Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
jeudi, 10 août 2017 06:00

Afrique /Etats-Unis : GOA, un forum test pour la relation économique entre Washington et les Etats africains

Écrit par Anis Remane
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Le forum annuel AGOA (African Growth and Opportunity Act; Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique) se tient actuellement à Lomé ? Ce rendez-vous d’affaires entre les opérateurs et les hauts représentants commerciaux des Etats-Unis et leurs homologues des Etats d’Afrique sub-saharienne est un test pour la relation économique et de «business» entre Washington et le continent africain.


Il consiste à confirmer entre autres si réellement l’administration américaine à la Maison blanche n’est pas vraiment intéressée par cette partie du monde – un marché de plus de 2 milliards d’habitants- ou s’il s’agit simplement de déclarations que le président Donald Trump a tenues dans une prise de parole libre et qui est donc sans conséquence sur les affaires entre les deux parties.
L’AGOA est un accord commercial déjà ancien . Il a été mis en place en 2000, sous l’administration de Bill Clinton, pour faciliter et réguler les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique. Au fil des années, 6 000 produits sont concernés par les réductions de taxes à l’importation, mais elles ne sont applicables que sous certaines conditions en relation avec les questions de « bonne gouvernance » et de droits de l’Homme.
En 2017, le nombre des pays éligibles à l’AGOA s’est élevé à 38. Et si le président Trump n’a, en effet, pas montré de signes très encourageants pour le continent lors de ses premiers mois à la Maison Blanche, pour se concentrer sur les accords de libre échange nord-américains (North American Free Trade Agreement) ou sur les accords commerciaux avec la Chine et les pays de l’ASEAN, la délégation américaine présente à Lomé affirme le contraire.
Son président Robert Lighthizer, représentant direct au Commerce à Washington, a assuré que Washington avait un « intérêt très important pour le marché africain ». « Il y a des opportunités pour les investisseurs américains dans plusieurs secteurs », a-t-il expliqué aux agences de presse. «Par exemple, dans le secteur de l’énergie électrique, les opportunités sont énormes. Il y a également l’agriculture. Les structures en Afrique doivent se moderniser, d’où l’accompagnement de ce secteur par privé américain ». Dans la réalité, toutefois, les importations américaines en provenance de l’Afrique subsaharienne ont fortement diminué ces dernières années (18,7 milliards de dollars en 2015 contre 26,8 milliards de dollars en 2014, soit une baisse de 30%). Elles ne représentaient que 0,8% des importations totales des Etats-Unis en provenance du monde. La diminution des importations de «pétrole est une raison importante», souligne pour l’AFP l’économiste Bismark Rewane, directeur de Financial Derivatives Company à Lagos. « Mais les Africains cherchent désormais d’autres partenaires, locaux, régionaux et dans d’autres régions du monde ». « Ils sont devenus très sceptiques envers les Etats-Unis et le niveau d’intérêt a changé », explique l’économiste nigérian.
Donald Trump a régulièrement dénoncé les politiques protectionnistes adoptées par ses partenaires commerciaux et veut utiliser l’AGOA pour décourager toute mesure dans ce sens. Des pays d’Afrique de l’Est par exemple ont exprimé leur volonté d’interdire les importations de vêtements d’occasion (revendus à moindre coût sur le continent),
arguant que cela mettait en péril les industries de textile de la région. Mais une telle interdiction est contraire aux conditions fixées par l’AGOA. « Les critères sont très clairs sur la restriction d’importation des produits américains », a expliqué Constance Hamilton, représentante économique pour la Maison Blanche en amont du forum de Lomé. Une telle restriction mettrait 40 000 emplois américains en danger, a-t-elle prévenu. Pour les observateurs, les accords ne devraient pas être modifiés cette semaine à Lomé, mais la délégation américaine peut utiliser ces rencontres pour rappeler les conditions d’échanges avec ses partenaires africains. Sous l’administration Obama déjà, en novembre 2015, l’Afrique du Sud avait été menacée de sortir de l’AGOA, alors que le pays voulait mettre en place une interdiction d’importation de la viande de boeuf et de volaille américaine pour des raisons sanitaires. Une menace très importante pour le secteur minier sud-africain qui exporte une grande quantité de platine outre-Atlantique.

Laissez un commentaire