Le gouvernement sud-africain s’est engagé mardi à sévir contre les patrons qui emploient des immigrés clandestins, dans la foulée de la récente vague de violences xénophobes nourries par la pauvreté et un fort taux de chômage, qui a fait au moins 12 morts.
La ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula a promis que les forces de sécurité allaient «s’attaquer aux patrons et entrepreneurs privés qui ne respectent pas les lois sur le travail et l’immigration», au cours d’une conférence de presse.
Depuis ces dix derniers jours, l’Afrique du Sud a été secouée par une vague d’émeutes et de pillages dirigées en priorité contre les habitants et les commerces des étrangers, principalement dans sa plus grande ville Johannesburg.
Première puissance industrielle du continent, le pays accueille des millions de migrants en quête de paix ou d’emplois. Dans les townships pauvres du pays, ces étrangers, souvent en situation irrégulière, tiennent de nombreux petits commerces et occupent des emplois sans qualification pour des salaires très bas que refusent la plupart des Sud-Africains. Depuis des années, les tensions entre communautés sont vives et virent à l’émeute au moindre incident. Depuis la semaine dernière, des chauffeurs-routiers sud-africains ont attaqué et brûlé plusieurs camions conduits par des étrangers employés en Afrique du Sud. La récente vague de violences xénophobes a provoqué des manifestations contre les intérêts sud-africains dans plusieurs pays, notamment au Nigeria. Contraint pour des raisons de sécurité d’y fermer son ambassade à Abuja et son consulat à Lagos, Pretoria a annoncé mardi leur réouverture.n