Le processus électoral désormais lancé, les acteurs en présence sont forcés de se positionner sur une élection présidentielle qui engage plus que jamais l’avenir de l’Algérie. Au-delà des clivages connus des uns et des autres, il reste les grandes interrogations concernant un rendez-vous politique déterminant pour l’avenir de l’Algérie, un pays fragilisé par sept mois d’instabilité politique. Au cœur d’une crise inédite, l’élection présidentielle reste un passage obligé vers une phase nouvelle. Pour l’opposition, le processus lui-même est biaisé puisqu’il n’est pas le fruit d’un accord global avec les partis politique et le Hirak. Ce dernier devrait poursuivre sa marche pacifique pour imposer un véritable changement et non un rétablissement du même système. Le rôle du mouvement de contestation restera, à l’évidence, de la première importance afin d’éviter toute tentation autoritaire qui pourrait intervenir entre temps. La grande nouveauté, c’est bien cette Instance nationale de surveillance des élections, dont le rôle, et surtout l’action, sont à examiner. Bien que la suspicion reste de mise chez les récalcitrants, c’est probablement la première fois qu’une Instance de ce type, dotée de larges pouvoirs, est installée pour contrôler un processus politique présidentiel crucial pour l’avenir du pays. Les opposants à cette élection présidentielle, dans les conditions actuelles, devraient évidemment sortir du bois et présenter une posture qui ne devrait pas se limiter au rejet de l’élection visiblement inéluctable. Autant le refus de traiter avec un panel, considéré initialement comme un faire-valoir du pouvoir, n’a pas étonné, autant il faudrait se positionner clairement sur un rendez-vous politique qui engage irrémédiablement tous les Algériens. L’atermoiement remarqué chez beaucoup d’acteurs, sur la position à prendre face au vote du 12 décembre prochain, est déjà symptomatique de l’importance cruciale de ce nouveau test.