C’est la dernière ligne droite avant la convocation du corps électoral. Le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, ne lésine plus sur aucun moyen pour être dans les délais, fixés initialement par le vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, qui avait suggéré que l’appel aux électeurs soit lancé le 15 du mois en cours.

D’ailleurs, au lendemain de la proposition faite par le chef d’état-major, la machine s’est aussitôt mise en branle aussi bien au niveau du panel qu’au sein du gouvernement. L’un comme l’autre se sont mis à accélérer la cadence pour que tout puisse être fin prêt pour le 15 septembre prochain. Après quelques semaines passées à rencontrer les partisans de la solution par les urnes, Karim Younès et les membres de son panel ont été pris de court par le vice-ministre de la Défense et comme contraints à hâter la cadence pour que l’Exécutif puisse examiner ses suggestions. L’ancien président de l’Assemblée populaire nationale s’est aussitôt dit prêt à être dans les délais fixés par le chef d’état-major, promettant la présentation du rapport final de ses consultations sous 48 heures ainsi que deux propositions de loi liées à la haute instance de préparation et d’organisation des élections et à la loi électorale. Chose promise, chose faite. Au sein du panel, en dépit des démissions et des critiques, le rapport aura servi à mettre en évidence la convergence des avis vers l’impératif d’un scrutin électoral, compte tenu de la complexité de la situation économique actuelle. Le coordinateur du panel a minimisé l’existence d’avis contraires et rassuré par là même sur la volonté du pouvoir à mettre en place les mesures techniques et politiques pour réunir les conditions nécessaires à la tenue d’une élection.
Karim Younès était allé jusqu’à prédire le départ de M. Noureddine
Bedoui, alors que le départ de son gouvernement, dans son ensemble, faisait partie des préalables posés par le panel pour l’entame de ses consultations. Reçu par le chef de l’Etat par intérim pour lui remettre ses conclusions, Karim Younès a été investi d’une nouvelle mission, mener de nouvelles consultations pour la désignation des membres de la haute instance de préparation, de surveillance et d’organisation des élections.
Sur cette question, son panel a fait des propositions de loi au chef de l’Etat par intérim. Ce dernier a convoqué aussitôt un Conseil des ministres pour examiner les deux propositions se rapportant à la révision de la loi électorale et à la mise en place de ladite haute instance, pour qu’elles puissent être transférées le jour même à l’Assemblée. Le bureau de l’APN a été saisi lundi et les membres de la commission des affaires juridiques se sont réunis, hier, pour débattre des deux projets de lois organiques. Ceux-ci doivent être débattus en plénière ce jeudi, selon des indiscrétions. L’examen sera assurément expéditif, tant au niveau de l’APN qu’au niveau du Sénat. Le tout pour permettre de convoquer le corps électoral le 15 septembre prochain afin que l’élection présidentielle puisse se tenir avant la fin de l’année en cours. Pour ainsi dire, l’appel d’Ahmed Gaïd Salah à hâter l’agenda électoral a donné lieu à une accélération sans précédent des préparatifs techniques et politiques. Si la démission de M. Noureddine Bedoui, rapportée hier par l’agence Reuters, venait à être confirmée, ce serait une nouvelle concession du pouvoir, voire un gage de ses bonnes intentions qui s’ajoute à la lutte contre la corruption enclenchée et managée par le ministère de la Justice. Néanmoins, la question qui demeure posée par-dessus tout est celle de savoir si les gages donnés par le gouvernement sont suffisants pour convaincre les électeurs quant à la transparence du scrutin et la neutralité de l’administration. La démission du gouvernement Bedoui a été fortement réclamée par la rue, mais rien ne garantit que son départ puisse être un élément qui pourrait faire sauter le verrou de l’abstention et du boycott. <