximité de ceux-ci. Mais, il n’y a jamais eu de véritables marées noires, les accidents de pollution signalés le long des côtes algériennes n’ont pas eu cette dimension. Seulement, avertissent les experts, les côtes algériennes ne sont pas à l’abri d’une marée noire qui aurait des conséquences catastrophiques. La riposte algérienne à cette éventualité est donc justifiée, s’appelle «Telbahr». En effet, pour faire face à ce genre de situations et éviter des dommages écologiques et socioéconomiques à notre pays, le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement a initié, apprend-on, en collaboration avec les acteurs institutionnels concernés, notamment le commandement des Forces navales et la Protection civile un processus visant à organiser le cadre général de la lutte contre les pollutions marines accidentelles. Ainsi, le comité national Telbahr a été officiellement installé jeudi à Alger par la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Dalila Boudjemâa. Il aura pour mission de «définir les priorités d’intervention, d’élaborer une carte nationale des régions vulnérables et de renforcer les capacités nationales». Selon la ministre, trois comités régionaux seront mis en place prochainement dans les wilayas de Jijel, Oran et Alger auxquels s’ajouteront des comités de wilaya au niveau de 14 wilayas côtières et un secrétariat permanent relevant du dispositif national «Telbahr» pour renforcer la coordination aux plans national, régional et de wilaya. Il est prévu un programme de formation spéciale pour les personnes appelées à intervenir dans la lutte antipollution marine due à des déversements d’hydrocarbures ou d’autres produits chimiques dangereux en mer. Le dispositif sera doté des moyens de lutte adéquats dans le cadre des plans d’intervention rapide, dont l’élaboration est confiée au comité national. La ministre, qui a présidé l’installation officielle du comité, a indiqué que des mesures seront prises dans le cadre de ce dispositif consistant en l’organisation des moyens de lutte, la définition des modalités de coordination intersectorielle, l’analyse des risques et l’élaboration des scénarios d’intervention. Des «mesures préventives seront également prises dans le cadre de ce comité outre le nettoyage des plages polluées par les déversements du pétrole et autres substances dangereuses», a indiqué Mme Boudjemaâ qui a rappelé que le nouveau décret exécutif «Telbahr», promulgué en septembre 2014, vise la «mise en œuvre de l’action du comité en ce qui concerne l’organisation des opérations de lutte contre les pollutions marines accidentelles et l’élaboration des plans d’urgence».

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Une équipe experte du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) s’est rendue à Mongla Port, Bagerhat au Bangladesh cette semaine pour évaluer l’étendue des impacts causés par une marée noire dans les Sundarbans, la plus grande forêt de mangroves au monde. «L’équipe de l’ONU a atteint Mongla Port lundi après-midi et nous et l’équipe organiserons un trajet par bateau d’ici une heure vers la zone affectée par la marée noire» a déclaré Amir Hossain Chowdhury, Responsable des Forêts pour la Zone Est des Sundarbans (Bagerhat). L’équipe a quitté Dhaka avec 20 experts et cinq autres responsables, d’après un responsable du PNUD qui accompagne l’équipe. En réponse à une requête du gouvernement, le système ONU au Bangladesh a mobilisé cette équipe internationale d’experts pour soutenir les opérations menées par le gouvernement pour nettoyer la marée noire dans les Sundarbans. Dr Tapan Kumar Dey, un conservateur forestier a déclaré qu’une équipe de 25 membres, y compris 9 experts étrangers, visiteraient les zones affectées des Sundarbans. Il a déclaré que l’équipe évaluerait les impacts négatifs de la marée noire sur l’écosystème et la biodiversité de la forêt de mangrove, tandis que le Département Forestier assisterait l’équipe pendant sa visite « Après leur visite, l’équipe organisera une réunion avec le Département de la Forêt et rendra ses observations sur la catastrophe environnementale » a déclaré le Dr Tapan Kumar Dey. Une équipe de Coordination et d’Evaluation des Catastrophes des Nations Unies (UNDAC) est aussi sur place pour assurer la coordination entre l’équipe de terrain et le gouvernement. L’équipe conduira également une évaluation et conseillera le gouvernement sur les mesures de relèvement et de réduction des risques. Ce soutien de l’ONU au gouvernement du Bangladesh est mené par le PNUD avec le soutien de la Joint Environment Unit (JEU), une unité conjointe du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ainsi que d’autres partenaires comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Mécanisme de Protection civile de l’Union Européenne. La marée noire a eu lieu le 9 décembre lorsqu’un tanker à pétrole est entré en collision avec un autre navire dans le Fleuve Shela et a provoqué la fuite de 350 000 litres de pétrole dans le fleuve et ses canaux, affectant 350 km² de forêt. Les Sundarbans comprennent de grandes parties de zones protégées qui abritent une biodiversité riche, y compris des espèces menacées comme le tigre du Bengale, des dauphins rares et le crocodile des estuaires. (Source : Actualités environnement)

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