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lundi, 10 octobre 2016 20:49

Chahinez Mohamadi, DIRECTRICE DU CENTRE ALGÉRIEN DE DÉVELOPPEMENT DU CINÉMA : “ Nous comptons louer nos studios et décors à toutes les productions cinématographiques ou télévisuelles, algériennes ou étrangères”

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Samedi dernier, le ministre de la Culture s’est rendu au site cinématographique d’El Achour près d’Alger. Cet établissement présenté comme la « cité du cinéma » et qui sera opérationnel dans quelques jours dans notre pays a pour vocation de concrétiser le vieux rêve algérien d’avoir sous nos cieux une industrie du 7e art et d’avoir dans notre pays une infrastructure susceptible d’aider à faire émerger une production audiovisuelle nationale et internationale de qualité. « Le budget de réalisation du site d’El Achour a été prélevé sur celui du fi lm sur la vie d’Ibn Badis estimé à 35 milliards de centimes », a indiqué à la presse Azzeddine Mihoubi. « Il s’agit d’une cité cinématographique moderne où il sera possible de tourner des scènes contemporaines, mais aussi des scènes illustrant des évènements historiques sur un autre site, réplique de la Casbah d’Alger, qui sera réalisé plus tard grâce à des prélèvements sur des budgets de fi lms », a encore expliqué le ministre. Pour Azzeddine Mihoubi, « le lancement d’un site de tournage constitue l’un des principaux pas à franchir dans l’industrie cinématographique, surtout si ce dernier répond aux standards de professionnalisme ». Le ministre a relevé certains problèmes rencontrés par le cinéma algérien, rappelant que son département œuvrait à promouvoir les métiers du cinéma, notamment ceux ayant trait au montage, aux effets spéciaux, au son et à l’image. Afi n d’en savoir davantage sur cette cité du nouveau et son fonctionnement, on s’est approché de la directrice du Centre algérien de développement du cinéma, Chahinez Mohamadi. Entretien

Reporters : Le CADC franchit aujourd’hui une nouvelle étape en lançant l’activité de son premier studio de tournage. Pouvezvous revenir sur l’historique et la mission du centre dépendant du ministère de la Culture ?

Chahinez Mohamadi : Le CADC a été créé par décret en 2010 (…) mais ses premiè- res missions lui ont été confi ées à l’occasion de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 ». Le CADC a géré, pour rappel, toutes les productions lancées à cette occasion (…) Ainsi le premier fi lm que nous avons produit et diffusé a été « Le Patio », de Sid-Ali Mazif. En ce qui concerne la mission du CADC, il s’agit, en plus de la gestion des droits moraux des fi lms produits aux moyens de fonds publics par des entreprises, aujourd’hui, dissoutes, de promouvoir le cinéma algérien au niveau national et international, d’organiser des manifestations à caractère cinématographique, ici en Algérie, pour faire connaître le cinéma algérien et étranger ou, au contraire, à l’extérieur du pays pour diffuser le cinéma national. Par ailleurs, le CADC a également à sa charge la gestion et la construction de studios de cinéma et de laboratoires de post-production.

Le CADC fonctionne-il de manière autonome ?

Non, sur ce plan, le CADC n’est pas encore autonome, il relève du ministère de la Culture. Nous sommes à une étape où nos fi lms sont en cours de production. Nous ne disposons pas pour le moment d’entrées d’argent autres que les budgets publics (…) Ce qu’il faut comprendre, c’est que les fi lms que nous produisons ne sont pas encore commercialisés ou exploités en salle. Cependant, ce que nous comptons faire dès la fi n du tournage du fi lm « Ibn Badis » sera de louer nos studios aux producteurs et réalisateurs algériens et étrangers (…) Nous avons des arguments solides, notamment que notre studio est à deux heures de vol de la plupart des capitales européennes, nous avons déjà des ateliers de menuiserie ou de confection de costumes, ou encore que l’Algérie dispose d’une véritable diversité en ce qui concerne les décors exté- rieurs.

Justement, le studio occupe le terrain d’une ancienne usine de cé- ramique désaffectée, depuis 2006, et acquise par le ministère de la Culture. Comment est né ce tout premier studio de tournage du pays ?

En fait, vers la fi n de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe, 2015 », il a été confi é au CADC la production du fi lm sur le parcours et la vie d’Abdelhamid Ben Badis. C’est ainsi que depuis le mois d’avril dernier, au moment de la préparation du tournage de ce long métrage, on s’est posé des questions sur la gestion et la rationalisation du budget (…) Notre conclusion a été qu’il était plus intéressant plutôt que de construire un décor uniquement pour le fi lm, de réaliser carrément un studio de tournage que l’on pourrait réutiliser pour de futures productions (…) Par ailleurs, nous étions déjà dans une logique de rationalisation de dépenses. Par exemple, nous avons récupéré les costumes et accessoires utilisés pour la réalisation du fi lm « Fatma N’Soumer », ceux de la préparation du projet de fi lm sur l’Emir Abd El Kader.

Le studio est donc considéré comme une entreprise commerciale. Quels sont ses avantages et comment comptez-vous le promouvoir ?

Comme pour tous les autres espaces de ce type dans le monde, notre objectif est, en effet, de proposer ces studios et les décors à toutes les productions cinématographiques ou télévisuelles, algériennes ou étrangères (…) Nous avons évidemment un attrait certain pour le cinéma algérien, en premier lieu, vu que nous sommes pour le moment le seul studio de tournage du pays, mais nous offrons également la possibilité de tourner en toute tranquillité, sans les contraintes des prises de vue en ville. Nous disposons d’un décor reproduisant une vielle ville de style casbah de Constantine que nous pouvons modifi er à volonté. Des espaces où pour des raisons de logistique, il est très diffi cile de tourner en condition réelle. Par ailleurs, il faut aussi savoir que les tournages en studio sont avantageux sur le plan fi nancier (…) On parle ici d’un coût de revient deux fois moins important par rapport à un tournage sur site.

Aujourd’hui, vous disposez d’un premier décor, mais l’espace total du studio est beaucoup plus important. Quels sont vos projets, notamment en ce qui concerne les métiers du cinéma ?

Le studio dispose d’un peu plus de 6 000 m² en comptant l’espace des hangars destinés à la construction de décors intérieurs en panneaux sandwiches modulables au gré des tournages. Quant aux espaces exté- rieurs, le premier abrite donc un décor de type casbah, que l’on pourrait encore prolonger, et pas forcément dans le même style. Quant à la question des métiers et du savoirfaire que doit maîtriser un studio de cinéma, à l’image des décorateurs, des plâtriers, ou encore des peintres, il est vrai qu’en lançant le projet, on s’est vite rendu compte que nos capacités en termes de recours à un personnel qualifi é n’étaient pas totales. Autant pour certains métiers, nous avons en Algérie des personnes très qualifi ées, autant sur d’autres ce n’est pas le cas. Ce qui nous a contraint à faire appel à du personnel étranger. A titre d’exemple, notre plâtrier est un spécialiste tunisien à qui nous avons également demandé de former de jeunes Algériens.

L’activité commerciale du studio du CADC est donc offi ciellement lancée avec le fi lm de Basil Al Khatib. Combien de tournages par an vous faudra-t-il pour rentabiliser l’investissement ? Et quels sont vos autres projets ?

Cela n’est qu’une estimation qui doit encore prendre en compte la spécifi cité de chaque tournage, mais nous pouvons dire que pour rentabiliser ce premier espace reproduisant la casbah de Constantine, il faudrait réaliser au moins quatre fi lms à raison d’environ 20 jours de tournage chacun (…) Par ailleurs, il faut également parler du personnel, en ce sens qu’au-delà des travailleurs du centre qui sont employés à plein temps, le personnel chargé du studio est, lui, recruté en fonction de l’activité, selon leurs spécialités et les dé- cors demandés pour chaque tournage. Quant aux futurs projets du CADC, nous pensons créer dans le futur d’autres studios dans certains des espaces naturels qu’offre le pays (...) Il y a des discussions en ce sens avec des walis, mais il faudra respecter plusieurs normes, notamment la proximité d’un aéroport.

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