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lundi, 21 août 2017 06:00

Khatri Addouh, président du Conseil national sahraoui : « Nous espérons que Horst Köhler pourra accomplir sa mission avec fermeté »

Écrit par Meriem Kaci

Reporters : L’ancien président allemand Horst Köhler a été désigné, le 16 août dernier, comme envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental. Qu’attendez-vous concrètement de lui ?

 

Khatri Addouh : Le Front Polisario a, pour rappel, donné son accord à la nomination d’Horst Köhler comme envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental. Nous avons manifesté, en parallèle, notre disponibilité à coopérer avec lui. On espère que M. Köhler pourra accomplir sa mission avec fermeté pour accélérer le processus onusien qui exige l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Néanmoins, l’envoyé spécial d’Antonio Guterres pour le Sahara occidental ne pourra pas honorer sa mission s’il n’obtient pas l’appui et le soutien de M. Guterres lui-même et ceux du Conseil de sécurité.
Pour ces raisons, j’invite toutes les puissances qui entravent le parachèvement du processus de paix et le travail du Conseil de sécurité sur ce dossier à imposer au Maroc le respect de la légitimité et du droit international concernant la décolonisation du Sahara occidental. Je parle notamment de la France, membre permanent du Conseil de sécurité, qui soutient inlassablement le Maroc, qui fait fi des résolutions onusiennes et ignore la communauté internationale. En tous les cas, le peuple sahraoui est déterminé à militer pour son indépendance. Si le référendum n’a pas lieu, le recours à la lutte armée restera un choix posé constamment.

Comment évaluez-vous la prestation de l’UA avec l’adhésion du Maroc à cette institution ?

La position de l’UA a toujours été claire. Sa position ferme résulte de son respect du droit international. A partir de ses convictions, l’institution panafricaine a demandé notamment, au lendemain de l’adhésion du Maroc à l’UA en janvier dernier, de fixer une date pour organiser un référendum d’autodétermination. Ainsi, l’UA a désigné un haut-commissaire pour le Sahara occidental, réclamé la réouverture d’un bureau à Laayoune occupée, et la création d’un comité ad hoc des chefs d’Etat africains pour résoudre le dossier sahraoui. Elle a aussi chargé son Conseil pour la paix et la sécurité de suivre la situation et d’en faire un rapport pour le prochain sommet.
Les décisions que prend l’UA sont engageantes pour le Maroc. L’institution panafricaine est habilitée à lui demander de respecter l’acte constitutif qu’il a signé par son adhésion. J’espère que l’UA sera en mesure de mettre en œuvre les décisions qu’elle a prises durant les deux derniers sommets.
Nombre de résolutions sont adoptées en faveur de la cause sahraouie, que le Maroc piétine. Concrètement, que faut-il faire pour lui imposer de respecter la légitimité internationale ?
Le Maroc est appuyé par des Etats, c’est pour cela qu’il continue de défier la communauté internationale. Ce qu’il faut faire pour l’amener à respecter la légitimité internationale, c’est d’exercer des pressions sur lui pour organiser le référendum d’autodétermination.
L’occupant marocain viole sans cesse les droits de l’homme dans les territoires occupés. Il faut lui imposer de respecter les Sahraouis des territoires occupés et d’arrêter de piller les ressources et richesses des Sahraouis.

Quelle est la situation  à Guerguerat ?
Nos forces armées sont toujours redéployées dans la zone tampon de Guerguerat. C’est le statu quo, on attend que le Conseil de sécurité envoie une commission technique dans cette zone pour que les deux belligérants puissent se concerter, notamment sur les facteurs qui ont conduit à la crise, et ce, comme adopté dans son rapport datant d’avril dernier.

Qu’en est-il des relations diplomatiques entre le Sahara occidental et la Mauritanie après la crise de Guerguerat ?

La Mauritanie ne fait que respecter les résolutions onusiennes, le droit international et le cessez-le-feu ainsi que l’accord de paix signé avec le Front Polisario en 1979. La Mauritanie a ensuite reconnu le droit des Sahraouis à l’autodétermination et l’Etat sahraoui.
Or, le Maroc tente d’imposer aux autres pays, dont la Mauritanie, de soutenir sa politique expansionniste, car le nombre des Etats qui le soutiennent diminue et son isolement s’accentue. 

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