Depuis mercredi, Hakim Medane n’est plus le manager général de l’équipe nationale. L’ancien numéro 10 de la JS Kabylie a officiellement déposé sa démission signifiant la fin d’une mission qui a duré un peu plus de deux ans. Un départ, loin d’être surprenant, précipité par certains événements qui le laissaient prévoir. Et ce, pendant même la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte. Voire avant.

Le divorce était déjà consommé avant même que l’EN ne se rende en terre égyptienne pour disputer la CAN 2019 qu’elle a fini par remporter. S’il était resté, c’était plus pour des raisons de stabilité. La relation entre Medane et Belmadi, sélectionneur national, s’était déjà détériorée. Le driver des « Verts » ne faisait plus confiance au concerné qui avait voulu cacher ce qui était un « écart discipline » aux yeux du coach. On parle ici de l’« affaire » Atal qui avait fait entrer une personne étrangère au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa (Alger) lors du regroupement du mois de mars. Une histoire qui n’était parvenue aux oreilles de Belmadi que lors du stage préparatif de la messe africaine. Une information qui avait soulevé ses courroux. Belmadi avait même songé à tout plaquer avant de revenir à de meilleurs sentiments. En tout cas, lors du tournoi continental, Medane était souvent en tenue civile et évitait les sorties médiatiques. Il était resté là juste pour remplir un poste et ne pas laisser place à la déstabilisation et aux sujets extrasportives susceptibles de déconcentrer les Fennecs. De retour avec le trophée, la rumeur de son retrait enflait.

Faux-vrai départ
Cependant, le 31 juillet dernier, à l’issue du Bureau Fédéral post-CAN, la Fédération algérienne de football (FAF) avait tenu à étouffer ces bruits de couloirs : « La FAF tient à démentir les informations faisant état d’une démission ou un limogeage du manager général de la sélection Hakim Medane. Ce dernier a présenté, comme il est d’usage, son bilan devant le Bureau fédéral qui l’a approuvé à l’unanimité. Ce bilan est positif puisque l’équipe nationale a réussi à s’adjuger son deuxième titre continental », pouvait-on lire sur la page officielle Facebook.
Le natif d’El-Harrach, où il avait fait ses débuts de footballeur, avait réagi en indiquant que « s’il y a une nouvelle organisation qui va se faire au sein de la FAF, bienvenue à toute personne qui peut apporter à l’équipe nationale. Je ne suis pas éternel en équipe d’Algérie. Je suis venu au BF, on m’a fait confiance, on m’a donné l’opportunité de travailler et hamdoullah je suis aujourd’hui champion d’Afrique. On est là pour le football, pas pour autre chose. Je ne suis pas un parachuté.» Trois semaines plus tard, après avoir pris ses vacances et réfléchi à la situation, le voilà quitter ses fonctions managériales.

Un apport proche du néant
L’instance fédérale l’a confirmé mercredi : « après plus de deux années en tant que manager général de l’équipe nationale A, Monsieur Hakim Medane a décidé de prendre du recul en se mettant à la disposition du Président de la Fédération algérienne de football (FAF) et du Bureau Fédéral dont il est membre, et ce, pour d’autres missions. M. Medane, qui s’est donné à fond depuis son installation à la tête de l’administration de l’équipe nationale lors du premier BF de l’actuelle équipe fédérale, s’est senti fatigué et a donc demandé d’être déchargé de sa mission», a-t-elle écrit sur son site officiel.
Le concerné, qui sera toujours membre du BF de la FAF, s’est senti « fatigué et écœuré par une campagne haineuse qui m’a visé personnellement et a visé la Fédération. J’ai donc préféré laisser la place à une autre compétence afin de poursuivre cette mission.» Medane part donc avec le sentiment du devoir accompli vu que les « Fennecs » ont été sacrés champion d’Afrique quand il était en fonction. On soulignera, toutefois, que le concerné a échoué dans pas mal de dossiers. Surtout pour ce qui est de convaincre des joueurs de qualité de rejoindre « El-Khadra ».
On prendra le cas Houssem Aouar (Olympique Lyonnais) dont la venue a été évoquée sans jamais être conclue. Il faut aussi savoir que la préparation de la CAN 2019 au Qatar a été planifiée par Belmadi. En effet, les Qataris ont gracieusement offert le séjour du stage au driver des « Guerriers du Sahara ». C’était pour services rendus lorsqu’il était aux commandes techniques de leur sélection et Al-Duhail, club qui lui a permis de découvrir la fonction d’entraîneur. Somme toute, la démission de Medane est tout, sauf une grosse perte. n