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mercredi, 25 octobre 2017 06:00

Grand écran : A bâtons rompus avec Merzak Allouache sur l’état du cinéma algérien

Écrit par JACKY NAIDJA
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Au Cinemed Montpellier, Merzak Allouache, en invité d’honneur, est venu présenter son importante filmographie (15 films) et non des moindres, et participer aux masters class cinéma pour porter à la connaissance d’un auditoire très nombreux de jeunes lycéens son expérience du cinéma et sa pratique en tant que réalisateur.

Cinemed 2017 lui consacre, en effet, une belle rétrospective de toute sa filmographie depuis ses tout premiers films. Une œuvre majeure avec laquelle il a traversé l’Algérie et toute sa société, continuant encore, jusqu’à aujourd’hui, de l’observer encore à travers tous ses mouvements sociaux et culturels, avec des allers retours entre la France, où il réside, et l’Algérie qu’il porte toujours dans son cœur et où il a constamment trouvé sa vraie source d’inspiration.
On connaît le génie de ce cinéaste, sorti de l’IDHEC Paris après des études à l’Institut du cinéma d’Alger, qui a emballé le public algérien avec le film « Omar Gatlato », en 1976. Une comédie burlesque sur la jeunesse de cette époque, qui reste en mémoire de plusieurs générations, présenté avec succès au Cinemed cette semaine. Puis en 1978, avec un deuxième film, « Les Aventures d’un héros », qui a vu sa carrière prendre son envol et relancer ses tournages dans des réalisations à succès, comme « Bab El Oued City » (1994), « Salut Cousin » (1996), « Chouchou » (2002) avec Gad El Maleh et Alain Chabat, ou encore « Bab el Web » (2004), avec Sami Naceri et Julie Gayet. Il n’en demeure pas moins qu’il a, pendant un certain temps, aussi beaucoup contribué à la réalisation de courts métrages et de documentaires pour la Télévision algérienne afin de garder ce lien sacré avec le septième art, qui lui ont valu d’ailleurs de grands mérites sans toujours de la vraie reconnaissance. Mais toujours alerte sur les moindres signes sur la société algérienne, gardant un œil toujours braqué sur ses mœurs, ses coutumes depuis les événements sanglants de cette décennie noire, qui n’a épargné personne, encore moins les cinéastes et les journalistes, dont il reste l’un des premiers grands témoins. Depuis 2012, il est à la manœuvre pour la réalisation de films en tant qu’indépendant, où rien ne lui échappe, ni la comédie ni le drame. Comme dans « Normal » (2012), le film qu’il a lui-même réalisé et produit. « La Baie d’Alger » (2012), « Le Repenti » (2012), « Les Terrasses » (2013), « Madame Courage » (2015). Ou encore, « Enquête au Paradis » (2016), pour lequel il a une certaine affection. Un film d’investigation sur une enquête de journalistes, en Algérie, traitant la propagande extrémiste, le salafisme et l’appel au djihad au Maghreb et au Moyen-Orient, et surtout les causes qui motivent les jeunes à s’enrôler dans des groupes djihadistes pour exécuter des attentats suicides. Un film choc pour certains et qui relate une certaine vérité pour d’autres. D’où cette équivoque qui enfreint sa distribution.
Ces deux films, « Enquête au Paradis » – qui sera en compétition lors du 21e Festival du film arabe de Los Angeles (USA), du 27 au 29 octobre prochain – ainsi que « Madame Courage », n’ont pas trouvé encore à ce jour de distributeurs, devait nous avouer Merzak Allouache déçu. Il se dit, par ailleurs, pessimiste quant à l’avenir du cinéma algérien qui ne décolle pas vraiment, malgré un regain de renouveau porté par de jeunes cinéastes.
Merzak Allouache demeure, cependant, celui à la brillante carrière qui a découvert Gad El Maleh, avec lequel il a réalisé trois bons films et dont il tire une certaine fierté, de sa propre expérience et avec une autre manière de faire du cinéma algérien.

Dernière modification le mercredi, 25 octobre 2017 02:41

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