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dimanche, 04 novembre 2018 06:00

Les périlleuses sanctions de Trump contre l’Iran

Écrit par Adlène Badis
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Alors que devraient entrer en vigueur aujourd’hui les sanctions imposées par Washington contre l’Iran, des interrogations restent en suspens sur sa capacité à imposer dans les faits des restrictions économiques loin de faire l’unanimité.

Six mois après avoir atomisé l’accord sur le nucléaire iranien, les Etats-Unis ont confirmé qu’ils rétabliraient les sanctions les plus dures contre Téhéran, son pétrole et ses banques. Sauf qu’au-delà du discours sentencieux, dans la pratique les événements ne semblent pas aller dans le sens des ambitions de Washington. L’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, signataires de l’accord de 2015, qui ont été réfractaires à cette décision, décident de continuer à commercer avec Téhéran. Cette situation inédite semble, à elle seule, fragiliser des sanctions qui peuvent s’avérer un fiasco et de fait ternir l’image de l’hyperpuissance américaine. Arrivant à quelques jours avant les élections américaines de mi-mandat, dans lesquelles le président américain Donald Trump joue gros, ces sanctions contre l’Iran pourraient être utilisées pour tenter de redonner du relief à la grandeur de l’Amérique particulièrement écornée. Washington entend sanctionner, en leur barrant l’accès au marché américain, tous les pays où entreprises qui continueront d’acheter du pétrole iranien ou d’échanger avec les banques de l’Iran. L’usage d’un discours anti-iranien particulièrement virulent de la part des responsables américains semble loin d’être en adéquation avec le terrain. Ni les alliés des Etats-Unis comme l’Union Européenne, encore moins ses adversaires, à leur tête la Chine et la Russie, n’entendent appliquer ces fameuses sanctions. Par la voix de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, Washington tente d’afficher un aplomb qui a du mal à convaincre. Huit pays seront «autorisés» à continuer d’acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois supplémentaires, «car ils ont fait preuve d’efforts importants pour ramener leurs importations de brut vers zéro», tente de justifier le secrétaire d’Etat. Loin de convaincre. L’Union européenne dans son ensemble n’en fait pas partie, même la Turquie est inclue. Les observateurs s’attendent à ce que des dérogations soient également octroyées à la Corée du Sud, l’Inde, le Japon et peut-être la Chine. Bien que l’on ait du mal à imaginer que la Chine attende une dérogation de Washington pour commercer avec un partenaire se trouvant quasiment dans son champ géographique d’influence.

Posture inconfortable
L’administration Trump a beau assurer que la mise en œuvre des sanctions sera beaucoup plus «agressive» que par le passé, de grandes interrogations restent pendantes sur la capacité des Etats-Unis à imposer des sanctions dans ces conditions de dispersion. Les précautions et autres préalables que semble en train de prendre Washington sur ces sanctions expliquent la position inconfortable des Etats-Unis face à ce dossier épineux.
Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a, ainsi, affirmé que 700 noms seraient ajoutés à la liste noire américaine, soit 300 de plus que ce qui en avaient été retirés après 2015. Il a aussi dit que les Etats-Unis souhaitaient couper les établissements financiers iraniens du circuit bancaire international Swift, passage obligé du système financier international. En parallèle Trump répète être prêt à rencontrer les dirigeants iraniens pour négocier un accord global sur la base de conditions américaines que les iraniens auront du mal à accepter. Il reste aujourd’hui évident que les sanctions que voudrait imposer Trump à l’Iran ne ressemblent guerre à ceux de 2012. A l’époque l’unanimité occidentale contre l’Iran était quasi-totale. Cette fois, l’administration Trump tente d’imposer au reste du monde une politique dont la plupart des pays ne veulent tout simplement pas, allant à l’encontre de leurs intérêts économiques. L’UE a d’ailleurs considéré le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire comme une erreur. «Notre travail se poursuit» avec l’Iran et s’est «intensifié au cours des dernières semaines», ont affirmé vendredi les Européens.
La posture américaine face à l’Iran s’annonce ainsi compliquée d’autant que le récent refroidissement des relations avec l’Arabie saoudite, l’autre grand adversaire de l’Iran, suite à l’affaire Khashoggi, pourrait apporter son lot d’embarras. Riyad, un allié clé de Washington, espérait créer une alliance réunissant les pays arabes afin de contrer l’Iran.
Une option qui a désormais du plomb dans l’aile. Le guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé hier que le président américain Donald Trump avait «discrédité» son pays, estimant que Washington serait l’ultime perdant dans le rétablissement des sanctions. «Le pouvoir de contraindre des Etats-Unis, en utilisant leur puissance économique et militaire est également en déclin», a dit l’ayatollah Khamenei sur son compte Twitter, rappelant une animosité américaine qui dure depuis 40 ans. <

Dernière modification le samedi, 03 novembre 2018 22:47

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