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mardi, 30 octobre 2018 07:24

Brésil Elu président, Jair Bolsonaro place l’extrême droite au pouvoir

Écrit par Anis Remane
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Les observateurs l’avaient prévu, c’est arrivé ! Avant-hier dimanche, les électeurs brésiliens ont élu le candidat d’extrême droite président avec 55,3% des voix, contre 44,7% à son adversaire de gauche Fernando Haddad.

Ces résultats ont été communiqués par le Tribunal supérieur électoral (TSE), après dépouillement de plus de 98% des bulletins de ce second tour de la présidentielle dans la première puissance d’Amérique latine. «Ensemble, nous allons changer le destin du Brésil», a aussitôt affirmé l’ex-capitaine de l’armée de 63 ans dans son premier discours, retransmis en direct sur Facebook. «Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche», a-t-il ajouté, sur un ton martial. Mais, après le scrutin du 7 octobre qui a vu Bolsonaro frôler une élection dès le premier tour (46% des suffrages), les Brésiliens ont fait leur choix plus par rejet que par conviction: «contre la corruption» pour le candidat d’extrême droite, «contre la haine» pour celui de gauche. Ils donnent de leur pays l’image d’une immense fracture

Catholique fervent, admirateur de la dictature militaire qui a gouverné dans les années soixante, Jair Bolsonaro a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques. Dans sa ligne de mire, pêle-mêle: les Noirs, les femmes, les membres de la communauté LGBT, mais aussi les militants de gauche, les Indiens, les membres du mouvement paysan des sans-terres (MST) et d’ONG, les défenseurs de l’environnement et les journalistes. Les plus optimistes pensent que cet admirateur de la dictature militaire (1964-85) abandonnera sa rhétorique de campagne à l’épreuve du pouvoir.
Mais d’autres le voient gouverner d’une manière bien plus idéologique que pragmatique, faisant prendre un virage vertigineux au Brésil. «Il y a toujours des risques. Il est clair qu’avec ses antécédents et ses déclarations polémiques, il a attiré l’attention», note selon l’AFP Leandro Gabiati, directeur du cabinet de consultants Dominium, à Brasilia. «Il ne faut toutefois pas perdre de vue que le Brésil a une des démocraties les plus solides d’Amérique latine», ajoute-t-il.
Pendant la campagne, le candidat Bolsonaro n’a cependant jamais condamné les violences (dont au moins un meurtre) contre des militants de gauche, se disant «non responsable» des actes de ses sympathisants. Beaucoup craignent que la victoire, combinée au discours belliqueux de leur leader, qu’ils appellent «Le Mythe», ne décomplexe et déchaîne les franges les plus extrémistes et primaires de son électorat. S’il est donc attendu sur le terrain des libertés, le nouvel homme fort du Brésil sera également suivi dans son action économique. Dans un pays miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, la direction qu’il prendra pour gouverner la 8e économie mondiale, lui qui avoue sa totale incompétence en la matière, sera particulièrement scrutée.
Un radical attendu sur
le terrain de l’économie
Avec son «Chicago boy» Paulo Guedes, cet économiste de 69 ans sorti de l’Université de Chicago, caution ultra-libérale apportée par Bolsonaro pour gagner la confiance des marchés, il fait le pari de redresser une économie brésilienne qui a subi d’importants dégâts durant ces dernières années. Paulo Guedes qui disposera d’une marge de six mois à une année serait «super-ministre» de l’Economie et pourrait avoir sous sa houlette les actuels ministères des Finances du Commerce, du Plan et le secrétariat d’Etat chargé des Investissements publics, indiquent les observateurs. Le soir de la victoire de Bolsonaro, il a promis de «changer le modèle économique du pays» en privatisant à tour de bras et en contrôlant de façon plus stricte les finances publiques.
Pour Gaspard Estrada, spécialiste de l’Amérique latine à Sciences Po Paris , interrogé par l’AFP, le président Bolsonaro sera face au Congrès «le plus fragmenté de l’Histoire» et «sera tenté de prendre des mesures très dures, sans passer par le Parlement», où il aura beaucoup de mal à former une majorité. «Il sera confronté à des exigences très vite», dit M. Estrada, qui «craint des dérapages dès le début de son mandat». Jair Bolsonaro devrait se rendre à Brasilia dès aujourd’hui mardi pour s’entretenir avec le président sortant Michel Temer, ainsi que le président de la Cour suprême Dias Toffoli et le chef d’état-major des armées, le général Eduardo Villas Bôas. Il prendra ses fonctions officielles en janvier prochain. n

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