Eliminé par John Millman en huitième l’an dernier et sorti par Andrey Rublev dès le troisième tour à Cincinnati il y a huit jours, Roger Federer arrive à l’US Open prêt à rebondir mais conscient de l’ampleur du défi.

Comment avez-vous vécu votre défaite prématurée à Cincinnati ?
Ce sera peut-être mal pour un bien. Parfois, on a besoin d’une défaite comme ça pour provoquer des choses. En 2017 par exemple, après ma victoire à l’Open d’Australie, j’avais été battu d’entrée à Dubaï. Or après ça, j’avais enchaîné en gagnant à Indian Wells et Miami. Peut-être que c’est la même chose aujourd’hui. Après un bon Wimbledon (défaite en finale contre Djokovic), j’avais besoin de chuter pour me reprendre, travailler dur, faire ce que j’avais à faire. Ce sera un tournoi difficile à gagner, c’est sûr, mais je sens que je fais partie de ceux qui peuvent le faire.

Quel a été votre programme depuis ?
Au lieu de jouer les matches, je me suis entraîné à fond. J’ai pris un jour off vendredi dernier, ensuite, ç’a été trois heures par jour samedi, dimanche et lundi. Et puis deux jours de repos parce que l’idée, c’est d’arriver à l’US Open avec de la fraîcheur. Ici, j’ai fait une séance jeudi et vendredi avec Stan (Wawrinka), une heure. Samedi et dimanche, je fais ce qu’il faut pour être en forme lundi soir.

En Grand Chelem, vous restez sur cette incroyable finale perdue à Wimbledon contre Novak Djokovic. A-t-elle été difficile à digérer ?
J’ai eu du mal les premiers jours mais j’étais en balade dans l’arrière-pays suisse avec mes enfants donc je n’ai pas trop eu le temps de penser à ça. J’étais trop occupé à organiser ma vie autour des enfants. Il y a eu quelques flash-backs par moments où je me disais j’aurais dû faire ceci ou cela… Après quelques jours, c’est sorti de mon esprit. Il y a aussi eu quelques souvenirs qui sont revenus sur les premiers jours de tennis. Mais au final, je suis heureux d’avoir fait partie d’un tel match, aussi spectaculaire. C’était une belle bataille et quelqu’un devait gagner. Ça m’est arrivé avant des défaites difficiles comme ça.

Novak Djokovic, Rafael Nadal, vous, les favoris pour le titre ici sont une nouvelle fois les mêmes…
Maintenant que Novak, Rafa et moi sommes à nouveau en bonne santé, ça rend les choses plus difficiles pour tous les jeunes joueurs. Mais ils frappent à la porte et de plus en plus fort. Il faut garder en tête que la domination de Novak, de Rafa, ce n’est pas une chose «normale». Au tennis, tout se joue à si peu… les marges sont infimes. Si on gagne 55 % des points, c’est déjà dominer. Donc, oui, ce sont les mêmes favoris cette fois et ce serait une grosse surprise si quelqu’un d’autre parvenait à gagner. »
Paru dans Lequipe.fr