Le concert donné, jeudi dernier, par Soolking s’est transformé en un véritable cauchemar pour les milliers de fans. Cinq morts et plus de 80 blessés pour ce premier rendez-vous qui devait être celui des retrouvailles. Une enquête a été ouverte et devra déterminer les éventuelles responsabilités des organisateurs.

Le rush était prévisible pour le concert du rappeur Soolking. Cependant, il a dépassé les prévisions des organisateurs et surtout des fans qui sont venus nombreux assister à l’événement. Ainsi, la fête, qui devait être «belle», s’est transformée en drame.
Le rappeur algérien Soolking avait invité plusieurs amis, dont Fianso, l’Algérino et Alonzo, pour un grand concert au stade du 20 août 1955 d’Alger. Alors que le public attendait avec impatience l’arrivée des artistes sur scène, un terrible drame s’est joué à l’extérieur de l’enceinte.
Un mouvement de foule s’est produit aux alentours de 20h, soit une heure avant le début du show. Pour les faits, l’allée menant à l’entrée était tellement exiguë qu’il y avait déjà des débordements. A force de pousser, des jeunes sont tombés. Sous la violence de la bousculade des barrières ont été déplacées.
Plusieurs personnes sur les réseaux sociaux affirment que le stade était pourtant déjà rempli, mais de nombreux fans, qui avaient leurs billets, étaient toujours bloqués aux entrées.
Résultat de ce drame : 5 morts et 86 blessés. Les victimes de ce tragique accident sont âgées entre 13 et 23 ans. Il s’agit de Ali Agha Sofia ((23 ans, originaire d’Alger), Kadi Chiraz (19 ans, Alger), Baouche Rahim (21 ans, Alger) et Amine Yasser (13 ans, Tlemcen). La dernière victime, elle, n’a pas encore été identifiée. Mais selon notre source, elle doit avoir 16 ans.
Parmi les personnes blessées, 32 ont été gardées en observation, tandis que d’autres, qui souffraient de blessures sans gravité, ont quitté l’hôpital Zemirli, dans la proche d’Alger banlieue d’Alger, ainsi que l’hôpital de Mustapha Bacha. Par ailleurs, plusieurs témoignages font, en outre, référence à des conditions d’attente déplorables et de longues files très compactes devant les différentes entrées, depuis la matinée.

Une enquête a été ouverte
Certains accusent les organisateurs d’avoir sous-estimé l’engouement autour de l’artiste et d’avoir laissé entrer des personnes qui n’avaient pas de billets, alors que des milliers de fans à l’extérieur avaient leurs tickets en main. Plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des personnes sur des brancards aux abords du stade, et la cohue dans les hôpitaux où les victimes ont été conduites.
Une enquête judiciaire «approfondie» a été ouverte sous la supervision du parquet de Sidi M’hamed pour déterminer les circonstances de la tragédie et établir les responsabilités. Le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’Hamed s’est déplacé, jeudi soir, sur les lieux avant de se rendre par la suite au CHU Mustapha Bacha pour s’enquérir de l’état des blessés.
D’autre part, avons-nous appris de source policière, les organisateurs du concert présents sur les lieux étaient au courant une heure avant le début du concert qu’il y avait des morts et des blessés dans la bousculade, sans prendre la décision d’annuler l’événement.
Selon le capitaine de la Protection civile Nassim Bernaoui, la bousculade est survenue à l’une des entrées du Stade du 20-Août. «Nous avons transporté 13 victimes dans un état critique vers l’hôpital Mustapha» Pacha d’Alger, où cinq d’entre elles sont décédées, a-t-il ajouté. Devant l’hôpital, Ahmed Kadi, les yeux rougis, attend de récupérer le corps de sa fille Chourouk, 18 ans : «Je ne savais même pas que ma femme et ma fille se rendaient au concert. Il y a eu bousculade, elles ont été séparées», a-t-il expliqué difficilement à l’AFP. Chourouk était «ma benjamine. Elle devait passer son bac cette année», poursuit-il. «Les organisateurs ont mal fait leur travail».
Non loin, Abderezak, 63 ans, est venu accompagner son ami Rachid Kadri venu récupérer la dépouille de sa fille Chiraz, 19 ans. «Il n’était pas prévu que Chiraz y aille mais comme elle a eu son bac, son père a voulu lui faire un cadeau et l’a laissé partir avec ses copines», raconte-il, estimant «criminel d’organiser un concert pareil au Stade du 20-Août», petit et vétuste.

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