Non ! Le stade 5 juillet 1962 (Alger) ne sera pas fermé pour réfection de la pelouse. Salim Raouf Bernaoui, premier responsable du Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), a complètement balayé cette éventualité mardi soir depuis Oran. Et le successeur de Mohamed Hattab a, comme à son habitue, avancé certains faibles arguments pour cacher une carence infrastructurelle patente.

«Le stade du 5-juillet ne sera pas fermé, contrairement à ce qu’avancent certains. La pelouse a certes pris un coup depuis quelques temps » a indiqué l’ancien président de la Fédération algérienne d’escrime (FAE) qui s’est même dit « persuadé qu’elle retrouvera très bientôt toute sa splendeur.» Comment ? On ne sait pas vraiment sauf si un magicien-jardinier est engagé pour redorer un rectangle vert à la limite du praticable. D’ailleurs, le 9 septembre dernier au sortir de la rencontre amicale contre le Bénin, le sélectionneur national, Djamel Belmadi, n’a pas caché son dégoût de voir ses poulains jouer sur un terrain en piteux état. Le driver de l’EN a même demandé au premier responsable du Complexe olympique Mohamed Boudiaf, Mohamed Hadj-Ali, d’y remédier afin de pouvoir s’y reproduire lors de la date FIFA d’octobre. « Belmadi m’a effectivement demandé de préparer la pelouse pour le 14 octobre mais je n’ai donné aucune garantie. J’ai juste dit qu’on va tout faire pour qu’elle soit en état le jour J », a-t-il révélé en expliquant qu’ « il nous faut 20 jours pour retaper une pelouse. Et ça dépend aussi des conditions climatiques ainsi que la charge subie. Figurez-vous que durant la période précédente, cette pelouse a accueilli pas moins de 5 matches en 15 jours. C’est énorme.»

Pas d’alternatives
Cette justification était aussi celle de Bernoaui qui a noté que « c’est tout à fait normal que la pelouse du 5-juillet se détériore de la sorte, car elle est tout simplement surexploitée depuis quelques temps, même si on n’avait vraiment pas d’autres choix.» En effet, beaucoup de matches du championnat entre clubs de la capitale s’y sont joués en ce début de saison.
De plus, nos représentants en Afrique ont accueilli leurs adversaires dans l’enceinte de Chevalley car leurs stades ne sont pas homologués ou en travaux. On pense ici au CR Belouizdad dont l’antre du 20 août 1955 (Ruisseau) a été récemment retapée (réfection de la pelouse synthétique). Voilà donc qu’Alger, la capitale du pays, ne dispose pas d’une aire de jeu digne du nom pour pouvoir abriter les rencontres excepté le temple olympique construit il y a presque 50 années de cela. Un lieux qui aura avalé des centaines de millions d’euros à travers le temps pour tout ce qui est réfection, retapage et changement fréquent d’un rectangle vert qu’on n’a jamais pu entretenir. Et ce, malgré les garanties avancées à chaque fois qu’une société étrangère vienne planter un nouveau gazon. La suite est toujours la même : détérioration et mauvais entretien. L’herbe est capricieuse et n’aime pas la gestion parasite. En insistant sur le fait que le stade 5 juillet reste opérationnel, le numéro 1 du MJS, veut éviter les casse-têtes. Aussi, il y a l’appréhension d’être confronté à l’évident : l’Algérie n’a pas de stades. Même pour assurer le déroulement normal d’une compétition locale. Quant à abriter une Coupe d’Afrique des nations, ça reste une démesurée prétention compte-tenu des infrastructures possédées et leur situation.