Belkacem Babaci, le moudjahid, l’historien, l’intellectuel, le journaliste, l’homme d’action, s’est éteint, avant-hier mardi, à l’âge de 80 ans à Alger. Il a été inhumé hier après-midi au cimetière de Draria, au terme d’une vie riche et d’un parcours passionnant, dont le souvenir restera longtemps vivant dans la mémoire collective des Algériens et des Algérois, en particulier, lui, qui était féru d’Alger et de son histoire millénaire, notamment celle de la Régence dont il a partagé, à sa manière, les grandes pages grâce à son émission sur radio El Bahdja «promenade en histoire».

Babaci est né en 1939 à Alger. Il a rejoint les rangs du Front de libération nationale (FLN) alors qu’il avait 20 ans, avant d’occuper après l’Indépendance, plusieurs postes dans des institutions étatiques. Il a occupé, durant plusieurs années, le poste de président de la «Fondation Casbah» créée en 1991, dans le but de protéger et préserver cette ancienne médina, classée en 1992 Patrimoine de l’humanité de l’Unesco. Il était également connu pour ses émissions télévisées et radiophoniques sur la Casbah.
Mohamed Balhi, écrivain, journaliste, lui-même auteur de plusieurs ouvrages d’histoire et de mémoire, et ami de Babaci, lui a rendu hier un vibrant témoignage d’admiration et de respect pour sa personne et son travail. «C’est une grande perte pour l’Algérie. C’est un homme de culture et intellectuel qui s’est battu pour la réappropriation du patrimoine national. Il a beaucoup travaillé pour que l’Algérie récupère le fameux canon de Baba Merzoug et ce, au lendemain de la colonisation. Ses appels et ses actions n’ont, malheureusement, pas été suivis faute d’une volonté politique de la part des pouvoirs publics. Il a édité un ouvrage concernant le sujet», a rappelé M. Balhi. Avant d’enchaîner : «Le nom de Babaci est lié à la sauvegarde du patrimoine national de La Casbah, la mémoire collective des Algérois et Algériens. Babaci avait joué un grand rôle pour que La Casbah soit un patrimoine préservé.»
«Belkacem Babaci n’est pas uniquement un homme de culture, mais un journaliste aussi. C’est grâce à lui que l’Algérie possède l’un des grands magazines «Bab Ezzmane», un portail électronique incontournable dans le domaine de l’histoire et de la culture algériennes. M. Balhi souhaite que les autorités algériennes rendent hommage au défunt. «Il a été le parfait intellectuel, un homme d’idées et d’actions, à mon sens. Je pense qu’Alger doit lui rendre hommage en donnant le nom d’une place ou d’une rue au défunt».