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mercredi, 14 mars 2018 06:00

Pour les économistes, la planche à billets reste moins risquée que le financement externe

Écrit par Mouna Aïssaoui
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Les avis exprimés par les services du Fonds monétaire international (FMI) sur l’économie nationale, dont une équipe dirigée par Jean-François Dauphin, a séjourné à Alger du 27 février au 12 mars pour les entretiens relatifs à la consultation de 2018 au titre de l’article IV, fait réagir les spécialistes.

Selon Mourad El Besseghi, expert en économie, à l’occasion de ses précédentes missions en Algérie, le FMI a constamment recommandé de soutenir la croissance du PIB par des sources diversifiées de financement, compte tenu de la baisse des recettes générées par les hydrocarbures. «Tout d’abord le recours aux ressources internes (diversification de la production, recouvrement plus efficace de la fiscalité ordinaire, lutte contre le gaspillage, transferts sociaux mieux ciblés, abandon du soutien des prix). En somme une réduction du déficit du Trésor grâce à un meilleur cadrage des dépenses par rapport aux recettes, y compris dans le choix des projets qui doivent être orientés vers ceux procurant un retour sur investissement plus performant», a-t-il déclaré. Pour l’économiste, l’institution de Bretton Woods a toujours conseillé une diversification des moyens de financement pour aboutir à une combinaison optimale des origines des ressources à mobiliser, ce qui serait de nature à introduire une plus grande souplesse dans la position du pays à l’égard de sa politique monétaire et, en particulier, à sa flexibilité par rapport au taux de change. Outre le recours à l’endettement externe pour capter les financements intéressants, dans ses précédentes déclarations, le FMI n’a pas expressément exclu le recours au financement interne ou ce qui est fréquemment appelé la planche à billets, comme moyen de financement potentiellement viable, ajoute M. El Besseghi.
Par contre, précise-t-il, dans la déclaration de son représentant (du FMI) lors de la conférence de presse, lundi dernier, une position plus tranchée sur ce sujet est affichée, aux termes de laquelle, le financement non conventionnel est présenté comme la pire des solutions envisageables en cas de crise.
«Il est, selon les dires de son représentant, source inévitable d’inflation et peut engendrer des tensions sociales s’il n’est pas limité dans le temps et si le volume imprimé n’est pas restreint, comme cela a été le cas, dans beaucoup de pays qui connaissent de sérieux déboires et des tensions sociales importantes», dira M. El Besseghi. Tout en estimant qu’il est vrai que le recours à ce moyen présente des risques sérieux et des dérapages certains s’il n’est pas encadré rigoureusement, le financement externe, qui est privilégié par le FMI, n’est également pas sans risques. Pour notre expert, les Algériens qui n’ont pas la mémoire courte, connaissent bien les risques pour avoir connu le PAS (Programme d’ajustement structurel) des années 1990 préconisé par le FMI, qui soutenait le contraire. De son côté, Abdelmalek Serrai trouve que le FMI entretient de bonnes relations avec l’Algérie. «Il a une approche beaucoup plus amicale que critique», a-t-il indiqué, insistant sur le fait que le gouvernement algérien actuellement fait des pieds et des mains pour faire face aux difficultés financières. Mais pour M. Serrai, les deux parties divergent surtout en matière de politique sociale menée par l’Algérie notamment concernant le logement, les subventions, la santé etc. «Il faut reconnaître que le FMI n’approuve que les intérêts financiers et la dictature financière», ajoutera-t-il, précisant que le FMI critique certes la politique sociale de l’Algérie, mais le pays ne peut aller contre cette option. Par contre, ce qu’approuve M. Serrai, ce sont les déclarations du FMI concernant la gestion des dépenses publiques. « Le FMI a raison de critiquer, car l’Algérie dépense beaucoup d’argent. Il faut arrêter le gaspillage», dira-t-il à ce propos. «Ce sont des critiques objectives et logiques. Il faut se rapprocher du FMI sans pour autant lâcher nos principes de souveraineté et d’aides sociales», conclura M. Serrai. 

Dernière modification le mercredi, 14 mars 2018 11:24

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