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dimanche, 13 août 2017 06:00

Kenya : Victoire du président sortant Uhuru Kenyatta et crainte de violences

Écrit par Kahina Terki
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Raila Odinga s’est une nouvelle fois incliné face à Uhuru Kenyatta lors de sa quatrième candidature à la présidence kényane. Pour ce vétéran de la politique kényane, âgé de 72 ans, l’échec est cinglant. Alors que les sondages laissaient présager une issue serrée, sa défaite est sans appel. Il n’obtient que 44,74% des voix, contre 54,27% au président sortant.

 


Déjà battu en 2013 par M. Kenyatta - après deux échecs en 1997 et 2007 - Odinga fait maintenant face à l’une des décisions les plus lourdes de conséquences de sa vie. Avant même la proclamation officielle, vendredi dernier dans la soirée, de la victoire de M. Kenyatta, la coalition d’opposition qu’il dirigeait a dénoncé une «mascarade» et en a appelé au «peuple».
Et sitôt l’officialisation des résultats, des émeutes ont éclaté dans plusieurs fiefs de l’opposition, dans les bidonvilles de Nairobi et l’ouest du pays. A Kismu et Siaya dans l’ouest du pays, deux personnes ont été tuées par balles dans la nuit de vendredi à samedi dans des affrontements avec la police. Un enfant a été tué par balle samedi matin à Mathare, alors qu’il se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble, selon un journaliste de l’AFP. Selon un décompte de l’AFP, les violences liées à l’élection ont fait au moins 9 morts depuis mercredi dans ce pays de quelque 48 millions d’habitants. Dans ce climat de crainte de flambée de violence, il reste donc à savoir jusqu’où le charismatique Odinga, qui jouit d’une influence énorme au sein de son ethnie Luo, dont il a su mieux que personne porter les griefs, sera prêt à pousser ses revendications. « Nous ne voulons pas de violences au Kenya. Nous connaissons les conséquences de ce qui s’est passé en 2008 et nous ne voulons pas voir cela se répéter », avait-il déclaré jeudi soir. Mais, comme pour laisser la porte ouverte à toute éventualité, il s’était aussi empressé de souligner: « Je n’ai de contrôle sur personne. Les gens veulent la justice ». Il ne s’est pas exprimé vendredi. Hier samedi, le pays s’est réveillé dans l’expectative, ne sachant trop si les violences qui ont suivi dans la nuit l’annonce de la réélection du président Uhuru Kenyatta allaient prendre de l’ampleur ou au contraire s’éteindre lentement d’elles-mêmes. Sitôt la proclamation par la Commission électorale (IEBC) vendredi soir de la réélection de M. Kenyatta, 55 ans, pour un second mandat de cinq ans, des scènes de liesse ont été observées dans les zones fidèles au parti Jubilee au pouvoir. Mais des violences ont aussi éclaté dans les bastions de l’opposition, qui a dénoncé des fraudes massives et dont les supporteurs sont persuadés que la victoire leur a une nouvelle fois été volée. M. Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, a tendu la main à son adversaire dans une adresse à la Nation, après l’officialisation de sa victoire. « Nous devons travailler ensemble, nous devons faire équipe, nous devons grandir ensemble, nous devons ensemble faire grandir ce pays», a-t-il lancé, appelant l’opposition de ne pas «recourir à la violence». Mais ces mots d’apaisement n’ont pas eu l’effet escompté à Kisumu (ouest) et dans plusieurs bidonvilles et quartiers populaires de Nairobi, tels Kibera, Mathare ou Kawangware, où la frustration a débouché sur des violences. A Kibera, des opposants en colère ont attaqué et pillé des commerces appartenant selon eux à des sympathisants de Jubilee, a rapporté un photographe de l’AFP, qui a aussi vu la police tirer des coups de feu en direction des émeutiers.

Dernière modification le samedi, 12 août 2017 22:28

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