Certains attribuent les fuites d’eau à des travaux effectués par des entrepreneurs peu scrupuleux, d’autres à des actes de sabotage des riverains pour permettre à leur cheptel de s’abreuver. En tout état de cause, ces pertes se répercutent sur les citoyens.

Il suffit de faire un tour du côté de quelques agglomérations pour se rendre compte que les travaux effectués pour canaliser l’eau des barrages vers les châteaux d’eau sont éventrés, laissant échapper une importante quantité de ce liquide précieux, source de vie. L’eau se perd dans la nature pendant que de nombreux citoyens sont privés des journées durant. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tous les travaux n’ont pas une durée de vie de dix ans. Une telle situation endémique prouve si besoin est que les clauses du cahier des charges n’ont jamais été respectées par les bénéficiaires de ces projets. Enfin, autrement dit, plusieurs auteurs ont fermé l’œil sur la décennale qui contraint tout entrepreneur de reprendre les travaux si ces derniers sont signalés par des anomalies. Le problème est enregistré au niveau de plusieurs communes que nous avions visitées la semaine passée. Un cadre des services hydrauliques de la wilaya nous dira que les contrôles ne se font presque jamais, la réhabilitation des réseaux AEP sont déclarés achevés à 85%, mais en réalité à 60% des travaux sont bâclés parce qu’ils n’ont jamais été concrétisés dans les normes. A El Tarf, le manque de rigueur dans les contrôles est la première cause de ces catastrophes apparentes sans être ingénieur hydraulicien. Responsables et entrepreneurs empochent le pactole à la recherche d’un autre projet juteux et les citoyens sont mis à rude épreuve aussi bien en hiver qu’en été. Dans presque toute les daïras, l’approvisionnement en eau potable connaît un dysfonctionnement. On avance que 15 communes sur 24 vivent le calvaire du manque d’eau. Pourtant, El Tarf est la mieux arrosée par Dame Nature avec 1 200 mm d’eau par an et dispose de trois barrages, 80 forages dans la seule daïra de Bouteldja. Par ailleurs, 70% des habitants des cités dortoirs ne bénéficient pas d’eau courante. Le dysfonctionnement de l’approvisionnement en eau potable perdure depuis de nombreuses années et les responsables qui se sont succédé sur le secteur ne se sont jamais inquiétés et personne ne leur a demandé de comptes. Ces anomalies qui perdurent dans le temps ne cessent d’envenimer le quotidien et d’incommoder les usagers qui ne peuvent emprunter certains endroits où des odeurs nauséabondes les asphyxient. Les responsables qui passent par ces lieux se bouchent tout simplement les narines. Aussi, les habitants exaspérés renouent avec la fermeture des routes qui attise la grogne du citoyen lambda. De telles situations ne dérangent guère les premiers responsables de ces communes. Au dysfonctionnement d’approvisionnement d’eau potable, accentué par les fuites viennent se greffer les odeurs nauséabondes, source de prolifération de moustiques en ce début de saison automnale. Les travaux qui viennent d’être entamés à Aïn Assel sur une conduite auront des répercussions néfastes sur plusieurs quartiers de chef-lieu de cette commune et de Ramel Souk, El Frin, El Ayoun et El Kala. Une opération qui a pour objectif de procéder à un changement de tuyauteries par la direction des services de l’hydraulique. Souhaitons que ces travaux ne durent pas une éternité !