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mardi, 30 septembre 2014 07:00

Photographie: Une nouvelle génération aux portes des réseaux sociaux

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L’Algérie compte actuellement une jeune génération de photographes talentueux qui s’est fait connaître en utilisant essentiellement les réseaux sociaux sur Internet.

Comme la grande majorité des photographes algériens, ils sont autodidactes. Certains arrivent à vivre de leur passion, en étant photographes de presse, d’autres en font en parallèle de leur occupation professionnelle principale ; d’autres encore se consacrent entièrement à la photo d’art au prix d’un certain nombre de sacrifices. Le travail de ceux que nous avons rencontrés mérite d’être mieux reconnu. Oran est une des villes du pays où les photographes s’organisent le plus activement pour faire de la photographie une pratique reconnue à sa juste valeur. Nous avons mené l’enquête.

Abdelhamid Aouragh, l’initiateur… La « Décennie noire » a été considérée par certains comme une guerre sans images. En réalité, les photographes algériens n’ont pas manqué de faire leur travail de reportage, durant cette période, et ce, dans des conditions très difficiles. Une photographie a même fait le tour du monde : la « Madone de Bentalha », de Hocine Zaourar, qui pourrait symboliser à elle seule le calvaire enduré alors par le peuple algérien. A Oran, il y avait Abdelhamid Aouragh parmi ces photographes autodidactes. Passionné par la photographie, il fait une formation simple et basique à la Maison de Jeunes de la ville, puis intègre le Quotidien d’Oran. « A l’époque, j’étais jeune, 25 ou 26 ans. Je ne connaissais pas le risque », nous dit-il.  Un climat de terreur pesait sur l’ensemble de la société et notamment sur les journalistes, dont plus d’une centaine ont été assassinés.  A l’issue de la décennie noire, les Algériens sont meurtris, mais retrouvent un peu de répit. Parallèlement, le pays s’ouvre à Internet, ce qui le sort un peu de son huis clos. Beaucoup de photographes algériens peuvent alors se concentrer sur une démarche plus personnelle, sur un travail artistique, tout en se nourrissant de ce qui se fait hors de nos frontières. Abdelhamid Aouragh, par exemple, se consacre à un travail sur la création chez l’enfant. Quant à la photographie de presse, elle connaît un certain déclin, selon lui. « Le photographe de presse est un bouche-trou », nous dit-il. Il y a un problème de manque d’exigence par rapport au travail photographique. Cela est dû, entre autres, à l’absence d’une direction de la photographie au sein des journaux. En 2009, Abdelhamid Aouragh anime un workshop de photographie à Tlemcen. Il en anime un autre à Oran, l’année suivante. Trop modeste sans doute, il considère qu’il n’était pas fait pour, par défaut de pédagogie. C’est à Oran, en 2010, qu’a lieu une rencontre qui aura beaucoup d’importance pour l’expansion de la scène photo dans la ville : la rencontre entre Abdelhamid et Fayçal Rezkallah qui l’a beaucoup inspiré. C’est le point de départ de ce qui va mener à la création de l’ISO Club d’Oran, ISO comme I Shot in Oran. C’est le troisième club photo du pays dans l’ordre d’importance après le Club algérien de la photographie et ISF (Images Sans Frontières).

L’importance de l’ISO Club dans la valorisation de la photographie à Oran Abdelhamid a transmis à Fayçal l’amour de la photographie. Cependant, ce dernier ne pouvait pas se satisfaire d’un simple workshop. « Je cherchais une école où apprendre la photo, un institut, un club, et je n’en trouvais pas. Ce qui fait qu’on était obligés d’apprendre tout seul, avec Internet, avec les bouquins, etc. », nous dit-il. «Quand tu fais le tour sur Facebook, tu vois qu’il y a d’autres gens qui font de la photo, qui s’y intéressent. En discutant avec ces gens-là, on s’est dit puisqu’il n’y a pas de club de photo à Oran, pourquoi pas le créer ? » ajoute-t-il pour parler de la genèse de l’ISO Club. Ce dernier sera fondé en avril 2012, par trois photographes autodidactes : Fayçal Rezkallah, Abdo Shanan et Omar Radoui. En fait, le club émane de l’association des Nomades algériens, établie à Oran et dont faisait partie Fayçal. Cette association, qui existe depuis 2009, vise à promouvoir l’image touristique de l’Algérie et à encourager les jeunes à voyager, à découvrir leur pays. « Avec Nomades, on organisait des sorties, des randonnées, des voyages et on avait un grand rendu photo à la fin pour montrer au public ce qu’on fait. La photo était très présente dans l’association. Il y avait des photos de la nature, d’ambiance… On s’est dit : pourquoi ne pas structurer ça et former les gens à ça, puisque c’est un outil extrêmement important dans l’association ? En effet, des photos de meilleure qualité pourraient booster l’association ». De là à la création du club, il n’y avait qu’un pas qui a été franchi lorsque Fayçal a obtenu d’en faire une section de l’association. Le club était ouvert à tous : membres de l’association et grand public. Comptant aujourd’hui entre 100 et 150 membres, il a rencontré un succès immédiat, ayant attiré jeunes et moins jeunes. C’est qu’auparavant, aucune structure de ce genre n’existait à Oran. Des ateliers photo ont été mis en place. Ce sont «les samedis de la photo » qui ont lieu un samedi sur deux. Fayçal nous en parle : « Quand on a lancé les samedis de la photo, on a commencé avec les principes de base de la photographie, à savoir ouverture du diaphragme, sensibilité ISO et vitesse d’obturation. On a fait tourner ça plusieurs fois avec Abdou et Omar. » Très vite, les animateurs passent de la technique au traitement de thématiques diverses et variées : le portrait, la nature, la macro, le noir et blanc, l’argentique, etc. Les membres du club exposent des travaux autour de la biographie de photographes, de photos icônes, de portraits célèbres, de photos de rue, de la lumière dans la photo, des flashs, etc. Cela fait du club un lieu d’échange par excellence et conduit chaque photographe à privilégier telle ou telle technique, telle ou telle thématique, à s’y spécialiser pour la maîtriser de mieux en mieux avec la pratique. La plupart verse dans la photo artistique, les autres dans le photojournalisme ou la photo macro. Le club a été loin dans la spécialisation. Ainsi et pour exemple, une réalisation notable est à signaler : un atelier en quatre séances, dirigé par le dentiste et photographe amateur Omar Radoui, a été mis en place avec la participation de la faculté de chirurgie dentaire d’Oran. Il s’agit d’apprendre aux dentistes à photographier leurs cas. On s’est entretenus avec quelques-uns des photographes les plus talentueux de l’ISO Club. Ils nous ont parlé de leur parcours et de leur travail. Fayçal Rezkallah Plus connu sous son pseudonyme de Fay Lafaille, Fayçal Rezkallah est un élément clé de l’ISO Club, puisque c’est grâce à son énergie et à sa persévérance que ce dernier a vu le jour. « Je fais de la photo depuis quelques années. J’ai commencé avec un appareil photo numérique tout simple (un compact). Ensuite, j’ai vite compris qu’il fallait passer à un matériel qui te donne plus de liberté : un reflex (un appareil à objectif interchangeable). J’ai commencé à faire un peu de tout : un peu de portrait, un peu de nature. J’aime beaucoup être sur les routes algériennes, j’ai fait de la photo de paysages un peu partout, du light painting, de la photo de rue, timidement. Ensuite, je me suis spécialisé dans les ambiances sociales, les scènes de vie et les portraits. Ce que j’aime, c’est la présence de l’humain dans la photo. La photo architecturale aussi, mais toujours avec la présence humaine», nous dit-il. Sa première exposition, datée de 2013, intitulée « Mur-mures : Le secret des remparts » explore justement le rapport des hommes au bâti, au bâti traditionnel plus spécialement. Abdo Shanan Co-fondateur de l’ISO Club, Abdo Shanan (de son vrai nom Abdelhafid Chenane) est un brillant photographe, avec une formidable capacité à penser ses projets photographiques, à les rendre cohérents et porteurs d’idées. D’un père Soudanais et d’une mère algérienne, il a quitté l’Algérie en 1991, à l’âge de neuf ans, et étudié à Syrte, en Libye, une ville où il a évolué dans un milieu riche par sa diversité : il a côtoyé Hindous, Philippins, Bangladais, Ukrainiens, Italiens, Français, Egyptiens, Syriens, Irakiens, Algériens, Tunisiens, Marocains, Maliens, Nigérians, etc. Ayant obtenu un diplôme d’anglais, il est resté quelque temps sans profession. C’est à ce moment qu’il a commencé à prendre des photos avec un petit téléphone portable, des photos qu’il mettait en avatar sur Yahoo, ce qui a attiré l’attention de ses amis sur leur qualité ; ça l’a poussé à s’y intéresser davantage. Il nous raconte la suite : « Petit à petit, je suis devenu passionné ; ça m’a pris tout mon temps. Après mes cours (en ingénierie de la télécommunication), je passais des heures, de 17 h à 2 ou 3h du matin, à potasser, étudier la photo, grâce aux forums Internet, YouTube, Flickr, les forums arabes... J’ai compris qu’on ne pouvait pas faire grand-chose avec des portables, surtout qu’à l’époque leurs capteurs étaient petits. C’était le moment d’acheter un reflex. C’est ce que j’ai fait en 2008. J’ai pris une cinquantaine de photos en Libye, puis je suis revenu en Algérie durant l’été. J’étais au balcon de ma grand-mère, à Place d’Armes. J’y appliquais ce que j’avais appris. J’étais souvent face au soleil et je photographiais les silhouettes. C’était mon premier contact avec la photo artistique. Dans mon travail, il y a toujours des ombres, des silhouettes, du noir. En revanche, de 2008 à 2012, j’ai tout fait : portraits, silhouettes, abstrait, mais en même temps on identifiait bien mon travail. » En 2011, Abdo Shanan participe à un concours organisé par l’Institut français d’Oran : « Algérie… regard architectural ». Il obtient le 1er prix dans la catégorie 26 ans et plus, ce qui lui permet d’exposer son travail, mais surtout de faire un stage à l’agence photo Magnum, ce qui va le bouleverser. Il choisit de le faire en 2012, au moment où les photographes de l’agence se sont réunis à Arles, pour leur rencontre annuelle. L’accès aux archives de l’agence et la rencontre avec des photographes comme Josef Koudelka, Paolo Pellegrin ou Patrick Zachmann ont changé sa perception et sa compréhension de la photographie. Il nous en parle : « Après l’expérience de Magnum, j’ai compris qu’il fallait accorder beaucoup d’importance au Story telling, au scénario en quelque sorte. Comment raconter une histoire, croire à cette histoire tout en étant objectif, tout en laissant transparaître sa personnalité propre. J’ai compris aussi l’importance qu’il fallait donner à la série photo et non à la photo individuelle. La première série que j’ai faite c’est « Train of thoughts ». C’est un travail qui fait référence à mon parcours, tout en parlant des autres. C’est l’histoire de gens qui passent leur vie à voyager, à se déplacer. Ces gens qui voyagent, quelles sont leurs relations à l’endroit où ils résident, où ils habitent ? Toutes les photos ont été prises dans un train, sur le trajet Oran-Alger. » Abdo Shanan a d’autres projets en cours de réalisation : « J’ai commencé une autre série du nom de « Diary ». Il s’agit des objectifs personnels et des rêves de chacun et de notre vision sur l’existence si ces rêves ne se réalisent pas. On vit dans des sociétés où il faut être ingénieur, docteur ou avocat pour être quelqu’un qui a réussi. Que devient la vie quand les rêves sont confrontés à la réalité ? J’ai travaillé également sur un documentaire traitant des cafés en Algérie. Comment se fait-il que les cafés soient juste pour les hommes ? C’est une série de photos permettant aux gens qui ne connaissent pas ce monde, les femmes en particulier, de voir ce qui se passe dans un café algérien.» Nous quittons Abdo avec plein d’images et de mots en tête, dont ceux-ci : « Pour moi, la photo, c’est une langue. Je parle arabe, anglais et photo, cette dernière étant une langue universelle. »

Nora Zaïr Nora Zaïr et Zohor Fatah ont débuté la photo plus récemment. Nora nous parle de son parcours : «Dès mon enfance, j’adorais dessiner. Je faisais plein de dessins, de concours de dessin à l’école. Mon rêve était de devenir artiste peintre. Je redessinais des dessins animés qui passaient à la télévision. Au CEM, le directeur me demandait même de dessiner sur les murs. Quand j’ai eu mon bac, j’ai décidé de partir à l’école des Beaux Arts pour avancer sur cette voie. Mais mes parents ont refusé que je parte y faire l’internat. Ça a été un choc. J’ai tout arrêté. Puis je me suis mise à faire de l’infographie. Je faisais des montages photos, des créations graphiques. C’est devenu mon gagne-pain, mais je faisais un peu d’artistique à côté. Je suis devenue scrappeuse, un art venu des Etats-Unis : c’est, à partir de photos, faire des découpages de plusieurs images pour en faire des compositions d’albums, créer des designs pour des albums photos. J’étais passionnée par les photos, les sites de photographie sur Internet. J’ai commencé à en faire moi-même en 2012 lorsque j’ai eu comme cadeau un petit compact ; j’ai été en même temps formée par Abdelhamid Aouragh. Ensuite, j’ai rencontré ISO Club et là c’était le coup de foudre. J’ai fait les samedis de la photo avec « les trois mousquetaires », Fayçal, Omar et Abdo. » Depuis plus d’une année, Nora anime des ateliers photo pour débutants dans diverses structures culturelles du pays. Nora, pour qui « la photographie est une poésie muette », est plutôt attirée par la photo d’art, même si pour avancer, elle touche à tous les domaines, la macro photographie notamment. Dans son travail, elle privilégie les émotions, ce qui apparaît avec une éblouissante évidence dans sa série « Flamenco », tant Nora arrive à nous faire sentir le « duende » qui émane de la musique et de la danse flamenca. Duende, ce mot espagnol intraduisible qui signifie état de grâce que l’on atteint à certains moments dans l’art du flamenco.

Zohor Fatah Zohor est un talent précoce : elle n’est âgée que de 23 ans. Ingénieur d’Etat en architecture depuis 2013, la photographie est pour elle une passion transmise par son père qui la pratiquait dans sa jeunesse. Elle n’a commencé à en faire qu’en janvier 2014, avec son smartphone. Elle s’est adonnée à la street photography, la photographie de rue. Elle est à la recherche du snap shot, de l’instantané, du moment unique. Sa formation d’architecte a sans doute agi sur sa façon de photographier. Ainsi, elle donne beaucoup d’importance à la composition qui est un point commun entre la photographie et l’architecture. Elle nous parle des obstacles à affronter lorsque l’on fait de la photographie de rue en Algérie, même si elle admet qu’elle a peu d’expérience pour évaluer toutes les difficultés envisageables : « En général, je suis très discrète. Quand j’ai voulu acheter un reflex, on m’a dit : si tu veux faire du Street, il vaut mieux acheter un petit appareil, discret, pour ne pas avoir de soucis avec les gens dans la rue. Parfois, je teste du regard la réaction des gens et je vois s’ils sont disposés ou pas à être pris en photo. Certains pensent que je suis journaliste. Quand je photographie un bâtiment, par exemple, il arrive que les gens pensent qu’il va subir une destruction prochaine. Là, je suis passé à un reflex. Le portable c’est bien pour la photo de rue, pour capter un instant, mais pour faire des séries ou une exposition, ce n’est pas terrible. Avec un appareil, tu apprends à mieux contrôler tes photos, la lumière, les effets que tu recherches. »

Les interventions collectives Au-delà du talent individuel, ce qui fait la force des membres de l’ISO Club, ce sont les évènements collectifs qu’ils ont organisés et mis en place. C’est ce qui leur a permis d’être plus visibles et d’aller chercher un public dans la rue. Parmi ces interventions, certaines sont solidaires comme le projet Ighzer, lancé au moment de la création du club. « C’était une grande expo/vente caritative » nous dit Fayçal. « Il s’agissait de vendre des photos contre le prix d’un cartable. Le projet s’appelait « Une photo = un cartable ». Ces cartables-là ont été acheminés à Ighzer, un village pas très loin de Timimoun. Il y avait une petite école là-bas avec 93 élèves. On est arrivés à la rentrée 2012 et on a donné un cartable à chaque élève et ça correspondait à une photo vendue par cartable. Nous avons récolté plus de sous que nécessaire », précise-t-il. Très rapidement, le club a obtenu le soutien de plusieurs partenaires, soit pour animer ses ateliers, étant donné qu’il n’a pas de local, soit pour organiser des expositions collectives, soit encore pour faire la communication autour d’événements, faire des tirages photos, etc. On peut mentionner l’association Santé Sidi el Houari (SDH), l’APC d’Oran, le Centre de Loisirs Scientifiques (CLS), l’Institut français, l’association Le Petit Lecteur, le Centre des Conventions d’Oran (CCO), l’association des arts visuels et plastiques Civ. Oeil, les agences Web Dispo, Jurex ou Néo, le Sheraton, la galerie Tadr’Art. L’ISO Club a également exposé dans des cafés ou des restaurants, a collé des photos grand format sur les stores des magasins de la ville. Enfin, il a participé à des événements annuels comme Les rencontres de la photographie.  Contrairement à ce que son nom indique, l’ISO Club, I Shot in Oran, a une dimension nationale : « Dans toutes nos activités, on convie chaque fois des photographes d’autres wilayas, d’autres horizons. Déjà, il y a des membres du club qui ne sont pas Oranais, il y a des membres d’Annaba, de Constantine, d’Alger, de Tlemcen, de Tizi-Ouzou et quand on fait une expo ou un projet collectif, ils sont toujours présents avec nous, pas forcément physiquement : ils peuvent envoyer leur photo. On monte des expos avec des photographes de plusieurs wilayas. Je peux te nommer un projet qui a réuni 21 photographes, de 10 wilayas différentes. C’est le projet pour le tramway. On a couvert 17 abris du tramway d’Oran avec des photos de destinations algériennes », nous dit Fayçal en évoquant cette belle réalisation, née d’une idée d’Amar Mabrouk. On peut enfin évoquer un dernier projet mené par Issam Bekhti au sein de l’association Nomades et de sa section ISO Club. Laissons-lui la parole : « On réalise des cartes postales pour la ville. Vu qu’il y a un manque de cartes postales à Oran et en Algérie, de manière plus générale, on n’a pas beaucoup de choix. Comme notre association est dans la promotion de l’image touristique de notre pays, on a mis nos photographes à contribution, pour éditer des cartes postales. Au départ, on va commencer par éditer des cartes pour la ville d’Oran, ensuite on va s’élargir sur tout le territoire national. L’objectif est de faire la promotion de l’image touristique de l’Algérie tout en s’autofinançant. C’est un projet dont on avait parlé depuis 2011 sans pouvoir le réaliser. On a rédigé le projet et fait un appel à participation national, ouvert. Il y a eu beaucoup de participants. On a choisi les dix meilleures photos représentant la ville d’Oran, avec un classement de 1 à 10. On a trouvé un sponsor pour financer la première impression. On en est au stade des autorisations auprès du ministère de la Culture. »

Pour conclure… On ne peut que saluer le talent des photographes que nous avons rencontrés, la persévérance avec laquelle ils pratiquent leur art, dans des conditions qui sont loin d’êtres idéales, le profond désir qui les anime de faire vivre la photographie dans leur ville et sur l’ensemble du territoire. Mais nous souhaitons également mettre le doigt sur un certain nombre de problèmes qui, tant qu’ils ne sont pas résolus, empêcheront que le travail du photographe algérien soit pleinement reconnu et valorisé. Abdo Shanan et Abdelhamid Aouragh insistent sur le manque d’exigence de la presse écrite quant au travail du photographe. Il n’y a pas de photo éditeur qui fasse le lien entre le photographe et le journal, pas de rédaction photo. En évacuant un instant le problème crucial de l’absence de statut pour les artistes et d’une vision algérienne de la culture plus maitrisée et plus construite, on peut déjà noter que notre pays manque cruellement de médiateurs culturels, on ne peut pas imaginer qu’il y ait des peintres, des cinéastes, des écrivains, des artistes photographes sans qu’il y ait des médiateurs culturels. Les artistes ont besoin d’éditeurs, de galeristes, de commissaires d’exposition, de diffuseurs. Nous manquons de professionnels au courant de la scène artistique ou qui ont une bonne connaissance des espaces adéquats dans lesquels une exposition peut se faire, par exemple. Nous manquons d’agents attirant des financements et des partenaires plus variés. Enfin et ce n’est pas le moindre des problèmes, la photographie n’est pas reconnue comme un métier à part entière dans notre pays. En effet, il n’y a pas d’école de photographie, de même qu’il n’y a pas de département photo dans les universités ou dans les écoles des Beaux Arts.

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