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dimanche, 18 juin 2017 06:00

Messaoud Belambri, président du Snapo, évalue la situation dans le secteur du médicament : «Libérer les compétences et lever les barrières»

Écrit par Mouna Aïssaoui
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Dans cet entretien, le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), Messaoud Belambri, nous révèle les résultats d’une étude commandée par l’Union nationale des opérateurs de pharmacie (UNOP), qui atteste, qu’en 2016 et en ce début 2017, la croissance du secteur du médicament a connu un ralentissement important.

Selon lui, certains investissements ont légèrement freiné, et même au niveau des officines, il y a de moins en moins de nouveaux produits de fabrication nationale. En volume, la production nationale de médicament atteint à peine 60%, et en valeur 45 à 50% du marché national.


Reporters : La vente libre des médicaments en pharmacie, appelée communément les produits OTC ou automédication, suscite actuellement les débats entre professionnels. D’abord, comment est perçue cette vente en Algérie ?
Messaoud Belambri : Les produits OTC (over the counter ; par-dessus le comptoir) n’ont pas encore une distinction spécifique sur le plan réglementaire en Algérie. Mais sur le plan pratique, nous, pharmaciens, considérons que tout produit qui n’est pas à prescription obligatoire sur ordonnance est un produit OTC. En d’autres termes plus techniques, tout produit qui n’est pas de la liste I (ancien tableau A) ou liste II (tableau C). Ces produits peuvent donc être dispensés par le pharmacien sans présentation d’ordonnance. Et peuvent aussi être librement demandés par les patients au comptoir de l’officine. Cela dit, ces produits restent des médicaments au sens propre du mot, et ils peuvent être déconseillés dans certains cas ou faire l’objet de précautions particulières. Il faudra toujours tenir compte du degré de toxicité des composants ou des interactions avec d’autres médicaments.


Selon certains experts, ce procédé doit se faire dans un cadre réglementaire bien défini. Qu’en pensez-vous ?
La règle générale en pharmacie est «tout est toxique, ce n’est qu’une question de dose». Il faut reconnaître qu’en Algérie, les pharmaciens jouissent d’une liberté appréciable en matière de dispensation, non seulement le droit de substitution leur a été accordé assez tôt, et ce, dès 1992, à travers un décret exécutif, et bien avant les Français qui ne l’ont eu qu’en 1998. C’est un acquis réglementaire qui permet au pharmacien d’avoir suffisamment de liberté en matière de dispensation. Mais il faut savoir que les pharmaciens sont très sollicités par le public dans le cadre de l’automédication et il y a une réelle proximité entre pharmacien et citoyen à travers la fidélisation de la relation. L’officine est un espace de santé très accessible, à tous, sans rendez-vous et gratuitement. De plus, les patients s’adressent souvent d’abord au pharmacien avant de consulter leur médecin. Et là, le rôle du pharmacien devient fondamental et très important. Il faut qu’à travers le conseil, qui est la vocation du pharmacien, que chacun puisse jouer son rôle avec un haut professionnalisme. Il ne s’agit pas de vendre, mais de dispenser un conseil, et qui, le plus souvent, est «celui d’aller consulter un médecin». La vente libre de produits OTC ou de produits parapharmaceutique (compléments alimentaires ou autres) doit se faire uniquement dans des cas avérés de situation non pathologique. La pharmacie est la seule activité «commerciale» qui dispose du droit de «refus de vente». Et quand c’est nécessaire, le pharmacien s’abstient de délivrer le produit demandé. Donc pour nous, pharmaciens, en matière de vente de produit OTC, les choses sont claires, mais un dispositif réglementaire adéquat reste indispensable, et doit être élaboré. Il définira de manière plus précise les produits classés comme tels et définira les modalités de leur gestion à tous les niveaux, et pourquoi pas une échelle de prix propre à ces produits, puisque nous pourrons envisager une rémunération plus adéquate pour les professionnels. Ces produits, pour la plupart, sont classés logiquement comme «non essentiels», donc non remboursables. Ils pourront constituer une bonne alternative économique aussi bien pour les pharmaciens que pour la sécurité sociale.


Comment évaluez-vous la production nationale actuelle du médicament ?
Hélas, le constat est actuellement amer. Les dernières évaluations ne sont guère positives. Une étude commandée par l’UNOP atteste, qu’en 2016 et en ce début 2017, la croissance de ce secteur a connu un ralentissement important. L’année 2016 a été celle où certains investissements ont légèrement freiné, et même au niveau des officines, nous voyons de moins en moins de nouveaux produits de fabrication nationale. Tout le monde s’accorde à dire qu’en volume, nous atteignons à peine 60%, et en valeur 45 à 50% du marché national. Les restrictions opérées à tous les niveaux ont peut-être joué un rôle négatif, même si certaines mesures n’ont pas concerné directement l’industrie locale. Les programmes d’importation ont connu un retard remarquable en 2016, et parfois la matière première et certains intrants ont été directement touchés. Par ailleurs, et à notre avis, l’annonce par la sécurité sociale de son intention de supprimer les incitations accordées à la production nationale dans le cadre du tiers payant a eu un effet direct sur l’investissement et sur la diversification de la production nationale. En économie, les effets d’annonce peuvent jouer un rôle positif, mais aussi un rôle dévastateur en matière d’investissements ou de résultats. Si la production nationale n’évolue pas convenablement, ceci se fera sentir sur le prix du médicament, et donc sur les volumes du remboursement que les caisses de sécurité sociale auront à supporter. Si la sécurité sociale a pu jusqu’à présent préserver ses équilibres, c’est principalement grâce au générique et à la production nationale. Toute mauvaise mesure prise contre la production nationale se répercutera directement et négativement sur la sécurité sociale. Les pharmaciens d’officine et la production nationale ont beaucoup fait pour préserver la sécurité sociale, il ne faut pas aujourd’hui que des mesures soient prises pour mettre en danger ces deux partenaires. Car ce qui mettra en danger leur pérennité se répercutera directement sur la pérennité des caisses de la sécurité sociale. C’est un équilibre qui a été très difficile à atteindre et il faut le préserver.


Est-ce que le marché africain est toujours à la portée du produit algérien ?
Le marché africain est réellement à la portée de la production nationale. Certains y sont déjà ; mais au prix d’énormes efforts qu’ils sont en train d’accomplir seuls. Le meilleur atout dont a bénéficié en premier lieu cette production nationale est l’excellente publicité faite localement quant à la dispensation du médicament algérien au niveau des officines et sa consommation et forte appréciation par la population algérienne. Nous avons des produits de qualité qui concurrencent des médicaments de marque et importés. Des usines implantées en Algérie dans le cadre du partenariat produisent des médicaments de marques dits «princeps». 20% de la production locale sont des princeps. L’industrie pharmaceutique est très régulée en Algérie, et nous avons actuellement des usines aux normes internationales. Il faut juste que l’Etat assure un véritable accompagnement de nos producteurs à l’étranger, lever les barrières bancaires et administratives, faire un travail diplomatique au niveau des pays africains ou arabes afin de faciliter l’entrée de nos produits. Actuellement, nos producteurs ne bénéficient pas d’une forte assistance, et ils font tout, tous seuls, au prix d’énormes risques. Le marché africain est l’un des plus prometteurs et attractifs au monde, et de nombreux pays d’Afrique demandent à l’Algérie de les approvisionner en médicaments. Notre médicament est de qualité et bon marché, et certaines multinationales se permettent parfois de refuser de fournir des médicaments à certains pays d’Afrique. Oui le marché africain est pour le moment à la portée de nos produits, mais il ne faut pas perdre de temps, d’autres pays arabes et africains sont de sérieux concurrents et font de réels efforts pour s’y imposer et occuper le marché, et ils développent de grands moyens pour réaliser rapidement leurs objectifs. L’Algérie est en train de perdre déjà beaucoup de temps. De nombreux opérateurs algériens ont déjà été éliminés de la course à cause de lenteurs administratives locales propres au mode fonctionnement de certains établissements de notre pays. Mais à l’origine, il faut déjà qu’au niveau local tout soit fait pour rassurer les investisseurs et les encourager à diversifier et augmenter leur production. Et il faut faciliter l’importation de la matière première et de l’ensemble des intrants et autres produits et dérivés de même que faciliter leur dédouanement et leur entrée sur le territoire. Il faut ouvrir la formation en industrie pharmaceutique, et créer de vraies relations entre l’industrie pharmaceutique et la recherche scientifique. Nous avons les moyens humains et matériels pour mieux faire, et réaliser des résultats miraculeux. Il faut juste libérer les compétences et lever les barrières. Les décideurs doivent apprendre à écouter les professionnels du secteur et répondre rapidement à leurs doléances. Tous ces acteurs de la pharmacie et du médicament ne constituent pas un problème au développement mais plutôt la solution d’avenir au secteur pharmaceutique et à l’économie nationale.
Le regard des pouvoirs publics envers les pharmaciens et envers les producteurs locaux et les opérateurs du médicament doit changer. Actuellement, un climat de méfiance sévit à cause de toutes les perturbations qu’est en train de connaître le secteur. Certaines décisions ont été prises dans la précipitation et sans aucune concertation. La politique de la vision unique ne peut pas réussir. Seule une communication collaborative peut mener vers le développement du secteur du médicament. Tout le monde est en train de revendiquer une véritable concertation.

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