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mercredi, 07 novembre 2018 06:00

Quarante ans après la disparition du poète et de l’intellectuel : Ghardaïa, vibrant hommage à Moufdi Zakaria

Écrit par O. Yazid
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C’est par une visite sur sa tombe au cimetière de sa ville natale, Beni Izguène, où a été récitée à sa mémoire sourate la El Fatiha, que débuta la première des trois journées consacrées à la commémoration du quarantième anniversaire du décès du chantre de la Révolution algérienne et auteur de l’hymne national Kassaman, composé en 1955 en prison, Moufdi Zakaria.

Il y avait beaucoup de monde au cimetière, outre la délégation officielle, conduite par le secrétaire général de la wilaya, Boualem Amrani, accompagné du P/APW, Omar Daddi Addoune, des autorités civiles, sécuritaires et militaires, des élus et représentants de Ghardaïa aux deux chambres du Parlement), du directeur des moudjahidine  de la wilaya de Ghardaïa, du recteur de l’université de Ghardaïa, le professeur Dadda Belkheir, et des notables et Aâyanes de tous les ksour de la vallée du M’zab, à leur tête ceux des deux éminentes assemblées du Madjliss  El Kourti et Madjliss Aâmi Saïd. Ce fut ensuite une visite au musée, nouvellement réalisé et inauguré pour la circonstance, regroupant des photos et des manuscrits du grand poète de la Révolution. Incontestablement, le poète le plus illustre de l’histoire de l’Algérie contemporaine et auquel un vibrant hommage a été rendu. C’est ensuite l’ouverture officielle donnée, à la salle de conférences de la wilaya de Ghardaïa, par les organisateurs de ces trois journées d’étude et de conférences consacrées à la vie et l’œuvre de ce monument de la Révolution algérienne, et ce dans le but d’immortaliser ses œuvres et sa contribution à la Révolution algérienne. Tour à tour, des personnalités et quelques membres de sa famille se sont relayés à la tribune pour rappeler à l’assistance le parcours révolutionnaire hors norme du père de l’hymne national.
Parcours révolutionnaire et littéraire
Celui qui a consacré toute sa vie à donner corps à un ensemble maghrébin après avoir consacré la première partie de sa vie à combattre par la plume le colonialisme français. Pour preuve, il n’a vécu, et toute sa vie, que dans l’ensemble nord-africain. Pour retracer le parcours de Moufdi Zakaria, plusieurs ateliers et conférences sont prévus, notamment au niveau de l’amphithéâtre de l’université de Ghardaïa, où des poètes venus de divers horizons se pencheront sur les vers du père de l’Iliade algérienne. Pour rappel, le véritable nom de Moufdi Zakaria est Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Slimane Ben Hadj Aïssa. Le surnom Moufdi, devenu son pseudonyme littéraire, lui a été décerné par Slimane Boudjenah, son condisciple au sein de la Mission mozabite en Tunisie. Il est né le vendredi 12 Djoumada El Oula de l’an 1326 de l’Hégire, correspondant au 12 juin 1908, à Beni Izguene (Ghardaïa), où il reçoit un enseignement primaire (Coran et langue arabe). Il rejoint, ensuite, la Mission mozabite, à Tunis, où il poursuit ses études, successivement, à l’école Es-Salem, l’école El Khaldounia et l’université de la Zeïtouna. Il fréquente les soirées littéraires organisées par le grand écrivain tunisien Larbi El Kebbadi, et se lie d’amitié avec le poète tunisien Abou El Kassem Ech-Chabi et le poète Ramadhane Hammoud, son condisciple au sein de la Mission mozabite. 
Son premier poème est celui intitulé «Aux gens du Rif», publié dans les journaux tunisiens Lissane «Ech-Chaab» (6/5/1925) et «Essawab», et «égyptiens», «El-Liwae» et «El Akhbar». Moufdi Zakaria a accompagné par sa poésie et son militantisme le mouvement nationaliste à l’échelle maghrébine, adhérant, en Tunisie, pendant sa scolarité, à la Jeunesse destourienne, ce qui lui a valu d’être incarcéré pendant quinze jours, et a participé activement au congrès des étudiants d’Afrique du Nord. Il a milité, en Algérie, au sein de l’Etoile nord-africaine, puis du Parti du peuple algérien, dont il devient l’un des dirigeants les plus en vue. Il est, alors, emprisonné de 1937 à 1939. Au lendemain du déclenchement de la Révolution armée, il adhère à la première cellule du FLN à Alger. Il est arrêté, jugé et condamné à trois années de détention, du 19 avril 1956 au 1er février 1959. A sa sortie de prison, il quitte clandestinement le territoire national en direction du Maroc puis de la Tunisie, pour y être soigné par le Dr Frantz Fanon des séquelles des tortures subies en détention. Il devient le porte-parole de la cause algérienne au Maghreb, à travers les organes de presse tunisienne et marocaine, et au Machrek, lors du Festival de la poésie arabe tenu à Damas, en 1961. Après l’Indépendance, il réside, tour à tour, dans les pays du Maghreb avant de s’établir, à la fin de sa vie, au Maroc. Il a, par ailleurs, activement participé aux séminaires sur la pensée islamique. Moufdi Zakaria s’est éteint le mercredi 2 Ramadan 1337, correspondant au 17 août 1977, à Tunis. Sa dépouille mortelle a été transférée en Algérie pour être inhumée à Beni Izguène. Il est l’auteur des chants patriotiques, outre l’hymne national algérien, dont «Fidaou El Djazaïr», et des chants de l’emblème national algérien, des Chouhada, de l’Armée de libération nationale, l’Union générale des travailleurs algériens, l’Union des étudiants algériens, la femme algérienne, et de «Barberousse», entre autres. Il compte à son actif, également, les chants du «Congrès du destin» (Tunisie), de l’Union des femmes tunisiennes, la bataille historique de Bizerte, et également du chant célébrant l’évacuation du Maroc, le chant de l’Armée marocaine, etc. Ses recueils publiés sont «Le Feu sacré» (1961), «A l’Ombre des oliviers» (1966), «Sous l’inspiration de l’Atlas» (1976), «l’Iliade de l’Algérie» en 1 001 vers (1972). De nombreux poèmes publiés dans des journaux algériens, tunisiens et marocains n’ont pas été rassemblés en recueil. Moufdi Zakaria, qui aspirait à le faire, a évoqué, dans ses déclarations, l’existence de recueils intitulés   «Chants de la marche sacrée» (Chants du peuple algérien révolté en arabe dialectal), «Elan» (livre sur la bataille politique en Algérie de 1935 à 1954), «le Cœur torturé» (poèmes d’amour et de jeunesse), et d’un recueil réunissant les poèmes écrits dans sa prime jeunesse. Sa prosefoisonnante est disséminée dans les organes de presse maghrébins. Moufdi Zakaria a révélé l’existence d’ouvrages non publiés jusqu’à ce jour, notamment  «Lumières sur la vallée du M’Zab», «Le Livre Blanc», «Histoire de la presse arabe en Algérie», «La Grande Révolution» (pièces de théâtre), «La Littérature arabe en Algérie à travers l’histoire» (en collaboration avec Hadi Labidi). 
Il est détenteur de la médaille de la Capacité intellectuelle du premier degré, décernée par le roi Mohamed V le 21 avril 1961, de la médaille de l’Indépendance et de la médaille du Mérite culturel, décernées par le président de la République tunisienne Habib Bourguiba, et à titre posthume, de la médaille du Résistant décernée par le président Chadli Bendjedid le 25 octobre 1984, d’une attestation de reconnaissance pour l’ensemble de son œuvre littéraire et son militantisme au service de la culture nationale délivrée par le président Chadli Bendjedid le 8 juillet 1987, ainsi que la médaille El-Athir de l’Ordre du mérite national, décernée par le Président Abdelaziz Bouteflika le 4 juillet 1999. Son immense œuvre se doit d’être rassemblée, protégée et enseignée aux générations futures. C’est un devoir. Et quel devoir !

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