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mercredi, 13 septembre 2017 06:00

Echec scolaire : Le redoublement, nouvelle controverse syndicats-ministère

Écrit par Meriem Kaci
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Le retour en classe de millions d’élèves et l’amorce de la nouvelle année scolaire s’accompagnent, comme chaque année, de thèmes et de sujets polémiques. Ces éléments du débat sur l’Ecole algérienne sont significatifs des difficultés dans lesquelles elle se trouve ainsi que des défis qu’elle doit relever pour une meilleure qualité de l’enseignement dans notre pays.


Le dossier qui est cette fois au centre de la controverse est celui du redoublement. Dimanche dernier, la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit a annoncé vouloir lutter contre ce phénomène d’échec scolaire en déployant ce qu’elle a appelé un « plan Marshall » pour l’année scolaire 2017-2018.
En attendant d’en savoir un peu plus sur le contenu de ce « plan Marshall », l’objet de la controverse réside dans les déclarations de Mme Benghebrit. La ministre de l’Education nationale a imputé le phénomène du redoublement non pas aux élèves, mais à « l’échec de la formation des enseignants ». En réaction à ses propos, des syndicats du corps enseignant ont parlé de déclarations « étonnantes et bornées ». Le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Idir Achour, a estimé « injuste » de cerner la question du redoublement uniquement par la formation des enseignants. Selon lui, « plusieurs facteurs interviennent dans le redoublement scolaire », car la formation des enseignants ne participe « qu’à 20% dans l’échec scolaire ».
M. Achour cite entres autres les conditions de travail dans les établissements, les conditions de scolarité qui sont loin d’être «exemplaires ». Le porte-parole du CLA évoque également le niveau de passage des élèves d’un palier à l’autre. Pour ces raisons, il trouve qu’il est « déraisonnable » d’incomber l’échec uniquement à la formation des enseignants.
Selon cet enseignant syndicaliste, la formation des enseignants les a, au contraire, aidé à exercer plus correctement leur profession. « Auparavant, les sortants de l’université rejoignaient directement les salles de cours sans avoir la moindre idée sur les méthodes de transmission du savoir et des connaissances à l’élève. Aujourd’hui, les enseignants sont mieux préparés », a-t-il dit, alors que la formation des nouvelles recrues n’a été bel et bien instaurée que durant les deux dernières années ». Le porte-parole du CLA reconnaît toutefois qu’une formation de dix jours n’est pas « consistante » et qu’elle reste « à améliorer »
Le porte-parole du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), Kouider Yahyaoui, s’est dit, pour sa part, « surpris ». « Les déclarations de Mme Benghebrit m’ont personnellement surpris. Le problème est celui du système éducatif dans son ensemble et non chez les « enseignants uniquement», a-t-il affirmé. M. Yahyaoui s’est, cependant, dit « d’accord » avec l’analyse de la ministre de l’Education sur le niveau élevé du taux de redoublement dans le cycle moyen. Il explique le phénomène par le « passage automatique » et sans sélection des écoliers du primaire au moyen. « On reçoit dans nos classes des élèves qui ne savent pas calculer ni parfois écrire. Comment voulez-vous donc qu’un élève pareil puisse passer à un autre niveau ? », s’interroge M. Yahiaoui, qui n’omet pas de préciser que 44% des élèves ont échoué à l’examen final du BEM. Un fait qui provoque une surcharge des classes et diminution de capacités de repêchage des élèves. Quant à Nabil Ferguenis, porte-parole du Snapap, il remet en cause les déclarations de la ministre de l’Education. A ses yeux, l’enseignant n’est qu’une « victime », pointant du doigt l’Etat qui n’a pas pris en charge la formation des enseignants. « Quelque dix mille candidats ont remporté le concours de l’enseignement cette année. Ils ont entamé une formation de dix jours qui s’est terminée le 30 août pour être affectés le lendemain, le 1er septembre, à leurs postes de travail. C’est peu », considère M. Ferguenis. Pour lui, la solution est dans le relèvement des heures de formation ainsi que leur programmation durant l’année pendant les trêves pédagogiques. 

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