Le Liban est connu pour son penchant pour la mode et pour tout ce qui est clinquant, des tenues vestimentaires jusqu’aux bolides luxueux. Traverser une conjoncture économique difficile, suite aux guerres qui l’ont secoué, ne l’empêche pas d’être très porté sur tout ce qui touche au fashion ! D’ailleurs, c’est connu, la plupart des modélistes et stylistes internationaux, très convoités par Hollywood notamment, sont de nationalité libanaise.

Contrairement à beaucoup de capitales arabes, Beyrouth n’abrite pas de souks traditionnels mais surtout des centres commerciaux et des boutiques très chics. Les touristes friands de tenues, accessoires ou bijoux traditionnels, typiques de la région, seront déçus. Il n’en existe pas à Beyrouth ou très peu. Il faut se déplacer jusqu’au quartier arménien pour mettre la main sur un article typique, si on a de la chance. Ou bien aller à Tripoli ou Byblos, où les souks sont aménagés dans de vieux quartiers. Mais même là, on trouve surtout des souvenirs et des bijoux. Les robes, par exemple, qui sont exposées, sont plutôt de style syrien ou jordanien. Pour avoir, en fait, une idée de la vie, des us et coutumes et costumes des Libanais d’antan, il faut faire un tour au château de Moussa, construit sur le mont Liban, dans la région Chouf.

Marques internationales hors de prix
Dans les galeries de ce château, d’apparence médiévale, avec ses tours, son pont-levis et ses douves, des mises en scène sont animées par des poupées pour raconter l’histoire et les traditions du vieux Liban, ses différentes croyances et ses styles de vie, décors, mobiliers… On peut y voir des artisans fabriquer toutes sortes d’articles de décoration et utilitaires, des femmes au foyer maniant un moulin à grains, préparant à manger ou bien des groupes armés se préparant au combat. Pour revenir au château et pour l’anecdote, on raconte que l’histoire de sa construction est très romantique. Une histoire vraie. D’après l’un des guides touristiques, Moussa était un homme très pauvre qui était tombé amoureux de l’une de ses camarades de classe, une jeune fille issue d’une famille très riche. Un jour, il demanda sa main, mais elle la rejeta lui reprochant son statut de pauvre. Humilié, Moussa décide alors d’avoir un jour son propre château. C’est ainsi qu’il travailla d’arrache-pied, économisa son argent et acheta un terrain sur lequel il édifia son château dans les années 1960. Moussa construisit, pierre par pierre, tout seul son château. Cela lui a pris plus de la moitié de sa vie. «Il a taillé lui-même les pierres. Il a aménagé une porte d’entrée très basse de façon à obliger les visiteurs à baisser la tête. Il voulait, en fait, que sa dulcinée, en pénétrant son château, baisse sa tête devant lui pour se venger de l’affront qu’elle lui avait fait subir. Moussa, cela dit, ne l’épousa pas et jeta son dévolu sur une autre», rapporte le guide. A l’entrée de l’immense château, de très vieilles photos en noir et blanc sont exposées, montrant Moussa en train de tailler les pierres ou bien dans son château encore en chantier. Dans cette région aussi, les souks sont inexistants. Les objets artisanaux se résument surtout à des bibelots sur lesquels on peut voir les symboles ou bien les sites touristiques et historiques du Liban. Et ils sont vendus excessivement chers aux touristes étrangers. De même d’ailleurs que les marques de vêtements, parfums, d’accessoires ou de bijoux aux centres commerciaux, très nombreux à Beyrouth. Ce n’est pas pour rien que certains qualifient la capitale libanaise «le Paris du Moyen-Orient». Les dames en tout cas, qui tiennent la plupart des boutiques, sont toutes mises sur leur 31 ! Sans oublier les clientes, de 7 ans à 77 ans, qui semblent mordues de mode !

Les Algériens font aussi les boutiques
Toutes les marques occidentales pratiquement sont affichées dans les boutiques et centres commerciaux, Zara, H&M, Nike, Longchamp, Adidas, Starbucks… Selon les guides, beaucoup de touristes algériens aiment faire du shopping lors de leur passage. «Beaucoup de touristes, dont des Algériens, viennent au Liban plus pour faire du shopping que pour visiter les sites touristiques !», remarque le guide. Un couple oranais, à la retraite, se dit friand de shopping et non seulement au Liban ! «Certaines marques n’existent pas chez nous. Nous tombons parfois sur de bonnes occasions où on peut acheter des articles de marque à des prix moins chers. Surtout quand il y a des promotions», confient-ils. Un jeune couple de Batna a profité justement des offres promotionnelles de marques sportives, affichées par les boutiques chics, dans le quartier arménien. «Nous avons fait un calcul et nous avons remarqué que les prix de certains articles sont moins chers qu’en Algérie. Nous en avons donc profité», disent-ils. Outre le quartier arménien, le quartier El Hamra, au cœur de Beyrouth, est réputé aussi par ses boutiques mais aussi ses friandises et gâteaux orientaux, qui coûtent les yeux de la tête ! Un kilo de ces gâteaux peut coûter jusqu’à 50 dollars ! Mais ces magasins semblent obéir au même système de fermeture que ceux d’Alger. A 20h, les rideaux sont déjà baissés tandis que ceux des discothèques, clubs et boîtes de nuit sont déjà ouverts. La capitale libanaise est connue par sa vie by night. On peut voir les bolides luxueux longer la corniche en direction des boîtes de nuit les plus branchées. Lieux de prédilection des autochtones mais aussi de certains types de touristes qui sont plus portés sur la musique, les boissons et les jeux. Car au Liban, les casinos non plus ne manquent pas. Côté animation musicale, il y en a pour tous les goûts. Mais alors que les discothèques et les boîtes de nuit diffusent des musiques occidentales et orientales très tech, les restaurants se chargent de ce qui est local, puisant dans le répertoire d’antan. L’un de ces restaurants se trouve dans la région touristique de Jounieh, très fréquenté par les touristes orientaux. «Zeyd el khil», c’est ainsi qu’est baptisé ce restaurant dont la soirée commence à partir de 23h et se prolonge jusqu’à l’aube. En échange de 50 dollars/personne, le client a droit à un menu typiquement libanais, des boissons softs à volonté et l’animation. Irakiens, Palestiniens et Saoudiens composent les trois quarts des clients. Mais c’est surtout autour des Saoudiens que les serveurs se précipitent et s’empressent, les entourant de toutes parts en quête de pourboires exorbitants ! Au milieu du restaurant, une estrade est mise en place pour accueillir les chanteurs. Tandis que les serveurs apportent les entrées, froides et chaudes et très épicées, le premier chanteur investit la scène pour entamer un répertoire du tarab, d’Oum Kaltoum, entre autres. Peu après, une danseuse du ventre prend la relève et apporte du punch à la soirée. Après son show sur l’estrade, elle fait le tour des tables et danse avec quelques clients.

La danse du ventre pour agrémenter les soirées
Certains se montrent très flattés par tant d’attentions, d’autres, non habitués à tant d’égards, semblent gênés, surtout en présence de leurs épouses. La danseuse est relayée par un jeune chanteur libanais qui reprend les tubes les plus récents en accordant une attention particulière aux invités de marque, les Saoudiens, qui semblent habitués des lieux. Après le plat de résistance, un mélange de viandes et de légumes grillés, il entame la fameuse «debka». Là, les présents envahissent l’estrade pour s’adonner tous ensemble aux pas compliqués de cette danse traditionnelle que beaucoup de pays orientaux partagent. Les lumières tamisées et l’odeur envoutante de la chicha confèrent aux lieux une certaine intimité et un parfum d’antan.