Le processus de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain est désormais lancé et rien ne sert visiblement d’en ignorer la réalité. Les acteurs en présence sont, aujourd’hui, face à l’évidence. Cette réalité, qu’elle soit imposée ou le résultat d’un consensus, devient de fait un passage obligé. La machine est désormais lancée et le cadre installé. Il reste à voir si vraiment les anciens mécanismes, habitués à « organiser » les scrutins antérieurs, sont aujourd’hui véritablement désactivés. Et si le processus intégral, du démarrage à l’aboutissement, est véritablement dissocié de l’administration. Le président de la commission de la préparation et de la surveillance des élections, appelé à jouer un rôle primordial, voire capital, dans le déroulement du scrutin et de sa crédibilité, affirme mordicus que les cas de fraude ne se répéteront plus. La preuve, l’existence de cette organisation mais aussi l’éventualité de « la surveillance des urnes par des citoyens ». La « responsabilité morale » des membres de cette autorité est ainsi présentée comme une « garantie » pour des élections propres. Sur le terrain, la réalité est-elle conforme à ce discours pour le moins empreint de satisfecit ? La question de la crédibilité restera sans nul doute le plus grand défi pour cette Instance. Les Algériens qui estiment que toutes les élections précédentes ont été cousues de fil blanc, sont-ils aujourd’hui disposés à s’engager en force dans le choix du futur président de la République ? Les semaines à venir nous le diront. La situation de clivage actuelle est telle qu’il reste très difficile de faire dans le pronostic. De savoir quel électorat est déjà partant et quel autre est dans l’expectative, voire dans la défiance. Reste une certitude. Il est particulièrement évident que cette élection présidentielle est cruciale pour l’avenir du pays. Quelle que soit l’évolution de ce processus, l’Algérie et les Algériens en seront marqués.