La rencontre qui va réunir aujourd’hui, à la Safex, les acteurs de la société civile et les partis politiques de l’opposition – ceux regroupés autour de l’alternative démocratique et ceux des forces du changement – sera celle de la concertation, explique, le président de Rassemblement actions jeunesse (RAJ). Abdelouahab Fersaoui estime que l’objectif de la réunion, qui est un prolongement de celle du 15 juin dernier, est de dégager des points communs entre les animateurs de la scène politique.

Reporters : Quel est l’ordre du jour de la réunion des dynamiques de la société civile prévue aujourd’hui et quels sont les partis politiques attendus à ce rendez-vous ?
Abdelouahab Farsaoui : Aujourd’hui, c’est la première rencontre de concertation qui rassemble à la fois les partis politiques des deux pôles, le pôle de l’alternative démocratique et le pôle des forces du changement, ainsi que les dynamiques de la société civile, sans oublier les personnalités nationales qui sont connues dans le mouvement de protestation. Pour nous, les dynamiques de la société civile, qui ont initié cette rencontre, celle-ci est un prolongement de la conférence du 15 juin passé lors de laquelle nous avons recommandé une feuille de route pour la sortie de crise. Nous avons déjà dit que la conférence du 15 juin n’était pas une fin en soi, mais une étape importante pour réfléchir comment aller vers une rencontre unitaire qui rassemble tous les acteurs politiques et ceux de la société civile.
Aujourd’hui, il s’agit d’une conférence de concertation autour de la situation actuelle. Nous envisageons de dégager les points communs et, pourquoi pas, mener des initiatives communes sur des questions qui font consensus. Encore une fois, la conférence d’aujourd’hui n’est qu’une étape pour d’autres réunions. Nous comptons aussi créer des liens et des passerelles entre les différents pôles politiques et les dynamiques de la société civile. Il y a nécessité de converger et de travailler ensemble pour peser. Je note qu’il y a des convergences entre les participants à ce rendez-vous.
Notre objectif est de traduire le consensus qui se dégage dans la rue (le départ du système et ses symboles) en un consensus et un projet politiques au sein des différents acteurs.

Quelles sont les divergences qui existent aujourd’hui entre les partis politiques, les acteurs de la société civile, les personnalités nationales et autres ?
Nous relevons deux tendances lourdes pour la sortie de la crise. Il y a des partis politiques et une partie de la société civile qui veulent aller vers l’élection présidentielle avec des préalables liés aux libertés. L’autre partie, veut, pour sa part, une constituante avant d’aller à la présidentielle pour assurer la rupture avec l’ancien système.
Entre ces deux tendances, nous pouvons trouver des compromis en discutant autour d’une table. C’est faisable.

Etes-vous optimiste ?
Oui. Je suis optimiste surtout avec le mouvement populaire. Je crois que le mouvement de protestation citoyen va redémarrer en force avec la rentrée sociale. Du coup, la force du Hirak va imposer aux partis politiques et aux autres de se mettre à table et de dégager un consensus.
Aujourd’hui, nous bouclons six mois de protestation populaire sans qu’il y ait une structuration ou encadrement précis. C’est le résultat du manque de confiance entre les citoyens, la classe politique et le pouvoir. C’est l’occasion ou jamais de renforcer le rôle de la classe politique et de la société civile, et de rétablir la confiance.