Au rythme des intempéries qui se succèdent et causent des dégâts dans plusieurs régions du pays, l’Office national de la météorologie se retrouve régulièrement au banc des accusés. L’ONM ne serait pas «précis», selon les nombreuses voix qui s’élèvent pour dénoncer la situation. Et sa mise en cause est montée d’un cran après les perturbations qui ont touché, jeudi dernier, plusieurs wilayas, engendrant des pertes matérielles, mais aussi humaines.

Ce qui a poussé le directeur général de l’ONM, Brahim Ihadadène, à réagir pour mettre en avant les « efforts » que déploie cet organisme stratégique afin de mener à bien sa mission. « L’office a consenti d’énormes efforts pour, justement, accomplir ses missions selon les standards internationaux », a affirmé hier
M.Ihadadène, à l’occasion de la célébration de la Journée arabe de la météorologie.
Il soutiendra que l’ONM « a rempli pleinement son rôle comme à l’accoutumée, en assurant un suivi continu de la météo ».
De son côté, le directeur du Centre climatologique national, Sahabi Abad Salah, est intervenu pour expliquer le rôle qui est dévolu aux services de l’ONM. Ces derniers «sont chargés d’alerter les citoyens et les pouvoirs publics » dira-t-il, précisant, toutefois, qu’«ils ne peuvent en aucun cas prévoir des inondations de quelque ampleur qu’elles soient».
Faisant remarquer que « les prévisions météorologiques ne relèvent pas d’une science exacte », le même responsable estimera que « c’est donc aux pouvoirs publics d’assumer leur responsabilité dans de telles situations ».
Il ajoutera qu’«une fois le bulletin météo diffusé, les autorités compétentes doivent mettre en œuvre les moyens nécessaires pour anticiper la menace ».
Abondant dans le même sens, les responsables présents à la rencontre d’hier ont souligné que 48 heures avant les intempéries de la fin de semaine dernière, l’ONM avait
« rempli sa mission de prévention » en émettant un bulletin météo spécial sur sa carte vigilance concernant la pluviométrie.

« Un problème mondial »
Emboîtant le pas au directeur du Centre climatologique national, la chargée de l’information auprès de l’ONM, Houaria Ben Rakta, soulignera, elle aussi, que « les services de météorologie à l’échelle internationale trouvent des difficultés à prévoir les quantités de pluies pouvant accompagner les cellules orageuses ». La spécialiste a qualifié ce phénomène de « problème mondial», car, a-t-elle expliqué, « les quantités de pluie pouvant être prédites concernent des perturbations classiques, contrairement à la cellule orageuse dont le développement et les quantités de pluie l’accompagnant sont difficiles à prévoir». Elle a, en outre, souligné, que
« l’ONM a pour principale mission, la protection et la préservation des personnes et de leurs biens, non pas par l’intervention en cas de catastrophes naturelles, mais par des prévisions précises sur l’endroit et le temps de survenance d’une violente perturbation qui sont signalées instantanément aux responsables et services concernés en vue de prendre les mesures nécessaires ».

« La carte de vigilance » …plus performante que jamais »
Lancé en mars 2017, le système de vigilance, contrairement au BMS, couvre sept paramètres métrologiques dangereux, à savoir les fortes précipitations, le vent fort, les orages, les neiges et verglas, la canicule, les vagues de froid et les vents de sable. Dans la forme, le système est constitué d’une « carte de vigilance » publiée quotidiennement par l’Office national de la météorologie pour une échéance de 24 heures. Elle est basée sur un découpage administratif par wilaya.
Cette carte est actualisée deux fois par jour : à 6h et à 17h. En cas d’évolution rapide de la situation météo, des mises à jour complémentaires peuvent être réalisées à mesure que les prévisions se précisent. Le principal avantage de ce système est sa large diffusion. En effet, la carte de vigilance peut être consultable quotidiennement sur le site web de Météo Algérie. Mieux encore, Météo Algérie a lancé une application pour smartphone, téléchargeable gratuitement par le grand public. Selon le directeur général de l’Office, « ce nouveau produit vise à remplacer graduellement les bulletins météorologiques spéciaux (BMS) ».