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mercredi, 12 septembre 2018 06:00

Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou : Timwurab, les Célibattantes pour entamer la nouvelle saison

Écrit par Hossem A. M.
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Le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou veut entamer sa nouvelle saison en grande pompe. Deux grandes productions sont déjà finalisées, Juba II, une pièce écrite et mise en scène par Lyes Mokreb et qui raconte l’épopée de ce roi numide.

 


Juba II fut intronisé au 1er siècle  av. J.-C., sur ce territoire de l’Afrique du Nord, la Mauritanie que Rome venait d’occuper avec la Numidie à la suite d’une guerre perdue par leurs souverains respectifs. En 25 av. J.-C., Auguste réorganise l’Afrique du Nord. Il confie un grande partie de la région à un prince d’origine indigène, dépendant de Rome pour la politique extérieure, mais presque libre en ce qui concerne la politique intérieure. Le jeune Juba a été intronisé avec le titre de Rex Mauretaniae.
C’était son père, le souverain tribal Juba Ier, qui, combattant aux côtés de Pompée, avait été vaincu par César et s’était donné la mort à la suite de cette défaite. Son fils, jeune enfant à l’époque, fut emmené à Rome comme otage. Plus tard, il reçut une excellente éducation à la cour d’Auguste qui le maria à Cléopâtre Séléné, fille de la grande Cléopâtre VII et de Marc-Antoine.
L’épopée de Juba II sera très prochainement portée sur les planches du TR Kateb-Yacine de Tizi Ouzou.
Au plus près du vécu
L’autre pièce produite par le même établissement est Les célibattantes, Timwurav (les divorcées) dans le texte en kabyle, écrite et mise en scène par Abderahmane Houche, un dramaturge qui cumule une longue expérience dans le théâtre amateur et qui dirige une troupe, à la maison de jeunes d’Iferhounène, dans la région de Ain El Hammam. Timwurav ou Les célibattantes dont la générale a été présentée samedi dernier devant un public nombreux raconte la vie ordinaire de deux jeunes femmes, Fatima (Zoulikha Talbi) et Zahra (Kamélia Hacid) qui viennent de divorcer. La pièce s’ouvre sur un décor dépouillé. Une table, une armoire, des fauteuils, une fenêtre qui s’ouvre sur un cimetière. Nous sommes dans un appartement qui semble être inoccupé depuis longtemps, les fauteuils étant couverts de draps blancs, et la fenêtre fermée. Soudain, la porte s’ouvre, une jeune, la quarantaine, valise à la main entre, c’est Fatima. Elle revient chez elle après une longue absence, elle vient de divorcer. Elle est toute contente de renouer avec sa vie de célibataire et elle le montre, elle respire à pleins poumons la joie de la libération des contraintes de la vie conjugale. Ce jour-là, sa copine, Zahra vient lui rendre visite. Zahra venait aussi de divorcer. Entre les deux amies, la discussion s’engage autour de leur expérience passée dans leurs couples respectifs, leurs rapports avec leurs «ex» et, bien, sur leur nouvelle vie, de néo célibataires, qui semble se présenter pour elles sous de bons auspices et dont elles veulent faire un combat. Les deux femmes évoquent aussi leurs espérances, les moments de bonheur éphémère au sein de leur couple, mais aussi leurs peines, leurs angoisses. Leurs sensations les plus intimes, le désir de maternité sont évoqués en pointillés et de façon subliminale. La discussion prend l’allure d’une révolte contre la place qui est faite à la femme au sein du couple, leurs ex-maris sont cloués au pilori et critiqués, ils sont l’incarnation, à leurs yeux, du machisme ambiant et érigé en norme sociale. La trame se déroule avec fluidité, sur un ton qui se veut tragi-comique. Elle est bien portée par les deux comédiennes qui ont excellé dans leurs rôles. Une maîtrise qui a insufflé de la vraisemblance à des personnages qui manquaient visiblement de caractère et d’épaisseur. Et pour cause, le texte aborde un thème quelque peu désincarné et en décalage avec les mœurs locales. Un paradoxe qui est d’emblée annoncé par le titre donné à la pièce qui montre ce hiatus entre une réalité propre à la société algérienne et qu’on veut décrire et le statut des femmes qui veulent faire de leur célibat un motif de combat. On sent l’ambition de l’auteur du texte et metteur en scène à vouloir faire œuvre d’engagement en faveur de la cause des femmes et de leurs droits à l’égalité en devoirs et en droits dans la société. Mais à cette ambition manque le réalisme, une certaine vraisemblance trahie par le statut de célibattantes donné à ses héroïnes. Dans les dictionnaires de langue française, la définition de célibattantes n’est pas encore mentionnée. C’est dans les magazines spécialisés et les enquêtes journalistiques qu’on peut trouver trace de ces nouvelles mœurs sociales, en vigueur dans les sociétés occidentales dans le sillage des luttes féministes des années 70 et 80, et qui ont donné naissance à un profil de femmes divorcées ou non mariées et qui ont décidé de porter haut l’étendard de leur célibat. Un combat au quotidien que ces Célibattantes ont décidé de mener pied à pied avec les hommes.n

 

Fiche technique : Timwurab/Les célibattantes.
Texte et mise en scène de Houche Abderahamane.
Conseiller littéraire : Boucetta Rabah
Musique : Salem Kerrouche. Chorégraphie : Sarah Bouzar.
Distribution des rôles : Fatima : Zoulikha Talbi, Zahra : Kamélia Hacid

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