La commission juridique, administrative et des libertés de l’assemblée nationale s’est réuni, hier, pour statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de trois députés : Mohamed Djemaï, Benhamadi Ismail et Berri Saker.  Dans ce cadre, les membres de cette commission ont examiné les modalités juridiques inhérentes à la procédure de levée de l’immunité parlementaire. Amar Djilani, le président de cette structure, dans une allocution prononcée en ouverture de la rencontre  a grandement insisté sur  l’impératif de respecter « les formes de cette levée de l’immunité telle qu’énoncée dans les textes ».  A l’heure où nous mettons sous presse, les membres de la commission sont encore en réunion, à huit clos pour examiner la requête du ministère de la justice. Ils devraient élaborer, à l’issue de leur conclave un rapport devant être soumis au bureau de l’assemblée nationale lequel sera remis, ensuite aux députés pour approbation. Hier, à l’assemblée nationale, une véritable tension se lisait sur les visages des membres de la commission juridique qui n’ont pas souhaité faire de déclarations à la presse, conscients probablement de la gravité des faits reprochés aux parlementaires en cause mais aussi des conséquences sur leur avenir politiques. Mais entre temps,  deux des députés concernés par la procédure ont décidé de se délester eux même de l’immunité parlementaire : il s’agit de Mohamed Djemaï ainsi que de Berri Saker. Ce qui  n’est pas le cas de Benhamadi Ismail. Il faut expliquer que le renoncement volontaire à l’immunité parlementaire des députés aura pour conséquence le transfert direct de leur dossier à la justice sans passer par son examen par le parlement. Autrement dit, les députés  de la commission juridique n’auront pas à éplucher et à examiner leur dossier en vue de se prononcer sur le sort de leur immunité.  Il faut rappeler à ce propos que le dossier le plus en vue dans le cadre de la levée de l’immunité parlementaire concerne indiscutablement celui  du député de Tébessa et Secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN), Mohamed Djemaï. C’est le ministère de la Justice  qui a saisi, le 3 septembre dernier l’assemblée national pour actionner une procédure de levée de l’immunité parlementaire contre lui. Dans une déclaration, le Secrétaire général du FLN avait soutenu que les enquêtes judiciaires le ciblant sont liées à une « affaire personnelle » qui n’a aucunement de rapports avec « la corruption ».  Djemiai qui avait soutenu avoir « une confiance totale en la Justice »  qu’il faut  «  laisser faire son travail dans le calme et la transparence » n’a pas manqué d’affirmer que  « si des chefs d’accusation venaient à être retenus contre moi, je me soumettrai à la Loi comme tout autre citoyen ». Quoiqu’il en soit, à présent que le SG du FLN s’est délesté volontairement de son  immunité, la question se pose par rapport à son avenir à la tête du parti. C’est une décision qui revient indubitablement au bureau politique qui doit statuer sous peu sur cette question. Par ailleurs et toujours en rapport avec la problématique des levées de l’immunité parlementaire, hier, le Sénateur  du tiers présidentiel Hamoud Chaib, concerné également par la procédure a annoncé qu’il renonçait volontairement à la sienne.  Nommé sénateur par Abdelaziz Bouteflika en janvier dernier, ce parlementaire mis en cause dans une affaire de « corruption » a préféré renoncer volontairement à son immunité pour éviter l’enclenchement de la procédure devant ses pairs du Sénat.

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