Reporters : La commission juridique de l’APN entamera, lundi, la procédure de levée d’immunité à l’égard de Mohamed Djemaï, secrétaire général actuel du FLN. Quel effet sur la vie et les organes du parti ?
Mustapha Maâzouzi : Cette procédure prévue lundi va être entamée seulement au niveau de l’APN. Néanmoins, le secrétaire général avait déjà affirmé, jeudi, qu’il va concéder son immunité sans passer par la procédure habituelle si jamais il est convoqué par l’APN à cet effet. S’il y a vraiment une mise en cause, nous allons décider à ce sujet devant le bureau politique du parti qui va certainement se réunir dans une situation pareille.

C’est la deuxième fois qu’on assiste à un fait similaire, puisque l’ancien secrétaire général Djamel Ould Abbès a subi la même procédure avant qu’il soit mis en détention provisoire pour des affaires de corruption. Comment le parti en est-il arrivé là ?
Ce sont les circonstances qui nous ont menés vers une situation pareille. Pour le premier cas qui concerne Ould Abbès, nous avons traité la situation en le destituant avant même qu’il subit la procédure. Maintenant, nous sommes avec un secrétaire général élu par un congrès et nous allons traiter aussi cette nouvelle situation selon l’évolution des choses.

A l’approche de l’élection présidentielle, peut-on considérer que s’il y a mise en cause de l’actuel secrétaire général, le parti ira vers un congrès en vue d’élire un nouveau ou se penchera-t-il sur la préparation de ce rendez-vous électoral ?
Notre parti détient de grandes traditions. L’absence d’une personne n’affectera pas son fonctionnement. Le secrétaire général pourra être remplacé selon les statuts et le règlement intérieur du parti. Ce qui appuie cette approche est le fait que le comité central ainsi que le bureau politique ont pu enfin détenir leur légitimité suite au dernier congrès. Concernant cette éventuelle mise en cause de l’actuel secrétaire général, je ne pense pas que cela nécessitera une réunion du comité central, une réunion du bureau politique suffira pour décider de façon légale et règlementaire. Les prochaines présidentielles sont notre plus grande préoccupation, soit par la présentation d’un candidat, soit par le soutien d’un candidat consensuel du courant nationaliste.

Que pensez-vous des déclarations du secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), qui a demandé de mettre le FLN au musée ?
D’abord, ce n’est pas l’organisation qui a préconisé une chose pareille. L’ONM détient un conseil national et même si elle le préconise elle n’a pas le droit de le faire. C’est seulement les déclarations d’une personne qui n’a pas la prérogative d’un véritable secrétaire général. Seul le peuple peut nous sanctionner à travers les urnes.