Même s’il n’y a aucun doute, quant à sa participation à l’élection présidentielle annoncée pour le 12 décembre prochain, le MSP ne se gêne pas de se lancer dans des projets d’alliance. C’est à cet effet qu’on évoque, au sein du parti islamiste, la possibilité d’une candidature « consensuelle» dont les partenaires et les termes ne sont pas encore explicités. Mais ce qui est cependant sûr, c’est que le parti est plus que jamais dans le vif du sujet. « L’option du candidat consensuel en vue de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 est toujours prévalente dans la stratégie du Mouvement de la société pour la paix au cas où sa participation se confirme », selon des propos tenus hier par l’un des membres du bureau national exécutif de cette formation politique, Nacer Hamdadouche. En marge d’une conférence sur « la situation économique et la récupération de l’argent détourné », tenue au siège du parti à Alger, le même intervenant a souligné que la tendance générale au sein du parti est de considérer ces élections «comme priorité du fait que l’Algérie ne peut pas rester sans président. Mais il est encore prématuré de prendre position par rapport à une éventuelle participation du fait que certaines conditions ne sont pas encore réunies et, notamment cette question du départ du gouvernement actuel, qui reste l’un des débouchements de l’ancien système » du président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika. Dans le même sillage des conditions, le député Nacer Hamdadouche, qui représente l’une des figures les plus importantes du parti, a parlé aussi de « la nécessité de cesser cette campagne d’arrestations qui touche des personnes pour des raisons d’opinion, sauf pour celles qui font l’objet de réelles accusations. L’arrestation de quelqu’un dans la rue reste une chose inacceptable et constitue une angoisse contre les libertés ».
« Depuis quelques temps, nous avons présenté une initiative de consensus national, qui comporte aussi un candidat consensuel pour le poste du président de la République, en vue que ce dernier puisse avoir une vaste assise politique après son élection. Bien que cela représente une concession de la part du mouvement, il n’y a pas eu de signes favorables à l’égard de notre initiative. Malgré ça, cette option reste prévalente et demeure le premier scénario au niveau de notre formation politique à l’approche des présidentielles. Si les choses ne vont pas dans ce sens, alors le parti présentera son propre candidat ».
En vue de trancher sa position à l’égard des présidentielles du 12 décembre, ainsi que la forme de cette participation, le parti avait déjà annoncé qu’une session extraordinaire du conseil consultatif allait se tenir le 27 septembre en cours. Nacer Hamdadouche dira aussi dans ce sillage que le MSP est toujours « en phase de concevoir sa décision finale, et c’est pour ça qu’il a entrepris des mesures portant sur une large concertation qui englobe à la fois nos militants, les citoyens ainsi que nos partenaires politiques. C’est dans ce sens que nous avons demandé aussi la tenue des conseils consultatifs locaux dans les 48 wilayas. Le dernier mot reviendra au conseil consultatif national qui se tiendra en réunion extraordinaire le 27 septembre en cours ». « En fin de compte, la position à l’égard de l’élection présidentielle du 12 décembre relève d’un ijtihad politique », a-t-il conclu.n