Pour le premier mardi de la rentrée, les étudiants ont tenu à marquer le coup en sortant dans la rue. Ils étaient près d’un millier, entre étudiants et citoyens, dont certains étaient apparentés à des partis politiques. Dans le défilé, on reconnaîtra, en effet, des militants RCD, FFS, PT, auxquels se sont joints des avocats, des médecins, qui ont tenu à prêter main forte aux étudiants, peu nombreux du fait que l’année universitaire n’est pas entamée. Scandant « Non aux élections sans transition ! », les marcheurs ont arpenté le parcours habituel, qui va du portail de l’université Hasnaoua jusqu’au mémorial des Martyrs, à l’extrémité ouest de la ville. Tout en reprenant les slogans habituels, appelant le système et « ses » hommes et symboles à s’en aller, ils ont réitéré leur rejet de l’élection présidentielle, dont le processus semble définitivement engagé par les autorités. « Non aux élections sans transition ! » ont-ils scandé, clamant leur détermination à atteindre les objectifs du mouvement du 22 février. « Pour notre liberté, nous irons jusqu’au bout, quel que soit le prix », « Ya h’na ya n’touma, ma ranach habsin » (ce sera vous ou nous ! Nous ne nous arrêtons pas), criaient-les manifestants, prenant pour cible le chef des armées: « Gaïd Salah dégage ! », ou encore « Asmaa ya Gaïd, Asma aya Gaïd ! Doula madania, asmaa ya Gaïd, asmaa ya Gaïd, machi aaskaria » (Ecoute Gaïd Salah, Etat civil et non militaire). Toujours aussi inspirés et inventifs, les marcheurs adaptent des chants et airs du terroir habillés des slogans alliant l’histoire et l’actualité du mouvement. « Ya Amirouche ya El Haoues, el moudjahidine f-lahbas » (Ô Amirouche, ô El Haoues, les moudjahidine sont mis en prison). Un slogan dédié au moudjahid Bouregaa dont la libération, à l’instar de l’ensemble des prisonniers d’opinion et des manifestants porteurs du drapeau amazigh, reste le leitmotiv des marches de toutes les manifestations populaires.

Houssem A. M.