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lundi, 10 octobre 2016 20:28

Table ronde d’Amnesty Algérie sur la peine de mort : Débat en ammé et clivages sans merci

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Partisans et opposants de la peine de mort se sont rencontrés, hier à l’hôtel Hilton à Alger, pour discuter en présence des journalistes sur l’opportunité de maintenir ce châtiment en Algérie et ailleurs. Organisée par Amnesty Algérie à l’occasion de la Journée internationale contre la peine de mort, la rencontre a été marquée par un débat d’idées contradictoires qui a passionné l’assistance.

Pour les partisans de l’abolition pure et simple de la peine de mort en Algérie, à leur tête la directrice d’Amnesty Algérie, Hassina Oussedik, le temps est venu pour que l’Algérie adhère au club des pays abolitionnistes. « Nous avons 140 pays dans le monde qui ont franchi le pas de l’abolition de la peine de mort. L’Algérie doit leur emboîter le pas pour en fi nir avec les couloirs de mort dans les prisons algériennes », a indiqué Hassina, qui avance d’autres arguments plaidant en faveur de l’abolition. « Les minorités ainsi que les opposants sont souvent les victimes de cette peine devenue, dans certains pays, une arme aux mains des plus forts du moment. C’est pour cette raison qu’il faut la supprimer », a-t-elle dit. Elle ajoute : « La justice peut se tromper, nous avions eu des cas où la justice a exécuté des personnes pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Comment peut-on réparer une erreur pareille ? », s’interroge-t-elle. L’application de la peine capitale n’a pas contribué à la baisse de la criminalité dans le monde, estime-t-elle encore. Prenant la parole, Saïd Djabelkhir, islamologue et chercheur en soufi sme, refuse qu’on implique l’Islam dans le débat sur la peine de mort. « Ceux qui défendent la peine de mort au nom de l’Islam n’ont rien compris à cette religion », a-t-il dit d’emblée, avant d’accuser les « savants » qui dé- fendent la peine de mort de « déformateurs de l’Islam originel ». « Ils appellent à l’application des textes sans retourner à leur contexte initial ». Pour illustrer ses dires, il rappelle la décision du calife Omar de suspendre l’amputation de la main du voleur dans une période marquée par la famine. Il enchaîne : « Des savants en soufi sme ont été exécutés pour la simple raison qu’ils ne partagent pas la même vision de l’Islam avec les autres. Il faut absolument abolir ce châtiment », a-t-il soutenu. Pour sa part, l’avocat et militant des droits de l’homme Ammar Khababa a affi ché une opposition farouche à la suppression de la peine capitale. « Nous sommes un peuple musulman attaché à ses valeurs culturelles. Nous n’allons pas accepter que l’Occident nous dicte ses lois et visions », affi rme-t-il. Il enchaîne : « Nous assistons depuis un moment à la multiplication des campagnes en direction de l’Algérie pour l’amener à abolir la peine de mort. Les porteurs de ces idées n’ont pas de leçon à nous donner puisqu’ils n’ont pas réussi à faire la paix dans le monde », a-t-il noté. Evoquant les crimes contre les enfants, l’orateur pense que la seule chose qui pourra soulager les parents est d’exécuter les auteurs de ces crimes. « Il faut se mettre à la place des parents et proches des enfants enlevés puis tués sauvagement. Allez demander leur avis sur la question et vous verrez », s’est-il emporté. Poursuivant sa plaidoirie, Ammar Khababa appelle à ne pas faire d’amalgame entre les erreurs de la justice et la peine de mort. « On ne peut pas évoquer les erreurs de la justice dans des cas où l’assassin est connu de tous. Les assassins des enfants de Constantine ont été arrê- tés en fl agrant délit. Les choses sont claires », ditil. Toutefois, il estime que cette peine ne doit pas s’appliquer sur le reste des crimes. « Nous réclamons l’application de la peine de mort aux assassins d’enfants seulement », précise-t-il. « C’est une revendication populaire partagée par la majorité du peuple algérien. Le gouvernement ne doit pas tourner le dos à cette revendication », estime-t-il. Le débat allait déraper lorsque le représentant du bâtonnat d’Alger a pris la parole pour qualifi er « d’âneries » les fatwas des imams. Une déclaration qui a révolté Ammar Khababa qui allait quitter la salle de conférence.

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