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jeudi, 18 mai 2017 06:00

Histoire muséale de l’Algérie : Lumière sur le musée Nasr Eddine-Etienne-Dinet de Bou Saâda

Écrit par Nadir Kadi
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Organisée, mardi dernier, à la librairie Chaïb Dzaïr, la rencontre animée par Mme Ferhati Barkahoum, chercheur au CNRPAH et auteur de «le Musée national Nasr Eddine-Etienne-Dinet de Bou Saâda - Genèse, (1930-1993)», édité en 2004, a été l’occasion de revenir sur l’histoire du musée Étienne-Dinet de Bou Saâda, et plus précisément sur le parcours de l’artiste, disparu en 1929, ainsi que sur les étapes qui aboutiront finalement à la naissance officielle du musée, en 1993.

Cette institution a vu le jour grâce notamment à l’action d’Omar Racim et, plus tard, de l’ancien ministre Boualem Bessayeh. L’idée de créer un musée dédié au travail du peintre orientaliste remonte à l’époque même de la mort de l’artiste, du fait notamment des démarches de sa sœur -qui lui consacrera une biographie- mais aussi au vu des œuvres singulières de l’artiste ou encore de son intégration avec la population locale.
Etienne Dinet entretenait de très bonnes relations avec l’un des personnages-clés de la région de Bou Saâda, Sliman Ben Ibrahim, qui l’a converti à l’islam en 1908. En effet, le personnage au parcours étonnant sera notamment à l’origine de la création de la villa Dar Abdelatif d’Alger sur le modèle de la villa Médicis de Rome. Il est arrivé en Algérie en 1884 dans le cadre d’études d’entomologie, sillonnant ainsi le pays. «Il s’installe en 1904 à Bou Saâda (…) C’est là que se fera sa conversion», explique ainsi Ferhati Barkahoum, ajoutant par ailleurs qu’Etienne Dinet, bien qu’éloigné de la capitale, a pu rencontrer Omar Racim : «C’est grâce à Etienne Dinet qu’Omar Racim se fera connaître (…) E. Dinet lui avait demandé de réaliser la couverture du roman Khadra», dit-elle. La rencontre entre les deux artistes a été présentée comme une étape importante dans l’histoire du musée, selon la conférencière, qui explique, qu’après 1962, «ce fut grâce à Omar Racim que le projet du musée Dinet a été relancé». «En fait, il faut savoir qu’à cette époque, le pays ne comptait pas encore sur le pétrole (…) On pensait à soutenir le tourisme, et Bou Saâda était une importante destination pour les visiteurs», enchaîne Ferhati Barkahoum.
Pourtant, «les orientalistes étaient mal vus par la société coloniale mais aussi par l’Algérie indépendante», d’autant que la réalisation du musée, un temps pensé comme un écomusée, selon l’idée de Georges Henri Rivière, sera finalement relancé dans le contexte économiquement difficile des années 1980, «sous la présidence Chadli, mais cette fois-ci grâce à Boualem Bessayeh». La conférencière, qui fut également restauratrice au musée de Bou Saâda, affirme que cette institution «balaie 70 ans de l’histoire de l’Algérie». 

Dernière modification le jeudi, 18 mai 2017 01:02

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