48 heures après le drame survenu lors du concert-événement de Soolking, organisé jeudi passé au stade du 20 Août 55 et qui a coûté la vie à cinq jeunes, des têtes sont tombées ! Au plus haut niveau dans la mesure où la sanction ne touche plus désormais le premier responsable de l’ONDA limogé de son poste au lendemain du drame. La sanction a touché, depuis hier, la ministre de la Culture, Meriem Merdaci, contrainte de céder son poste qu’elle occupait depuis fin mars.

La démission de la désormais ancienne jeune ministre était devenue inévitable au vu des réactions ayant suivi le drame du stade du 20 Août 1955 et qui a vu l’ensemble des Algériens exprimer, à travers les réseaux sociaux, leurs exigences à ce que la sanction ne s’arrête pas au seuil de l’ONDA. Officiellement, c’est Meriem Merdaci elle-même qui a présenté sa lettre de démission acceptée par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Auparavant, c’est le Premier ministre, Noureddine Bedoui qui a mis fin, vendredi, aux fonctions du directeur général de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda), Sami Bencheïkh El Hocine, pour «manquement aux obligations assignées». Ainsi, Meriem Merdaci, endosse, à son tour, sa part de responsabilité dans la triste bousculade qui a coûté la vie à 5 personnes et qui a fait 23 autres blessés. Si les décisions ont été aussi vives et surtout rapides quant à ce drame, c’est que juste après le drame, des voix se sont élevées dans la rue et les réseaux sociaux, réclamant la démission de la ministre. Les mêmes voix lui imputent ce qu’elles ont qualifié de « mauvaise organisation de l’événement », comme le cas du député Chafaâ Bouaiche, du Front des forces socialistes, qui a appelé, via une publication Facebook, la ministre de la Culture à « démissionner de son poste ». Par ailleurs, de nombreux témoins ou observateurs ont estimé qu’il ne devait rien au hasard. Selon plusieurs spectateurs présents sur place, un plus grand nombre de tickets, plus que ce que le stade du 20-Août-1955 pouvait contenir, a été vendu. D’autres soupçonnent par ailleurs que des spectateurs non munis de billets ont pu accéder à l’intérieur du stade, et notamment dans un périmètre protégé de 400 m entourant l’enceinte. Ils ont alors pris de fait la place de ceux qui en possédaient un, lesquels se sont agglutinés à l’extérieur au fil des heures pour causer la bousculade fatale.

L’indésirable !
Dans l’équipe gouvernementale de M. Noureddine Bedoui, formée dans un contexte de permanente contestation populaire, Meriem Merdaci était le membre le plus impopulaire. En effet, critiquée depuis sa désignation au dernier jour du mois de mars dernier,
Meriem Merdaci semblait être mal à l’aise dans son costume de ministre. Récemment des photos, présentées comme les siennes la montrant en train de faire du shopping aux Etats-Unis, se sont répandues comme une traînée de poudre sur la toile. Les critiques ont très vite fusé. D’ailleurs, dès son accession au département de la Culture en succession à M. Azzedine Mihoubi, les employés de son secteur ont observé un sit-in devant leur siège ministériel, scandant clairement qu’«ils ne lui reconnaîssent aucune légitimité ». Suite à ce mouvement, Meriem Merdaci a été particulièrement et personnellement ciblée par un lynchage féroce sur les réseaux sociaux. Mais comme cela ne suffit pas pour faire le buzz, des photos privées ont été largement diffusées afin de mettre à mal la personne de la ministre.