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jeudi, 12 octobre 2017 06:00

Benbouabdellah Abdelhakim, secrétaire du Conseil national des assurances : Face à la crise, de l’innovation pour remonter la pente

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Reporters : Récemment, le Conseil national des assurances a indiqué que le marché des assurances a connu une baisse de 3% par rapport à 2016. Qu’est-ce qui explique cette contreperformance ? Pouvait-elle être évitée ?

Benbouabdellah Abdelhakim : Avant de répondre, je me permets d’apporter une petite précision : le CNA n’a encore publié aucune information à ce sujet et je crois que vous faites référence à ce qui a été diffusé récemment par quelques titres se basant sur un document, censé être interne, puisqu’il s’agit d’un compte-rendu de réunion.
Cela étant dit, le marché national des assurances connait, effectivement, une baisse de son chiffre d’affaires comparativement à l’exercice précédent. Selon les données provisoires dont nous disposons, cette baisse est, précisément, de 3,2% au premier semestre 2017 par rapport à la même période de 2016.
Evidemment, d’un point de vue théorique, cette contreperformance pouvait bien être évitée. Cependant, les efforts consentis par chacun des acteurs du secteur se sont avérés insuffisants afin d’inverser la tendance baissière amorcée depuis l’an dernier.
Le marché des assurances, qui s’adossait, durant plusieurs années, sur le programme public englobant divers projets d’envergure et sur l’importation massive de véhicules, ne s’est pas déployé, ou, du moins, il l’a fait timidement, pour investir d’autres branches. Le gel de beaucoup de projets publics et la réduction drastique des importations de véhicules neufs a conduit à faire réagir le marché, l’incitant de la sorte à réfléchir à l’élargissement, effectif, de son portefeuille et de ses affaires.
Une «action», en période propice, conduisant à de l’innovation et à de l’amélioration, aurait atténué, même partiellement, les contreperformances enregistrées depuis 2016. Développer d’autres produits, en dehors de la branche automobile et de certains grands risques, à l’exemple des risques d’entreprises et du particulier, pourrait constituer un palliatif. Cela étant, il a été également observé, à travers le temps, que c’était en période de crise que les solutions les plus innovantes ont été mises en place.


Quand on regarde dans le détail les chiffres du Conseil, on s’aperçoit que l’assurance automobile a connu une baisse de plus de 3%, ce qui était prévisible au vu de la situation dans la concession automobile dans notre pays. Le plus étonnant, cependant, c’est la baisse importante de l’assurance agricole. Pourquoi ?
Comme susmentionné, il y a lieu de rappeler que les chiffres en question sont provisoires. Néanmoins, vous avez raison, même provisoires, ces données reflètent le recul (-3,8%) attendu de la branche automobile quoique, quelque peu, amorti par l’entrée sur scène, même encore très timide, de nouveaux constructeurs-concessionnaires qui viennent s’ajouter au seul qui était opérationnel jusque-là.
Il est observé, en assurance automobile, en cet an 2017, la poursuite de la hausse (plus de 24%) de l’assurance des risques obligatoires, essentiellement la Responsabilité Civile (RC), alors que le facultatif, qui hissait ces dernières années la branche vers le haut, persévère dans sa baisse ne représentant plus que près des trois quarts (77%) de l’ensemble de la branche automobile.
De son côté, l’assurance agricole est en baisse (27,3%), significative d’un net recul de la branche qui représente, ainsi, seulement 2,2% de part de marché. Pourquoi ce recul ? Simplement parce que le secteur agricole lui-même a ses propres difficultés qui l’empêchent encore d’apporter la part qui devrait être la sienne, non seulement pour le marché national des assurances mais pour l’intégralité de l’économie de notre pays. En détaillant les chiffres de l’assurance agricole, nous constatons que les sous-branches « responsabilité civile agriculteur» et «autres dommages agricoles» sont en croissance, respectivement, de 8,9% et 41,7%. A contrario, ce qui est, plus ou moins, «facultatif» dans la branche est en baisse : «incendie & multirisques agricoles» (-7,6%), «production végétale» (-10,7%), «production animale» (-40,8%) et « multirisques engins & matériel agricole» (-31,8%). Il faut dire que la baisse ayant touché l’assurance agricole est accentuée, en grande partie, par le non-renouvellement des contrats d’assurance par les jeunes promoteurs inscrits dans le cadre des programmes ANSEJ et CNAC, et ce, en raison de l’absence d’obligation d’assurance par la banque.
Constat : l’absence de prise de conscience, chez les agriculteurs, d’une manière générale, de la nécessité d’une couverture et de l’importance de l’assurance. Cette attitude découlant du fait que les autorités, prenant assez souvent en charge les indemnisations en cas de sinistres touchant le secteur agricole. A ce propos, nous pouvons citer le décret exécutif n°12-251 du 05 juin 2012 déterminant l’organisation et le fonctionnement du Fonds de garantie contre les calamités agricoles.


Il est curieux d’observer que l’assurance de «personnes» et l’assurance «vie-décès», plutôt perçues avec méfiance du point de vue religieux qui encourage aujourd’hui le recours à la finance islamique, se portent relativement bien. Quelles explications à cela ?
D’abord, il ne faut pas se voiler la face. Les assurances de personnes devraient avoir une croissance bien meilleure que celle que nous enregistrons présentement, soit une quasi-stagnation (évolution de +0,3% lors de la première moitié de 2017, comparée à la même période de 2016).
Ensuite, l’examen des branches des assurances de personnes montrent, en fait, que c’est surtout l’assurance «vie-décès» et ce qui est appelé «assurance groupe» (même si cette dernière connait une baisse de 19,7%) qui constituent le plus gros des assurances de personnes. Il s’agit, en fait, du décollage de l’assurance «vie-décès» dû à la souscription des crédits logements (LPP…). Il y a lieu de noter, également, que la part de cette branche est passée de 25,7%, en 2016, à près de 34% en 2017.


Dans les chiffres publiés par le Conseil national des assurances, on peut relever un niveau élevé des dettes des assureurs vis-à-vis de leurs clients et une difficulté à régler les montants des risques. A quoi cela est-il dû? Faut-il s’en inquiéter?
Cela est dû à l’accumulation, à une certaine période, des dossiers à régler par les assureurs. Néanmoins, ces deux dernières années, les assureurs ont fait preuve, dans le cadre de leur association (Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance –UAR-), de beaucoup d’ingéniosité et d’efforts en vue d’assainir les dossiers en instance de règlement pour une raison ou pour une autre.


Pour certains, le marché algérien des assurances est en panne de développement et d’extension. Quels seraient, selon vous, les produits qui pourraient le relancer et l’étendre davantage ?
Comme tout secteur arrimé à la machine économique nationale, tout ralentissement, dû à la crise financière des trois dernières années, dans le cas de l’Algérie, affecte nécessairement le marché national des assurances. Cependant, toute panne de développement n’induit pas panne d’imagination. C’est pourquoi, les acteurs du secteur des assurances sont continuellement appelés à faire preuve d’innovations en vue d’éviter toute crise et de pouvoir, à chaque fois que nécessaire, remonter la pente et s’inscrire dans le positif.


Pour les mêmes observateurs, l’année 2018 risque d’être une année encore plus difficile pour le marché des assurances. Quels vont être les facteurs qui vont peser sur son évolution durant l’année à venir ?
Le risque est, certes, pesant et réel, mais il y a lieu de ne surtout pas sous-estimer les capacités macroéconomiques de notre pays à relancer les divers secteurs d’activités à même de contribuer à tirer vers le haut le marché national des assurances. Il est clair, maintenant, que si le statu quo venait à perdurer dans le temps, il sera âprement difficile de relever la tangente du développement du secteur. C’est pourquoi, l’innovation et la capacité d’adaptabilité et d’adaptation des assureurs aux conditions des assurés et du potentiel assurable sont à même de permettre le retour à la croissance, certes pas à deux chiffres, mais à la croissance tout de même.


L’actualité du secteur des assurances est marquée, ces jours-ci, par l’annonce d’un projet de loi pour le secteur. De quoi ce dernier a-t-il besoin aujourd’hui, selon vous, et quel encadrement juridique nouveau lui faut-il ?
Le cadre des réformes qui toucheront le secteur est large. Il y a les changements directs à même de rendre effective la volonté d’élargir et de développer le marché national des assurances, à travers l’intégration de nouveautés, telle l’assurance dite Takaful, mais aussi de certaines mises à jour aptes à contribuer à cet effort et à cette volonté d’aller de l’avant.
En ce qui a trait aux changements indirects, là aussi, les changements opérés et à opérer finiront certainement par apporter leurs pierres angulaires à l’édification souhaitée, à l’image de l’arrimage des assurances au schéma national de l’économie numérique et de l’économie basée sur la connaissance et le digital.

Recueillis par nordine azzouz

Dernière modification le jeudi, 12 octobre 2017 01:57

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