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jeudi, 07 décembre 2017 06:00

Béjaïa : Les boulangers maintiennent la pression

Écrit par CHAFIK AÏT M’BAREK
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Une vive tension sur le pain a été observée ces deux derniers jours à Béjaïa. Et pour cause. Les boulangers de la région observent, depuis lundi dernier, une grève surprise, jugée « illégale » par les autorités, en guise de protestation contre les mesures répressives décidées par la direction du Commerce de la wilaya de Béjaïa, à l’encontre de tout boulanger ou commerçant qui oserait augmenter le prix de la baguette de pain.

Pour rappel, les membres de la Fédération des boulangers de la wilaya de Béjaïa ont décidé unilatéralement, à l’issue d’une réunion tenue le jeudi 30 novembre dernier, à Béjaïa, de revoir à la hausse le prix de la baguette du pain ordinaire qui devrait passer, dès le vendredi 1er décembre passé, de 10 à 15 DA, soit une augmentation de 50%. Néanmoins, la levée de boucliers provoquée par une telle décision antipopulaire, notamment chez les petites bourses et les défenseurs des droits des consommateurs, a vite fait réagir les pouvoirs publics qui viennent, à travers la direction du Commerce, de rappeler à l’ordre le collectif des boulangers de la wilaya de Béjaïa, en les menaçant de recourir à des mesures coercitives allant jusqu’à la fermeture définitive des commerces, à l’encontre de tous ceux qui voudraient opérer une hausse des tarifs du pain et autres produits de large consommation, subventionnés par l’Etat. Il faut dire qu’à Béjaïa, la grève inattendue des boulangers n’a pas seulement pénalisé les foyers, mais aussi et surtout les restaurateurs et les cantines scolaires de la région. En effet, les familles béjaouies, qui avaient l’habitude de s’approvisionner en pain chaque matin, ont été surprises, du jour au lendemain, par l’absence cruelle des baguettes de pain sur les étals. Ce débrayage spontané a vraiment suscité une tension sur le pain à travers les quatre coins de la wilaya. Les rares boulangers qui sont finalement revenus à de meilleurs sentiments en renonçant à ce mouvement de débrayage, ont été pris d’assaut, hier, par des grappes de consommateurs qui restaient jusque-là sur leur faim. D’autres citoyens ont été contraints de se rabattre, en fonction du pouvoir de leur bourse, sur la galette et le pain traditionnel proposés par les commerçants du coin à 45 DA. Même les restaurateurs ont été obligés de proposer à leurs clients de la galette à la place du pain du boulanger. « Si la grève perdure encore, nous serons dans l’obligation de fermer boutique, en attendant des jours meilleurs. Car, sans pain, on ne peut pas continuer à travailler. La galette nous revient cher et nos clients ne sont pas tous satisfaits », nous confient certains restaurateurs rencontrés au centre-ville de Béjaïa. Le comble est que même les cantines scolaires ne sont pas épargnées par cette grève. « Il est clair que cette grève est illégale. D’abord sur le plan réglementaire, aucun préavis de grève n’a été déposé par les boulangers protestataires. En outre, même le service minimum n’a pas été assuré, privant ainsi le consommateur et certaines cantines scolaires de pain », nous a affirmé, hier, le directeur du commerce de la wilaya de Béjaïa. Selon lui, tous les boulangers contrevenants ont été verbalisés et des poursuites judiciaires seront engagées à leur encontre. « Nous sommes prêts à aller jusqu’à des fermetures administratives des boulangeries. Sans parler des mesures qui seront prises par les autorités judiciaires. Que chacun assume ses responsabilités », soutient d’un ton menaçant notre interlocuteur. Pour sa part, le coordinateur de wilaya de l’UGCAA, M. Mamas, estime que « même si cette grève est jugée « illégale » du point de vue réglementaire, il n’en demeure pas moins que les revendications des boulangers sont légitimes ». Avant d’ajouter que « le prix de 10 DA la baguette de pain est révolu. Son prix de revient est estimé à 12 DA. Les charges du boulanger sont multiples. En sus du prix de la farine, il y a ceux de la levure et des améliorants qui ont connu ces dernières années plusieurs augmentation des prix. Sans compter les autres charges liées aux salaires des travailleurs, des cotisations fiscales et parafiscales…». Selon notre interlocuteur, pas moins d’une dizaine de boulangers mettent la clé sous le paillasson chaque année dans la seule wilaya de Béjaïa, du fait qu’ils travaillent à perte. « Je pense que ce métier est appelé à disparaître chez nous, si l’Etat n’intervient pas pour trouver une solution idoine à ce problème. En tout cas, notre organisation nationale tiendra une réunion extraordinaire, jeudi prochain, pour se pencher sérieusement sur ce problème », a-t-il indiqué. De son côté, le président de la Fédération des boulangers de la wilaya de Béjaïa, Rafik Mebarki, a tenu à préciser, hier, lors de son intervention sur les ondes de la radio Soummam, que « la corporation des boulangers s’est vue obligée de recourir à un mouvement de grève pour interpeller, encore une fois, les pouvoirs publics, sur les charges multiples auxquelles nous faisons face depuis plusieurs années ». « En sus de leur rareté, les prix des matières premières, à savoir la farine et les améliorants, ont connu de nombreuses hausses depuis 2013, date à laquelle nous avions interpellé officiellement les hautes autorités du pays sur nos difficultés. Malheureusement, notre cri de détresse est resté lettre morte. Mais aujourd’hui, nous avons décidé de passer à l’action, car nous ne pouvons plus continuer à travailler à perte ! », a-t-il indiqué. n

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