Le Britannique Tyson Fury a dominé aux points à l’unanimité des trois juges le Suédois Otto Wallin samedi à Las Vegas au terme d’un combat sans ceinture en jeu. Sérieusement blessé à l’oeil droit dès les premières minutes du combat, le «Gipsy King» s’en est finalement sorti et attend désormais de défier de nouveau l’Américain Deontay Wilder, champion WBC des lourds. Le Britannique Tyson Fury, ouvert à l’arcade sourcilière droite dès le 3e round, est tout de même parvenu à venir à bout du Suédois Otto Wallin, samedi à Las Vegas (Etats-Unis). Fury, 31 ans, ancien champion WBA, WBO et IBF des poids lourds, s’est imposé sur décision à l’unanimité des juges (116-112, 117-111, 118-110), au terme de douze rounds où il a une nouvelle fois montré sa capacité à renverser une situation mal engagée. Il a signé sa 29e victoire, dont 20 avant la limite, pour un nul, et a infligé à Wallin son premier revers en 22 combats.
Il se passe toujours quelque chose avec Tyson Fury : le fantasque poids lourd britannique, a trouvé les ressources pour vaincre aux points Wallin, au terme d’un combat digne de «Rocky». Si Sylvester Stallone était devant son écran de télévision, il a dû sourire en voyant ce combat rappelant ses films de boxe, un peu à l’ancienne, mené au bout des douze rounds entre deux boxeurs donnant tout pour l’emporter. Fury avec un sentiment d’urgence devant le risque d’être arrêté sur blessure, Wallin, qu’on n’attendait pas si tenace, conscient de l’exploit qui l’attendait.


«WIlder, t’es le prochain, abruti !»
L’Américain Deontay Wilder a dû lui aussi sourire en voyant celui qui l’avait contraint au nul il y a dix mois être ainsi bousculé. S’il bat en novembre son compatriote Luis Ortiz, il retrouvera comme prévu Fury le 22 février pour mettre les choses au clair, avec sa ceinture WBF en jeu. «Deontay Wilder, t’es le prochain, abruti !», a d’ailleurs hurlé à son endroit le Britannique juste après le combat. Reste désormais à savoir si sa blessure, qui l’a obligé à aller se faire soigner à l’hôpital, n’est pas de nature à retarder ce rendez-vous. En attendant, le boxeur de Manchester a bien dû s’employer durant les 36 minutes qui l’ont mené à sa 29e victoire (dont 20 avant la limite, un nul) pour redresser une situation très mal engagée après ce violent crochet gauche de Wallin qui a fait exploser son arcade sourcilière. Cet imprévu dans ce combat qu’il pensait régler assez vite – probablement à l’image de celui remporté après deux rounds contre l’Allemand Schwarz en juin -, a fait douter Tyson Fury pendant les trois reprises suivantes, sans que Wallin ne tente vraiment d’en profiter pour l’enfoncer. Alors à chaque retour dans son coin, pendant qu’il serrait les dents en se faisant refermer cette imposante blessure, son entraîneur le maintenait dans le combat avec ces mots répétés : «Ne panique pas, ne stresse pas, reste calme. On te soigne bien, tu ne risques rien». Une méthode Coué, ajoutée à l’excellent travail du soigneur, qui ont eu pour effet de relancer le vaillant Britannique, largement dominateur durant la seconde partie du combat, avec des coups puissants qui ont épuisé Wallin, sans le faire tomber toutefois.

Victoire unanime
Malgré un sursaut dans le dernier round qui lui a causé une ultime frayeur, Fury a logiquement été donné vainqueur à l’unanimité des trois juge (116-112/117-111/118-110). Le short blanc maculé de sang, celui qui était entré sur le ring de la T-Mobile Arena avec un pancho en soie aux couleurs du Mexique sur les épaules, sombrero sur le chef, sur un air de mariachi, a rendu à sa manière un hommage vibrant aux boxeurs du pays frontalier des Etats-Unis, qui fêtera son jour d’Indépendance lundi. Il était animé de la même grinta que les nombreux combattants valeureux qu’a donné le Mexique à la boxe. Ce que n’a pas manqué de souligner, fair-play, Wallin après cette première défaite en 22 combats : «J’ai fait de mon mieux mais Tyson est un grand champion. Je savais qu’il était coupé (à l’arcade) mais aussi qu’il faudrait en faire plus pour le battre».