Le projet de loi de Finances 2020 abandonne la règle qui fixe la part de participation d’un investisseur étranger dans une société de droit algérien à 49%, contre un taux de 51% du capital social pour l’investisseur local. Le renoncement à la règle du 51/49 dans l’investissement étranger est loin de laisser indifférent. Cette règle a fait tellement parler d’elle depuis sa promulgation, il y a dix ans, lorsque la LFC 2009 a introduit un changement de cap radical en matière d’investissements étrangers, que son annulation constitue un fait des plus importants. Les observateurs estiment que cette abrogation est une bonne nouvelle, notamment pour l’emploi au niveau des PME-PMI. D’autres y voient déjà l’abandon de l’Etat d’un pan de sa souveraineté face à l’impitoyable capital mondial. En attendant sa promulgation, cette décision fera encore débat. La généralisation de la règle du 51/49 et les autres restrictions introduites ont longtemps servi d’arguments aux partenaires européens en réponse à ceux qui critiquent l’accord d’association : c’est l’Algérie qui ne veut pas d’investisseurs en créant une instabilité juridique. Pour de nombreux économistes, c’était de la pure démagogie, voire une prime accordée aux groupes particulièrement influents des importateurs en périodes fastes des revenus pétroliers. Ce verrou constituera à l’évidence, depuis dix ans, une pierre d’achoppement entre différentes tendances et écoles économiques internes et externes. Mais l’abrogation de cette règle ne signifie en rien le retour en force des investissements étrangers en Algérie. Tant l’environnement ne semble pas suivre. Le climat des affaires est-il favorable à l’heure actuelle pour l’investissement étranger ? L’Algérie est-elle assez attractive pour les investissements étrangers, particulièrement rétifs aux systèmes instables sur le plan de la promulgation des lois, notamment ? Pour beaucoup d’observateurs, la réponse est négative. Et l’éventuelle abrogation de cette loi pourrait bien ne pas avoir l’effet escompté.