Depuis six mois, les Algériens sortent chaque vendredi exprimer l’exigence du changement. Sans répit. Une persévérance qui dénote largement de la volonté du peuple de voir le pays passer à une phase qualitative de son existence. N’est-il pas arrivé le temps de regarder sérieusement la réalité en face et de traiter le mal algérien avec l’acuité d’un bon médecin ? L’idée du dialogue, actuellement en gestation au travers du Panel, est, sur le principe, une action salutaire, voire la seule possibilité pour se sortir du guêpier. Sauf que ne point susciter l’adhésion de la majorité des Algériens pose un véritable problème. Il reste incontestable que le début de la résolution de la crise politique algérienne post-Bouteflika ne pourrait être entamé qu’après l’accord sur l’organisation d’une élection présidentielle. Un scrutin qui, à l’évidence, n’est envisageable qu’après un accord global. La question de la confiance accordée à l’instance qui aura à charge de mettre en place, d’organiser, de surveiller le scrutin et d’annoncer les résultats, est primordiale. Essayer de convaincre impérativement ceux qui refusent même de s’insérer dans un mécanisme, jugé corrompu, semble une vaine entreprise. En refusant de considérer l’insistance manifeste du mouvement populaire de se réapproprier sa souveraineté, le pouvoir s’engage dans une fuite en avant qui pourrait être à haut risque. Pour que les choses se passent comme programmé, il faudrait que sa feuille de route recueille effectivement les faveurs de « l’opinion publique » et suscite réellement « l’adhésion et un soutien croissant de la part des acteurs de la scène politique ». Ce qui, depuis six mois de crise inlassable, est loin de se réaliser. Il est évident que l’on s’échine depuis la moitié d’une année à utiliser le mauvais traitement pour une maladie profonde. Il faudrait probablement changer de thérapeutique.