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lundi, 17 octobre 2016 06:00

Le Front syndical devant un examen décisif

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Les syndicats autonomes seront, aujourd’hui, devant un défi décisif qui déterminera leur poids et leur influence sur la scène nationale. Exclus de toutes les tripartites qu’il y a eu jusque-là, les syndicats autonomes sont appelés à démontrer leur capacité de mobilisation et leur ancrage dans les milieux ouvriers. La grève de deux jours qui commencera aujourd’hui sera un baromètre de l’importance du Front syndical composé de 12 syndicats autonomes.

Si le rejet de la décision du gouvernement relative à la suppression de la retraite sans condition d’âge a constitué le point de départ de ce jeune « Front », d’autres dossiers sociaux tels que le code de travail et le pouvoir d’achat n’ont pas tardé à se joindre à la plateforme de revendications.
En analysant la composante de ce « Front », on constate que l’Education nationale et la Santé publique sont les secteurs les plus représentés dans ce groupement syndical. L’Education nationale par exemple constitue la moitié de ce front et l’autre moitié est partagée entre la santé, l’administration publique et autres. En termes de capacité de mobilisation, les syndicats de l’Education ont une solide expérience de plus 10 ans. L’opinion publique se souvient encore de la longue grève qui a paralysé pendant plusieurs semaines la quasi-totalité des lycées du pays durant l’année scolaire 2003/2004. L’examen du baccalauréat a failli même ne pas avoir lieu. C’est grâce à la décision du gouvernement d’augmenter de 5 000 DA le salaire des enseignants du secondaire et l’implication de la justice et les services de sécurité que l’année scolaire a été sauvée. Depuis 2003, les syndicats de l’Education ont toujours montré une grande capacité de mobilisation qui fait souvent peur au gouvernement au point de faire des enseignants la corporation la mieux rémunérée de l’ensemble des corps qui constituent la Fonction publique. C’est justement sur ce secteur que le Front syndical mise le plus pour tenter de faire revenir le gouvernement sur sa décision de réformer le système des retraites dans le pays. L’historique des mouvements sociaux dans notre pays nous montre en tout cas que les pouvoirs publics réagissent rapidement lorsqu’un mouvement de protestation touche à l’école et se montre indifférent ou presque lorsque ce dernier se déclare dans un autre secteur de la Fonction publique. Pour preuve, les grèves que mènent depuis des années les syndicats de la santé publique, à l’image du Syndicat national du personnel de la santé publique (Snpsp), n’inquiètent guère le ministère de la tutelle et le gouvernement. Contrairement au secteur de l’Education nationale, les grèves qu’a connues la santé publique se terminent généralement sans résultats concrets, et parfois avec de lourdes sanctions contre les délégués syndicaux. Une indifférence qui s’expliquerait par deux éléments essentiels : d’abord par l’émiettement des corporations de ce secteur et l’absence de coordination entre elles. En effet, les onze syndicats des blouses blanches ne sont jamais parvenus à se mettre d’accord sur action commune ou du moins sur une plateforme de revendications. Chaque syndicat fait cavalier seul et ne présente donc pas une menace sérieuse. L’autre élément qui réduit la capacité d’influence des syndicats de la santé est l’obligation de service minimum. En effet, même durant les périodes de grève, le service minimum, notamment dans les urgences, est assuré par les corps médical. A tel point que les grèves passent inaperçues.
La capacité du Front social à mobiliser derrière lui les travailleurs du secteur économique public et privé dans son bras de fer contre la démarche du gouvernement sera également mise à l’épreuve. A l’exception des mouvements de grève conduits par la Centrale syndicale avant 2004, jamais les syndicats autonomes n’ont réussi à drainer avec eux les travailleurs des secteurs économiques.
Pour réussir son action et faire aboutir sa revendication principale, le Front syndical ne pourra se passer de la masse ouvrière du secteur économique. Reste à savoir s’il réussira à la fédérer ? En tout état de cause, le bilan des contacts entrepris depuis le début a été avec les syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba et celles des zones pétrolières au Sud pour adhérer à ce mouvement sera connu à l’occasion de cette grève qui intervient dans un contexte économique difficile marqué par la chute drastiques des recettes publiques.

Dernière modification le lundi, 17 octobre 2016 01:09

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