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samedi, 13 janvier 2018 06:00

Ouargla : Journée arabe de l’alphabétisation : 38 élèves à besoins particuliers honorés

Écrit par Ghellab Chahinez
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Apprendre à lire, écrire et compter demeure un rêve pour beaucoup de personnes adultes qui n’ont pas eu la chance, pour une raison ou une autre, de rejoindre les bancs d’école. Grâce aux centres d’alphabétisation, des centaines d’adultes et d’adolescents apprennent aujourd’hui les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul.

Les enfants privés d’école sont généralement issus de milieux défavorisés ou victimes d’une mentalité restreinte, enfants à besoins spécifiques ou encore en situation de décrochage scolaire ou exclus. Pour construire des lendemains meilleurs grâce à l’éducation, hommes et femmes, à des âges avancés, apprennent pour sortir de l’obscurité de l’analphabétisme, a expliqué la directrice de l’annexe locale de l’Office national d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes (ONAEA), Mme Leïla Aouam, dans un entretien lors de la cérémonie de célébration de la Journée arabe de l’alphabétisation qui s’est déroulée, lundi, dans la Maison de la culture Moufdi-Zakaria, en présence des autorités locales et des dizaines d’élèves provenant des différents centres d’alphabétisation répartis à travers le territoire de la wilaya. L’illettrisme, pour cette responsable, est un handicap majeur. « Apprendre à quelqu’un à lire et à écrire, c’est comme lui éclaircir le chemin pour aller vers l’avant, en lui inculquant les bases indispensables à la vie de tous les jours mais encore lui ouvrir la voie d’aller au-delà des classes de l’alphabétisation », dit-elle. Entre l’ennui, le sentiment d’inutilité et la déprime, ces personnes qui n’ont pas eu la chance d’apprendre et de se faire une place dans la société ont trouvé dans les locaux de l’alphabétisation une lueur d’espoir et un lieu pour se découvrir et se bâtir. Apprendre à écrire à l’âge adulte est un premier pas d’insertion sociale, poursuit Mme Aouam. Parmi ces « infortunés », Mouloud Abdoune, un jeune de 20 ans. Déjà un an depuis qu’il participe aux ateliers de l’annexe de Ouargla et son niveau est très élevé. Il compte poursuivre ses efforts et aller jusqu’à des études supérieures. Ce n’est pour lui que le début d’un long parcours jusqu’à ce qu’il soit remis à nouveau pour réintégrer l’enseignement classique. Avec un grand sourire, son paquet de cadeau et l’attestation en main qui lui ont été remis pour son parcours scolaire brillant, il a accepté de nous faire part de sa joie immense. Souffrant de troubles du langage, Mouloud a été considéré comme un enfant handicapé dans la plupart des établissements scolaires classiques. Il lui a été impossible d’assumer cette incohérence entre ce qu’il est vraiment et l’image que les autres ont de lui. «Je ne suis pas handicapé ! Je suis en possession de toutes mes facultés mentales et physiques et pourtant on ne m’a jamais traité de normal et j’ai toujours été chassé de l’école », nous raconte-t-il avec amertume. «Je ne remercierai jamais assez ma maîtresse qui, elle, ne m’a pas seulement appris à lire et à écrire mais elle me traite comme une personne tout à fait normale, capable d’apprendre et de réussir », ajoute-t-il. Imed Bouhani, c’est une autre histoire de combat contre l’ignorance que mène ce jeune de 25 ans. Pour lui, les classes d’alphabétisation, c’est une seconde chance et il faut la saisir. Il était brillant au primaire mais les crises épileptiques l’ont obligé à quitter l’école très tôt et laisser son rêve s’évaporer. Inscrit depuis 3 ans dans le centre d’alphabétisation, ce jeune homme pense déjà à aller très loin dans son parcours. Apprendre lorsqu’on est adulte est un travail de longue haleine. Cela peut prendre beaucoup de temps en fonction du niveau de départ, de la motivation et du suivi. Pour Nadia Bourabha, institutrice volontaire et journaliste-présentatrice à la radio de Ouargla, qui les côtoie de près : « Quel que soit leur objectif, lire le Coran, lire un sms, une notice ou aider ses enfants à l’école, tout le monde peut évoluer. Tout le monde peut réussir ses rêves.» Il faut rappeler que l’annexe d’Ouargla a enregistré cette année une augmentation remarquable du nombre d’élèves-adultes. Victimes de déperdition scolaire ou de conditions défavorables, près de 3 716 élèves dont 86 hommes, poursuivent actuellement des cours à travers 159 classes urbaines et 49 classes rurales (7 classes pour hommes et 20 pour femmes). L’annexe dispose également, dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme dans les centres de rééducation, de 4 classes à raison de 45 apprentis répartis sur les centres de Ouargla, Touggourt et Hassi Ben Abdellah. Ces derniers sont encadrés par 132 enseignantes et 3 formateurs. Pour motiver et encourager les élèves à besoins éducatifs particuliers, 32 cadeaux, 38 attestations ont été remis aux élèves de l’annexe locale de l’Office national l’alphabétisation. Une exposition des travaux pédagogiques réalisés dans les ateliers des écoles d’alphabétisation a été installée pour la cuisine. Une autre pour l’artisanat traditionnel typiquement ouergli qui met en valeur les travaux manuels des apprenantes.

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