Avec la convocation, par le chef de l’Etat, du corps électoral pour une élection présidentielle à tenir avant la fin de l’année, c’est une nouvelle séquence qui s’ouvre dans une crise politique et institutionnelle qui a vu ce même rendez-vous reporté à deux reprises. Cette perspective était déjà dans l’air avant qu’elle ne prenne le sens d’un rendez-vous, particulièrement depuis la suggestion du chef d’état-major pour une élection présidentielle avant la fin de l’année en cours. La suggestion de Gaïd Salah a été différemment appréciée par les courants politiques au moment où le mouvement populaire maintient son opposition à l’organisation de cette échéance sous l’encadrement législatif traditionnel et avec le personnel politique décrié, notamment les figures affiliées au règne d’Abdelaziz Bouteflika. Aujourd’hui, il est à l’évidence prématuré de prédire quelle serait la réaction de la rue, qui demeure mobilisée depuis plus de six mois pour réclamer le changement du système politique. L’élément nouveau dans cette équation évoque vraisemblablement la création de l’Instance nationale, chargée de l’organisation de l’opération électorale, qui est venue au bout d’un processus de dialogue qui a fait des mécontents. A cette Instance, présidée désormais par l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Charfi, est confiée la mission d’encadrer le processus dans ce qui s’apparenterait à un transfert des prérogatives de l’administration, vouée aux gémonies par l’ensemble de la classe politique et des citoyens algériens. L’arrivée de cette instance comme élément central du processus électoral sera-t-elle en mesure de créer les conditions possibles pour la tenue de ce scrutin présidentiel ? Sans doute que les partisans d’un processus autre que celui évoquant le respect de l’ordre constitutionnel ne vont pas s’inscrire dans cet agenda. Certaines formations politiques l’ont exprimé bien avant que l’échéance ne soit fixée. A cet effet, les prochains jours et semaines apporteront sans doute une réponse claire aux interrogations relatives à ce rendez-vous. Mais ce qui est sûr, à présent, c’est que le personnel politique, à la différence des positions que prendront les uns et les autres, est appelé à donner une intensité aux débats dans une conjoncture politique très particulière.