La démission de la ministre de la Culture semble dans l’ordre des choses. La première responsable du secteur endosse à son tour sa part de responsabilité dans la triste bousculade qui a coûté la vie à 5 personnes. Un drame insupportable tant il était largement évitable, en organisant par exemple l’évènement dans un lieu aux dimensions moins limitées. La ministre de la Culture particulièrement fragilisée depuis son nomination ne pouvait à l’évidence résister aux conséquences d’un tel drame. Ce n’est évidemment pas la fatalité qu’il faudrait incriminer. Etre «responsable » lorsqu’on organise des concerts de ce genre consiste à «prévoir », à prendre les dispositions nécessaires et à concevoir le dispositif en envisageant des situations extrêmes. Et la situation était d’emblée extrême : un stade de moyenne envergure et une foule attendue qui, sans surprise, devait être énorme.
Le drame qui a entouré le concert de Soolking et qui a causé la mort de jeunes Algériens à la fleur de l’âge ne pouvait évidemment passer. Avec le limogeage du directeur général de la sûreté nationale (DGSN), du directeur de l’Office national des droits d’auteur (Onda), et la démission de la ministre de la Culture, la sanction aura touché les strates diverses de la responsabilité. Le fait est inédit. Il n’est pas dans les « mœurs » des responsables politiques de démissionner après un drame où il y a mort d’homme par négligence. Il est évident que les autorités veulent donner l’exemple au travers d’une célérité à toute épreuve.
Dans un contexte politique pour le moins mouvant, le dramatique accident du stade du 20 Août pourrait avoir un mauvais effet si des sanctions n’étaient pas prises à l’encontre des négligents et si les responsabilités ne sont pas assumées à un haut niveau. Désormais, chacun est sommé de prendre ses responsabilités dans le secteur qu’il dirige ou l’organisme dont il a la charge. Particulièrement lorsque la sécurité des citoyens est engagée.